ACTUALITÉ SOURCE : « Nous devons être prêts à la guerre » : l’Iran réagit face à la pression américaine – RTBF
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la guerre ! Ce mot qui danse sur les lèvres des puissants comme une putain vénale sur les trottoirs de Wall Street. « Nous devons être prêts à la guerre », clame Téhéran, et déjà les vautours de l’information s’en repaissent, déjà les marchands de canons affûtent leurs couteaux dans l’ombre des banques. Mais qui donc parle ici ? Qui donc ose brandir ce spectre comme on agite un drapeau devant un taureau enragé ? L’Iran ? Ou bien l’Amérique, ce colosse aux pieds d’argile, ce géant obèse qui, depuis des décennies, étouffe le monde sous le poids de son impérialisme décomplexé ?
Regardez-les, ces messieurs de Washington, ces apôtres du « droit d’ingérence », ces croisés du néo-libéralisme qui, sous couvert de démocratie, exportent la mort comme d’autres vendent des hamburgers. L’Iran, voyez-vous, est un mauvais élève. Il refuse de se coucher devant l’oncle Sam, il ose défendre sa souveraineté, il ose même – horreur ! – développer un programme nucléaire civil. Et pour cela, il doit être puni. Punition : sanctions économiques qui étranglent un peuple, menaces militaires qui planent comme une épée de Damoclès, et cette propagande insidieuse qui transforme un pays en « axe du mal ».
Mais la guerre, mes amis, n’est jamais une fatalité. Elle est toujours un choix. Un choix politique, un choix économique, un choix idéologique. Et quand l’Iran répond à la pression américaine par un « nous devons être prêts à la guerre », ce n’est pas une déclaration belliqueuse. C’est un cri de survie. C’est le dernier rempart d’une nation qui refuse de plier l’échine devant l’hégémonisme occidental. Car la guerre, voyez-vous, n’est pas une option pour Téhéran. Elle est une menace permanente, un chantage quotidien, une réalité géopolitique imposée par ceux qui, depuis 1945, ont fait de la planète leur terrain de jeu.
Les Sept Étapes du Mensonge Impérial : Une Histoire de la Violence Organisée
Pour comprendre cette mécanique infernale, il faut remonter aux origines. Non pas aux origines de l’Iran, mais aux origines de cette folie qui pousse l’Occident à croire qu’il a le droit – le devoir, même – d’imposer sa loi au monde. Voici les sept étapes cruciales de cette tragédie humaine, ces moments où l’histoire a basculé dans l’horreur organisée, où la raison a cédé la place à la barbarie institutionnalisée.
1. La Chute de Babylone : Quand l’Empire Invente la Guerre Totale (689 av. J.-C.)
Sennachérib, roi d’Assyrie, rase Babylone. Pas une pierre ne reste sur une autre. Les chroniques assyriennes jubilent : « J’ai détruit, j’ai dévasté, j’ai brûlé par le feu. » Déjà, la guerre n’est plus un conflit entre armées, mais une entreprise d’anéantissement. Déjà, on justifie l’horreur par la « nécessité stratégique ». Déjà, les vainqueurs écrivent l’histoire en lettres de sang. Comme le dira plus tard Tacite : « Ils ont fait un désert, et ils ont appelé cela la paix. »
2. Les Croisades : Le Premier « Choc des Civilisations » (1095-1291)
Le pape Urbain II lance son appel à la croisade en 1095. « Dieu le veut ! », clame-t-il. Et des milliers d’hommes, ivres de foi et de cupidité, partent pour Jérusalem. Ce qu’ils y feront ? Massacrer. Piller. Violer. La première guerre « idéologique » de l’Occident chrétien est aussi la première guerre coloniale. Comme le note l’historien Steven Runciman : « Les croisades furent une longue suite d’actes de barbarie commis au nom du Christ. » Déjà, on tue au nom de la civilisation. Déjà, on justifie l’injustifiable par la supériorité morale.
