De nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran devraient se tenir jeudi à Genève – rts.ch







Le Penseur Laurent Vo Anh – Pourparlers USA-Iran : La Comédie des Empires


ACTUALITÉ SOURCE : De nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran devraient se tenir jeudi à Genève – rts.ch

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Genève ! Cette ville suisse où les vautours de la diplomatie viennent se repaître des charognes géopolitiques, où les costumes trois-pièces cachent mal les griffes des empires fatigués. Les États-Unis et l’Iran, ces deux vieux amants qui se déchirent depuis 1979, vont encore une fois jouer la comédie des pourparlers. Comme si les mots pouvaient réparer ce que les bombes, les sanctions et les coups d’État ont brisé. Comme si la paix était autre chose qu’un leurre pour les naïfs, une pause entre deux guerres pour les cyniques. Mais analysons, décortiquons, vomissons cette farce avec la précision d’un scalpel dans la chair pourrie de l’Histoire.

Ces pourparlers ne sont pas une négociation, mais une danse macabre où Washington impose ses pas et Téhéran esquive, où l’un brandit des dollars et l’autre des missiles, où l’un parle de « démocratie » et l’autre de « résistance ». Genève n’est qu’un décor, un théâtre neutre pour une pièce écrite d’avance : celle de l’hégémonie américaine, de son impérialisme vieillissant mais toujours vorace, et de la résistance iranienne, fière mais exsangue. Car oui, l’Iran résiste, et c’est bien là le scandale. Dans un monde où les nations se couchent devant l’aigle américain, où l’Europe n’est plus qu’une colonie économique, où les monarchies du Golfe achètent leur survie avec des contrats d’armement, l’Iran ose dire non. Et pour cela, il paie. Oh, comme il paie.

Mais revenons aux origines, car toute analyse sérieuse doit plonger ses racines dans le terreau fétide de l’Histoire. Sept étapes cruciales, sept moments où le destin de ces deux nations s’est entrelacé dans une valse sanglante, sept clés pour comprendre pourquoi Genève n’est qu’une illusion.

1. L’Iran ancien : Le berceau de la civilisation face à l’ignorance occidentale

Il était une fois la Perse, ce géant qui domina le monde avant que Rome ne soit qu’un village de bergers. Cyrus le Grand, Darius, Xerxès : des noms qui font trembler les manuels d’histoire, des empires qui étendaient leur ombre de la Méditerranée à l’Indus. L’Iran, c’est d’abord cela : une civilisation millénaire, une culture qui a inventé l’administration, la poste, les droits de l’homme (oui, la Cyropédie de Xénophon en parle), bien avant que l’Occident ne sorte de sa barbarie. Mais l’Occident, justement, a toujours eu du mal avec les civilisations qui lui sont supérieures. Alors il les efface, les méprise, ou les soumet. L’Iran, lui, a survécu. Comme un vieux chêne sous les tempêtes, il a vu passer les Grecs, les Arabes, les Mongols, les Turcs, et aujourd’hui… les Américains.

2. 1953 : Le coup d’État de la CIA, ou comment l’Occident a violé l’Iran

Ah, 1953 ! L’année où l’Amérique a montré son vrai visage. Mossadegh, ce vieux nationaliste têtu, avait osé nationaliser le pétrole iranien. Scandale ! Comment osait-il toucher aux intérêts de la British Petroleum et des majors américaines ? Alors la CIA, avec l’aide des services britanniques, a organisé un coup d’État. Opération Ajax : un nom qui sonne comme un mauvais film d’espionnage, mais qui a plongé l’Iran dans des décennies de dictature. Le Shah, ce pantin couronné, a régné dans le sang et la corruption, tandis que les États-Unis léchaient les bottes de leur marionnette. Jusqu’en 1979, où le peuple iranien, excédé, a balayé le tyran. Mais l’Amérique n’oublie jamais une humiliation. Alors elle a soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran, elle a imposé des sanctions, elle a diabolisé la révolution islamique. Et aujourd’hui, elle parle de « pourparlers ». Comme si les crimes d’hier pouvaient s’effacer d’un trait de plume.

3. 1979 : La révolution islamique, ou la révolte des damnés

1979, l’année où l’Iran a dit « Assez ! ». Assez des rois fantoches, assez de l’impérialisme, assez de l’Occident qui pille et méprise. La révolution islamique n’était pas qu’une affaire de mollahs : c’était une révolte populaire, une explosion de colère contre des siècles d’humiliation. Les États-Unis, bien sûr, n’ont rien compris. Pour eux, l’Iran était passé du statut d’allié docile à celui d’ennemi juré. Alors ils ont joué la carte de la diabolisation : « État voyou », « axe du mal », « menace nucléaire ». Comme si l’Iran, avec ses 80 millions d’habitants et son histoire millénaire, n’avait pas le droit de se défendre. Comme si les États-Unis, avec leurs 800 bases militaires à travers le monde, n’étaient pas la vraie menace.

