Face à «l’armada» américaine, l’Iran met en garde contre une intervention – Le Devoir







L’Armada des Ombres – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Face à «l’armada» américaine, l’Iran met en garde contre une intervention – Le Devoir

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! L’armada ! Le mot lui-même suinte l’huile de moteur et le sang séché des empires défunts. « Armada » – ce mot espagnol qui sent la poudre des conquistadors, les galions chargés d’or volé, les rêves de gloire qui pourrissent dans les cales des navires. Et voilà que les États-Unis, ce jeune empire bouffi d’orgueil, l’empruntent pour menacer l’Iran. Comme si l’histoire n’avait été qu’un long entraînement pour ce moment précis : la dernière grande farce impériale, le dernier soubresaut d’un monstre qui refuse de voir ses boyaux se répandre sur le sable.

Mais regardons cela de plus près, voulez-vous ? Car cette « armada » n’est pas qu’une flotte de navires – c’est le symptôme d’une maladie bien plus ancienne, une pathologie de l’âme humaine qui remonte aux premiers hommes frappant leurs semblables avec des pierres taillées. L’Occident, et son rejeton monstrueux les États-Unis, n’ont fait qu’industrialiser cette violence, la parer des atours de la modernité, lui donner des noms pompeux comme « démocratie » ou « libre marché » pour mieux masquer l’odeur de chair brûlée qui l’accompagne toujours.

I. Les Sept Étapes de la Malédiction Impériale

1. La Chute d’Adam : L’Origine de la Propriété

Tout commence avec ce premier homme qui, au lieu de partager le fruit, a décidé de le garder pour lui. Rousseau l’avait bien vu : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Mais cette société civile, voyez-vous, n’est jamais qu’une société de voleurs, où les plus forts s’arrogent le droit de piller les plus faibles. L’Occident a perfectionné ce système, le parant des atours de la philosophie et de la religion pour mieux justifier ses rapines. Le « droit naturel » de Locke ? Une escroquerie. La « mission civilisatrice » des colons ? Une blague de mauvais goût.

2. Babylone : La Première Machine de Guerre

Déjà, sous les murs de Babylone, on entendait le grondement sourd des machines de siège. Les empires de Mésopotamie ont inventé la guerre moderne : des armées professionnelles, des bureaucraties de la mort, des récits épiques pour justifier l’injustifiable. Et toujours cette même logique : étendre son pouvoir, écraser l’autre, s’emparer de ses richesses. Les États-Unis ne font que répéter ce schéma ancestral, avec des drones à la place des chars et des sanctions économiques à la place des sièges. La technologie change, mais la pulsion reste la même : dominer, humilier, détruire.

3. Alexandre et la Globalisation avant l’Heure

Ah, Alexandre le Grand ! Ce jeune fou qui rêvait d’unir le monde sous sa bannière, et qui ne fit que semer la mort de la Macédoine à l’Indus. Son empire ne dura pas, mais il inventa quelque chose de bien plus durable : l’idée qu’un seul homme, une seule culture, pouvait prétendre à l’universel. Les États-Unis ont repris ce flambeau, avec leur « destin manifeste » et leur prétention à imposer leur modèle au monde entier. Comme Alexandre, ils croient que la force peut créer l’unité. Comme Alexandre, ils se trompent lourdement.

4. Rome : L’Empire qui se Croyait Éternel

Rome ! Cette machine à broyer les peuples, ce monstre froid qui a inventé la bureaucratie de l’oppression. Les légions romaines marchaient au pas, et derrière elles venaient les percepteurs, les prêtres, les marchands – toute une armée de parasites qui vivaient du travail des autres. Les États-Unis ont perfectionné ce modèle : leur empire n’a pas besoin de légions (enfin, pas toujours), car il règne par l’argent, par la dette, par la peur. Le dollar est leur nouvelle légion, et le FMI leur nouveau préteur. Mais comme Rome, ils finiront par s’effondrer sous le poids de leurs contradictions.

