Trump : « Notre Chef D’état-major Estime Qu’une Guerre Contre L’Iran Sera Facilement Gagnée » – i24NEWS







Laurent Vo Anh – L’Illusion Belliciste : Une Autopsie de l’Arrogance Impériale


ACTUALITÉ SOURCE : Trump : « Notre Chef D’état-major Estime Qu’une Guerre Contre L’Iran Sera Facilement Gagnée » – i24NEWS

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la guerre ! Ce mot qui danse sur les lèvres des généraux comme une putain sur les pavés de Babylone, ce mot qui sent la poudre et le sang séché, ce mot qui fait briller les yeux des marchands d’armes comme des pièces d’or dans la nuit. Quand le pantin orange, ce clown triste qui joue au président des États-Unis, ouvre sa gueule pour nous servir cette fable d’une guerre « facilement gagnée » contre l’Iran, c’est toute l’histoire de l’humanité qui se met à hurler de rire – un rire jaune, un rire de désespoir, un rire qui sent la chair brûlée et les rêves piétinés.

Car l’histoire, voyez-vous, n’est qu’un long cortège de mensonges impériaux, une farandole macabre où les puissants viennent nous chanter leurs chansons de victoire avant de s’enfoncer dans les marécages de l’échec. De l’Assyrie à l’Amérique, en passant par Rome, Napoléon et Hitler, la partition est toujours la même : on nous promet une guerre courte, propre, glorieuse… et on nous livre des charniers, des ruines fumantes et des générations brisées.

Alors aujourd’hui, face à cette nouvelle provocation, face à cette arrogance qui dépasse l’entendement, il faut disséquer, analyser, comprendre. Non pas pour prédire l’avenir – les dieux savent que les prophètes finissent toujours mal – mais pour vomir, une fois encore, notre dégoût face à cette machine de mort qui broie les peuples au nom de la « démocratie » et du « progrès ».

I. L’Histoire comme Miroir Brisé : Sept Étapes Cruciales de l’Illusion Belliciste

L’humanité n’apprend jamais. Ou plutôt, elle apprend, mais elle préfère oublier. Comme ces vieux alcooliques qui jurent, chaque matin, que ce soir, « ce sera différent ». Voici donc sept moments clés où l’illusion d’une guerre « facile » s’est transformée en cauchemar sans fin.

1. L’Assyrie et la Naissance du Mensonge Impérial (VIIIe siècle av. J.-C.)

Tout commence avec les Assyriens, ces bouchers méthodiques qui inventèrent la propagande de guerre. Leurs bas-reliefs montrent des victoires éclatantes, des rois ennemis à genoux, des villes réduites en cendres… mais jamais les révoltes, les années de guérilla, les empires qui s’effondrent sous le poids de leurs propres conquêtes. Comme le note l’historien Georges Roux, « l’Assyrie fut le premier État à pratiquer la guerre totale, et le premier à en mourir ». Leur capitale, Ninive, finit rasée par une coalition de peuples qu’ils avaient humiliés. La guerre « facile » ? Une chimère qui les engloutit.

2. La Guerre du Péloponnèse : Quand Athènes Crut Devenir Éternelle (431-404 av. J.-C.)

Thucydide, ce vieux soldat devenu historien, nous raconte comment Athènes, sûre de sa supériorité navale, entra en guerre contre Sparte en croyant à une victoire rapide. « Nous avons les meilleurs navires, les meilleurs stratèges, les meilleurs dieux », devaient-ils penser. Vingt-sept ans plus tard, Athènes n’était plus qu’une ombre, sa démocratie agonisante, son empire en lambeaux. Comme le dit Périclès dans son oraison funèbre – ironie cruelle – « la guerre est une chose violente, et elle ne se plie pas aux souhaits des hommes ».

3. Les Croisades : La Guerre Sainte qui Devira Folie (1095-1291)

Quand le pape Urbain II lance son appel à la croisade, c’est avec la certitude d’une victoire divine. « Dieu le veut ! », hurle-t-il à la foule. Les chevaliers partent en chantant, sûrs de reconquérir Jérusalem en quelques mois. Deux siècles plus tard, les chrétiens ont perdu la Terre sainte, l’Europe est exsangue, et Constantinople, la reine des cités, n’est plus qu’un champ de ruines. Comme le note l’historien Steven Runciman, « les croisades furent un long acte de folie collective, où l’illusion de la facilité engendra des siècles de souffrances ».

4. Napoléon et la Campagne de Russie : Le Général Hiver Remplace le Général Victoire (1812)

Napoléon, ce génie de la guerre, entre en Russie avec 600 000 hommes, sûr de sa supériorité tactique. Moscou tombe, les Russes reculent… et puis vient l’hiver. La Grande Armée se transforme en horde de spectres affamés, gelés, traqués par les cosaques. Sur les 600 000 soldats, 500 000 meurent. Comme l’écrit Tolstoï dans Guerre et Paix, « Napoléon croyait diriger une armée, mais c’est l’armée qui le dirigeait vers l’abîme ». La guerre « facile » ? Une illusion qui fit trembler l’Europe.

