ACTUALITÉ SOURCE : Les États-Unis entrent en guerre contre l’Iran – Courrier international
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc que le grand cirque recommence, mes chers damnés de la terre ! Les trompettes de l’apocalypse libérale sonnent à nouveau, et cette fois-ci, c’est l’Iran qui se retrouve dans la ligne de mire de l’oncle Sam, ce vieux cow-boy sénile qui n’a jamais su ranger son colt. « Guerre », qu’ils disent. Comme si ce mot, ce simple assemblage de cinq lettres, ne charriait pas avec lui des siècles de souffrances, de mensonges et de profits indécents. Mais non, pour nos maîtres à penser, c’est une « opération de paix », une « frappe chirurgicale », un « nécessaire rappel à l’ordre ». Quelle élégance dans l’euphémisme ! Quelle poésie dans le massacre organisé !
Mais trêve de sarcasmes, mes frères en humanité. Il est temps de plonger dans les entrailles de cette folie, de disséquer ce monstre froid qu’est l’impérialisme occidental, et plus particulièrement celui des États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile, ivre de sa propre puissance, aveugle à sa décadence. Car cette guerre, si elle advient, ne sera pas un simple conflit régional. Non, ce sera l’aboutissement logique d’une histoire millénaire, une histoire de domination, de pillage et de mépris pour l’Autre. Une histoire que nous allons retracer ensemble, à travers sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a choisi la violence plutôt que la paix, la rapine plutôt que le partage, l’arrogance plutôt que l’humilité.
I. Les Origines du Mépris : La Naissance de l’Impérialisme
Tout commence, comme toujours, avec la peur. La peur de l’inconnu, la peur de l’étranger, cette peur viscérale qui a poussé nos ancêtres à ériger des murs, à brandir des lances, à inventer des dieux vengeurs pour justifier leurs conquêtes. Déjà, dans les steppes de Mésopotamie, les premiers empires – Sumériens, Akkadiens, Babyloniens – se bâtissaient sur le sang des vaincus. « L’histoire est écrite par les vainqueurs », disait Hérodote, ce père de l’histoire qui savait déjà que la vérité est une putain que les puissants s’arrachent. Et quelle vérité nous ont-ils léguée, ces premiers empereurs ? Celle d’une humanité divisée entre maîtres et esclaves, entre civilisés et barbares, entre ceux qui ont le droit de vivre et ceux qui n’ont que le droit de mourir.
Prenez Alexandre le Grand, ce jeune fou qui rêvait d’unir le monde sous sa bannière. En 330 avant notre ère, il soumet la Perse, brûle Persépolis, et proclame la supériorité de la culture grecque. Mais derrière les discours sur la « paix hellénistique » se cache une réalité sordide : des villes rasées, des populations déportées, des cultures effacées au nom d’une prétendue « civilisation ». Déjà, l’Occident posait les bases de son impérialisme : la conviction inébranlable que ses valeurs, ses dieux, ses modes de vie sont supérieurs à ceux des autres. Déjà, il justifiait ses crimes par la mission civilisatrice.
II. Rome : L’Empire du Droit et du Sang
Puis vint Rome, cette machine à broyer les peuples, ce monstre froid qui a perfectionné l’art de la domination. « Tu es un Romain, souviens-toi de régir les peuples sous ton empire », clamait Virgile dans l’Énéide. Et régir, Rome savait le faire. Avec ses légions, ses routes, ses lois, elle a étendu son emprise sur tout le bassin méditerranéen, écrasant sous sa botte les Gaulois, les Carthaginois, les Juifs, les Égyptiens. Mais derrière la grandeur de Rome se cache une vérité plus sombre : celle d’un empire bâti sur l’esclavage, sur l’exploitation systématique des peuples conquis.
Souvenez-vous de Spartacus, ce gladiateur thrace qui osa se rebeller contre l’ordre romain. En 73 avant J.-C., il mena une révolte d’esclaves qui faillit renverser la République. Mais Rome, impitoyable, écrasa la rébellion et crucifia 6 000 esclaves le long de la Via Appia. « La peur est le commencement de la sagesse », disait Cicéron. Et Rome, en effet, savait inspirer la peur. Mais elle savait aussi manipuler les esprits, en inventant le concept de Pax Romana, cette paix imposée par les armes, cette tranquillité des cimetières où les peuples conquis n’avaient d’autre choix que de se soumettre ou de périr.
