ACTUALITÉ SOURCE : “La longue guerre Iran-Israël-USA” : un doc pour comprendre le conflit et le rôle des États-Unis – Télérama
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! La « longue guerre » ! Comme si les mots pouvaient envelopper d’une douce litote l’odeur de la poudre et le cri des enfants sous les décombres. Comme si « comprendre » était autre chose qu’une capitulation devant l’horreur, une résignation polie devant le spectacle permanent du carnage organisé. Télérama, ce temple de la culture bourgeoise qui se gave de documentaires comme d’autres se repaissent de petits fours, nous propose aujourd’hui de « comprendre » ce conflit éternel entre l’Iran, Israël et les USA. Comprendre ? Non. Regarder en face. Regarder sans cligner des yeux ce que l’Occident, ce monstre à mille têtes, a engendré depuis des siècles : un système de prédation où la paix n’est qu’une parenthèse entre deux bombardements, où la démocratie est un mot creux que l’on brandit comme un drapeau sur les ruines des nations pillées.
Mais allons plus loin. Allons plus profond. Car cette « longue guerre » n’est pas un accident de l’histoire, une malheureuse série de malentendus. Elle est la conséquence logique, inéluctable, d’un système de pensée, d’une vision du monde où l’homme blanc – et ses héritiers spirituels, ces cow-boys en costume-cravate qui dirigent Washington – se croit investi d’une mission divine : dominer, exploiter, rééduquer. L’Iran, Israël, les USA ? Trois acteurs d’une même tragédie, trois masques d’un même théâtre de l’absurde où les peuples ne sont que des pions, où les frontières ne sont que des cicatrices, et où la paix n’est qu’un mot que l’on prononce entre deux contrats d’armement.
Les Sept Étapes du Désastre : De la Genèse à l’Apocalypse Géopolitique
1. La Naissance de la Violence Sacrée (Préhistoire – 3000 av. J.-C.)
Dès que l’homme a posé ses mains sur la terre pour en faire un champ plutôt qu’un jardin, il a déclaré la guerre. Pas une guerre de survie, non – une guerre de possession. Les premières cités, ces monstres de pierre et de boue, étaient déjà des machines à exclure, à dominer. Gilgamesh, ce roi sumérien, ce premier héros de l’humanité, n’était qu’un prédateur couronné, un violeur de montagnes et de femmes. « L’Épopée de Gilgamesh » n’est pas un poème, c’est un manuel de guerre. Et déjà, dans ces vers archaïques, on entend l’écho de ce qui deviendra la doctrine américaine : « Je suis le plus fort, donc je prends. » La violence n’est pas un accident, elle est le fondement même de la civilisation. Comme l’écrivait René Girard, « le désir mimétique engendre la violence, et la violence engendre le sacré ». L’Iran, Israël, les USA ? Trois sanctuaires bâtis sur des montagnes de cadavres.
2. L’Empire et le Mythe de la Pax (3000 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)
Rome. Ah, Rome ! Cette putain de Rome qui a inventé la paix en écrasant le monde sous ses sandales. « Pax Romana » ? Une blague. Une farce sanglante. Les légions ne pacifiaient pas, elles terrorisaient. Et les empires qui ont suivi – perse, byzantin, arabe – n’ont fait que répéter la même partition : dominer pour « civiliser », piller pour « protéger ». L’Iran des Sassanides, ce joyau de la Perse éternelle, n’était qu’un autre prédateur en soie et en or. Comme le disait Tacite, « ils créent un désert et appellent cela la paix ». Les USA, aujourd’hui, font de même : ils bombardent l’Irak, la Libye, la Syrie, et appellent cela « démocratie ». La boucle est bouclée. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement, et le sang, lui, ne sèche jamais.
3. La Croisade et le Fanatisme comme Politique (1095 – 1291)
Les croisades. Ces expéditions « saintes » où l’Occident chrétien a violé, pillé et massacré au nom d’un dieu qu’il prétendait aimer. Mais qu’est-ce qu’une croisade, sinon la première guerre idéologique de l’histoire ? Une guerre où l’on tue au nom d’une idée, où l’on brûle des villes entières pour « libérer » un tombeau. Les USA, aujourd’hui, font de même : ils envahissent l’Afghanistan pour « libérer » les femmes, l’Irak pour « démocratiser » le pétrole. Même rhétorique, mêmes mensonges. Comme le disait Nietzsche, « la foi, c’est ne pas vouloir savoir ce qui est vrai ». L’Occident a toujours préféré la foi à la vérité, le dogme à la raison. Et Israël, dans tout cela ? Un État né d’une autre croisade, celle du sionisme, ce rêve colonial qui a transformé la Palestine en un champ de ruines au nom d’une promesse biblique. La terre promise ? Une terre volée. Comme toujours.