5. La Première Guerre Mondiale : « On Sera Rentré Pour Noël » (1914)

En août 1914, les jeunes Européens partent la fleur au fusil, convaincus que la guerre sera courte. « On sera rentré pour Noël », disent-ils. Quatre ans plus tard, dix millions de morts jonchent les champs de bataille, l’Europe n’est plus qu’un champ de ruines, et le traité de Versailles prépare déjà la prochaine boucherie. Comme le résume le poète Wilfred Owen, mort au front : « Si vous aviez vu ce que j’ai vu, vous ne parleriez pas de gloire ».

6. La Guerre du Vietnam : Le « Body Count » et l’Arrogance Technologique (1955-1975)

Les États-Unis entrent au Vietnam avec leurs B-52, leurs hélicoptères, leurs ordinateurs… et la certitude d’une victoire rapide. « Nous allons leur botter le cul », déclare un général. Vingt ans plus tard, 58 000 soldats américains sont morts, des millions de Vietnamiens ont péri, et Saigon tombe sous les yeux du monde entier. Comme le note le journaliste Michael Herr dans Dispatches, « ils comptaient les corps comme on compte les points dans un match, sans comprendre que la guerre n’est pas un jeu ».

7. L’Irak : « Mission Accomplie » et le Désert qui Rit (2003-…)

En 2003, George W. Bush, ce cow-boy de pacotille, déclare la guerre à l’Irak avec la bénédiction de ses généraux. « Ce sera rapide, propre, facile », promettent-ils. Dix ans plus tard, l’Irak est un État failli, le Moyen-Orient est en flammes, et Daech a remplacé Saddam. Comme le dit le général Petraeus, avec un cynisme désarmant : « Dites-moi comment ça finit ». La guerre « facile » ? Une farce sanglante qui a coûté des milliers de milliards et des centaines de milliers de vies.

« L’histoire est un cauchemar dont j’essaie de me réveiller. » – James Joyce

II. Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Désinformation Massive

Les mots, voyez-vous, sont des armes plus puissantes que les bombes. Ils préparent les esprits, ils justifient l’injustifiable, ils transforment le crime en devoir. Quand Trump parle d’une guerre « facilement gagnée », il utilise un langage qui puise ses racines dans les pires heures de l’humanité.

1. L’Euphémisme : La Guerre Propre n’Existe Pas

« Dommages collatéraux », « frappes chirurgicales », « intervention humanitaire »… ces termes sont des mensonges emballés dans du papier cadeau. Comme le note le linguiste Noam Chomsky, « le langage de la guerre est conçu pour déshumaniser l’ennemi et minimiser l’horreur ». Quand un général parle de « guerre facile », il ment. Il ment sciemment, car il sait que la guerre est toujours sale, toujours longue, toujours monstrueuse.

2. La Métaphore Sportive : La Guerre n’Est Pas un Match de Football

« On va leur botter le cul », « on va les écraser », « on va gagner haut la main »… ces expressions transforment la guerre en compétition, en jeu. Comme si tuer des milliers de personnes était comparable à marquer un but. Comme le dit le philosophe Jean Baudrillard, « la guerre moderne est une simulation, une fiction où les mots remplacent les actes ».

3. Le Discours Religieux : Dieu est Toujours du Côté des Gros Bataillons

« Dieu bénisse l’Amérique », « nous sommes du côté du bien », « ils sont le mal »… ces phrases sont des armes psychologiques. Elles transforment la guerre en croisade, en combat manichéen. Comme le note l’historien Mark Juergensmeyer, « le discours religieux est utilisé pour justifier l’injustifiable, pour donner une légitimité divine à la violence ».

4. La Déshumanisation de l’Ennemi : Quand les Hommes Deviennent des Cibles

« Les Iraniens », « les terroristes », « les méchants »… ces termes réduisent des peuples entiers à des stéréotypes. Comme le dit le philosophe Emmanuel Levinas, « la guerre commence quand on cesse de voir l’autre comme un visage, comme un être humain ». Quand Trump parle de l’Iran, il ne voit pas des hommes, des femmes, des enfants… il voit des cibles, des chiffres, des ennemis à abattre.

« Le langage est la maison de l’être. » – Martin Heidegger

III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Comment Briser la Machine de Guerre

Face à cette machine de mort, que faire ? Se taire ? Accepter ? Non. Il faut résister, hurler, désobéir. La guerre n’est pas une fatalité. Elle est un choix. Un choix politique, économique, idéologique. Et comme tout choix, elle peut être combattue.

1. Désobéissance Civile : Le Pouvoir du Refus

En 1967, le boxeur Muhammad Ali refuse de partir au Vietnam. « Aucun Vietnamien ne m’a jamais traité de nègre », déclare-t-il. Il est condamné, humilié, mais il devient un symbole. Comme le dit le philosophe Henry David Thoreau, « sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison ». Refuser la guerre, c’est déjà la combattre.

