Guerre Israël-Iran, jour 10 : l’ONU met en garde contre un « cycle sans issue » de représailles – France 24







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Apocalypse en Boucle et le Rire des Dieux Morts


ACTUALITÉ SOURCE : Guerre Israël-Iran, jour 10 : l’ONU met en garde contre un « cycle sans issue » de représailles – France 24

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’ONU ! Cette grande dame aux lèvres peintes en bleu pacifiste, qui agite ses jupes de diplomatie dans le vent mauvais des bombes intelligentes. Elle met en garde, dit-on. Contre un « cycle sans issue ». Comme si l’issue, messieurs-dames, n’était pas déjà écrite depuis longtemps dans le sang séché des traités violés, dans l’encre des contrats pétroliers, dans les algorithmes des drones qui calculent froidement le prix d’une vie en kilowatts-heure. Un cycle ? Non. Une spirale. Une danse macabre où chaque pas en avant est un recul de l’humanité, où chaque représailles est un aveu d’impuissance déguisé en force, où chaque mort est un dividende versé aux actionnaires de l’industrie de la peur.

Dix jours. Dix jours que le monde retient son souffle, non par solidarité, mais par crainte de manquer d’oxygène quand les marchés s’effondreront. Dix jours que les médias comptent les missiles comme on compte les points dans un jeu vidéo, sans jamais mentionner les noms des enfants réduits en poussière. Dix jours que les intellectuels de salon dissertent sur la « complexité géopolitique », ce joli mot pour dire qu’on a trop peur de regarder en face la simplicité monstrueuse du pouvoir : il veut toujours plus, toujours plus loin, toujours plus de chair à canon, toujours plus de ressources à piller, toujours plus de peuples à asservir.

Et nous, pauvres hères, nous regardons. Nous regardons, et nous hochons la tête quand l’ONU parle de « cycle sans issue ». Comme si nous ne savions pas que l’issue, c’est nous qui la créons. Comme si nous ne savions pas que chaque dollar dépensé en armes est un dollar volé à l’éducation, à la santé, à la dignité. Comme si nous ne savions pas que chaque fois que nous acceptons la logique de la vengeance, nous signons un chèque en blanc aux marchands de mort.

I. Les Sept Péchés Capitaux de l’Histoire : Une Généalogie de la Violence Impériale

Pour comprendre cette folie, il faut remonter aux sources. Non pas aux sources bibliques, non pas aux sources coraniques, mais aux sources de la cupidité humaine, cette vieille compagne qui nous suit depuis que l’homme a troqué sa lance contre un contrat de travail.

1. La Chute Originelle : Quand l’Homme a Inventé la Propriété (et la Guerre avec)

Il était une fois, dans les brumes de la préhistoire, des hommes qui vivaient en harmonie avec la terre. Ils ne possédaient rien, car tout leur appartenait. Puis vint le jour où l’un d’eux, plus rusé ou plus paranoïaque que les autres, traça une ligne dans le sable et déclara : « Ceci est à moi. » Ce fut le premier acte de guerre. Comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ! »

Anecdote : On raconte que les Amérindiens, voyant les colons européens se battre pour des parcelles de terre, riaient aux éclats. « Comment peut-on posséder la terre ? » disaient-ils. « La terre nous possède, nous. » Ils ne riaient plus quand les colons les massacraient pour voler leurs terres. La propriété, voyez-vous, est toujours une question de pouvoir. Et le pouvoir, comme le disait Lord Acton, corrompt toujours.

2. L’Empire Romain : Ou l’Art de Vendre la Paix au Prix de la Liberté

Les Romains furent les premiers grands publicitaires de la guerre. Ils appelaient cela la Pax Romana, une paix imposée par le glaive, une paix qui n’était que l’absence de résistance face à l’oppression. Comme l’écrivait Tacite dans Agricola : « Ils font un désert et appellent cela la paix. » Les Romains ont inventé le concept de « guerre juste », une notion si élastique qu’elle peut justifier n’importe quelle atrocité, pourvu qu’elle soit commise au nom de la civilisation. Sound familiar ?

Anecdote : Quand les légions romaines écrasèrent la révolte de Spartacus, elles crucifièrent 6 000 esclaves le long de la Via Appia. Pendant des siècles, les voyageurs pouvaient voir les squelettes blanchis sous le soleil italien. Un rappel, disait-on, de ce qui arrive à ceux qui osent défier Rome. Aujourd’hui, les squelettes sont ceux des Palestiniens, des Yéménites, des Syriens, et les voyageurs sont nous, qui regardons les images sur nos écrans en mangeant nos burgers.