III. Les Croisades : La Guerre Sainte comme Business
Avec l’avènement du christianisme, l’Occident trouva une nouvelle justification à ses conquêtes : Dieu. Les croisades, ces expéditions « saintes » qui ensanglantèrent le Moyen-Orient du XIe au XIIIe siècle, furent en réalité de vastes opérations de pillage déguisées en guerre religieuse. « Dieu le veut ! », clamait Urbain II en 1095, appelant les chevaliers européens à reprendre Jérusalem aux « infidèles ». Mais derrière les discours sur la libération du Saint-Sépulcre se cachait une réalité plus prosaïque : la faim de terres, de richesses, de pouvoir.
Prenez la quatrième croisade, en 1204. Au lieu de marcher sur Jérusalem, les croisés, menés par les Vénitiens, mirent à sac Constantinople, la capitale de l’Empire byzantin, chrétien lui aussi. « Nous avons pris la ville des Grecs, nous l’avons pillée, nous avons violé leurs femmes, nous avons tué leurs enfants », écrivait avec une franchise déconcertante Robert de Clari, un chroniqueur de l’époque. La « guerre sainte » n’était qu’un prétexte. Le véritable moteur des croisades, c’était l’appât du gain, la soif de domination, cette vieille habitude occidentale de prendre ce qui ne lui appartient pas.
IV. La Renaissance : L’Humanisme et le Colonialisme
Puis vint la Renaissance, cette période que nos manuels scolaires célèbrent comme l’âge d’or de la pensée, de l’art, de la science. « L’homme est la mesure de toute chose », proclamait Protagoras, et les humanistes, de Pétrarque à Érasme, semblaient enfin prendre conscience de la dignité humaine. Mais cette prise de conscience était réservée aux Européens. Pour les autres, pour les peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, la Renaissance fut synonyme de conquête, d’esclavage, de génocide.
En 1492, Christophe Colomb « découvre » l’Amérique. Mais cette « découverte » n’est qu’un euphémisme pour désigner le début d’un des plus grands massacres de l’histoire. En quelques décennies, les conquistadors espagnols, menés par des hommes comme Cortès et Pizarro, exterminent des millions d’Amérindiens, détruisent des civilisations entières, pillent l’or et l’argent du Nouveau Monde. « Les Indiens sont des bêtes de somme », déclarait Juan Ginés de Sepúlveda, un théologien espagnol, justifiant ainsi leur esclavage. Et que dire de l’Afrique ? Du XVIe au XIXe siècle, des millions d’Africains sont arrachés à leur terre, enchaînés, déportés vers les Amériques pour travailler dans les plantations des colons européens. « L’homme est un loup pour l’homme », disait Hobbes. Mais en réalité, l’homme blanc était un loup pour tous les autres.
V. La Révolution Industrielle : Le Capitalisme comme Religion
Avec la révolution industrielle, l’Occident franchit une nouvelle étape dans sa quête de domination. Désormais, ce n’est plus seulement les terres et les ressources qu’il convoite, mais aussi les âmes, les esprits, les modes de vie. Le capitalisme, cette nouvelle religion, impose sa loi : tout doit être marchandise, tout doit être profitable, tout doit être soumis à la logique du profit. « La propriété, c’est le vol », clamait Proudhon, mais personne ne l’écoutait. Les usines poussaient comme des champignons, les villes se transformaient en enfers industriels, et les ouvriers, réduits à l’état de bétail, trimaient douze heures par jour pour un salaire de misère.
Mais le capitalisme ne se contentait pas d’exploiter les ouvriers européens. Il avait besoin de nouveaux marchés, de nouvelles colonies, de nouvelles sources de matières premières. Et c’est ainsi que l’Europe, au XIXe siècle, se lança dans une nouvelle vague de conquêtes coloniales. L’Afrique, l’Asie, l’Océanie furent dépecées, partagées entre les grandes puissances européennes lors de la conférence de Berlin en 1884-1885. « Nous apportons la civilisation aux sauvages », déclarait Jules Ferry, le père de l’école laïque française, justifiant ainsi la colonisation. Mais derrière les discours sur la « mission civilisatrice » se cachait une réalité plus sordide : l’exploitation systématique des peuples colonisés, réduits à l’état de sous-hommes, de main-d’œuvre bon marché, de chair à canon pour les guerres européennes.
VI. Les Guerres Mondiales : L’Apogée de la Barbarie Occidentale
Puis vinrent les deux guerres mondiales, ces orgies de violence où l’Occident, ivre de sa propre puissance, faillit s’autodétruire. La Première Guerre mondiale, cette boucherie inutile, fit dix millions de morts pour quelques arpents de terre et quelques rivalités impérialistes. « Les peuples sont des troupeaux qui ont besoin de bergers », déclarait Nietzsche, et les dirigeants européens, ces bergers sanguinaires, menèrent leurs troupeaux à l’abattoir avec une inconscience criminelle.