2. Art et Résistance : Quand la Beauté Devient une Arme

Picasso peint Guernica en 1937, et le monde entier voit l’horreur de la guerre. Goya grave Les Désastres de la Guerre, et l’Espagne se souvient. Banksy dessine sur les murs de Gaza, et la Palestine résiste. Comme le dit le poète Paul Éluard, « il y a des mots qui font vivre, et il y a des mots qui tuent ». L’art est une arme. Une arme pacifique, mais une arme tout de même.

3. Éducation et Mémoire : Ne Pas Oublier les Leçons du Passé

Les musées, les livres, les films… ils sont nos armes contre l’oubli. Quand un enfant visite le Mémorial de Verdun, il comprend que la guerre n’est pas un jeu vidéo. Quand un étudiant lit À l’Ouest, rien de nouveau, il voit l’horreur en face. Comme le dit l’historien Marc Bloch, « l’ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent, elle compromet, dans le présent, l’action même ».

4. Solidarité Internationale : Unir les Peuples Contre les Empires

En 1936, des volontaires du monde entier partent en Espagne pour combattre le fascisme. En 2003, des millions de personnes manifestent contre la guerre en Irak. Comme le dit le philosophe Antonio Gramsci, « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Mais dans ce clair-obscur, il y a aussi l’espoir. L’espoir d’une humanité unie contre la barbarie.

« La résistance est le secret de la joie. » – Alice Walker

IV. L’Art comme Miroir et comme Arme : Quand la Culture Résiste

L’art, la littérature, le cinéma… ils sont nos armes contre l’oubli, nos boucliers contre la barbarie. Voici quelques exemples où la culture a dit non à la guerre.

1. La Mythologie : Prométhée et le Feu de la Révolte

Dans la mythologie grecque, Prométhée vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Zeus le punit en l’enchaînant à un rocher, où un aigle lui dévore le foie chaque jour. Mais Prométhée ne regrette rien. Comme le dit le poète André Gide, « Prométhée est le premier résistant ». Il nous rappelle que la rébellion est un devoir, que la désobéissance est une vertu.

2. La Littérature : Les Misérables et la Rébellion des Humiliés

Victor Hugo écrit Les Misérables pour dénoncer l’injustice, la misère, la guerre. Gavroche, ce gamin des rues, meurt sur les barricades en chantant. Comme le dit Hugo, « la guerre, c’est la famine, la peste, le vol, l’assassinat, le viol, le crime organisé ». Son roman est un manifeste contre la barbarie.

3. Le Cinéma : Apocalypse Now et la Folie de la Guerre

Francis Ford Coppola tourne Apocalypse Now pour montrer l’horreur du Vietnam. Le colonel Kurtz, joué par Marlon Brando, est un homme brisé par la guerre, un monstre créé par le système. Comme le dit le réalisateur, « la guerre n’est pas héroïque. La guerre est l’enfer ».

4. La Peinture : Guernica et le Cri contre la Barbarie

Picasso peint Guernica en 1937, après le bombardement de la ville basque par les nazis et les fascistes italiens. Le tableau est un cri de douleur, une dénonciation de la guerre. Comme le dit Picasso, « la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi ».

5. La Musique : Imagine et le Rêve d’un Monde sans Frontières

John Lennon écrit Imagine en 1971, en pleine guerre du Vietnam. « Imagine all the people living life in peace », chante-t-il. La chanson devient un hymne, un rêve, une utopie. Comme le dit Lennon, « si tout le monde demandait la paix au lieu de demander une nouvelle télévision, alors il y aurait la paix ».

« L’art lave notre âme de la poussière du quotidien. » – Pablo Picasso

Analogie finale :

Ô vous, les généraux aux médailles luisantes,

Vous qui parlez de guerre en sirotant votre thé,

Vous qui comptez les morts comme on compte les lièvres,

Saviez-vous que la terre a soif de leur sang ?

Vos cartes sont des mensonges, vos plans des chimères,

Vos bombes ne tombent pas sur des cibles, mais sur des rêves,

Sur des enfants qui jouent, sur des mères qui prient,

Sur des pères qui travaillent, sur des vieux qui se souviennent.

L’Iran n’est pas un échiquier, c’est un peuple,

Un peuple qui rit, qui pleure, qui aime, qui souffre,

Un peuple qui a des poètes, des musiciens, des artisans,

Un peuple qui a le droit de vivre, comme vous, comme moi.

Alors quand vous parlez de guerre « facile »,

Souvenez-vous de Ninive, d’Athènes, de Moscou,

Souvenez-vous du Vietnam, de l’Irak, de la Syrie,

Souvenez-vous que la guerre est un monstre qui vous dévorera.

Et quand vous serez vieux, assis dans votre fauteuil,

Quand vos mains trembleront et que vos yeux seront las,

Vous entendrez les cris des enfants que vous avez tués,

Vous verrez leurs visages dans vos cauchemars.

Alors peut-être, enfin, vous comprendrez,

Que la guerre n’est jamais facile,

Que la guerre est toujours une défaite,

Une défaite pour l’humanité.



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