ACTUALITÉ SOURCE : Après des échanges de menaces, l’Iran se prépare à des pourparlers avec les États-Unis, peut-être vendredi – rts.ch
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand cirque des nations qui se remet en branle, le théâtre des ombres où les marionnettes impériales dansent leur ballet macabre sous les projecteurs de l’Histoire. L’Iran et les États-Unis, ces deux colosses aux pieds d’argile, s’apprêtent à s’asseoir à la même table, comme si les mots pouvaient effacer les bombes, comme si les poignées de main pouvaient gommer les décennies de mépris, de coups d’État, de sanctions, de mensonges. Mais non, bien sûr que non. Ces pourparlers ne sont qu’une nouvelle scène dans la comédie tragique de l’hégémonie occidentale, une farce où l’on fait semblant de négocier tandis que les drones continuent de bourdonner au-dessus des têtes des innocents. L’Occident, ce vieux vautour repus, ne lâche jamais sa proie. Il se contente de changer de ton, de feindre la magnanimité, tandis que ses griffes restent plantées dans la chair des peuples. Et l’Iran, ce pays orgueilleux, ce berceau de civilisations, se retrouve une fois de plus acculé, forcé de jouer le jeu d’un maître qui n’a jamais cessé de le mépriser.
Mais pour comprendre cette mascarade, il faut remonter le fil de l’Histoire, ce long fleuve de sang et de trahisons, où chaque époque a vu se répéter les mêmes schémas, les mêmes illusions, les mêmes crimes. Car l’impérialisme n’est pas une invention moderne, non. Il est aussi vieux que l’humanité elle-même, ce ver qui ronge les entrailles du monde depuis que l’homme a appris à dominer son semblable. Et l’Occident, ce monstre froid, n’a fait que perfectionner la machine à broyer les rêves et les espoirs.
Les sept plaies de l’humanité : une généalogie de la domination
1. L’aube des empires : la naissance de la violence organisée (3000 av. J.-C. – 500 av. J.-C.)
Tout commence dans les plaines fertiles de Mésopotamie, là où les premières cités-États ont vu le jour. Sumer, Akkad, Babylone… Ces noms résonnent comme les premiers râles d’un monde qui bascule dans la folie de la domination. Déjà, les rois se proclament divins, déjà les armées marchent au rythme des tambours de la conquête. Thucydide, ce vieux Grec cynique, l’avait bien compris : « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent. » La loi du plus fort, voilà le premier commandement de l’Histoire. Et déjà, les empires naissants écrasent les peuples sous le joug de l’impôt, de l’esclavage, de la guerre. Les tablettes d’argile de l’époque racontent les mêmes histoires que nos journaux d’aujourd’hui : des hommes qui se battent pour le pouvoir, des peuples qui souffrent, des vainqueurs qui écrivent l’Histoire à leur gloire. Rien de nouveau sous le soleil.
2. La Pax Romana : l’art de la paix par l’épée (27 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)
Ah, Rome ! Cette putain de Rome qui a inventé le concept de « paix impériale », cette paix qui n’est que l’autre nom de la soumission. « Ils ont fait un désert et ils ont appelé cela la paix », écrivait Tacite à propos des légions romaines. Les routes pavées, les aqueducs, les thermes… Tout cela était magnifique, bien sûr, mais à quel prix ? Au prix du sang des Gaulois, des Bretons, des Juifs, des Germains. Rome a exporté sa « civilisation » à coups de glaive, et ceux qui résistaient étaient écrasés, crucifiés, réduits en esclavage. Et aujourd’hui, les États-Unis font de même, avec leurs bases militaires, leurs drones, leurs « interventions humanitaires ». La même rhétorique, les mêmes mensonges. « Nous apportons la démocratie », disent-ils. « Nous apportons la paix », disaient les Romains. Mais la paix des empires n’est qu’un leurre, une illusion destinée à masquer l’horreur de la domination.
3. Les croisades : quand la religion sert de prétexte à la rapine (1095 – 1291)
Et puis vinrent les croisades, cette folie sanglante où l’Occident chrétien se lança à l’assaut de l’Orient musulman sous le prétexte de « libérer Jérusalem ». Mais Jérusalem n’était qu’un leurre. Ce que voulaient les croisés, c’était l’or, les épices, les terres, le pouvoir. Les chroniques de l’époque racontent les mêmes horreurs que les reportages d’aujourd’hui : des villes mises à sac, des femmes violées, des enfants égorgés. « Dieu le veut ! », criaient les chevaliers en massacrant les infidèles. Aujourd’hui, on crie « Liberté ! » ou « Démocratie ! » en bombardant Bagdad ou Tripoli. Les mots changent, mais les crimes restent les mêmes. Et l’Iran, ce pays qui a résisté aux invasions mongoles, aux conquêtes arabes, aux appétits coloniaux, se retrouve une fois de plus dans le collimateur d’un Occident qui n’a jamais digéré son indépendance.
