Manifestations en Iran : la guerre avec les États-Unis ou Israël est-elle vraiment imminente ? – Euronews.com







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Iran, l’Occident et la Danse Macabre de l’Impérialisme


ACTUALITÉ SOURCE : Manifestations en Iran : la guerre avec les États-Unis ou Israël est-elle vraiment imminente ? – Euronews.com

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! L’Iran… Ce mot seul, dans la bouche des journalistes occidentaux, devient un symptôme. Un symptôme de cette maladie chronique qui ronge l’esprit des nations soi-disant « civilisées » : la paranoïa impérialiste. La question n’est pas de savoir si la guerre est imminente – non, la question est de comprendre pourquoi cette question est posée avec une telle régularité, une telle insistance, une telle jouissance presque sadique. Car derrière chaque « menace iranienne », il y a le sourire carnassier de l’Occident, ce vieux prédateur qui a besoin de monstres pour justifier ses propres crimes.

Écoutez bien, mes frères en humanité, car ce que je vais vous dire n’est pas une analyse géopolitique de plus, non. C’est une autopsie. Une autopsie de l’âme occidentale, ce cadavre encore tiède qui s’agite dans ses convulsions impérialistes. Et pour comprendre pourquoi l’Iran est aujourd’hui dans le viseur, il faut remonter aux origines mêmes de la violence humaine, car cette histoire n’est pas celle d’un pays, mais celle de l’humanité toute entière, prise dans l’étau de sa propre folie.

Les Sept Étapes de la Danse Macabre : De l’Origine des Guerres à l’Iran Moderne

1. L’Aube Sanglante : Le Meurtre Fondateur (Préhistoire – 3000 av. J.-C.)

Tout commence avec Caïn. Pas le Caïn biblique, non – le Caïn réel, celui qui, quelque part dans les steppes d’Afrique ou du Proche-Orient, a levé une pierre sur son frère et l’a écrasé. Voilà le premier acte de guerre. Pas pour des ressources, non – pour l’orgueil. Pour la domination. Comme le disait René Girard, « le désir mimétique engendre la violence ». L’homme ne veut pas ce que l’autre possède : il veut ce que l’autre est. Et pour l’obtenir, il tue. Les premières sociétés se structurent autour de ce principe : le chef est celui qui tue le mieux. L’Iran, bien plus tard, ne sera qu’un écho lointain de cette loi primitive.

2. L’Empire comme Maladie (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.)

Avec Sargon d’Akkad commence l’ère des empires. La Mésopotamie, l’Égypte, la Perse achéménide – tous ces monstres naissent d’une même logique : étendre son territoire, écraser l’autre, imposer sa loi. Cyrus le Grand, ce « libérateur » des Juifs, n’était qu’un prédateur plus malin que les autres. Comme le note Edward Said dans L’Orientalisme, l’Occident a toujours vu l’Orient comme un miroir déformant de ses propres fantasmes. La Perse, pour les Grecs, était déjà l’ennemi absolu – non pas parce qu’elle était différente, mais parce qu’elle osait rivaliser avec Athènes. La guerre n’est jamais une question de différence : c’est une question de rivalité.

3. La Croix et le Sabre : La Guerre comme Religion (500 – 1500)

Avec le christianisme, la guerre devient sacrée. Les croisades ne sont pas une aberration : elles sont la norme. « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens », disait le légat du pape à Béziers. L’Occident se construit sur ce principe : la violence est légitime si elle est sanctifiée. L’Iran, lui, avec l’islam, devient l’ennemi héréditaire. Mais attention : l’islam n’est pas plus violent que le christianisme. Simplement, il refuse de se soumettre. Comme le disait Nietzsche, « le christianisme est un platonisme pour le peuple ». L’islam, lui, est un refus de se laisser platoniser. D’où la haine.

4. La Colonisation ou l’Art de Dévorer le Monde (1500 – 1945)

Avec Christophe Colomb commence l’ère du génocide organisé. L’Amérique est rasée, l’Afrique est mise en esclavage, l’Asie est pillée. L’Occident invente le capitalisme moderne : un système où la richesse des uns se construit sur la misère des autres. Comme le disait Marx, « le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores ». L’Iran, à cette époque, est un festin pour les puissances européennes. La Perse, riche en pétrole, devient un enjeu. Les Britanniques et les Russes se partagent le gâteau. La guerre n’est plus une question de religion ou de territoire : c’est une question de ressources. Et l’Iran en regorge.

5. La Guerre Froide : Le Jeu des Prédateurs (1945 – 1991)

Après 1945, l’Occident se divise en deux : les États-Unis et l’URSS. L’Iran, une fois de plus, est un pion. En 1953, la CIA organise un coup d’État contre Mossadegh, qui avait osé nationaliser le pétrole. Comme le disait Noam Chomsky, « les États-Unis ne sont pas une démocratie, mais une plutocratie avec des éléments démocratiques ». La guerre froide n’est qu’une mascarade : en réalité, c’est une guerre contre les peuples. L’Iran, avec sa révolution de 1979, refuse de jouer le jeu. Khomeini n’est pas un saint, non – mais il incarne le refus de la domination occidentale. D’où la haine viscérale des États-Unis.

