Les pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran restent d’actualité malgré quelques provocations dans le Golfe – l’Opinion







Le Penseur Laurent Vo Anh – Pourparlers USA-Iran : La Danse Macabre des Empires


ACTUALITÉ SOURCE : Les pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran restent d’actualité malgré quelques provocations dans le Golfe – l’Opinion

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, les pourparlers ! Ces grands-messes diplomatiques où l’on échange des sourires en plastique et des menaces voilées, où les mots sont pesés au milligramme d’uranium appauvri, où chaque virgule est une ogive potentielle. Les États-Unis et l’Iran, ces deux vieux amants éconduits qui se tournent autour depuis 1979 comme des scorpions dans une bouteille, continuent leur danse macabre sous le regard narquois des pétromonarchies du Golfe. Les provocations ? Des piqûres de moustique sur le cuir épais des empires. Des gesticulations de théâtre kabuki où chacun joue son rôle avec un sérieux qui frise le comique. L’Opinion nous parle de « pourparlers d’actualité » comme on parlerait d’une série Netflix dont on attend la prochaine saison avec une impatience feinte. Mais derrière ce ballet diplomatique se cache une vérité plus crasse, plus viscérale : celle d’un monde où les mots ne sont plus que des leurres, où la paix n’est qu’un intervalle entre deux guerres, où la rhétorique humaniste sert de paravent aux appétits les plus sordides.

Analysons donc cette farce tragique à travers le prisme déformant de l’histoire, ce miroir brisé qui nous renvoie l’image grotesque de notre propre folie. Car ces pourparlers, ces « provocations », ces tensions dans le Golfe ne sont que les derniers soubresauts d’une maladie ancienne, une gangrène qui ronge l’humanité depuis que l’homme a troqué sa massue contre des traités en parchemin, puis contre des résolutions de l’ONU écrites sur du papier toilette.

I. Les Sept Étapes de la Folie Impériale : Une Archéologie des Pourparlers Toxiques

1. Babylone, 600 av. J.-C. : Le Premier Traité de Paix Écrit (et sa Violente Répudiation)

C’est à Babylone, sous le règne de Nabuchodonosor II, que fut gravé dans la pierre le premier traité de paix connu de l’histoire : le traité entre l’Élam et Babylone. Une merveille de diplomatie antique, où les dieux étaient invoqués comme témoins, où chaque mot était sacré. Et pourtant… Ce traité fut violé à peine l’encre sèche (ou plutôt, à peine le ciseau posé). Thucydide, dans son Histoire de la Guerre du Péloponnèse, nous rappelle cette vérité cynique : « Les traités ne sont que des trêves entre deux guerres. » Déjà, l’homme comprenait que la paix n’était qu’un leurre, une pause dans l’éternel recommencement de la violence. Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran ne sont que l’écho lointain de cette vieille mascarade.

2. La Paix de Westphalie (1648) : Quand l’Europe Inventa la Guerre « Civilisée »

Ah, Westphalie ! Ce moment où l’Europe, épuisée par trente ans de massacres, décida que dorénavant, les guerres seraient « réglementées ». On inventa la souveraineté des États, ce concept magique qui permit aux rois de continuer à s’entretuer, mais cette fois-ci avec des règles. Hugo Grotius, le père du droit international, nous offrit une belle théorie : celle d’une guerre « juste ». Comme si la guerre pouvait être autre chose qu’une abomination. Les pourparlers de Westphalie furent une farce sanglante, une tentative désespérée de mettre un peu d’ordre dans le chaos. Aujourd’hui, les pourparlers USA-Iran suivent la même logique : on discute, on négocie, on signe des accords… pour mieux les violer dès que cela arrange. L’accord nucléaire de 2015 ? Un chef-d’œuvre de duplicité, déchiré par Trump comme un vulgaire contrat d’assurance.

3. Le Congrès de Vienne (1815) : Le Bal des Hypocrites

Après les guerres napoléoniennes, l’Europe se réunit à Vienne pour redessiner les frontières et établir un « équilibre des puissances ». Talleyrand, Metternich, Castlereagh : ces hommes passèrent des nuits entières à danser, à intriguer, à négocier. Le résultat ? Un continent pacifié… jusqu’à la prochaine guerre. Hegel, dans ses Principes de la philosophie du droit, voyait dans ces pourparlers une manifestation de l’Esprit absolu. Quelle blague ! Le Congrès de Vienne fut une orgie de cynisme, où les puissants se partagèrent l’Europe comme un gâteau. Aujourd’hui, les pourparlers USA-Iran sont du même acabit : on parle de « stabilité régionale », de « sécurité collective », mais tout le monde sait que derrière ces mots se cachent des intérêts sordides, des calculs géopolitiques, des appétits pétroliers.