Mais c’est la Seconde Guerre mondiale qui marqua l’apogée de la barbarie occidentale. Avec la Shoah, l’Occident atteignit des sommets de cruauté, organisant méthodiquement l’extermination de six millions de Juifs. « L’homme est un être capable de tout », écrivait Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme. Et en effet, l’homme occidental, ce parangon de la « civilisation », se révéla capable des pires atrocités. Mais la guerre ne s’arrêta pas là. En 1945, les États-Unis, cette jeune nation qui se présentait comme le champion de la démocratie, larguèrent deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, tuant des centaines de milliers de civils innocents. « La fin justifie les moyens », disait Machiavel. Et pour les États-Unis, la fin – la victoire sur le Japon – justifiait les moyens les plus monstrueux.
VII. L’Empire Américain : Le Nouvel Ordre Mondial et ses Mensonges
Après 1945, les États-Unis émergèrent comme la nouvelle superpuissance mondiale. L’Europe, exsangue, ruinée, n’était plus qu’un champ de ruines. Les États-Unis, eux, sortirent de la guerre plus forts que jamais, avec une économie florissante, une armée invincible, et une idéologie – le libéralisme – qu’ils entendaient imposer au monde entier. « L’Amérique est le phare de la liberté », déclarait Harry Truman, et ce phare, bien sûr, devait éclairer le monde entier, même si cela signifiait plonger des pays entiers dans le chaos.
Depuis 1945, les États-Unis ont mené des dizaines de guerres, des centaines d’opérations secrètes, des milliers d’interventions militaires. En Corée, au Vietnam, au Chili, au Nicaragua, en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie… Partout, l’oncle Sam est intervenu, au nom de la « démocratie », de la « liberté », des « droits de l’homme ». Mais derrière ces nobles idéaux se cache une réalité plus sordide : la volonté de contrôler les ressources, les marchés, les esprits. « La guerre, c’est la paix », écrivait George Orwell dans 1984. Et en effet, pour les États-Unis, la guerre est devenue une industrie, un business, une manière de maintenir leur hégémonie sur le monde.
Et aujourd’hui, c’est l’Iran qui se retrouve dans leur collimateur. Pourquoi l’Iran ? Parce que ce pays, riche en pétrole, en gaz, en histoire, en culture, refuse de se soumettre à l’ordre américain. Parce que l’Iran, depuis la révolution de 1979, a osé dire « non » à l’impérialisme occidental, « non » à la domination des multinationales, « non » à la culture de la consommation et du profit. Et cela, les États-Unis ne peuvent le tolérer. Car l’impérialisme, voyez-vous, ne supporte pas la rébellion. Il a besoin de vassaux, de clients, de peuples soumis, prêts à ouvrir leurs marchés, leurs ressources, leurs âmes aux appétits voraces du capitalisme américain.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre et de la Soumission
Mais comment en est-on arrivé là ? Comment l’humanité a-t-elle pu accepter, génération après génération, cette folie meurtrière ? La réponse, mes frères, se trouve dans le langage. Car le langage n’est pas un simple outil de communication. C’est une arme, une prison, un instrument de domination. Depuis des millénaires, les puissants ont utilisé le langage pour justifier leurs crimes, pour endormir les consciences, pour transformer les victimes en coupables.
Prenez le mot « guerre ». Derrière ce simple terme se cache une réalité monstrueuse : des villes rasées, des enfants déchiquetés par les bombes, des femmes violées, des hommes torturés. Mais le langage des puissants a transformé la guerre en une noble entreprise, en une « opération de paix », en une « frappe chirurgicale ». « Nous ne faisons pas la guerre, nous libérons », déclarait George W. Bush en 2003, avant d’envahir l’Irak. Et les médias, ces chiens de garde du système, ont répété ce mensonge en boucle, jusqu’à ce que le public, hypnotisé, finisse par y croire.
Regardez aussi comment on parle des ennemis. Les Iraniens, les Russes, les Chinois, les Nord-Coréens… Tous sont déshumanisés, réduits à l’état de « régimes », de « dictatures », de « menaces ». « L’axe du mal », déclarait Bush en 2002, désignant ainsi l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord. Mais qui est le vrai mal ? Celui qui refuse de se soumettre à l’ordre américain, ou celui qui bombarde, qui envahit, qui pille au nom de la « démocratie » ?