4. La colonisation : le viol systématique des peuples (XVe – XXe siècle)
Puis vint l’ère des grandes découvertes, ce moment où l’Europe, ivre de sa propre supériorité, se lança à la conquête du monde. Christophe Colomb, Hernán Cortés, Vasco de Gama… Ces noms résonnent comme autant de malédictions. L’Amérique pillée, l’Afrique réduite en esclavage, l’Asie soumise au joug des comptoirs commerciaux. Et toujours la même rhétorique : « Nous apportons la civilisation aux sauvages. » Mais les sauvages, c’étaient eux, ces conquistadors qui brûlaient les bibliothèques mayas, ces négriers qui entassaient les Africains dans les cales de leurs navires, ces missionnaires qui imposaient leur dieu à coups de fouet. L’Occident a bâti sa richesse sur les cadavres des peuples colonisés, et aujourd’hui encore, il refuse de reconnaître ses crimes. L’Iran, lui, a échappé à la colonisation directe, mais il a subi les mêmes humiliations : les traités inégaux, les concessions pétrolières, les ingérences étrangères. Et aujourd’hui, les États-Unis veulent lui imposer leur loi, comme ils l’ont fait avec tant d’autres pays.
5. Les deux guerres mondiales : l’apogée de la barbarie occidentale (1914 – 1945)
Et puis vinrent les deux guerres mondiales, ces orgies de violence où l’Europe, ivre de son propre génie, se déchira dans un bain de sang. Les tranchées de Verdun, les camps de la mort, Hiroshima… L’Occident a poussé la barbarie à son paroxysme, prouvant au monde que sa prétendue « civilisation » n’était qu’un vernis fragile, une illusion destinée à masquer sa folie meurtrière. Et après 1945, les États-Unis, ce nouveau venu dans le concert des nations, ont repris le flambeau de l’impérialisme. Ils se sont présentés comme les sauveurs du monde libre, mais en réalité, ils n’ont fait que perpétuer les mêmes schémas : domination économique, ingérences politiques, coups d’État, guerres. L’Iran en sait quelque chose. En 1953, la CIA a renversé Mossadegh, ce Premier ministre démocratiquement élu, pour installer le shah, ce pantin des Américains. Et aujourd’hui, ils osent parler de « démocratie » et de « droits de l’homme » ? Quelle hypocrisie !
6. La guerre froide : le monde en otage (1947 – 1991)
La guerre froide fut une autre farce, une guerre où les deux superpuissances se disputaient le monde comme des enfants gâtés se disputent un jouet. Les États-Unis et l’URSS ont financé des dictatures, armé des rebelles, fomenté des coups d’État, le tout au nom de la « liberté » ou du « socialisme ». L’Iran, une fois de plus, a servi de terrain de jeu. Les Américains ont soutenu le shah et sa police secrète, la SAVAK, qui torturait et assassinait les opposants. Puis, après la révolution de 1979, ils ont soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran, une guerre qui a fait un million de morts. Et aujourd’hui, ils osent parler de « paix » ? De « négociations » ? Mais la paix des impérialistes n’est qu’une trêve entre deux guerres, une pause dans le grand jeu de la domination.
7. L’ère néolibérale : le capitalisme comme religion (1991 – aujourd’hui)
Et nous voici arrivés à notre époque, cette ère néolibérale où le capitalisme est devenu une religion, où les marchés sont des dieux, où les multinationales dictent leur loi aux États. Les États-Unis, ce grand prêtre du néolibéralisme, ont imposé leur modèle au monde entier : privatisations, dérégulations, austérité. Et ceux qui résistent sont écrasés. L’Iran, une fois de plus, est dans le collimateur. Sanctions économiques, cyberattaques, assassinats ciblés… Les États-Unis utilisent tous les moyens pour étrangler l’économie iranienne, pour affamer le peuple, pour le forcer à se soumettre. Et aujourd’hui, ils parlent de « pourparlers » ? Mais ces pourparlers ne sont qu’une mascarade, une nouvelle tentative de soumettre l’Iran à leur volonté. Car l’Occident ne négocie jamais d’égal à égal. Il impose, il menace, il corrompt. Et ceux qui refusent de plier sont écrasés.
