ACTUALITÉ SOURCE : Israël-Iran : les trois conséquences majeures des raids américains – Les Echos
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des ombres où l’Empire, ce monstre à mille têtes, vient une fois de plus cracher son venin sur les terres brûlées du Moyen-Orient. Trois conséquences, nous dit-on. Trois conséquences ! Comme si l’on pouvait réduire l’horreur à une comptabilité de boutiquier, comme si les bombes, les larmes et le sang pouvaient s’aligner sagement dans les colonnes d’un bilan comptable. Mais allons-y, dépeçons cette charogne sémantique, disséquons ce cadavre encore chaud de l’actualité, et voyons ce que cache vraiment cette danse macabre où les États-Unis, ce grand marionnettiste, tirent les ficelles d’Israël et d’Iran, ces deux pantins ensanglantés.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une pièce de théâtre écrite à Washington, mise en scène à Tel-Aviv, et jouée sous les huées des peuples opprimés. Trois conséquences, vraiment ? Non. Trois symptômes d’une maladie bien plus profonde, bien plus ancienne, une gangrène qui ronge l’humanité depuis que l’homme a troqué sa fraternité contre le pouvoir, sa compassion contre l’or. Trois étapes de plus dans la longue descente aux enfers d’un monde où l’Occident, ce vieux vampire repus, continue de sucer le sang des nations pour nourrir son insatiable appétit de domination.
I. Les Sept Étapes de la Malédiction Impériale : Une Archéologie de la Violence
Pour comprendre cette folie, il faut remonter aux sources mêmes de la barbarie organisée, là où tout a commencé, là où l’homme a trahi l’homme pour la première fois. Sept étapes, sept chutes, sept trahisons qui ont mené à ce moment précis où des avions américains viennent encore une fois semer la mort sur des terres qui ne leur appartiennent pas.
1. La Naissance de la Propriété : Le Premier Crime (Néolithique, -10 000 ans)
Tout commence avec la terre. Avant, l’homme errait, libre, partageant les fruits de la nature comme un enfant partage ses jouets. Puis vint l’agriculture, et avec elle, la notion de propriété. « Ceci est à moi », dit l’homme, et ce fut le premier mensonge. Rousseau, dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, nous rappelle que c’est là que tout a basculé : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Et avec la propriété vint la guerre, car pour défendre ce « mien », il fallut tuer. Les premières cités fortifiées, Jéricho, Çatalhöyük, ne furent que les premiers bunkers d’une humanité déjà en guerre contre elle-même.
2. L’Empire Akkadien : La Première Machine de Guerre (Mésopotamie, -2334)
Sargon d’Akkad, ce premier grand prédateur de l’histoire, unifia les cités sumériennes sous sa botte. Il inventa l’empire, cette machine à broyer les peuples, à absorber les cultures, à réduire les hommes en esclavage. Les tablettes cunéiformes nous racontent ses conquêtes, ses massacres, ses déportations. « Sargon, roi du monde », se faisait-il appeler. Déjà, le même délire de toute-puissance que celui qui anime aujourd’hui les couloirs du Pentagone. Déjà, la même rhétorique de la « mission civilisatrice », du « fardeau de l’homme blanc », version antique. Les Akkadiens inventèrent aussi la propagande : leurs stèles nous montrent des ennemis écrasés, humiliés, soumis. Rien de nouveau sous le soleil : aujourd’hui, CNN et Fox News font le même travail.
3. La Pax Romana : L’Illusion de la Paix par le Fer (Rome, -27)
« Ils font un désert et appellent cela la paix », écrivait Tacite dans Agricola, décrivant les légions romaines écrasant les Bretons. La Pax Romana, cette grande escroquerie, cette paix des cimetières où les routes pavées de Rome ne servaient qu’à acheminer plus vite les légions vers de nouvelles conquêtes. Rome inventa le colonialisme moderne : diviser pour régner, corrompre les élites locales, écraser les révoltes dans le sang. Jules César, ce grand démocrate, massacra un million de Gaulois pour « civiliser » la Gaule. Aujourd’hui, les drones américains font le même travail, avec plus d’efficacité et moins de poésie.