3. La Conquête des Amériques : Le Génocide Fondateur (1492-1600)
Christophe Colomb débarque aux Bahamas en 1492. En moins d’un siècle, 90% de la population amérindienne aura disparu. Maladies ? Certes. Mais aussi massacres systématiques, travaux forcés, tortures. Bartolomé de las Casas, ce prêtre espagnol qui dénonça ces horreurs, écrit : « Les Espagnols entrèrent dans les villages et ne laissèrent ni enfants, ni vieillards, ni femmes enceintes qu’ils n’aient éventrés et mis en pièces. » La logique est implacable : ces peuples ne sont pas des humains. Ils sont des obstacles. Des ressources. Des sauvages à civiliser. Ou à exterminer.
4. La Traite Négrière : L’Invention du Capitalisme de Sang (XVIe-XIXe siècles)
Douze millions d’Africains déportés. Deux millions morts pendant la traversée. Quatre siècles de souffrance organisée. La traite négrière n’est pas une « erreur » de l’histoire. C’est son fondement. Comme l’écrit l’économiste Eric Williams : « Le capitalisme moderne est né dans les cales des navires négriers. » Sans l’esclavage, pas de révolution industrielle. Sans la souffrance des Noirs, pas de richesse des Blancs. Et aujourd’hui encore, les États-Unis, ce pays construit sur les ossements des esclaves, osent donner des leçons de démocratie au monde.
5. La Première Guerre Mondiale : L’Apocalypse Industrielle (1914-1918)
Dix millions de morts. Des tranchées où les hommes pourrissent vivants. Des gaz qui brûlent les poumons. Des obus qui déchirent les chairs. Et pour quoi ? Pour des frontières. Pour des empires. Pour des banquiers. Comme le dira plus tard Ernst Jünger : « La guerre est devenue une affaire de machines, et l’homme n’est plus qu’un rouage dans cette immense usine de mort. » La boucherie de 14-18 marque l’entrée dans l’ère de la guerre totale, où les civils deviennent des cibles, où la destruction est une fin en soi.
6. Hiroshima : L’Ère de l’Apocalypse Nucléaire (1945)
Le 6 août 1945, l’Amérique largue Little Boy sur Hiroshima. Cent quarante mille morts. Des corps vaporisés. Des survivants condamnés à une agonie lente. Et Truman, ce président qui n’a jamais douté, déclare : « C’est la plus grande chose de l’histoire. » La plus grande chose de l’histoire. Pas la découverte du feu. Pas l’invention de l’écriture. Non. La capacité à anéantir des centaines de milliers de vies en un instant. Depuis, l’humanité vit sous la menace permanente de sa propre extinction. Et les États-Unis, qui détiennent le plus grand arsenal nucléaire du monde, osent accuser l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique.
7. L’Invasion de l’Irak : Le Mensonge comme Arme de Destruction Massive (2003)
Colin Powell agite une fiole à l’ONU. « Preuves irréfutables », dit-il. Saddam Hussein possède des armes de destruction massive. Il faut intervenir. Résultat : un million de morts. Un pays détruit. Une région déstabilisée pour des décennies. Et les fameuses armes ? Elles n’ont jamais existé. Comme le dira plus tard le général Wesley Clark : « Ils voulaient attaquer sept pays en cinq ans. » L’Irak n’était qu’un début. La Syrie, l’Iran, la Libye… La liste est longue. Et toujours la même rhétorique : « Nous apportons la démocratie. » Toujours la même réalité : le chaos, la mort, la souffrance.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre, ou l’Art de Justifier l’Injustifiable
La guerre, voyez-vous, n’est jamais présentée comme telle. Elle est toujours « nécessaire », « préventive », « humanitaire ». Le langage est l’arme la plus puissante des impérialistes. Il permet de transformer un crime en vertu, une agression en défense, un génocide en « mission civilisatrice ».