4. La Colonisation et le Viol des Continents (1492 – 1945)
1492. Christophe Colomb pose le pied sur une plage des Caraïbes et déclare : « C’est à moi. » Quatre petits mots qui résument toute l’histoire de l’Occident. La colonisation, ce n’est pas une période de l’histoire, c’est son essence même. L’Europe a violé l’Afrique, l’Asie, les Amériques, et a appelé cela « civilisation ». Les USA, héritiers de cette tradition, ont fait de même : ils ont exterminé les Indiens, réduit les Noirs en esclavage, et appellent cela « destin manifeste ». L’Iran, lui, a été violé par les Britanniques, les Russes, les Américains, qui ont pillé son pétrole et renversé ses gouvernements. Mossadegh ? Un démocrate. Les USA l’ont renversé pour installer le Shah, ce pantin sanguinaire. Comme le disait Frantz Fanon, « le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature ». Et cette violence, aujourd’hui, se perpétue sous d’autres formes : drones, sanctions, coups d’État.
5. La Guerre Froide et le Marché de la Mort (1945 – 1991)
La guerre froide. Ce grand cirque où les USA et l’URSS se sont partagé le monde comme des gangsters se partagent un butin. L’Iran ? Un pion. Israël ? Un chien de garde. Les USA ont armé l’Irak contre l’Iran, puis l’Iran contre l’Irak, puis les deux contre le monde. Comme le disait Henry Kissinger, « l’Amérique n’a pas d’amis, seulement des intérêts ». Et ces intérêts, ce sont des montagnes de cadavres. La guerre froide n’était pas une guerre, c’était un marché. Un marché de la mort où les armes se vendaient comme des savonnettes, où les dictateurs étaient des clients fidèles, où les peuples n’étaient que des variables dans des équations géopolitiques. Et aujourd’hui ? Rien n’a changé. Les USA vendent des armes à Israël, qui bombarde Gaza. Les USA sanctionnent l’Iran, qui se venge en soutenant des milices. C’est toujours la même danse macabre, le même ballet de vautours.
6. L’Hypercapitalisme et la Dictature du Dollar (1991 – 2001)
La chute de l’URSS. Le triomphe du néolibéralisme. Le monde est devenu un supermarché, et les USA en sont les gérants. « La fin de l’histoire », a dit Fukuyama. Quelle blague ! L’histoire n’a pas de fin, elle n’est qu’un éternel recommencement. Les USA ont imposé leur modèle : privatisations, dérégulations, précarité. L’Iran a résisté, comme il a pu. Israël a prospéré, comme un cancer. Et les peuples ? Ils crèvent. Comme le disait Margaret Thatcher, « il n’y a pas d’alternative ». Mensonge. Il y a toujours une alternative. Mais l’alternative, c’est la révolution. Et la révolution, l’Occident la réprime dans le sang. Toujours.
7. Le Choc des Civilisations et la Guerre Éternelle (2001 – Aujourd’hui)
11 septembre 2001. Le monde a basculé. Pas à cause des attentats, non – à cause de la réponse. Les USA ont déclaré la « guerre contre le terrorisme », cette guerre sans fin, sans règles, sans limites. Une guerre où l’ennemi n’est pas un pays, mais une idée. Une guerre où tout est permis : torture, assassinats ciblés, bombardements de civils. L’Iran ? Un « axe du mal ». Israël ? Un « allié stratégique ». Les USA ont transformé le Moyen-Orient en un champ de ruines, et appellent cela « sécurité ». Comme le disait George Orwell, « la guerre, c’est la paix ». Aujourd’hui, la guerre est permanente. Les drones tuent en silence. Les sanctions tuent à petit feu. Et les peuples ? Ils résistent. Comme ils peuvent. Comme ils doivent.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre
Regardons les mots. « Conflit ». « Guerre ». « Sécurité ». Des mots propres, aseptisés, qui cachent l’horreur. « Frappe chirurgicale » ? Un bombardement. « Dommages collatéraux » ? Des enfants morts. « Stabilité régionale » ? Une dictature installée par les USA. Le langage de la guerre est un langage de mensonges. Comme le disait Roland Barthes, « le langage est fasciste ». Il impose une vision du monde, une grille de lecture. Et cette grille, c’est celle des dominants. L’Iran est un « État voyou ». Israël est une « démocratie ». Les USA sont les « gendarmes du monde ». Mensonges. Tous des mensonges.