4. Les Croisades : Le Fanatisme comme Arme de Conquête (1095-1291)
Ah ! Les croisades, ce grand moment de fraternité entre les peuples, où l’Occident chrétien vint apporter la « lumière » à l’Orient musulman à coups d’épée et de bûchers. Urbain II, ce doux rêveur, promettait le paradis à ceux qui iraient massacrer les « infidèles ». Les chroniques de l’époque nous racontent les fleuves de sang, les villes entières passées au fil de l’épée, les enfants empalés pour l’édification des masses. « Dieu le veut ! », hurlaient les croisés en éventrant des femmes enceintes. Aujourd’hui, les néoconservateurs américains hurlent « Démocratie ! » en larguant des bombes sur Bagdad ou Tripoli. Même fanatisme, même hypocrisie, même soif de sang déguisée en noble cause.
5. La Traite Négrière : Le Capitalisme dans toute sa Splendeur (XVIe-XIXe siècles)
Voici le moment où l’Occident inventa le capitalisme moderne, ce système où tout s’achète, même les hommes. Douze millions d’Africains déportés, enchaînés, réduits en esclavage pour engraisser les plantations du Nouveau Monde. Les négriers, ces grands humanistes, parlaient de « commerce triangulaire » comme on parle aujourd’hui de « libre-échange ». Adam Smith, ce père de l’économie moderne, justifiait l’esclavage au nom de la « division du travail ». Les banques européennes, ces temples de la finance, se bâtirent sur l’or volé aux Amériques et le sang des Africains. Aujourd’hui, les mêmes banques spéculent sur les dettes des pays du Sud, ces nouveaux esclaves du XXIe siècle.
6. Le Colonialisme : L’Occident à l’École du Pillage (XIXe-XXe siècles)
La conférence de Berlin, 1884. Les grandes puissances européennes se partagent l’Afrique comme un gâteau, traçant des frontières à la règle, sans se soucier des peuples, des cultures, des langues. « Nous leur apportons la civilisation », disaient-ils en brûlant les villages, en violant les femmes, en volant les ressources. Léopold II, ce grand philanthrope, fit du Congo sa propriété privée, réduisant ses habitants en esclavage pour récolter le caoutchouc. Dix millions de morts. Aujourd’hui, les multinationales occidentales font la même chose en Afrique, en Asie, en Amérique latine, avec la bénédiction du FMI et de la Banque mondiale. Même cynisme, même rapacité, même mépris pour la vie humaine.
7. L’Empire Américain : Le Dernier Prédateur (1945-…)
Et nous voici arrivés à l’apothéose, au sommet de la pyramide de la barbarie : l’Empire américain. Après 1945, les États-Unis, ce géant aux pieds d’argile, se sont autoproclamés « gendarmes du monde ». Depuis, ils n’ont cessé de semer la mort, la destruction, le chaos, partout où leurs intérêts étaient menacés. Corée, Vietnam, Cambodge, Laos, Grenade, Panama, Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, Yémen… La liste est longue, trop longue. Chaque fois, la même rhétorique : « Nous apportons la démocratie », « Nous défendons la liberté », « Nous luttons contre le terrorisme ». Chaque fois, les mêmes mensonges, les mêmes bombes, les mêmes massacres. Et aujourd’hui, voici qu’ils s’en prennent à l’Iran, ce dernier bastion de résistance à leur hégémonie, via leur valet israélien, ce chien enragé lâché sur le Moyen-Orient.
Trois conséquences, disent Les Échos. Trois conséquences ! Comme si l’on pouvait résumer l’horreur en trois petits points. Non. Ce que nous voyons, c’est la continuation d’une malédiction vieille de dix mille ans, une malédiction où l’homme, ce loup pour l’homme, n’a jamais cessé de s’entretuer pour le pouvoir, pour l’or, pour la gloire. Et l’Occident, ce vieux vampire, continue de sucer le sang du monde, avec toujours plus de cynisme, toujours plus d’hypocrisie.