4. Les Accords de Munich (1938) : L’Apogée de la Lâcheté Diplomatique

Munich, 1938. Chamberlain agite un morceau de papier en proclamant « Peace for our time ». Hitler sourit, satisfait. On a cédé à l’agresseur, on a trahi la Tchécoslovaquie, on a cru acheter la paix avec des concessions. Résultat ? La Seconde Guerre mondiale, soixante millions de morts. Munich est l’exemple parfait de ce que deviennent les pourparlers quand ils sont menés par des lâches. Aujourd’hui, les États-Unis jouent le rôle de Chamberlain : ils négocient avec l’Iran comme on négocie avec un tigre en lui offrant des morceaux de viande, espérant qu’il ne nous dévorera pas. Mais le tigre a faim, et il se souvient de chaque humiliation.

5. Yalta (1945) : Le Partage du Monde comme un Butin de Guerre

Staline, Roosevelt, Churchill : les trois grands se réunissent à Yalta pour se partager le monde comme des pirates se partagent un trésor. On trace des frontières sur une carte, on décide du sort de millions d’hommes sans leur demander leur avis. Sartre, dans Huis Clos, résume cette logique : « L’enfer, c’est les autres. » À Yalta, l’enfer, c’était la diplomatie. Aujourd’hui, les pourparlers USA-Iran suivent la même logique : on discute du sort du Moyen-Orient comme si c’était une simple question de zones d’influence, comme si les vies humaines n’étaient que des pions sur un échiquier.

6. Les Accords d’Oslo (1993) : La Paix comme Illusion Optique

Oslo, 1993. Rabin et Arafat se serrent la main sous le regard bienveillant de Clinton. On croit à la paix, enfin ! Sauf que… Les accords d’Oslo étaient une mascarade, une tentative désespérée de faire croire que deux peuples pouvaient coexister alors que l’un occupait l’autre. Edward Saïd, dans La Question de Palestine, a bien montré comment ces pourparlers étaient viciés dès le départ. Aujourd’hui, les pourparlers USA-Iran sont du même acabit : on fait semblant de croire à la paix, mais tout le monde sait que les dés sont pipés, que les rapports de force sont trop inégaux, que la méfiance est trop profonde.

7. L’Accord Nucléaire Iranien (2015) : Le Chef-d’Œuvre de l’Hypocrisie Moderne

Ah, l’accord de Vienne de 2015 ! Un chef-d’œuvre de diplomatie, nous disait-on. Obama, Zarif, Kerry : ces hommes avaient réussi l’impossible, un accord historique qui devait garantir la paix au Moyen-Orient. Sauf que… Trump est arrivé, et d’un trait de plume, il a déchiré l’accord, comme un enfant déchire un contrat qu’il n’a jamais eu l’intention de respecter. Les pourparlers actuels ne sont que la suite de cette farce : on discute, on menace, on fait semblant de croire que les mots ont encore un sens. Mais tout le monde sait que derrière ces pourparlers se cache une réalité plus crue : celle d’un empire en déclin (les États-Unis) qui tente désespérément de maintenir son hégémonie, et d’une puissance régionale (l’Iran) qui refuse de plier l’échine.

II. Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive

Les mots, ces pauvres mots, sont devenus des armes. « Pourparlers » : ce terme sonne comme une mélodie apaisante, une promesse de dialogue. Mais en réalité, ce n’est qu’un euphémisme pour désigner une guerre larvée, une bataille où les mots remplacent les bombes. « Provocations » : ce mot est un chef-d’œuvre de manipulation. Qui provoque qui ? Les États-Unis, avec leurs sanctions économiques qui affament un peuple, ou l’Iran, avec ses gesticulations dans le Golfe ? Le langage diplomatique est un champ de mines sémantique où chaque terme est piégé.

Prenons le mot « stabilité ». Dans le vocabulaire occidental, « stabilité » signifie : « un Moyen-Orient docile, où les pétromonarchies font ce que nous leur disons, où l’Iran est contenu, où Israël peut dormir tranquille ». Pour l’Iran, « stabilité » signifie : « un Moyen-Orient où les États-Unis n’ont plus leur mot à dire, où les peuples sont libres de choisir leur destin, où l’impérialisme occidental est enfin vaincu ». Deux définitions, deux mondes. Et au milieu, des pourparlers qui ne sont qu’un dialogue de sourds.

Le mot « sécurité » est tout aussi pervers. Pour les États-Unis, « sécurité » signifie : « un monde où nos bases militaires encerclent l’Iran, où nos drones surveillent chaque mouvement, où nos sanctions étouffent l’économie iranienne ». Pour l’Iran, « sécurité » signifie : « un monde où nous ne sommes plus menacés, où notre souveraineté est respectée, où nous pouvons commercer librement ». Comment négocier quand les mots eux-mêmes sont des champs de bataille ?