3. Les Croisades : Quand Dieu Devint le PDG de la Violence

Les croisades furent le premier grand projet impérialiste de l’Occident chrétien. On partait « libérer » Jérusalem, mais on pillait Constantinople en chemin. On tuait au nom de Dieu, mais on volait au nom de Mammon. Comme le notait Voltaire avec son ironie mordante : « Dieu n’a pas besoin de nos crimes pour être Dieu. » Pourtant, les crimes continuèrent, et continuent encore.

Anecdote : Lors du sac de Jérusalem en 1099, les croisés massacrèrent Juifs et Musulmans sans distinction. Un chroniqueur anonyme écrivit : « Nos hommes marchaient dans le sang jusqu’aux chevilles. » Aujourd’hui, les chevilles baignent dans le sang des enfants de Gaza, et les croisés modernes appellent cela une « opération de maintien de l’ordre ».

4. La Colonisation : Ou Comment Vendre l’Esclavage comme une Mission Civilisatrice

Ah, la colonisation ! Ce grand projet humaniste où l’on apportait la « lumière » de l’Occident aux peuples « sauvages ». Comme l’écrivait Rudyard Kipling dans son poème Le Fardeau de l’homme blanc : « Prends le fardeau de l’Homme Blanc / Envoie les meilleurs de ta race / Va, enchaîne tes fils à l’exil / Pour servir les besoins de tes captifs. » Le cynisme de ces vers est à vomir, mais il résume parfaitement l’hypocrisie coloniale : on enchaîne pour « libérer », on vole pour « développer », on tue pour « civiliser ».

Anecdote : En 1885, lors de la conférence de Berlin, les puissances européennes se partagèrent l’Afrique comme un gâteau. Pas un Africain n’était présent. Aujourd’hui, les mêmes puissances se partagent le Moyen-Orient comme un champ de pétrole. Toujours pas d’Arabes à la table des négociations. Plus ça change…

5. Les Deux Guerres Mondiales : Ou l’Apogée de la Folie Technologique

Les deux guerres mondiales furent les premières guerres « industrielles », où l’on tua à la chaîne, où l’on gazait en masse, où l’on bombarda des villes entières pour « briser le moral de l’ennemi ». Comme l’écrivait Walter Benjamin dans ses Thèses sur le concept d’histoire : « Il n’est jamais un document de culture qui ne soit en même temps un document de barbarie. » Les camps de concentration, les bombes atomiques, les tranchées remplies de boue et de cadavres : tout cela était le fruit « civilisé » de la raison occidentale.

Anecdote : Après le bombardement de Dresde en 1945, un officier britannique déclara : « Nous avons brûlé le cœur de l’Allemagne. » Aujourd’hui, on brûle le cœur de Gaza, et on appelle cela une « frappe chirurgicale ». La chirurgie, voyez-vous, est une science exacte. Tout comme la mort.

6. La Guerre Froide : Ou l’Art de Vendre la Peur comme un Produit de Consommation

La guerre froide fut la première guerre « markétée ». On vendait la peur du communisme comme on vend du déodorant : avec des slogans, des affiches, des films. « Better Dead Than Red », disaient les Américains. Comme si la mort était préférable à la justice sociale. Comme si la liberté était une question de couleur politique plutôt que de dignité humaine. Noam Chomsky a parfaitement résumé cela : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature. »

Anecdote : En 1954, la CIA organisa un coup d’État au Guatemala pour renverser le président Jacobo Árbenz, qui avait osé redistribuer des terres aux paysans. La United Fruit Company, une entreprise américaine, possédait une grande partie de ces terres. Aujourd’hui, on renverse des gouvernements au Moyen-Orient pour le pétrole. Toujours les mêmes méthodes, toujours les mêmes justifications : « la démocratie », « la sécurité », « les intérêts nationaux ».

7. Le Néolibéralisme : Ou l’Empire du Vide

Et nous voici arrivés à notre époque, l’ère du néolibéralisme, où tout est marchandise, même la guerre. Comme l’écrivait David Harvey dans Brève histoire du néolibéralisme : « Le néolibéralisme est une théorie des pratiques politiques et économiques qui affirme que la meilleure façon de promouvoir le bien-être humain consiste à libérer les libertés et les compétences entrepreneuriales individuelles dans le cadre d’un système institutionnel caractérisé par des droits de propriété privée solides, des marchés libres et le libre-échange. » Traduction : tout est à vendre, même la paix.