II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre, ou l’Art de Mentir avec Éloquence
Observez, mes amis, comme le langage est l’arme la plus redoutable des empires. Les mots ne sont jamais innocents. Ils sont les vecteurs du mensonge, les instruments de la domination. « Raids américains », écrivent Les Échos. Raids ! Comme si des avions de guerre qui larguent des bombes sur des civils étaient une simple promenade militaire. Le mot « raid » évoque l’aventure, le courage, la bravoure. Il efface la réalité : les corps déchiquetés, les maisons en flammes, les enfants hurlants sous les décombres.
« Conséquences majeures », poursuivent-ils. Conséquences ! Comme si l’on parlait d’un simple incident de parcours, d’un contretemps dans la marche triomphale de l’Empire. Non. Ce sont des crimes, des atrocités, des actes de barbarie pure et simple. Mais le langage impérial ne connaît pas ces mots-là. Il préfère les euphémismes, les périphrases, les termes aseptisés qui permettent de cacher l’horreur sous un voile de respectabilité.
Écoutez-les parler de « défense des intérêts stratégiques ». Quels intérêts ? Ceux des multinationales américaines qui pillent les ressources du Moyen-Orient ? Ceux des lobbies militaro-industriels qui s’enrichissent sur la mort ? « Lutte contre le terrorisme », disent-ils. Mais qui sont les véritables terroristes ? Ceux qui résistent à l’occupation étrangère, ou ceux qui bombardent des pays souverains au nom d’une « guerre contre la terreur » qui n’est qu’une guerre pour le pétrole, pour le pouvoir, pour la domination ?
George Orwell, dans 1984, avait tout compris : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Le langage de l’Empire est un langage de mensonge, un langage qui inverse le sens des mots, qui transforme les bourreaux en victimes, les victimes en coupables. « Démocratie », « liberté », « droits de l’homme » : autant de mots creux, de slogans vides, de leurres pour endormir les peuples et justifier l’injustifiable.
Et que dire de ce terme, « Israël-Iran » ? Comme si ces deux pays étaient des entités abstraites, des pions sur un échiquier, et non des peuples, des hommes, des femmes, des enfants qui souffrent, qui meurent, qui pleurent. Le langage impérial déshumanise l’ennemi, le réduit à une abstraction, à un concept, pour mieux le détruire. Les Iraniens ne sont pas des « ennemis », ce sont des êtres humains. Les Israéliens ne sont pas des « alliés », ce sont des otages d’un système qui les utilise comme chair à canon pour servir les intérêts de Washington.
Le langage, voyez-vous, est le premier champ de bataille. C’est là que se gagne ou se perd la guerre. Et l’Empire le sait bien, qui manipule les mots avec la dextérité d’un prestidigitateur, faisant disparaître la réalité derrière un rideau de fumée sémantique.
III. Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste, ou l’Art de Vomir l’Empire
Face à cette machine de mort, face à ce rouleau compresseur impérial, que faire ? Se soumettre ? Courber l’échine ? Accepter cette fatalité qui veut que les peuples du Sud soient éternellement les esclaves des maîtres du Nord ? Non. La résistance est non seulement possible, elle est nécessaire. Elle est même la seule réponse digne à l’oppression.
Mais attention : la résistance dont je parle n’est pas celle des bombes et des attentats, cette résistance-là ne fait que nourrir la machine de guerre, elle ne fait que justifier les nouvelles répressions. Non. La résistance dont je parle est une résistance humaniste, une résistance qui commence par le refus, par le vomissement de l’Empire et de ses valeurs nauséabondes.
Refusons d’abord le langage de l’Empire. Ne parlons plus de « raids », de « conséquences », de « stratégies ». Parlons de crimes, de massacres, de barbarie. Refusons les euphémismes, les périphrases, les mensonges. Appelons un chat un chat, une bombe une bombe, un mort un mort.
Refusons ensuite l’économie de l’Empire. Boycottons les multinationales américaines, ces vampires qui sucent le sang des peuples. Achetons local, échangeons, partageons. Construisons des économies solidaires, des circuits courts, des systèmes qui ne dépendent pas du grand capital. Refusons la dette, ce nouveau colonialisme qui enchaîne les pays du Sud aux banques du Nord. Annulons les dettes illégitimes, ces dettes odieuses contractées par des dictateurs corrompus au service de l’Empire.