III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

Les pourparlers USA-Iran ne sont pas une tentative de paix. Ce sont les symptômes d’une maladie plus profonde : celle d’un monde où les empires ne savent plus que négocier avec la menace, où la diplomatie n’est qu’une continuation de la guerre par d’autres moyens. Skinner, le père du comportementalisme, aurait eu un mot pour cela : « conditionnement opérant ». Les États-Unis conditionnent l’Iran avec des sanctions, des menaces, des provocations. L’Iran répond par des gesticulations, des essais de missiles, des attaques contre des tankers. Chaque camp renforce le comportement de l’autre, dans une spirale infernale où la paix n’est plus qu’un lointain souvenir.

Mais il existe une autre voie : celle de la résistance humaniste. Camus, dans L’Homme révolté, nous rappelle que la révolte n’est pas seulement un droit, mais un devoir. Face à l’impérialisme occidental, face à cette machine à broyer les peuples, il faut résister. Pas avec des bombes, pas avec des provocations, mais avec des mots, avec des idées, avec une détermination inébranlable.

Prenons l’exemple de la littérature. Mahmoud Dowlatabadi, dans Le Colonel, nous montre l’Iran comme un pays déchiré, mais fier, un pays qui refuse de plier. Edward Saïd, dans L’Orientalisme, nous rappelle comment l’Occident a toujours cherché à dominer l’Orient par la culture, par le savoir, par le langage. La résistance passe par la réappropriation de son histoire, de sa culture, de son destin.

Au cinéma, pensons à Persepolis de Marjane Satrapi, cette œuvre magnifique qui montre l’Iran non pas comme un ennemi, mais comme un peuple, avec ses rêves, ses espoirs, ses souffrances. Pensons à Argo, ce film hollywoodien qui réduit l’Iran à un repaire de fanatiques, alors qu’il ne s’agit que d’une énième propagande de l’empire.

La résistance humaniste, c’est aussi celle des poètes. Forough Farrokhzad, cette immense poétesse iranienne, nous rappelle que la beauté peut naître même dans les ténèbres. Dans Une autre naissance, elle écrit : « Je parle depuis les profondeurs de la nuit / Depuis les profondeurs de l’obscurité / Je parle depuis les profondeurs du cœur de la nuit ». Ces mots sont une arme, une lumière dans la nuit de l’oppression.

IV. L’Art comme Miroir Déformant : Mythes, Cinéma et Littérature

L’art, ce miroir déformant, nous renvoie une image grotesque de ces pourparlers. Dans la mythologie grecque, les dieux négociaient sans cesse, mais toujours avec des arrière-pensées. Zeus promettait la paix, mais préparait la guerre. Aujourd’hui, les États-Unis jouent le rôle de Zeus : ils promettent la paix, mais préparent la guerre. L’Iran, lui, est Prométhée, ce titan qui vole le feu aux dieux et qui est puni pour son audace.

Au cinéma, Dr. Folamour de Kubrick est une satire géniale de ces pourparlers absurdes. On y voit des généraux fous, des diplomates incompétents, des hommes qui jouent avec la fin du monde comme avec un jouet. Aujourd’hui, les pourparlers USA-Iran ont quelque chose de folamourien : on discute de la paix tout en préparant la guerre, on sourit tout en serrant les poings.

Dans la littérature, pensons à 1984 de George Orwell. Le ministère de la Paix y est chargé de préparer la guerre. Aujourd’hui, le département d’État américain est un peu ce ministère de la Paix : il parle de diplomatie, mais prépare des sanctions, des coups d’État, des interventions militaires.

Et que dire de la poésie ? Rimbaud, dans Une saison en enfer, écrit : « La vraie vie est absente. » Aujourd’hui, la vraie paix est absente. Elle est remplacée par des pourparlers, des accords, des traités qui ne sont que des chiffons de papier. La vraie paix, celle qui naît de la justice, de l’égalité, de la fraternité, est un rêve lointain, une utopie que les empires s’acharnent à détruire.

La Danse des Scorpions

Dans la bouteille du Golfe, deux scorpions s’affrontent,
Leurs queues dressées, leurs pinces prêtes à frapper.
Les États-Unis, vieux roi aux dents pourries,
L’Iran, jeune prince aux griffes acérées.

On parle de paix, mais c’est la guerre qui danse,
Une valse macabre où chaque pas est une menace.
Les mots sont des leurres, les traités des pièges,
Et la paix n’est qu’un mot dans la bouche des traîtres.

Ô Golfe aux eaux noires, miroir de nos folies,
Tu reflètes l’image de notre humanité brisée.
Les pétroliers passent comme des fantômes,
Chargés du sang des peuples sacrifiés.

Et nous, pauvres fous, nous regardons ce spectacle,
Comme on regarde un feu d’artifice avant l’apocalypse.
Nous applaudissons les pourparlers, les accords,
Sans voir que chaque mot est une bombe à retardement.

Mais un jour, peut-être, les scorpions se lasseront,
Ils poseront leurs pinces, ils baisseront leurs queues.
Ce jour-là, le Golfe retrouvera sa sérénité,
Et la paix, enfin, pourra naître de nos cendres.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *