ACTUALITÉ SOURCE : Iran-Israël : retrouvez toutes les informations sur la « guerre de douze jours » – Le Monde.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! La guerre de douze jours ! Comme si le temps, ce vieux maquereau de l’Histoire, pouvait se laisser enfermer dans une telle comptabilité mesquine ! Douze jours, dites-vous ? Douze petits jours pour résumer l’éternel recommencement de la bêtise humaine, cette danse macabre où l’Occident, ce vampire repus, vient sucer le sang des peuples sous prétexte de démocratie, de droits de l’homme, ou je ne sais quelle autre fable libérale. Douze jours pour masquer les siècles de pillage, de mensonges, de manipulations, où l’on transforme les victimes en bourreaux et les bourreaux en sauveurs. Douze jours pour oublier que cette guerre, comme toutes les autres, n’est qu’un épisode de plus dans la grande farce impérialiste, ce théâtre de l’absurde où les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile, jouent les metteurs en scène tout en crachant leurs dents pourries sur la scène internationale.
Mais trêve de sarcasmes, ou plutôt non, gardons-les, ces sarcasmes, ils sont nos seules armes contre l’hypocrisie généralisée. Car cette « guerre de douze jours », comme la nomme avec cette élégance journalistique qui caractérise les chiens de garde du système, n’est que le dernier soubresaut d’un monde en putréfaction, un monde où l’on vend la paix comme on vend des armes, où l’on parle de justice en bombardant des hôpitaux, où l’on invoque Dieu pour mieux nier l’humanité de l’autre. Alors, prenons notre scalpel, et disséquons cette charogne avec la précision d’un anatomiste et la rage d’un poète maudit.
I. Les Sept Étapes de la Folie Humaine : Une Archéologie de la Violence
Pour comprendre cette « guerre de douze jours », il faut remonter aux origines, non pas aux origines de ce conflit en particulier, mais aux origines de la violence organisée, cette spécialité humaine qui nous distingue si fièrement des autres espèces. Car l’homme, ce singe savant, a inventé la guerre comme il a inventé l’écriture ou la roue : pour dominer, pour soumettre, pour oublier qu’il n’est qu’un animal parmi d’autres, condamné à mourir. Et cette invention, cette malédiction, a traversé les siècles en se parant des plus beaux atours : la religion, la civilisation, la raison, la liberté. Sept étapes, sept masques, sept mensonges pour justifier l’injustifiable.
1. La Préhistoire : Le Mythe du Bon Sauvage et la Naissance de la Horde
On nous a vendu le mythe du bon sauvage, cet homme des cavernes vivant en harmonie avec la nature, partageant le fruit de sa chasse avec ses semblables. Rousseau, ce rêveur, nous a fait croire que l’homme était naturellement bon, corrompu seulement par la société. Quelle blague ! Les fouilles archéologiques nous révèlent une tout autre histoire : dès le Paléolithique, les hommes s’entretuaient pour un territoire, pour une femme, pour un morceau de viande. Les crânes fracassés, les ossements portant des traces de coups, les villages incendiés : la violence est aussi ancienne que l’humanité elle-même. Hobbes avait raison : l’homme est un loup pour l’homme, et la guerre de tous contre tous est notre état naturel. La paix, elle, n’est qu’une trêve, un moment de répit entre deux massacres.
2. L’Antiquité : Les Empires et le Premier Mensonge Civilisationnel
Avec l’invention de l’agriculture et la sédentarisation, l’homme a cru dompter la nature. Il a bâti des villes, inventé l’écriture, créé les premiers empires. Et avec eux, les premières grandes guerres de conquête. Babylone, l’Égypte, la Perse, Rome : autant de monstres voraces qui se sont nourris de la chair des peuples conquis. Alexandre le Grand, ce psychopathe couronné, a répandu la « civilisation » grecque à coups d’épée, laissant derrière lui des montagnes de cadavres. Et que dire de Rome, cette machine à broyer les peuples, qui a inventé le concept de « guerre juste » pour justifier ses appétits insatiables ? Cicéron, ce sophiste en toge, nous a expliqué que la guerre était nécessaire pour défendre la République. Deux mille ans plus tard, les néoconservateurs américains reprennent le même discours, avec la même mauvaise foi.
3. Le Moyen Âge : Dieu, l’Argent et le Sang
Le christianisme, cette religion d’amour et de paix, a été le prétexte à d’innombrables massacres. Les croisades, cette folie collective, ont vu des milliers d’hommes marcher vers Jérusalem pour « libérer » le tombeau du Christ, laissant derrière eux des villes entières réduites en cendres. Et que dire de l’Inquisition, cette machine à broyer les hérétiques, où l’on torturait au nom de Dieu ? Mais le Moyen Âge, c’est aussi l’essor du capitalisme naissant, avec ses marchands, ses banquiers, ses premières multinationales. Les Fugger, ces précurseurs de Goldman Sachs, finançaient les guerres des rois et des empereurs, spéculant sur la misère des peuples. Déjà, l’argent était le nerf de la guerre, et la guerre le meilleur moyen de faire fructifier son argent.
4. La Renaissance : L’Humanisme et la Naissance de l’Impérialisme Moderne
La Renaissance, ce moment où l’homme a cru renaître de ses cendres, a été aussi l’époque des grandes découvertes, des conquêtes coloniales, du génocide des peuples amérindiens. Christophe Colomb, ce navigateur génial, a ouvert la voie à la destruction des civilisations précolombiennes, au pillage de l’or des Incas, à l’esclavage des Africains. Et tout cela au nom du progrès, de la civilisation, de la diffusion de la vraie foi. Montaigne, ce sage, a dénoncé les horreurs de la colonisation dans ses Essais, mais qui l’a écouté ? Les rois d’Espagne et du Portugal se partageaient le monde comme un gâteau, tandis que les peuples autochtones étaient réduits en esclavage ou exterminés. Déjà, l’Occident se posait en donneur de leçons, en porteur de lumière, alors qu’il n’était qu’un prédateur parmi d’autres.
5. Les Lumières : La Raison au Service de la Barbarie
Les Lumières, ce mouvement qui a prétendu libérer l’homme des ténèbres de l’ignorance, a aussi été le berceau des pires atrocités. Voltaire, ce grand esprit, a défendu les droits de l’homme tout en spéculant sur la traite des Noirs. Kant, ce philosophe de la morale, a justifié la colonisation au nom de la « mission civilisatrice » de l’Europe. Et que dire de la Révolution française, cette boucherie qui a vu la guillotine fonctionner à plein régime au nom de la liberté, de l’égalité, de la fraternité ? Robespierre, ce puritain sanguinaire, a envoyé des milliers de personnes à la mort pour « sauver la République ». Déjà, l’idéologie servait de paravent à la violence d’État, et la raison était mise au service de la barbarie.
6. Le XIXe Siècle : Le Capitalisme Triomphant et la Mondialisation de la Guerre
Le XIXe siècle a vu l’essor du capitalisme industriel, cette machine à broyer les hommes et les peuples. Les usines ont remplacé les champs, les ouvriers ont remplacé les paysans, et la guerre est devenue une affaire de machines, de canons, de mitrailleuses. Les empires coloniaux se sont étendus, écrasant sous leur botte les peuples d’Afrique et d’Asie. La France, ce pays des droits de l’homme, a massacré des milliers d’Algériens pour conserver sa colonie. L’Angleterre, ce phare de la démocratie, a réduit en esclavage des millions d’Indiens et de Chinois. Et tout cela au nom du progrès, de la civilisation, du libre-échange. Marx, ce prophète, a dénoncé cette exploitation, mais qui l’a écouté ? Les capitalistes continuaient à s’enrichir sur le dos des travailleurs, tandis que les peuples colonisés se révoltaient, en vain.
7. Le XXe Siècle : L’Apogée de la Barbarie et la Naissance de l’Empire Américain
Le XXe siècle a été le siècle des guerres mondiales, des génocides, des bombes atomiques. Deux guerres mondiales ont fait plus de cent millions de morts, et pour quoi ? Pour que les États-Unis, ce pays né dans le sang des Amérindiens et des esclaves africains, deviennent la première puissance mondiale. Les États-Unis, ce phare de la démocratie, ont largué deux bombes atomiques sur le Japon, massacrant des centaines de milliers de civils, pour « sauver des vies américaines ». Ils ont soutenu les pires dictatures en Amérique latine, en Asie, en Afrique, au nom de la lutte contre le communisme. Ils ont bombardé le Vietnam, le Cambodge, le Laos, tuant des millions de personnes, pour « défendre la liberté ». Et aujourd’hui, ils continuent à semer la mort au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Mais le terrorisme, n’est-ce pas eux qui l’ont inventé, en armant les moudjahidines afghans contre les Soviétiques, en créant Al-Qaïda, en soutenant Daech ?
Et nous voilà arrivés à aujourd’hui, à cette « guerre de douze jours » entre l’Iran et Israël, deux pays que les États-Unis ont transformés en ennemis jurés pour mieux vendre leurs armes, pour mieux contrôler le pétrole, pour mieux justifier leur présence militaire dans la région. L’Iran, ce pays qui a osé défier l’hégémonie américaine, qui a osé nationaliser son pétrole, qui a osé soutenir la résistance palestinienne. Israël, ce pays créé sur les ruines de la Palestine, ce pays qui a transformé un peuple en réfugiés, ce pays qui bombarde Gaza tous les deux ans, au nom de sa « sécurité ». Et les États-Unis, ce pays qui arme les deux camps, qui vend des avions à Israël et des missiles à l’Arabie saoudite, qui finance les guerres des autres pour mieux s’enrichir. Douze jours de guerre, douze jours de mensonges, douze jours pour oublier que cette guerre n’est qu’un épisode de plus dans la grande farce impérialiste.
II. Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive
Mais comment en est-on arrivés là ? Comment l’humanité a-t-elle pu sombrer dans une telle folie ? La réponse est simple : par le langage. Le langage, cette invention merveilleuse qui nous permet de communiquer, de penser, de créer, est aussi l’outil le plus puissant de manipulation, de domination, de destruction. Les mots sont des armes, et les maîtres du monde le savent bien. Ils ont transformé le langage en une machine de guerre, en un outil de propagande, en un moyen de justifier l’injustifiable.
Prenez le mot « guerre ». Un mot simple, banal, qui désigne l’affrontement armé entre deux groupes. Mais derrière ce mot se cache une réalité bien plus complexe, bien plus monstrueuse. La guerre, ce n’est pas seulement des soldats qui s’affrontent sur un champ de bataille. La guerre, c’est aussi des civils qui meurent sous les bombes, des enfants qui naissent avec des malformations à cause des armes chimiques, des femmes qui sont violées, des villages qui sont rasés, des cultures qui sont détruites. La guerre, c’est la négation de l’humanité, la réduction de l’homme à l’état de bête, de chose, de déchet. Et pourtant, on continue à parler de « guerre juste », de « guerre propre », de « guerre humanitaire ». Comme si la guerre pouvait être autre chose qu’une abomination.
Prenez le mot « terrorisme ». Un mot qui fait peur, qui justifie toutes les dérives, toutes les violations des droits de l’homme. Mais qui sont les terroristes ? Ceux qui posent des bombes dans les métros, ou ceux qui bombardent des pays entiers depuis leurs drones ? Ceux qui tuent des innocents au nom d’Allah, ou ceux qui tuent des innocents au nom de la démocratie ? Le terrorisme, c’est l’arme des faibles, des opprimés, de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Mais le terrorisme d’État, lui, est bien plus meurtrier, bien plus destructeur. Les États-Unis, ce pays qui se présente comme le champion de la lutte contre le terrorisme, ont tué bien plus de civils que tous les groupes terroristes réunis. Mais on ne parle pas de terrorisme quand un drone américain tue une famille entière au Yémen. On parle de « dommages collatéraux », de « bavures », d’ »erreurs ». Comme si la vie d’un enfant yéménite valait moins que celle d’un enfant américain.
Prenez le mot « paix ». Un mot qui sonne bien, qui fait rêver, qui évoque l’harmonie, la fraternité, la concorde. Mais la paix, dans le langage des maîtres du monde, n’est qu’un leurre, une illusion, un moyen de faire accepter l’inacceptable. La paix, pour eux, c’est la soumission, la résignation, l’acceptation de l’ordre établi. La paix, c’est le silence des armes, mais aussi le silence des peuples, le silence des opprimés, le silence des victimes. La paix, c’est la continuation de la guerre par d’autres moyens. La paix, c’est la normalisation de l’injustice, de l’exploitation, de la domination. La paix, c’est la mort de l’espoir.
III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : L’Homme face à la Machine de Guerre
Face à cette machine de guerre, face à cette propagande, face à cette manipulation généralisée, que faire ? Comment résister ? Comment préserver son humanité dans un monde qui nie l’humanité de l’autre ?