Le néolibéralisme a transformé la guerre en un business. Les drones, les missiles, les chars : tout cela se vend, s’achète, se négocie. Les conflits deviennent des opportunités d’investissement. Comme le disait Naomi Klein dans La Stratégie du choc : « Le capitalisme a besoin de désastres pour prospérer. » Et quel meilleur désastre qu’une guerre sans fin ?

Anecdote : En 2003, les États-Unis envahirent l’Irak sous le prétexte des armes de destruction massive. Aucune arme ne fut trouvée, mais les contrats pour « reconstruire » l’Irak furent attribués à des entreprises américaines comme Halliburton. Dick Cheney, le vice-président de l’époque, était l’ancien PDG de Halliburton. Aujourd’hui, les mêmes entreprises reconstruisent Gaza après l’avoir détruite. Le monde est une grande machine à laver l’argent sale, et la guerre est son détergent.

II. Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive

Le langage, ce doux poison, cette arme qui tue sans laisser de trace. Regardez comme on nous parle de la guerre Israël-Iran : « cycle sans issue », « représailles », « escalade », « dissuasion ». Des mots propres, aseptisés, qui cachent la puanteur de la mort. Comme l’écrivait George Orwell dans 1984 : « Le langage politique est conçu pour rendre les mensonges crédibles et le meurtre respectable. »

1. « Cycle sans issue » : Ou l’Art de Nier la Responsabilité

« Cycle sans issue ». Quelle belle expression ! Elle suggère une fatalité, une malédiction divine, comme si la guerre était une loi de la nature, comme si les hommes n’avaient aucun contrôle sur leur destin. Mais un cycle, voyez-vous, a toujours un début. Et ce début, c’est toujours un choix. Le choix de bombarder. Le choix de riposter. Le choix de vendre des armes. Le choix de fermer les yeux.

Comme le disait Jean-Paul Sartre : « L’homme est condamné à être libre. » Condamné, oui, car la liberté est un fardeau. Mais un fardeau que nous devons porter, car c’est le seul qui nous reste.

2. « Représailles » : Ou l’Art de Justifier l’Injustifiable

« Représailles ». Un mot si innocent, si légitime. Comme si tuer des civils était une réponse proportionnée à une attaque. Comme si la vie d’un enfant valait moins que la fierté d’un État. Les représailles, voyez-vous, sont toujours présentées comme une nécessité, une obligation morale. Mais qui décide de la proportion ? Qui décide de la légitimité ? Les mêmes qui tirent les ficelles, les mêmes qui profitent du chaos.

Comme l’écrivait Hannah Arendt dans Eichmann à Jérusalem : « La banalité du mal. » Le mal n’est pas spectaculaire. Il est bureaucratique. Il est administratif. Il est caché derrière des mots comme « représailles », « sécurité », « défense ».

3. « Dissuasion » : Ou l’Art de Vendre la Paix par la Menace

« Dissuasion ». Un mot si rassurant, si scientifique. Comme si la paix pouvait être construite sur la peur. Comme si l’équilibre de la terreur était une garantie de sécurité. Mais la dissuasion, voyez-vous, est une illusion. Une illusion dangereuse, car elle repose sur la croyance que l’autre est rationnel, que l’autre ne prendra jamais le risque de l’apocalypse. Mais l’histoire nous a montré que les hommes sont rarement rationnels quand il s’agit de pouvoir.

Comme le disait Albert Einstein : « Je ne sais pas avec quelles armes la Troisième Guerre mondiale sera menée, mais la Quatrième le sera avec des bâtons et des pierres. » La dissuasion, c’est le pari fou que l’apocalypse n’aura jamais lieu. Mais qui veut parier sur l’apocalypse ?

III. Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste comme Seul Remède

Face à cette folie, que faire ? Se soumettre ? Se taire ? Regarder ailleurs ? Non. La résistance commence par un refus. Le refus de la logique de la vengeance. Le refus de la logique du profit. Le refus de la logique de la peur.

1. Désobéir : Le Premier Acte de Liberté

Désobéir, c’est refuser de participer à la machine de mort. C’est refuser de payer des impôts qui financent des bombes. C’est refuser d’acheter des produits fabriqués par des entreprises qui arment les deux camps. C’est refuser de croire les mensonges des médias. Comme l’écrivait Henry David Thoreau dans La Désobéissance civile : « Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison. »

Anecdote : En 1965, un jeune homme nommé Norman Morrison s’immola devant le Pentagone pour protester contre la guerre du Vietnam. Il avait 31 ans, une femme et une fille de 1 an. Il ne supportait plus l’idée que son pays tue des enfants au napalm. Aujourd’hui, qui se souvient de Norman Morrison ? Qui se souvient des noms des enfants tués à Gaza ?