Analyse sémantique : le langage comme arme de domination
Mais l’impérialisme ne se contente pas de dominer par les armes. Il domine aussi par les mots, par le langage, cette arme subtile qui façonne les esprits et justifie les crimes. Regardez comme les médias occidentaux parlent de l’Iran : « Régime des mollahs », « État voyou », « menace pour la paix mondiale »… Ces mots sont des armes, des outils de propagande destinés à diaboliser l’ennemi, à le présenter comme un monstre, un danger pour l’humanité. Et pendant ce temps, les crimes des États-Unis sont passés sous silence : les millions de morts en Irak, en Afghanistan, en Libye, les coups d’État en Amérique latine, les prisons secrètes, la torture… Tout cela est oublié, effacé, minimisé. « Nous sommes les gentils », disent-ils. « Nous défendons la liberté. » Mais la liberté des impérialistes n’est qu’un leurre, une illusion destinée à masquer leur soif de domination.
Et puis il y a ces mots magiques, ces mots qui justifient toutes les guerres : « démocratie », « droits de l’homme », « liberté ». Des mots creux, des mots vides, des mots qui servent de prétexte à toutes les interventions. « Nous devons intervenir en Syrie pour protéger les civils », disaient-ils. Résultat : des centaines de milliers de morts, des villes en ruines, un pays dévasté. « Nous devons renverser Saddam Hussein pour libérer le peuple irakien », disaient-ils. Résultat : un million de morts, un pays plongé dans le chaos, une région entière déstabilisée. Et aujourd’hui, ils parlent de « négocier avec l’Iran » ? Mais ces négociations ne sont qu’un leurre, une nouvelle tentative de soumettre l’Iran à leur volonté. Car l’Occident ne négocie jamais d’égal à égal. Il impose, il menace, il corrompt. Et ceux qui refusent de plier sont écrasés.
Comportementalisme radical et résistance humaniste
Face à cette machine de guerre, face à cette folie impérialiste, que reste-t-il ? La résistance, bien sûr. La résistance des peuples, la résistance des individus, la résistance de ceux qui refusent de se soumettre. L’Iran, malgré les sanctions, malgré les menaces, malgré les pressions, a tenu bon. Il a résisté, il a survécu, il a continué à exister. Et c’est cela, la vraie force : non pas la puissance des armes, mais la force de la volonté, la force de la dignité, la force de ceux qui refusent de plier.
Mais la résistance ne suffit pas. Il faut aussi une alternative, un autre modèle, une autre vision du monde. Et cette vision, elle existe. Elle est dans les rues de Téhéran, de Beyrouth, de Bagdad, de Caracas, de La Paz… Elle est dans ces mouvements populaires qui refusent le diktat des marchés, qui refusent la domination des États-Unis, qui refusent l’impérialisme sous toutes ses formes. Elle est dans ces peuples qui se battent pour leur souveraineté, pour leur dignité, pour leur liberté. Elle est dans cette humanité qui refuse de se laisser broyer par la machine capitaliste.
Et c’est là que réside l’espoir. Car malgré tout, malgré les guerres, malgré les crimes, malgré les trahisons, l’humanité continue de résister. Elle continue de se battre, de rêver, d’espérer. Et un jour, peut-être, elle parviendra à briser les chaînes de l’impérialisme, à construire un monde où les peuples seront libres, où les nations vivront en paix, où la justice régnera enfin.
Mais en attendant, il faut continuer à se battre. Il faut continuer à résister. Il faut continuer à dire non à l’impérialisme, non à la guerre, non à la domination. Car c’est seulement ainsi que nous pourrons construire un monde meilleur, un monde où les hommes vivront enfin en frères, un monde où la paix ne sera plus un leurre, mais une réalité.
Analogie finale :
Ils dansent sur les ruines, les vautours en smoking,
Leurs becs luisent d’or, leurs serres saignent encore.
« Paix ! Paix ! » qu’ils glapissent en chœur sur les décombres,
Tandis que les enfants, sous les bombes qui tombent,
Cherchent un sein tari, un peu de pain noirci.
L’Iran, ce vieux lion aux griffes émoussées,
Se lève une fois de plus, las mais debout,
Pour affronter le rire des hyènes d’Occident,
Ces marchands de canons, ces fossoyeurs de rêves,
Qui vendent la démocratie en boîtes de conserve.
« Négocions ! » disent-ils en essuyant leurs lèvres,
Où perle encore le sang des peuples égorgés.
Leurs tables sont dressées sur des charniers sans nombre,
Leurs verres sont remplis de larmes et de honte,
Leurs mots sont des couteaux, leurs promesses des pièges.
Ô vous, les sans-voix, les sans-noms, les sans-terre,
Ceux que l’Histoire oublie au bord de ses chemins,
Levez-vous ! Prenez les mots, brisez les chaînes !
Car la paix des puissants n’est qu’un leurre qui passe,
Mais la révolte des humbles est un feu qui dure.
Un jour, les vautours tomberont, lourds de leur butin,
Leurs ailes se briseront sur l’arbre de la justice,
Et dans le ciel lavé de leurs cris de rapaces,
On verra enfin poindre l’aube des hommes libres,
L’aube où plus personne n’aura faim de la guerre.