4. Les années 1980 : La guerre Iran-Irak, ou le proxysme américain

Pendant huit ans, l’Iran et l’Irak se sont déchirés dans une guerre atroce, une boucherie où des millions d’hommes sont morts pour rien. Et qui a armé Saddam Hussein ? Les États-Unis, bien sûr. Qui a fourni des armes chimiques à l’Irak ? L’Occident. Qui a fermé les yeux quand ces mêmes armes ont été utilisées contre les Kurdes ? Tout le monde. L’Iran, lui, a résisté, seul, avec des jeunes de 14 ans envoyés au front avec une clé en plastique autour du cou (pour ouvrir les portes du paradis, disait-on). Cette guerre, c’était le premier acte de la vengeance américaine contre la révolution iranienne. Et aujourd’hui, on parle de « pourparlers ». Comme si les morts pouvaient être oubliés.

5. 2003 : L’invasion de l’Irak, ou le mensonge qui a tout changé

2003, l’année où les États-Unis ont menti au monde entier. « Armes de destruction massive », « démocratie », « libération » : autant de mots creux pour justifier une invasion qui a plongé l’Irak dans le chaos. Mais cette guerre, c’était aussi un message pour l’Iran : « Regardez ce qui arrive à ceux qui nous défient. » Sauf que l’Irak, lui, n’avait pas l’histoire, la culture, la résilience de l’Iran. L’Iran, lui, a regardé, analysé, et accéléré son programme nucléaire. Car dans un monde où les États-Unis envahissent les pays sous de faux prétextes, la dissuasion nucléaire devient une question de survie. Et aujourd’hui, on parle de « pourparlers » sur le nucléaire. Comme si l’Iran devait renoncer à son seul moyen de défense face à un empire qui a détruit l’Irak, la Libye, la Syrie.

6. 2015 : L’accord de Vienne, ou la trahison de Trump

2015, enfin un accord ! L’Iran accepte de limiter son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions. Un compromis historique, salué par le monde entier. Sauf que… en 2018, Trump déchire l’accord. Pourquoi ? Parce que Netanyahu a agité une présentation PowerPoint devant le Congrès américain. Parce que l’Arabie saoudite a menacé de vendre son pétrole en yuans. Parce que les néoconservateurs américains n’ont jamais digéré la révolution iranienne. Alors les sanctions sont revenues, plus dures que jamais. Et aujourd’hui, on parle de « pourparlers ». Comme si les États-Unis avaient la moindre crédibilité après avoir trahi leur signature.

7. 2020-2024 : L’Iran assiégé, mais debout

Aujourd’hui, l’Iran est un pays assiégé. Sanctions économiques, cyberattaques, assassinats de scientifiques, soutien aux groupes d’opposition : les États-Unis et leurs alliés font tout pour étrangler la République islamique. Mais l’Iran résiste. Il développe son programme balistique, il soutient le Hezbollah, il tisse des alliances avec la Russie et la Chine. Il montre au monde qu’un pays peut dire non à l’hégémonie américaine. Et c’est bien cela que Washington ne supporte pas : l’idée qu’un pays puisse exister en dehors de son orbite. Alors oui, il y aura des « pourparlers » à Genève. Mais ne vous y trompez pas : ce ne sont pas des négociations, ce sont des manœuvres. Une façon pour les États-Unis de gagner du temps, de diviser l’Iran, de préparer la prochaine guerre.

Analyse sémantique : Le langage de l’empire

Parlons maintenant des mots, car les mots sont des armes. Quand les États-Unis parlent de « pourparlers », ils veulent dire « capitulation ». Quand ils parlent de « paix », ils veulent dire « soumission ». Quand ils parlent de « démocratie », ils veulent dire « clientélisme ». Le langage de l’empire est un langage de dupes, un jargon où les mots sont vidés de leur sens pour mieux servir la machine de guerre.

Prenez le mot « sanctions ». Derrière ce terme aseptisé se cache une réalité sordide : des enfants qui meurent faute de médicaments, des hôpitaux qui ferment faute de matériel, des familles qui crèvent de faim. Les sanctions, ce n’est pas une « pression diplomatique », c’est un crime de guerre. Mais les médias occidentaux en parlent comme d’une mesure « nécessaire », « raisonnable ». Comme si affamer un peuple était une façon de le « libérer ».

Prenez le mot « nucléaire ». Pour les États-Unis, l’Iran n’a pas le droit d’avoir la bombe, mais Israël peut en avoir 200. L’Inde et le Pakistan peuvent en avoir, mais pas l’Iran. La Corée du Nord peut en avoir, mais pas l’Iran. Pourquoi ? Parce que l’Iran est un pays « voyou », un « État paria ». Mais qui décide qui est un « voyou » ? Les États-Unis, bien sûr. Le même pays qui a utilisé la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki, qui a menacé de l’utiliser en Corée et au Vietnam, qui possède aujourd’hui le plus grand arsenal nucléaire du monde. Le même pays qui a envahi l’Irak sous de faux prétextes, qui a soutenu les dictatures les plus sanglantes, qui a bombardé la Libye et la Syrie. Ce pays-là ose donner des leçons de morale à l’Iran. C’est le monde à l’envers.