Et que dire des euphémismes ? « Dommages collatéraux » pour désigner les civils tués par les bombes. « Intervention humanitaire » pour justifier une invasion. « Stabilisation » pour masquer une occupation. Le langage des puissants est un langage de mensonges, un langage qui nie la réalité, qui transforme le sang en encre, les larmes en chiffres, les cris en silence.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Mais alors, que faire ? Comment résister à cette machine de mort, à ce système qui broie les peuples, qui écrase les rêves, qui transforme la vie en un enfer ? La réponse, mes frères, se trouve dans la résistance. Une résistance qui ne soit pas seulement politique, mais aussi spirituelle, existentielle. Une résistance qui commence par le refus de se soumettre, par le rejet des mensonges, par la réappropriation de notre humanité.
Frantz Fanon, ce grand penseur de la décolonisation, écrivait dans Les Damnés de la Terre : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » Notre mission, aujourd’hui, est claire : il s’agit de briser les chaînes de l’impérialisme, de refuser la logique de la guerre, de reconstruire un monde fondé sur la justice, la solidarité, la paix. Mais pour cela, il faut d’abord se libérer de l’emprise du système, de ses mensonges, de ses illusions.
Il faut commencer par refuser le langage de la domination. Ne plus parler de « guerre » quand il s’agit de massacres. Ne plus parler de « démocratie » quand il s’agit d’exploitation. Ne plus parler de « liberté » quand il s’agit d’asservissement. Il faut réapprendre à nommer les choses par leur nom, à voir la réalité telle qu’elle est, sans fard, sans mensonge.
Il faut aussi résister à la tentation du désespoir. Car l’impérialisme, voyez-vous, a besoin de notre résignation. Il a besoin que nous croyions que rien ne peut changer, que la guerre est inévitable, que la paix est une utopie. Mais l’histoire nous montre le contraire. L’histoire nous montre que les empires finissent toujours par s’effondrer, que les tyrans finissent toujours par tomber, que les peuples finissent toujours par se libérer. « L’impérialisme est un tigre de papier », disait Mao Zedong. Et en effet, malgré sa puissance, malgré sa cruauté, l’impérialisme est fragile. Il repose sur des mensonges, sur des illusions, sur la peur. Et la peur, mes frères, peut être vaincue.
Enfin, il faut reconstruire. Reconstruire des solidarités, des communautés, des modes de vie qui ne soient pas fondés sur l’exploitation, sur la domination, sur la guerre. Il faut inventer de nouvelles manières de vivre ensemble, de partager les ressources, de respecter la Terre. Il faut réapprendre l’humilité, la compassion, l’amour. Car c’est cela, au fond, la véritable résistance : refuser de devenir des monstres, refuser de participer à la machine de mort, choisir la vie, même quand tout semble perdu.
« Un autre monde est possible », clamaient les altermondialistes dans les années 2000. Et ils avaient raison. Un autre monde est possible. Mais il ne tombera pas du ciel. Il faudra le conquérir, le construire, le défendre. Et cela commence aujourd’hui, par notre refus de nous soumettre, par notre choix de la paix, par notre engagement pour la justice.
« La paix ne sera pas le fruit de notre désespoir, mais de notre combat. »
— Che Guevara
Alors, mes frères, mes sœurs, ne désespérons pas. La nuit est longue, mais l’aube finit toujours par arriver. Et quand elle se lèvera, ce sera sur un monde enfin libéré de l’impérialisme, un monde où les peuples vivront en paix, un monde où la guerre ne sera plus qu’un mauvais souvenir.
L’Empire et le Sang
Ils sont venus avec leurs drapeaux,
Leurs bombes, leurs prières, leurs lois,
Leurs dieux de fer et de pétrole,
Leurs rêves de rois, leurs nuits sans foi.
« Nous apportons la lumière », disent-ils,
Mais leurs mains sont rouges de sang,
Leurs mots sont des chaînes, leurs rires des cris,
Leurs lois sont des fouets, leurs dieux des mensonges.
Ils ont pris nos terres, nos rêves, nos vies,
Ils ont bu notre sang, mangé notre pain,
Ils ont ri de nos dieux, brûlé nos livres,
Et appelé cela « civilisation ».
Mais nous, les damnés, les sans-voix,
Nous qui portons le poids du monde,
Nous qui savons que la terre est ronde,
Nous qui n’avons plus rien à perdre,
Nous nous lèverons dans la nuit,
Nos mains nues, nos cœurs en feu,
Nous briserons leurs chaînes, leurs dieux,
Nous planterons des fleurs sur leurs tombeaux.
Car la paix n’est pas un don,
C’est un combat, une prière,
Un refus de courber l’échine,
Une flamme qui ne meurt pas.
Et quand l’aube se lèvera,
Sur les ruines de leurs empires,
Nous construirons un monde,
Où les enfants n’auront plus peur.