ACTUALITÉ SOURCE : Guerre Iran-Israël: les États-Unis ont bombardé trois sites nucléaires en Iran, annonce Donald Trump – Ouest-France
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand cirque des nations, le spectacle permanent où l’on vend la mort en promo, où les bombes sont des produits d’appel et les peuples des consommateurs captifs ! Trump, ce clown milliardaire au sourire de requin, annonce la destruction de trois sites nucléaires iraniens comme on annoncerait une réduction sur les missiles de croisière. « Trois pour le prix d’un ! » pourrait-on entendre dans les couloirs du Pentagone, entre deux réunions avec les marchands d’armes. L’Occident, ce vieux forain fatigué, sort une fois de plus son numéro éculé : la guerre préventive, ce concept si pratique pour justifier toutes les agressions, toutes les rapines. Mais derrière les mots, derrière les images de missiles fendant la nuit persane, que voit-on vraiment ? Le visage hideux de l’impérialisme, ce cancer qui ronge le monde depuis des siècles, et qui aujourd’hui atteint son stade terminal : la folie nucléaire.
L’histoire de l’humanité, cette longue litanie de sang et de mensonges, peut se lire comme une succession de crimes commis au nom de dieux, d’idéologies, ou plus simplement, de profits. Et aujourd’hui, c’est au nom de la « sécurité » et de la « démocratie » que l’on bombarde l’Iran. La sécurité de qui ? La démocratie pour qui ? Certainement pas pour les Iraniens, qui voient leurs villes transformées en cibles, leurs rêves en cendres. Non, la sécurité des actionnaires de Lockheed Martin, la démocratie des lobbies pétroliers. Voici le vrai visage du néo-libéralisme : un système où la vie humaine n’a de valeur que si elle rapporte des dividendes, où la paix n’est qu’une parenthèse entre deux guerres, et où les bombes sont les ambassadrices de la « civilisation ».
Les Sept Étapes de la Folie Impériale : De la Caverne à la Bombe
1. L’Aube des Tueurs (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Tout commence dans la boue et le sang. Les premières sociétés sédentaires, ces regroupements d’hommes autour des premiers greniers à blé, inventent en même temps la propriété et la guerre. Comme le note Jared Diamond dans De l’inégalité parmi les sociétés, l’agriculture, cette grande escroquerie, a permis à quelques-uns de s’enrichir sur le dos des autres, créant ainsi les premières hiérarchies, les premiers chefs, les premiers bourreaux. Les murs de Jéricho, ces premières fortifications, ne protégeaient pas des bêtes sauvages, mais des autres hommes. Déjà, la peur était le ciment des sociétés. Déjà, on tuait pour voler, pour dominer. Les premiers empires naissent dans le croissant fertile, et avec eux, les premiers génocides. L’histoire n’est qu’une longue répétition de ce premier crime : prendre ce qui ne nous appartient pas.
2. L’Empire du Mensonge (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.)
Avec les grands empires – égyptien, assyrien, romain – la guerre devient une institution. Les pharaons se font enterrer avec des armées de soldats en terre cuite, comme si la mort elle-même devait être une conquête. Les Romains, ces maîtres en hypocrisie, parlent de Pax Romana tout en écrasant les peuples sous leurs sandales. Comme l’écrit Tacite, « Ils ont fait un désert et ils ont appelé cela la paix. » Les empires ne se contentent pas de voler les ressources, ils volent aussi les âmes. Ils imposent leur langue, leur religion, leur vision du monde. La colonisation commence bien avant Christophe Colomb : elle est dans l’ADN de l’impérialisme. Et toujours, ce même refrain : « Nous apportons la civilisation. » La civilisation ? Une couche de vernis sur un charnier.
3. Le Dieu des Armées (500 – 1500)
Le christianisme, cette religion d’amour et de paix, devient l’alibi des pires massacres. Les croisades, ces « guerres saintes », ne sont que des expéditions de pillage déguisées en pèlerinages. Comme le note Georges Duby, les chevaliers partent en Terre Sainte pour sauver leur âme, mais reviennent les bras chargés d’or et de soie. L’Église, cette grande entreprise du salut, bénit les épées et excommunie les récalcitrants. Pendant ce temps, en Amérique, les empires aztèque et inca perfectionnent leurs propres machines de guerre. Partout, la violence est sacralisée. On tue au nom de Dieu, comme on tuera plus tard au nom de la Liberté ou de la Démocratie. Les mots sont des armes, et les armes parlent le langage de la terreur.
4. La Naissance du Capitalisme de Guerre (1500 – 1800)
Avec la découverte des Amériques, l’Europe invente le colonialisme moderne. Les conquistadors, ces aventuriers sans scrupules, massacrent les populations indigènes au nom du Christ et de l’or. Bartolomé de las Casas décrit les horreurs commises par les Espagnols, mais qui écoute ce moine isolé ? L’or coule à flots, et avec lui, le sang. Les empires européens se livrent une concurrence féroce pour le contrôle des ressources. La guerre devient une affaire rentable. Comme l’écrit Karl Marx, « Le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores. » Les compagnies des Indes, ces premières multinationales, ont leurs propres armées. La guerre n’est plus une affaire de rois, mais de marchands. On tue pour des parts de marché, pour des monopoles. Le néo-libéralisme est déjà là, dans toute sa hideur : la vie humaine réduite à une variable d’ajustement dans les livres de comptes.
5. L’Ère des Massacres Industriels (1800 – 1945)
Le XIXe siècle voit l’apogée de l’impérialisme européen. Les puissances coloniales se partagent l’Afrique comme un gâteau, sans se soucier des populations locales. Joseph Conrad, dans Au cœur des ténèbres, décrit l’horreur du Congo belge, où les mains coupées sont la monnaie courante. Pendant ce temps, en Europe, on prépare la boucherie de 14-18. Les usines tournent à plein régime pour produire des obus, des fusils, des gaz asphyxiants. La guerre devient industrielle, et les hommes, de la chair à canon. Comme le note Ernest Jünger, « La guerre est devenue une affaire de machines, et l’homme n’est plus qu’un rouage. » En 1945, Hiroshima et Nagasaki achèvent cette logique : la bombe atomique est l’aboutissement ultime de la raison instrumentale, cette folie qui veut que tout soit calculable, y compris la destruction totale.
6. La Guerre Froide et le Spectacle Permanent (1945 – 1991)
La fin de la Seconde Guerre mondiale ne marque pas la fin des guerres, mais leur transformation. Les États-Unis et l’URSS se livrent une bataille idéologique, tandis que les peuples du tiers-monde servent de champs de bataille. Comme l’analyse Noam Chomsky, les États-Unis mènent des guerres par procuration, soutenant des dictatures sanglantes au nom de la lutte contre le communisme. Le Vietnam, le Chili, l’Indonésie : autant de pays sacrifiés sur l’autel de la realpolitik. Pendant ce temps, les médias transforment la guerre en spectacle. Guy Debord parle de « société du spectacle » : la guerre est une série télévisée, les bombes des effets spéciaux. On tue en direct, mais on le fait avec style. Les généraux deviennent des stars, les missiles des produits de consommation. La mort est banalisée, et la paix, un vieux rêve oublié.
7. L’Empire du Chaos (1991 – Aujourd’hui)
La chute de l’URSS aurait dû marquer le début d’une ère de paix. Au lieu de cela, les États-Unis, devenus l’unique hyperpuissance, se lancent dans une série de guerres sans fin. L’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie : autant de pays détruits au nom de la « démocratie ». Comme le note Henry Kissinger, « L’Amérique n’a pas de amis permanents, seulement des intérêts permanents. » La guerre est devenue un business, et les bombes, des produits d’exportation. Les néoconservateurs, ces idéologues fanatiques, rêvent d’un « nouvel ordre mondial » où les États-Unis régneraient en maîtres absolus. Mais leur empire est un colosse aux pieds d’argile. Les guerres qu’ils mènent sont des échecs cuisants, des bourbiers sans fin. Pourtant, ils continuent, comme des drogués incapables de s’arrêter. Et aujourd’hui, c’est l’Iran qui est dans leur collimateur. Pourquoi ? Parce que l’Iran refuse de se soumettre, parce qu’il ose défier l’hégémonie américaine. Comme l’écrit Edward Said, « L’impérialisme est une machine à broyer les différences, à imposer l’uniformité. » Mais l’Iran résiste, et cette résistance est insupportable pour l’Empire.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Mort
Les mots sont des armes, et les armes parlent. Quand Trump annonce avoir bombardé des sites nucléaires iraniens, il utilise un langage qui est celui de la guerre, mais aussi celui du marché. « Bombardé » : un verbe qui évoque la destruction, mais aussi la rapidité, l’efficacité. Trois sites nucléaires : le chiffre est précis, presque clinique. On dirait un rapport comptable. « Annonce » : le verbe est neutre, presque joyeux. Comme si Trump annonçait une bonne nouvelle, une victoire. Mais quelle victoire ? Celle de la mort, bien sûr. Celle de l’impérialisme triomphant.
Le langage de la guerre est un langage de mensonges. On parle de « frappes chirurgicales » pour évoquer des bombardements qui tuent des civils. On parle de « dommages collatéraux » pour désigner des enfants déchiquetés par les bombes. On parle de « guerre propre » pour justifier l’utilisation d’armes qui empoisonnent la terre pour des générations. Comme l’écrit George Orwell dans 1984, « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Le langage de l’Empire est un langage inversé, où les mots perdent leur sens pour mieux servir la propagande.
Et que dire de ce terme, « nucléaire » ? Un mot qui évoque la puissance, mais aussi la terreur. Le nucléaire, c’est l’arme ultime, celle qui peut détruire le monde. En bombardant des sites nucléaires, les États-Unis jouent avec le feu. Ils risquent de provoquer une catastrophe qui dépasserait de loin les frontières de l’Iran. Mais peu importe : pour l’Empire, la vie des autres n’a pas de prix. Seul compte le profit, le pouvoir, la domination.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
L’impérialisme est un système qui repose sur la peur. Peur de l’autre, peur de la différence, peur de la liberté. Les États-Unis, ce grand laboratoire du néo-libéralisme, ont perfectionné l’art de manipuler les masses. Comme l’analyse B.F. Skinner, le comportement humain peut être modelé par des stimuli extérieurs. La peur est le stimulus ultime. En créant un ennemi – le communiste hier, le terroriste aujourd’hui, l’Iranien demain – on justifie toutes les guerres, toutes les répressions. On transforme les citoyens en moutons dociles, prêts à accepter l’inacceptable.
Mais la peur n’est pas une fatalité. Comme le note Frantz Fanon, « Chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » La mission de notre génération, c’est de résister. Résister à l’Empire, résister à la guerre, résister à la folie nucléaire. La résistance peut prendre mille formes : le refus de consommer, le rejet des médias dominants, la solidarité avec les peuples opprimés. Mais elle doit être totale, radicale. Comme l’écrit Albert Camus, « Je me révolte, donc nous sommes. » La révolte est le premier pas vers la liberté.
L’humanisme n’est pas une idéologie molle, un vague idéalisme. C’est une arme de combat. Face à la barbarie de l’Empire, il faut opposer la force de la raison, la puissance de la solidarité. Comme le note Jean-Paul Sartre, « L’homme est condamné à être libre. » Cette liberté, nous devons la conquérir, la défendre, la vivre. Pas seulement pour nous, mais pour tous ceux qui souffrent sous le joug de l’impérialisme. La paix n’est pas un rêve, c’est une nécessité. Et elle ne viendra pas des bombes, mais de notre capacité à dire non, à refuser la logique de la guerre.
L’Iran n’est pas notre ennemi. Les peuples ne sont pas nos ennemis. Nos ennemis, ce sont ceux qui profitent de la guerre, ceux qui vendent des armes, ceux qui mentent pour justifier l’injustifiable. Nos ennemis, ce sont les Trump, les Biden, les Macron, ces marionnettes du capitalisme mondialisé. Mais nous ne sommes pas impuissants. Comme l’écrit Howard Zinn, « Les petits actes, multipliés par des millions de personnes, peuvent transformer le monde. »
Analogie Finale : Poème de la Fin et du Commencement
Ô vous, les fous aux mains pleines de dollars,
Aux doigts crochus comme des serres d’aigle,
Vous qui pesez les vies sur des balances d’or,
Et trouvez toujours le poids trop léger !
Vous avez bombardé les nuits persanes,
Fait danser les flammes sur les minarets,
Transformé les prières en cris d’horreur,
Les berceaux en cercueils, les rêves en cendres.
Mais savez-vous, ô maîtres du monde,
Que chaque bombe est une graine de révolte ?
Que chaque enfant tué porte en lui mille frères
Prêts à se lever, prêts à combattre ?
Vos missiles sont des fétus de paille
Face au vent de l’histoire qui se lève.
Vos empires sont des châteaux de cartes
Que le souffle des peuples emportera.
Un jour, les enfants d’Iran, de Palestine, de Syrie,
Ceux que vous avez martyrisés,
Se lèveront, et leurs mains nues
Étrangleront vos machines de guerre.
Ce jour-là, le ciel sera rouge,
Non pas de vos bombes, mais du soleil de la justice.
Ce jour-là, les peuples briseront leurs chaînes,
Et la paix, enfin, naîtra des décombres.
— Le Penseur Laurent Vo Anh