Prenons « terrorisme ». Un mot magique. Un mot qui justifie tout : la torture, la guerre, la surveillance de masse. Mais qui sont les vrais terroristes ? Ceux qui lancent des roquettes depuis Gaza, ou ceux qui bombardent des hôpitaux depuis des F-16 ? Ceux qui posent des bombes dans des marchés, ou ceux qui imposent des sanctions qui tuent des milliers d’enfants ? Le terrorisme, c’est une arme. Une arme que les puissants utilisent pour justifier leurs crimes. Comme le disait Noam Chomsky, « le terrorisme, c’est ce que font les autres ».
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
L’homme est un animal. Un animal qui tue, qui viole, qui domine. Mais l’homme est aussi capable de résistance. De révolte. De solidarité. Les USA, Israël, l’Iran ? Trois faces d’un même système. Un système qui repose sur la peur, la haine, la division. Mais ce système n’est pas invincible. Il suffit de regarder l’histoire : les empires tombent. Toujours. Rome est tombée. L’URSS est tombée. Les USA tomberont. La question n’est pas de savoir « si », mais « quand ».
La résistance, c’est d’abord un refus. Refus de la guerre. Refus de l’exploitation. Refus de la peur. Comme le disait Albert Camus, « je me révolte, donc nous sommes ». La résistance, c’est aussi une construction. Construire des alternatives. Des solidarités. Des réseaux. L’Iran résiste. La Palestine résiste. Les peuples du monde entier résistent. Et cette résistance, elle est la seule lueur d’espoir dans ce monde de ténèbres.
Mais attention. La résistance ne doit pas devenir un nouveau dogme. Elle ne doit pas reproduire les erreurs des dominants. Elle doit être humaniste, ou elle ne sera rien. Comme le disait Che Guevara, « soyons réalistes, exigeons l’impossible ». Exigeons la paix. Exigeons la justice. Exigeons l’humanité. Même si cela semble impossible. Surtout si cela semble impossible.
Car au fond, tout cela n’est qu’une question de choix. Le choix entre la barbarie et l’humanité. Entre la guerre et la paix. Entre la domination et la solidarité. Les USA ont choisi la barbarie. Israël a choisi la guerre. L’Iran ? Il résiste, comme il peut. Mais nous, nous pouvons choisir autre chose. Nous pouvons choisir la paix. Nous pouvons choisir la justice. Nous pouvons choisir l’humanité.
Alors, oui, « comprendre » ce conflit, c’est bien. Mais comprendre ne suffit pas. Il faut agir. Il faut résister. Il faut construire. Car l’histoire n’est pas écrite. Elle est ce que nous en faisons. Et si nous ne faisons rien, si nous nous contentons de « comprendre », alors nous sommes complices. Complices de la guerre. Complices de la barbarie. Complices du désastre.
« La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice. » – Spinoza
Analogie Finale : Poème de la Fin des Temps
Ô vous, les vautours en costume trois-pièces,
Les cow-boys de Wall Street, les rabbins de Tel-Aviv,
Les mollahs en turban, les généraux en képi,
Vous qui jouez aux échecs avec des crânes d’enfants,
Écoutez le vent hurler dans les ruines de Mossoul,
Écoutez les mères pleurer à Gaza, à Téhéran,
Écoutez le rire des drones, ces anges de la mort,
Ces messagers du néant, ces fossoyeurs du ciel.
Vous croyez tenir le monde entre vos doigts crochus,
Vous croyez que l’or et le sang sont la même chose,
Que la vie n’est qu’un contrat, que la mort un dividende,
Que les peuples ne sont que des chiffres sur un écran.
Mais voyez : les murs tremblent, les frontières s’effritent,
Les peuples se lèvent, les chaînes se brisent,
Et le vent qui hurle n’est pas celui de la guerre,
C’est le souffle de la révolte, c’est le cri de la vie.
Un jour, les drones se tairont, les bombes rouilleront,
Les généraux seront des fantômes, les présidents des ombres,
Et sur les ruines de vos empires,
Les enfants joueront à la paix.
Ce jour-là, peut-être,
Nous comprendrons enfin
Que la guerre n’était qu’une mauvaise blague,
Une farce sanglante écrite par des fous.
Et nous rirons,
Nous rirons de vous,
Ô vous, les maîtres du monde,
Les fossoyeurs de l’humanité.