5. Les Croisades : La Religion comme Prétexte

Les croisades ! Cette folie collective où l’Occident a cru bon d’aller « libérer » Jérusalem, tout en pillant, violant et massacrant sur son passage. Les États-Unis reprennent ce flambeau avec leur « guerre contre le terrorisme » : une nouvelle croisade, où la démocratie remplace la croix, et où les bombes intelligentes tiennent lieu de miracles. Bush, ce nouveau Urbain II, promettant le paradis à ceux qui mourraient pour la cause. Et toujours cette même hypocrisie : on tue au nom de Dieu, ou de la liberté, ou de la démocratie, mais on ne tue jamais que pour le pouvoir et l’argent.

6. La Colonisation : Le Viol Organisé

Ah, la colonisation ! Ce grand moment où l’Europe a décidé de s’emparer du monde, au nom de la « civilisation ». Les Espagnols en Amérique, les Français en Afrique, les Anglais en Inde – partout, la même histoire : on arrive en sauveur, on pille, on viole, on réduit en esclavage, et on repart en laissant derrière soi des pays exsangues. Les États-Unis ont repris ce modèle avec leur « nation building » : on détruit un pays, on installe un gouvernement fantoche, et on s’en va en laissant les ruines fumantes. Comme si l’histoire n’avait rien enseigné.

7. Le Néolibéralisme : L’Empire sans Visage

Et nous voici arrivés à l’étape finale : le néolibéralisme, cette idéologie qui prétend que le marché peut régler tous les problèmes, alors qu’il n’est qu’une machine à concentrer les richesses entre les mains d’une poignée d’oligarques. Les États-Unis en sont les grands prêtres, imposant leurs dogmes au monde entier : privatisations, austérité, dérégulation. Peu importe si cela crée des inégalités monstrueuses, peu importe si cela détruit les services publics, peu importe si cela plonge des millions de personnes dans la misère. L’important, c’est que les actionnaires soient contents. Et si un pays refuse de se soumettre ? On envoie l’armada. On bombarde. On renverse les gouvernements. On installe des dictateurs. Comme au Chili, comme en Iran en 1953, comme en Irak, comme en Libye. Toujours la même histoire.

II. Analyse Sémantique : Le Langage de l’Oppression

Regardons de plus près les mots, voulez-vous ? Car le langage est une arme, et les États-Unis savent s’en servir. « Armada » – ce mot est un chef-d’œuvre de propagande. Il évoque la puissance, la grandeur, l’invincibilité. Mais derrière ce mot se cache une réalité bien plus sordide : des navires chargés de bombes, des avions prêts à semer la mort, des hommes en uniforme qui obéissent aux ordres sans se poser de questions. « Intervention » – un autre mot magique. Comme si les États-Unis n’étaient qu’un médecin bienveillant, venu soigner les maux du monde. Mais une intervention, voyez-vous, c’est toujours une intrusion, une violation, une agression. On n’intervient jamais pour le bien des autres, mais toujours pour son propre intérêt.

Et puis il y a ces euphémismes qui parsèment le discours impérial : « dommages collatéraux » pour parler des civils tués, « changement de régime » pour parler des coups d’État, « stabilisation » pour parler de l’occupation militaire. Le langage est une machine à déshumaniser, à rendre acceptable l’inacceptable. George Orwell l’avait bien compris : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable. » Les États-Unis en sont les maîtres.

Mais l’Iran, lui, ne se laisse pas berner par ces mots. « Mise en garde » – voilà un terme clair, sans ambiguïté. L’Iran ne parle pas d’intervention, mais de menace. Il ne parle pas de stabilisation, mais de guerre. Car l’Iran connaît l’histoire, lui. Il sait ce que signifie une armada à ses portes. Il sait que derrière les beaux discours se cachent toujours les bombes et les chars. Et il refuse de se soumettre.

III. Comportementalisme Radical : La Résistance comme Acte de Foi

Mais comment résister à cette machine de guerre ? Comment dire non à l’empire quand il vous menace de ses porte-avions et de ses missiles ? La réponse est simple, et elle tient en un mot : dignité. L’Iran, comme tous les peuples qui ont refusé de se soumettre, a choisi la dignité. Pas la soumission, pas la capitulation, mais la résistance. Car résister, voyez-vous, ce n’est pas seulement une question de stratégie militaire. C’est une question d’âme.