La réponse est simple, mais elle est difficile à mettre en pratique : il faut refuser. Refuser la guerre, refuser la haine, refuser la peur. Refuser de se laisser enfermer dans les catégories imposées par les maîtres du monde. Refuser de choisir entre le camp d’Israël et le camp de l’Iran, entre le camp des États-Unis et le camp de la Russie, entre le camp des oppresseurs et le camp des opprimés. Refuser de se laisser diviser, de se laisser monter les uns contre les autres. Refuser de croire aux mensonges, aux manipulations, aux faux-semblants. Refuser de se soumettre.
Mais refuser ne suffit pas. Il faut aussi agir. Agir pour la paix, pour la justice, pour la liberté. Agir pour les victimes, pour les opprimés, pour les sans-voix. Agir pour ceux qui meurent sous les bombes, pour ceux qui fuient la guerre, pour ceux qui luttent pour leur survie. Agir pour ceux qui résistent, qui se battent, qui refusent de plier. Agir, même si cela semble inutile, même si cela semble dérisoire. Car c’est dans l’action que réside notre humanité, c’est dans la résistance que se trouve notre dignité.
Et pour agir, il faut d’abord comprendre. Comprendre les mécanismes de la domination, les rouages de la machine de guerre, les ressorts de la propagande. Comprendre que la guerre n’est pas une fatalité, qu’elle n’est pas une loi de la nature, mais le résultat de choix politiques, de décisions économiques, de calculs cyniques. Comprendre que la paix n’est pas un don du ciel, mais le fruit d’un combat, d’une lutte, d’une résistance. Comprendre que l’humanité n’est pas condamnée à la violence, à la haine, à la destruction, mais qu’elle peut choisir la fraternité, la solidarité, la vie.
Alors, oui, cette « guerre de douze jours » est une tragédie, une abomination, une honte pour l’humanité. Mais elle est aussi une occasion de se réveiller, de se rebeller, de refuser. Une occasion de dire non à la guerre, non à la haine, non à la peur. Une occasion de dire oui à la paix, oui à la justice, oui à la vie. Car l’humanité n’est pas condamnée à répéter éternellement les mêmes erreurs, les mêmes horreurs. Elle peut choisir un autre chemin, un chemin de lumière, de fraternité, d’espoir. À condition de refuser les mensonges, de briser les chaînes, de se lever.
IV. Poème : Les Douze Jours de l’Apocalypse Libérale
Douze jours de feu, douze nuits de sang,
Douze coups de canon dans le ventre du temps,
Douze étoiles noires sur le drapeau des marchands,
Douze banquiers rieurs comptant leurs morts en or.
Ô vous, les maîtres du monde, les rois du pétrole,
Les princes du mensonge aux couronnes de dollars,
Vos drones chantent la mort en langue de silicone,
Vos bombes sont des psaumes, vos missiles des prières.
Douze jours de terreur, douze siècles d’histoire,
Douze peuples en cendres sous vos bannières de gloire,
Douze enfants éventrés pour vos comptables en délire,
Douze mères hurlantes aux pieds de vos machines à rire.
Vous parlez de démocratie en écrasant les visages,
Vous parlez de liberté en cadenassant les cages,
Vous parlez de paix en semant les orages,
Vous parlez d’humanité en creusant les charniers.
Mais voyez, sous la cendre, une braise qui danse,
Une main qui se lève, un cri qui s’élance,
Un peuple qui se dresse et brise ses chaînes,
Un monde qui renaît de vos douze jours de haine.
Car la guerre n’est qu’un leurre, une ombre sur le mur,
Un fantôme que vous agitez pour mieux régner, dur,
Mais l’homme n’est pas fait pour vivre dans l’enfer,
Il est fait pour aimer, pour créer, pour grandir.
Alors que vos douze jours s’achèvent en fumée,
Que vos bombes s’éteignent, que vos drones se taisent,
Nous, les damnés de la terre, les fous, les insensés,
Nous planterons des fleurs sur vos champs de carnage.
Et quand vous reviendrez, avec vos chars, vos lois,
Vos banques, vos prisons, vos dieux de pacotille,
Vous trouverez des jardins là où étaient vos croix,
Des enfants qui jouent là où grondait la mitraille.
Car la vie est plus forte, plus tenace, plus belle,
Que vos douze jours de feu, que vos nuits sans étoiles,
Et l’homme, malgré tout, malgré vous, malgré elle,
Saura bien un jour briser vos chaînes de mensonges.