- « Démocratie » : Mot magique. Quand les États-Unis envahissent un pays, c’est pour y apporter la démocratie. Peu importe que cette démocratie se traduise par des bombes, des tortures, des élections truquées. Peu importe que les « démocraties » occidentales soient en réalité des oligarchies où le pouvoir est détenu par une poignée de milliardaires. La démocratie, c’est comme le Coca-Cola : ça se vend, ça se consomme, et ça ne nourrit pas.
- « Sécurité nationale » : Autre formule magique. Tout peut être justifié au nom de la « sécurité nationale ». Les écoutes massives. Les assassinats ciblés. Les guerres préventives. Peu importe que ces mesures créent plus d’insécurité qu’elles n’en résolvent. Peu importe que le vrai danger pour les peuples ne soit pas le « terrorisme », mais la pauvreté, la faim, l’absence de soins. La « sécurité nationale », c’est l’alibi parfait pour justifier toutes les dérives autoritaires.
- « Droit d’ingérence » : Ah, ce concept si cher aux néoconservateurs ! Le « droit d’ingérence », c’est le droit de violer la souveraineté d’un pays au nom d’une prétendue « responsabilité de protéger ». En réalité, c’est le droit de piller, de contrôler, de dominer. C’est le droit de bombarder la Libye pour « sauver » les Libyens, puis de les abandonner à leur sort une fois que le pays est en ruines. C’est le droit de soutenir des dictatures quand ça arrange, et de les renverser quand elles deviennent gênantes.
- « Axe du mal » : Expression inventée par George W. Bush pour désigner l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord. L’ »axe du mal », c’est le mal absolu, l’ennemi à abattre. Peu importe que ces pays n’aient rien en commun. Peu importe que les États-Unis aient soutenu des régimes bien plus criminels (l’Arabie saoudite, le Chili de Pinochet, l’Indonésie de Suharto…). L’ »axe du mal », c’est comme le diable : ça n’existe pas, mais ça permet de justifier toutes les guerres.
Le langage de la guerre est un langage de mensonges. Il est conçu pour endormir les consciences, pour transformer les bourreaux en héros, les victimes en coupables. Comme le disait George Orwell : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable, et pour donner une apparence de solidité à ce qui n’est que du vent. »
Comportementalisme Radical : Pourquoi les Peuples Acceptent-ils la Guerre ?
Mais comment se fait-il que les peuples acceptent cette folie ? Comment se fait-il que des millions d’hommes et de femmes, génération après génération, se laissent entraîner dans des guerres absurdes, criminelles, inutiles ? La réponse tient en un mot : conditionnement.
Depuis l’enfance, on nous apprend à vénérer la guerre. À l’école, on nous parle des « grands hommes » qui ont fait l’histoire : Alexandre, César, Napoléon… On nous montre des images de soldats héroïques, de drapeaux flottant au vent, de victoires glorieuses. On nous cache les horreurs : les tranchées de Verdun, les charniers de Srebrenica, les enfants brûlés au napalm. On nous inculque l’idée que la guerre est noble, nécessaire, inévitable.
Les médias jouent un rôle clé dans ce conditionnement. Ils transforment les conflits en spectacles, les morts en statistiques, les souffrances en divertissements. Regardez les journaux télévisés : les guerres y sont présentées comme des jeux vidéo, avec des « frappes chirurgicales », des « dommages collatéraux », des « progrès sur le terrain ». Jamais on ne montre les visages des victimes. Jamais on ne donne la parole aux civils. Jamais on ne pose la question essentielle : à qui profite cette guerre ?
Et puis il y a la peur. La peur de l’autre, la peur de l’inconnu, la peur du changement. Les dirigeants jouent sur cette peur pour justifier leurs guerres. « Ils veulent nous détruire », disent-ils. « Ils sont différents, ils sont dangereux, ils menacent notre mode de vie. » Peu importe que ces « ennemis » soient souvent des peuples pauvres, affamés, opprimés. Peu importe que les vraies menaces pour l’humanité soient la famine, le réchauffement climatique, les inégalités. La peur est un outil de contrôle. Et la guerre en est l’aboutissement logique.