Prenez le mot « terrorisme ». Pour les États-Unis, le Hezbollah est une « organisation terroriste », mais les moudjahidines du peuple (MEK), qui ont tué des milliers d’Iraniens, sont des « combattants de la liberté ». Les Gardiens de la révolution sont des « terroristes », mais les rebelles syriens, qui décapitent des enfants, sont des « modérés ». La sémantique de l’empire est une sémantique de la manipulation, où les mots sont tordus pour justifier l’injustifiable.

Analyse comportementaliste : La résistance humaniste

Mais au-delà des mots, il y a les actes. Et les actes de l’Iran, malgré ses défauts, ses erreurs, ses excès, sont ceux d’un pays qui résiste. Résiste à l’impérialisme, résiste à l’humiliation, résiste à la domination. L’Iran n’est pas un pays parfait : c’est un pays complexe, contradictoire, parfois brutal. Mais c’est un pays qui existe, qui pense, qui crée, qui résiste. Et c’est cela que l’Occident ne supporte pas : l’idée qu’un pays non occidental puisse avoir sa propre voix, sa propre vision du monde.

Regardez l’art iranien : depuis la révolution, malgré la censure, malgré les difficultés, les artistes iraniens créent. Des films comme Le Goût de la cerise de Kiarostami, Une séparation de Farhadi, Persepolis de Satrapi. Des romans comme ceux de Mahmoud Dowlatabadi. De la musique, de la poésie, du théâtre. L’Iran est un pays qui pense, qui rêve, qui crée. Et cela, aucun embargo, aucune sanction ne pourra l’arrêter.

Regardez la mythologie iranienne : Rostam, le héros qui combat les démons, qui incarne la résistance face à l’oppression. Les États-Unis veulent faire de l’Iran un « État voyou », mais dans l’imaginaire iranien, c’est l’Occident qui est le démon, le dragon à abattre. Et cette mythologie, cette histoire, cette culture, sont plus fortes que toutes les bombes américaines.

Regardez le cinéma iranien : des films qui parlent de la vie quotidienne, de la résistance silencieuse, de la dignité humaine. Des films qui montrent que, malgré tout, malgré les sanctions, malgré la répression, la vie continue. Et c’est cela, la vraie résistance : pas les missiles, pas les discours, mais la capacité à continuer à vivre, à aimer, à créer, malgré tout.

Analyse à travers l’art et la littérature : La beauté contre la barbarie

L’art, la littérature, la poésie : voilà les vraies armes de l’Iran. Pas les bombes, pas les missiles, mais les mots, les images, les rêves. Prenez Hafez, ce poète du XIVe siècle qui a célébré l’amour, le vin, la liberté. Ses vers sont encore récités aujourd’hui, comme une prière, comme une révolte. Prenez Forough Farrokhzad, cette poétesse qui a osé parler de désir, de liberté, de féminité dans un pays où les femmes sont encore opprimées. Ses mots sont des coups de poing, des éclairs dans la nuit.

Prenez le cinéma iranien : des films qui montrent la beauté du quotidien, la résistance des petites gens. Le Cercle de Jafar Panahi, qui parle des femmes emprisonnées dans leur propre pays. Taxi Téhéran, où le même Panahi, interdit de filmer, tourne clandestinement dans un taxi. Ces films sont des actes de résistance, des preuves que la beauté peut survivre à la barbarie.

Et puis il y a la musique : des chants traditionnels, des mélodies qui parlent d’amour, de douleur, de résistance. Des musiciens comme Mohammad-Reza Shajarian, dont la voix est un cri contre l’oppression. Des groupes comme Kiosk, qui mélangent rock et poésie persane pour parler de la vie sous les sanctions.

L’Iran, c’est tout cela : un pays qui résiste, qui crée, qui rêve. Un pays qui refuse de se soumettre, qui refuse de devenir une colonie américaine. Et c’est pour cela que les États-Unis le haïssent. Parce qu’un pays qui résiste est un pays qui montre aux autres qu’il est possible de dire non. Et dans un monde où les nations se couchent devant l’empire, un pays qui dit non est une menace.

Analogie finale :

Genève, ville des ombres et des faux-semblants,

Où les diplomates en costume trois-pièces

Jouent aux échecs avec des vies humaines.

L’Amérique, ce vieux rapace aux serres usées,

Agite ses dollars comme des miettes de pain,

Espérant attirer l’Iran dans son piège doré.

Mais l’Iran, ce vieux lion aux cicatrices profondes,

Sait que les caresses de l’empire

Ne sont que les préludes à la mise à mort.

Alors il grogne, il montre les crocs,

Il danse la danse des fous et des sages,

Celle qui consiste à ne jamais se coucher.

Genève, ville des mensonges et des promesses,

Où l’on parle de paix en préparant la guerre,

Où l’on signe des accords pour mieux les trahir.

Mais l’Histoire, cette vieille putain,

Se moque des traités et des signatures.

Elle rit, elle danse, elle attend son heure,

Sachant que les empires tombent,

Et que les peuples, eux, restent.



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