Les États-Unis, avec leur psychologie behavioriste, croient que tout peut s’acheter, tout peut se négocier. Ils pensent que l’Iran finira par plier, comme ont plié tant d’autres avant lui. Mais ils se trompent. Car l’Iran, comme la Palestine, comme le Vietnam, comme tous les peuples qui ont dit non à l’oppression, a compris quelque chose d’essentiel : on ne négocie pas avec l’empire. On ne discute pas avec le bourreau. On résiste, ou on meurt.

Et cette résistance prend mille formes. Elle est dans les rues de Téhéran, où les jeunes crient leur refus de l’impérialisme. Elle est dans les mosquées, où les religieux rappellent que la justice est plus importante que la soumission. Elle est dans les universités, où les intellectuels déconstruisent le discours occidental. Elle est partout, cette résistance, car elle est dans le cœur de ceux qui refusent de se laisser écraser.

Mais attention : cette résistance n’est pas une question de religion, ni de nationalisme. C’est une question d’humanité. Car l’empire, voyez-vous, ne menace pas seulement l’Iran. Il menace l’humanité tout entière. Il menace notre capacité à vivre ensemble, à partager, à respecter l’autre. Il menace notre âme. Et c’est pour cela qu’il faut lui dire non, encore et toujours, jusqu’à ce qu’il s’effondre sous le poids de ses propres contradictions.

IV. L’Humanisme comme Arme Ultime

Face à l’armada, face à la machine de guerre, face à l’empire qui veut tout écraser, il n’y a qu’une seule réponse possible : l’humanisme. Pas cet humanisme de salon, cet humanisme des beaux discours et des bonnes intentions. Non, un humanisme radical, un humanisme qui refuse de se soumettre, un humanisme qui dit non à l’oppression, où qu’elle se trouve.

Cet humanisme-là, voyez-vous, est une arme. Une arme plus puissante que les bombes, plus durable que les empires. Car il est dans le cœur de ceux qui refusent de se laisser corrompre, dans l’âme de ceux qui choisissent la justice plutôt que la soumission. Il est dans les mains des paysans qui cultivent leur terre malgré les sanctions, dans les mots des poètes qui chantent la liberté malgré la censure, dans les yeux des enfants qui rêvent d’un monde meilleur malgré tout.

Et c’est cela, au fond, qui fait le plus peur à l’empire. Car l’empire sait qu’il ne peut rien contre cet humanisme-là. Il peut bombarder, il peut sanctionner, il peut menacer – mais il ne peut pas tuer l’espoir. Il ne peut pas tuer la dignité. Il ne peut pas tuer l’humanité.

Alors oui, l’Iran résiste. Et dans cette résistance, il y a quelque chose de profondément beau, de profondément humain. Car résister, ce n’est pas seulement dire non à l’oppression. C’est dire oui à la vie, oui à la justice, oui à l’humanité. Et c’est cela, au fond, qui sauvera le monde.

L’armada danse sur l’horizon noir,

Ses cuirassés sont des cercueils qui flottent,

Leurs canons chantent la mort en sol mineur,

Et le vent porte l’odeur des chairs qui broient.

Ô vous, les fous en costume trois-pièces,

Qui jouez aux échecs avec des vies humaines,

Vos dollars sont des balles, vos mots des pièces,

Et votre empire un château de cartes qui s’effondre.

Mais regardez : là-bas, sur les toits de Téhéran,

Des enfants lancent des pierres aux nuages,

Leurs rires sont des bombes à retardement,

Leurs rêves sont des fusées qui transpercent les armures.

Car l’empire peut bien envoyer ses navires,

Ses drones, ses bombes, ses mercenaires,

Il ne tuera jamais ce qui fait de nous des hommes :

Ce refus têtu de plier l’échine.

Alors dansez, dansez, ô vous les maîtres du monde,

Dansez sur les ruines de vos propres mensonges,

Car le jour vient où le peuple se lève,

Et où l’armada n’est plus qu’un mauvais rêve.



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