Mais il y a une résistance. Il y a toujours eu une résistance. Des hommes et des femmes qui refusent de se soumettre à cette logique de mort. Des intellectuels comme Noam Chomsky, qui dénoncent l’impérialisme américain depuis des décennies. Des artistes comme Banksy, qui utilisent leur talent pour ridiculiser les puissants. Des anonymes, des millions d’anonymes, qui descendent dans la rue pour crier « non à la guerre ».
Cette résistance est fragile, mais elle est essentielle. Car elle rappelle une vérité fondamentale : la guerre n’est pas une fatalité. Elle est un choix. Et ce choix, nous pouvons le refuser.
Résistance Humaniste : Pour une Éthique de la Paix
Face à la barbarie, il faut opposer une éthique. Une éthique de la paix, de la solidarité, de la justice. Une éthique qui refuse la logique de la domination, qui rejette l’idée que certains peuples auraient le droit de décider du sort des autres. Une éthique qui place l’humain au centre, et non les intérêts des multinationales ou les délires des stratèges.
Cette éthique, elle existe. Elle s’incarne dans des mouvements comme les Indignés, Occupy Wall Street, les Gilets jaunes. Elle s’incarne dans des penseurs comme Edward Said, qui a montré comment l’Occident construit l’Orient comme un « autre » à dominer. Elle s’incarne dans des actions concrètes : boycotter les produits des entreprises qui profitent de la guerre, soutenir les lanceurs d’alerte qui révèlent les crimes des États, militer pour le désarmement nucléaire.
Mais cette éthique doit aussi être une éthique de la mémoire. Il faut se souvenir des crimes du passé pour ne pas les reproduire. Se souvenir de Hiroshima. De Dresde. De My Lai. De Falloujah. Se souvenir que chaque guerre commence par un mensonge, et finit par un charnier.
Et surtout, il faut une éthique de l’espoir. Croire que l’humanité peut changer. Croire que les peuples peuvent se libérer de leurs chaînes. Croire que la paix est possible, à condition de la vouloir vraiment. Comme le disait Albert Camus : « La paix est le seul combat qui vaille d’être mené. »
— Oh ! ce monde occidental, ce monstre obèse,
Ce géant aux pieds d’argile, ce colosse aux yeux vides,
Qui marche sur les cadavres en chantant des psaumes,
Et compte ses dollars sur les ossements des suicidés !
— Vois ces banquiers, ces généraux, ces prêtres en costume trois-pièces,
Ces marchands de canons qui bénissent leurs bombes,
Ces politiciens qui vendent la guerre comme on vend des savonnettes,
Et ces peuples hébétés qui applaudissent leurs bourreaux !
— L’Iran ? Un pays de fous, de fanatiques, de terroristes ?
Non ! Un peuple debout, un peuple qui résiste,
Un peuple qui refuse de plier devant l’empire,
Un peuple qui dit « non » à la loi des prédateurs !
— Mais attention, mes frères, attention, mes sœurs,
Car la bête est blessée, et la bête est dangereuse,
Et quand on accule un animal, il mord, il tue, il déchire,
Et l’Amérique, ce chien enragé, peut encore faire très mal !
— Alors armons-nous, non de fusils, non de bombes,
Mais de mots, de rires, de chants, de rêves,
Car la vraie force, voyez-vous, n’est pas dans les armes,
Mais dans cette flamme qui brûle au cœur des hommes libres !
— Et si un jour la guerre éclate, si les bombes tombent,
Si les villes brûlent, si les enfants hurlent,
Souvenez-vous alors de cette vérité simple :
La paix n’est pas un rêve, c’est un combat de chaque instant !