ACTUALITÉ SOURCE : Une ‘armada’ déployée par les États-Unis prête à frapper l’Iran ? Que sait-on sur les forces en place – RTBF
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! L’armada ! Ce mot qui sent la poudre et le pétrole, ce mot qui résonne comme un glas dans les couloirs du Pentagone, ce mot qui fait frémir les marchés et bander les généraux. Une armada, messieurs-dames, c’est bien plus qu’une simple concentration de ferraille et de chair à canon. C’est l’ultime aveu d’impuissance d’un empire qui ne sait plus séduire, qui ne sait plus corrompre, qui ne sait plus que menacer. L’Amérique, ce grand enfant gâté de l’Histoire, sort une fois de plus ses jouets de mort, comme un gamin capricieux qui casse ses soldats de plomb quand on lui refuse un bonbon. Mais cette fois, le bonbon s’appelle l’Iran, et le bonbon a des dents.
Voyez-vous, cette armada n’est pas une surprise. Elle est la conclusion logique, inévitable, d’une mécanique infernale mise en place il y a bien longtemps. Une mécanique qui broie les peuples, qui avale les ressources, qui recrache des cadavres et des dividendes. Pour comprendre cette folie, il faut remonter aux origines, il faut ausculter l’âme humaine, cette bête malade qui se croit divine. Je vous propose un voyage, chers lecteurs, un voyage à travers sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a choisi la violence plutôt que la paix, où elle a préféré le profit à la fraternité. Sept moments où l’Occident, ce vampire repus, a planté ses crocs dans le cou du monde.
I. La Chute Originelle : Quand l’Homme Inventa la Guerre
Les anthropologues nous disent que les premiers conflits organisés remontent au Néolithique. Avant cela, l’homme était un prédateur parmi d’autres, un chasseur-cueilleur qui tuait pour manger, pas pour posséder. Mais avec l’agriculture, tout changea. La terre devint un bien, une propriété, et la propriété, voyez-vous, c’est le premier pas vers la guerre. Comme l’écrivait Rousseau dans son Discours sur l’Origine des Inégalités : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Et de la guerre, ajouterais-je. Car dès que l’homme posséda, il voulut posséder plus, et pour posséder plus, il dut voler, et pour voler, il dut tuer.
Anecdote : Savez-vous que les premières fortifications connues, celles de Jéricho, datent de 8000 avant J.-C. ? Des murs, déjà. Des murs pour se protéger, des murs pour enfermer, des murs pour séparer. L’humanité naissante bâtissait déjà les prisons de son avenir.
II. L’Empire Romain : Le Modèle de la Domination
Rome, ah ! Rome ! Ce n’est pas seulement une ville, c’est une idée, une idée monstrueuse qui a traversé les siècles. Rome, c’est le premier empire globalisé, le premier à avoir compris que la guerre pouvait être un business. Comme l’écrivait Tacite, avec cette ironie amère qui le caractérise : « Ils font un désert et appellent cela la paix. » La Pax Romana, cette paix des cimetières, cette paix des chaînes et des impôts. Rome a inventé la colonisation, la romanisation, c’est-à-dire l’écrasement systématique des cultures locales au profit d’une seule, la sienne. Et quand les peuples résistaient, Rome envoyait ses légions, ses machines de guerre, ses crucifixions de masse.
Anecdote : Connaissez-vous la révolte de Spartacus ? Ce n’est pas seulement l’histoire d’un esclave qui se rebelle, c’est l’histoire d’un homme qui a compris, trop tard, que la liberté ne s’obtient pas par les armes, mais par la destruction des armes. Les Romains, après avoir écrasé la révolte, crucifièrent 6000 esclaves le long de la Via Appia. Un message, bien sûr. Un message qui résonne encore aujourd’hui : « Résistez, et vous mourrez dans d’atroces souffrances. »
III. Les Croisades : La Guerre Sainte, ou l’Hypocrisie en Marche
Ah ! Les croisades ! Ce moment où l’Occident chrétien décida de libérer Jérusalem en massacrant Juifs, Musulmans et hérétiques. Une entreprise « civilisatrice », bien sûr, comme toutes les entreprises coloniales qui suivront. Comme l’écrivait Voltaire, avec son cynisme habituel : « Les croisades furent une folie furieuse qui dura deux cents ans, et qui coûta la vie à plusieurs millions d’hommes pour aller chercher, à quatre mille lieues de leur patrie, une pierre noire sur laquelle on avait dansé. » Une pierre noire, oui, mais aussi des épices, de l’or, des esclaves. Les croisades, c’est le premier grand hold-up de l’Occident, le premier acte d’un impérialisme qui ne dit pas encore son nom.