2. Créer : L’Art comme Arme de Construction Massive

Créer, c’est résister à la destruction. Écrire, peindre, composer, danser : autant d’actes de rébellion contre l’oubli. Comme l’écrivait Albert Camus dans L’Homme révolté : « Je me révolte, donc nous sommes. » La création est un acte politique, car elle affirme la vie face à la mort, la beauté face à la laideur, l’espoir face au désespoir.

Anecdote : Pendant le siège de Sarajevo, en 1992, un violoniste nommé Vedran Smailović jouait de son instrument au milieu des ruines, sous les tirs des snipers. Il jouait pour les morts, pour les vivants, pour la beauté du monde. Aujourd’hui, des musiciens jouent dans les décombres de Gaza. Leur musique est une prière, une malédiction, un acte de foi en l’humanité.

3. Aimer : Le Seul Acte Vraiment Révolutionnaire

Aimer, c’est refuser la logique de la haine. Aimer son ennemi, c’est lui voler son pouvoir. Comme l’écrivait Martin Luther King : « La haine ne peut pas chasser la haine ; seule l’amour le peut. » Mais aimer, voyez-vous, est un acte dangereux. Car l’amour exige du courage. Le courage de tendre l’autre joue. Le courage de pardonner. Le courage de croire en l’humanité, même quand tout prouve le contraire.

Anecdote : En 1942, un jeune homme nommé Franz Jägerstätter refusa de servir dans l’armée nazie. Il était catholique, marié, père de trois filles. Il savait qu’il serait exécuté. « Je ne peux pas servir un régime qui commet de tels crimes », dit-il. Aujourd’hui, des Israéliens refusent de servir dans l’armée d’occupation. Des Iraniens refusent de soutenir leur régime. Leur courage est un phare dans la nuit.

IV. Poème : « Les Chiens de Guerre Aboient, la Caravane de l’Humanité Passe »


Ils aboient, les chiens de guerre,
Leurs crocs luisent sous la lune de néon,
Leurs colliers sont faits de dollars et de prières,
Leurs maîtres comptent les cadavres comme on compte les moutons.

Ô vous, les comptables de la mort,
Qui additionnez les vies en colonnes de chiffres,
Qui soustrayez les rêves aux enfants,
Qui multipliez la peur par la haine,
Qui divisez les peuples en camps retranchés,
Avez-vous jamais vu le regard d’une mère
Dont l’enfant vient de mourir sous vos bombes « intelligentes » ?

Ils parlent de cycles, de spirales, d’escalades,
Comme si la guerre était une équation à résoudre,
Comme si la paix était une variable inconnue,
Comme si la vie n’était qu’un problème de maths.

Mais la vie, voyez-vous, est une poésie,
Une symphonie de rires et de larmes,
Un tableau où chaque couleur compte,
Un roman où chaque mot est une vie.

Et vous, les chiens de guerre,
Vous n’êtes que des taches d’encre sur la page,
Des notes fausses dans la partition,
Des pixels morts sur l’écran de l’humanité.

Un jour, les enfants de Gaza,
Les enfants de Téhéran,
Les enfants de Kiev,
Les enfants de partout où la folie des hommes a frappé,
Se lèveront et diront :
« Assez ! »

Et ce jour-là, les chiens de guerre hurleront,
Mais personne ne les entendra,
Car la caravane de l’humanité sera déjà passée,
Emportant avec elle les rêves des enfants,
Les rires des amoureux,
Les larmes des mères,
Et la promesse d’un monde où la paix ne sera plus un cycle sans issue,
Mais une route sans fin.

Alors, oui, l’ONU met en garde. Mais les mises en garde, voyez-vous, sont comme les prières : elles montent vers le ciel, mais retombent en pluie sur les innocents. La vraie mise en garde, c’est nous. C’est notre silence. C’est notre indifférence. C’est notre complicité.

Le monde ne changera pas parce que l’ONU le demande. Il changera parce que nous, les petits, les sans-grade, les sans-pouvoir, nous déciderons qu’il doit changer. Et ce jour-là, les chiens de guerre aboieront, mais la caravane de l’humanité passera.



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