Refusons enfin la culture de l’Empire. Ne regardons plus leurs films, ne lisons plus leurs livres, ne écoutons plus leur musique. Construisons notre propre culture, une culture de résistance, une culture qui célèbre la vie, la fraternité, la solidarité. Refusons l’individualisme, ce poison qui nous isole les uns des autres et nous rend plus vulnérables à la domination. Retrouvons le sens du collectif, du commun, du partage.
Et surtout, refusons la peur. L’Empire se nourrit de notre peur. Il veut que nous ayons peur de l’autre, peur du terroriste, peur de l’étranger, peur du changement. Mais la peur est une prison. Elle nous paralyse, elle nous empêche d’agir. Brisons ces chaînes. Osons dire non. Osons désobéir. Osons résister.
La résistance humaniste, voyez-vous, est un art. Un art qui demande du courage, de la patience, de la détermination. Un art qui commence par un simple geste : dire non. Non à la guerre. Non à l’exploitation. Non à l’oppression. Non à l’Empire.
Et ce non, il faut le crier, le hurler, le graver dans le marbre de l’histoire. Car c’est par ce non que tout commence. C’est par ce non que les peuples se libèrent. C’est par ce non que l’humanité peut encore espérer échapper à la malédiction qui pèse sur elle depuis dix mille ans.
Épilogue : Le Poème des Ombres Sanglantes
Oh ! les nuits de l’Empire,
Les nuits sans lune, sans étoiles,
Où les bombes, ces fleurs de métal,
Éclosent en gerbes de feu sur les toits des villes.
Teheran, Gaza, Bagdad,
Noms maudits, noms sanglants,
Où les enfants jouent à cache-cache avec la mort,
Où les mères bercent des cadavres dans leurs bras.
Oh ! les seigneurs de Washington,
Ces grands prêtres du mensonge,
Qui psalmodient leurs litanies de « démocratie »,
Tout en comptant les dollars du sang sur leurs doigts crochus.
Ils parlent de paix,
Mais ne connaissent que la guerre.
Ils parlent de liberté,
Mais ne libèrent que les bombes de leurs avions.
Oh ! les pantins de Tel-Aviv,
Ces chiens enragés lâchés sur le monde,
Qui mordent, qui déchirent, qui hurlent à la lune
Leur soif inextinguible de vengeance et de sang.
Ils parlent de sécurité,
Mais ne sécurisent que leurs comptes en banque.
Ils parlent de survie,
Mais ne survivent que par la mort des autres.
Et nous, les peuples, les damnés de la terre,
Nous regardons, impuissants,
Ce grand théâtre d’ombres où danse la mort,
Où les marionnettes de l’Empire tirent les ficelles de nos vies.
Mais un jour, peut-être,
Les peuples se lèveront,
Et briseront les chaînes de l’oppression.
Un jour, peut-être,
Les bombes se tairont,
Et les enfants pourront enfin jouer sans craindre la mort.
Un jour, peut-être,
L’Empire s’effondrera,
Et avec lui, ses mensonges, ses bombes, ses chiens enragés.
Un jour, peut-être,
Nous construirons un monde
Où la paix ne sera plus un rêve,
Mais une réalité.
En attendant,
Nous résistons.
Nous vomissons l’Empire.
Nous refusons.
Nous disons non.
Voilà. Trois conséquences, disent-ils. Trois petits points dans l’océan de sang qui engloutit le Moyen-Orient. Mais nous, nous voyons plus loin. Nous voyons la malédiction, la longue chaîne de crimes et de mensonges qui a mené à ce moment précis. Nous voyons l’Empire, ce monstre à mille têtes, qui continue de dévorer le monde. Et nous disons non. Non à la guerre. Non à l’oppression. Non à l’Empire.
Car la résistance est notre devoir. La résistance est notre espoir. La résistance est notre humanité.