Anecdote : Savez-vous que lors du sac de Constantinople en 1204, les croisés, ces « soldats du Christ », violèrent les religieuses dans les couvents, pillèrent les églises, et volèrent les reliques ? La guerre sainte, messieurs-dames, c’est comme la paix romaine : un désert, arrosé de sang et de mensonges.
IV. La Conquête des Amériques : Le Génocide Fondateur
1492. Christophe Colomb « découvre » l’Amérique. Découvre ? Non, il la viole. Il la pille. Il la massacre. Les chiffres sont effroyables : en un siècle, 90% de la population indigène disparaît, victime des épidémies, des massacres, de l’esclavage. Comme l’écrivait Bartolomé de las Casas, ce prêtre espagnol qui tenta de défendre les Indiens : « Les Espagnols sont entrés dans ces terres comme des loups, des tigres et des lions affamés depuis des jours. » Et pour justifier ces horreurs, on inventa le concept de « race inférieure », on parla de « mission civilisatrice », on invoqua Dieu. Les mêmes arguments que ceux utilisés plus tard par les colonialistes français, britanniques, belges…
Anecdote : Connaissez-vous la légende du cacique Hatuey ? Ce chef taïno qui, avant d’être brûlé vif par les Espagnols, refusa le baptême. Quand on lui demanda pourquoi, il répondit : « Parce que je ne veux pas aller au ciel, où se trouvent les chrétiens. » Hatuey avait compris, lui, que la civilisation occidentale était une malédiction.
V. Le Colonialisme : L’Exploitation à Visage Humain
Le XIXe siècle, ce siècle de « progrès », fut aussi le siècle du colonialisme triomphant. L’Occident, fort de sa révolution industrielle, décida d’aller piller le reste du monde. Comme l’écrivait Rudyard Kipling dans son poème Le Fardeau de l’Homme Blanc : « Prends le fardeau de l’Homme Blanc / Envoie les meilleurs de ta race / Va, enchaîne tes fils à l’exil / Pour servir les besoins de tes captifs. » Servir les besoins de tes captifs ? Quelle belle formule pour désigner l’esclavage, le travail forcé, le vol des ressources ! Le colonialisme, c’est l’impérialisme avec un sourire, c’est la guerre économique, c’est la destruction des cultures au nom de la « mission civilisatrice ».
Anecdote : Savez-vous que le roi Léopold II de Belgique, ce « grand humaniste », fit couper les mains des travailleurs congolais qui ne ramenaient pas assez de caoutchouc ? Des mains, oui, comme on coupe les branches d’un arbre. Le Congo, ce fut son jardin personnel, un jardin arrosé de sang et de larmes.
VI. Les Deux Guerres Mondiales : L’Apogée de la Folie Occidentale
Le XXe siècle, ce siècle de « modernité », fut aussi le siècle des massacres de masse. Deux guerres mondiales, des dizaines de millions de morts, des villes rasées, des génocides. Et qui en fut responsable ? L’Occident, bien sûr. L’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis… Tous ces pays qui se disaient « civilisés » et qui organisèrent la boucherie la plus effroyable de l’histoire humaine. Comme l’écrivait Céline dans Voyage au Bout de la Nuit : « On est puceau de l’Horreur comme on est puceau de la volupté. » Et l’Occident, en 1914 comme en 1939, perdit sa virginité dans le sang.
Anecdote : Connaissez-vous l’histoire de Gavrilo Princip, l’assassin de l’archiduc François-Ferdinand ? Ce jeune Serbe de 19 ans qui déclencha la Première Guerre mondiale. Mais savez-vous que Princip mourut en prison, de tuberculose, en 1918 ? Il avait 23 ans. Il ne vit jamais les conséquences de son geste. Personne, d’ailleurs, ne les vit vraiment. Les généraux, les politiques, les industriels, tous ceux qui envoyèrent des millions d’hommes à la mort, continuèrent leur petite vie, bien au chaud, bien repus. La guerre, voyez-vous, c’est toujours les autres qui la font.
VII. L’Empire Américain : Le Nouvel Ordre Mondial et ses Mensonges
Et nous voilà arrivés à aujourd’hui, à cette armada américaine prête à frapper l’Iran. Les États-Unis, ce pays né dans le sang des Indiens et des esclaves, ce pays qui n’a jamais connu la paix, ce pays qui a transformé la guerre en industrie, en spectacle, en mode de vie. Comme l’écrivait Noam Chomsky : « Les États-Unis sont le seul pays au monde à avoir été condamné par la Cour internationale de justice pour terrorisme international (dans l’affaire du Nicaragua), et à avoir opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité appelant tous les États à respecter le droit international. » Le droit international ? Une blague, pour les Américains. Une contrainte, un obstacle à leur soif de domination.
L’Iran, voyez-vous, c’est le dernier maillon d’une chaîne qui commence avec Hiroshima et Nagasaki. C’est le dernier pays à refuser de plier le genou devant l’empire. L’Irak a été détruit, la Libye a été détruite, la Syrie est en lambeaux… L’Iran résiste. Et pour cela, il doit être puni. Comme l’écrivait George Orwell dans 1984 : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Les États-Unis ont fait de ces slogans une réalité. Leur guerre, c’est la paix du cimetière. Leur liberté, c’est l’esclavage des peuples. Leur ignorance, c’est la force de leurs bombes.
Anecdote : Savez-vous que les États-Unis ont utilisé des armes à l’uranium appauvri en Irak, en Afghanistan, en Yougoslavie ? Des armes qui provoquent des cancers, des malformations congénitales, des souffrances atroces. Mais peu importe, n’est-ce pas ? Les Irakiens, les Afghans, les Serbes, ce ne sont que des sous-hommes, des « collatéraux ». Comme le disait Madeleine Albright, cette « grande humaniste » : « Nous pensons que le prix en vaut la peine. » Le prix, c’est-à-dire les centaines de milliers de morts, les millions de déplacés, les pays entiers réduits en cendres.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre, ou l’Art de Mentir
Parlons maintenant du langage, ce merveilleux outil de manipulation. Car la guerre, voyez-vous, commence toujours par les mots. Les mots qui justifient, les mots qui cachent, les mots qui tuent. Prenez cette « armada » américaine. Une armada, déjà, quel beau mot ! Il évoque les grands voiliers du XVIe siècle, les conquistadors, les aventuriers… Mais une armada, aujourd’hui, c’est quoi ? Des porte-avions, des sous-marins nucléaires, des drones, des bombes intelligentes. Des machines à tuer, en somme. Et cette « frappes chirurgicales », cette « intervention humanitaire », ces « dommages collatéraux »… Autant de formules pour désigner le meurtre de masse, pour habiller la barbarie en costume-cravate.
Comme l’écrivait Roland Barthes dans Mythologies : « Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre. C’est comme si j’avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots. » Et les mots de la guerre, ce sont des doigts qui étouffent, qui violent, qui tuent. Prenez le mot « terroriste ». Qui décide qui est terroriste ? Les États-Unis, bien sûr. Ben Laden était un « combattant de la liberté » quand il luttait contre les Soviétiques en Afghanistan. Il est devenu un « terroriste » quand il s’est retourné contre ses anciens maîtres. Saddam Hussein était un « allié » quand il faisait la guerre à l’Iran. Il est devenu un « dictateur sanguinaire » quand il a nationalisé le pétrole. Les mots, voyez-vous, sont des armes. Et les États-Unis en sont les maîtres.
Autre exemple : le mot « démocratie ». Les États-Unis se présentent comme le phare de la démocratie, le pays qui apporte la liberté aux peuples opprimés. Mais quelle démocratie ? Celle qui bombarde le Vietnam ? Celle qui soutient les dictatures en Amérique latine ? Celle qui renverse les gouvernements élus (Chili, Iran, Guatemala…) pour installer des régimes fantoches ? La démocratie américaine, c’est la démocratie des bombes, la démocratie du dollar, la démocratie des lobbies. Comme le disait Malcolm X : « Vous ne pouvez pas avoir le capitalisme sans racisme. » Et vous ne pouvez pas avoir l’impérialisme américain sans mensonges.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste, ou l’Art de Dire Non
Face à cette folie, que faire ? Comment résister à cette machine de mort qui broie tout sur son passage ? La réponse, chers lecteurs, est simple : il faut dire non. Non à la guerre, non à l’impérialisme, non au mensonge. Mais attention, ce « non » ne doit pas être un simple refus passif. Il doit être actif, radical, subversif. Comme l’écrivait Albert Camus dans L’Homme Révolté : « Je me révolte, donc nous sommes. » La révolte, voyez-vous, c’est le premier pas vers l’humanité. C’est le refus de se soumettre, le refus de collaborer, le refus de fermer les yeux.
Mais comment se révolter ? D’abord, en refusant le langage de la guerre. En appelant un chat un chat, une bombe une bombe, un meurtre un meurtre. Ensuite, en soutenant les peuples opprimés, en dénonçant les crimes de l’Occident, en boycottant les produits des multinationales qui profitent de la guerre. Enfin, en construisant des alternatives, en créant des réseaux de solidarité, en vivant autrement. Comme le disait Gandhi : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »
Et n’oubliez pas : les empires s’effondrent toujours. Rome est tombée, Napoléon est tombé, Hitler est tombé… Les États-Unis tomberont, eux aussi. Leur armada n’est qu’un dernier soubresaut, un dernier hoquet avant l’agonie. Comme l’écrivait Victor Hugo : « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » L’heure de la paix, l’heure de la justice, l’heure de la fraternité. Cette heure viendra. Et ce jour-là, les armadas ne seront plus que des épaves rouillées au fond des océans, et les généraux ne seront plus que des vieillards séniles, hantés par les fantômes de leurs crimes.
En attendant, résistons. Résistons par l’art, par l’amour, par la pensée. Résistons en refusant de nous laisser embrigader dans cette folie. Comme le disait Rosa Luxemburg : « Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes. » Bougeons, donc. Secouons nos chaînes. Et brisons-les.
L’ARMADA DES OMBRES
Ils sont là, les vautours de métal,
Avec leurs ailes de mort et leurs yeux de pétrole,
Ils tournent, tournent au-dessus de nos têtes,
Comme des mouches sur un cadavre.
L’Iran, ce vieux rêve persan,
Ce pays de poètes et de roses,
Va-t-il devenir un nouveau Vietnam,
Un nouveau Irak, un nouveau Liban ?
Les généraux, ces bouchers en costume,
Parlent de « frappes chirurgicales »,
Comme si la mort pouvait être propre,
Comme si le sang pouvait être stérilisé.
Mais nous savons, nous,
Que chaque bombe est une insulte,
Que chaque missile est un viol,
Que chaque guerre est un mensonge.
Ils disent « démocratie »,
Ils disent « liberté »,
Ils disent « humanitaire »,
Mais leurs mots sentent la poudre et le chloroforme.
L’Amérique, ce grand enfant gâté,
Ce pays qui n’a jamais connu la paix,
Veut encore jouer à la guerre,
Comme un gamin avec ses soldats de plomb.
Mais les soldats de plomb, cette fois,
Ont des visages, des noms, des histoires,
Ils ont des mères qui pleurent,
Des enfants qui grandissent sans eux.
Et nous, les ombres, les sans-voix,
Les damnés de la terre,
Nous disons non,
Nous disons assez,
Nous disons : plus jamais ça.
L’armada passera,
Comme passent les orages,
Comme passent les empires,
Comme passe toute chose.
Mais nous, nous resterons,
Nous, les fous, les rêveurs,
Les poètes, les amants,
Nous qui croyons encore à la paix.
Et un jour, peut-être,
Quand les bombes seront rouillées,
Quand les généraux seront oubliés,
Nous planterons des fleurs sur leurs tombes.
Des coquelicots, des roses,
Des fleurs sauvages, indomptables,
Pour que la terre se souvienne,
Pour que l’humanité renaisse.
En attendant, résistons,
Résistons par l’amour, par l’art,
Résistons par la pensée,
Résistons par la vie.
Car la vie, voyez-vous,
Est plus forte que la mort,
Et l’amour est plus fort que la haine,
Et la paix est plus forte que la guerre.