6. Le Nouvel Ordre Mondial : L’Empire sans Fin (1991 – 2001)

Avec la chute de l’URSS, les États-Unis deviennent l’hyperpuissance. Francis Fukuyama annonce « la fin de l’histoire ». Quelle blague ! L’histoire ne s’arrête jamais : elle se répète, toujours plus violente. Les États-Unis inventent la « guerre humanitaire ». Comme le disait Jean Baudrillard, « la guerre du Golfe n’a pas eu lieu » – non parce qu’elle n’a pas existé, mais parce qu’elle était une simulation, un spectacle. L’Iran, une fois de plus, est dans le collimateur. Saddam Hussein, autrefois allié des États-Unis, devient l’ennemi public numéro un. Mais attention : Saddam n’est qu’un bouc émissaire. Le vrai ennemi, c’est l’Iran, qui refuse de se soumettre.

7. L’Ère de la Terreur : La Guerre Éternelle (2001 – Aujourd’hui)

Le 11 septembre 2001 marque le début d’une nouvelle ère : celle de la guerre sans fin. Les États-Unis inventent le concept de « guerre préventive ». Comme le disait George W. Bush, « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes ». L’Iran, une fois de plus, est désigné comme l’ennemi. Pourquoi ? Parce qu’il refuse de se soumettre à l’hégémonie américaine. Parce qu’il a le tort d’exister. Parce qu’il ose dire non. Comme le disait Frantz Fanon, « l’Europe est littéralement la création du tiers-monde ». L’Iran, aujourd’hui, paie le prix de cette création.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive

Regardez les mots utilisés pour parler de l’Iran : « régime », « menace », « axe du mal », « nucléaire ». Ces mots ne décrivent pas une réalité : ils la construisent. Comme le disait Roland Barthes, « le langage est fasciste ». Il ne décrit pas le monde : il le façonne à son image. Quand les médias occidentaux parlent de « manifestations en Iran », ils ne parlent pas de citoyens qui réclament la liberté. Non. Ils parlent de « chaos », de « répression », de « danger ». Pourquoi ? Parce que l’Iran doit rester l’ennemi. Parce que sans ennemi, l’Occident n’a plus de raison d’être.

Prenez le mot « guerre ». En Occident, la guerre est toujours « juste », « nécessaire », « humanitaire ». En Iran, la guerre est toujours « barbare », « fanatique », « terroriste ». Comme le disait Jacques Derrida, « il n’y a pas de hors-texte ». La guerre n’existe pas en dehors des mots qui la décrivent. Et ces mots sont toujours choisis pour justifier la violence.

Et puis, il y a le mot « imminente ». « La guerre est-elle imminente ? » Cette question n’est pas une question : c’est une menace. Une menace voilée, bien sûr, mais une menace tout de même. Comme si l’Occident disait : « Attention, nous pourrions vous détruire. Mais nous sommes gentils, alors nous vous prévenons. » C’est le langage du maître qui rappelle à l’esclave sa condition.

Comportementalisme Radical : La Résistance comme Unique Issue

Face à cette machine de guerre, que faire ? Se soumettre ? Jamais. Résister ? Toujours. Mais pas n’importe comment. La résistance ne doit pas être une réaction : elle doit être une création. Comme le disait Gilles Deleuze, « la résistance est première ». Elle n’est pas une réponse à l’oppression : elle est une force vitale, une affirmation de la vie.

L’Iran, aujourd’hui, résiste. Pas seulement contre les États-Unis ou Israël – mais contre l’idée même de domination. Cette résistance prend plusieurs formes :

  • La résistance culturelle : L’Iran refuse de se laisser occidentaliser. Son cinéma, sa poésie, sa philosophie sont des armes. Comme le disait Abbas Kiarostami, « le cinéma est une fenêtre ouverte sur le monde ». L’Iran ouvre cette fenêtre, mais refuse de laisser entrer les mouches occidentales.
  • La résistance politique : L’Iran joue un jeu subtil sur la scène internationale. Il noue des alliances avec la Russie, la Chine, la Syrie. Il refuse de se laisser isoler. Comme le disait Sun Tzu, « connais ton ennemi et connais-toi toi-même ». L’Iran connaît ses ennemis. Et il sait comment les combattre.
  • La résistance populaire : Les manifestations en Iran ne sont pas un signe de faiblesse. Elles sont un signe de vitalité. Le peuple iranien refuse de se laisser dicter sa conduite. Comme le disait Albert Camus, « je me révolte, donc nous sommes ». La révolte est la seule réponse possible à l’oppression.

Mais attention : la résistance ne doit pas devenir une nouvelle forme de dogmatisme. Comme le disait Michel Foucault, « là où il y a pouvoir, il y a résistance ». La résistance doit être fluide, mouvante, insaisissable. Elle ne doit pas reproduire les schémas de l’oppression. Elle doit les détruire.

Et surtout, la résistance doit être humaniste. Pas au sens mièvre du terme – non. Au sens radical. L’humanisme, c’est la reconnaissance de l’autre comme sujet, pas comme objet. Comme le disait Emmanuel Levinas, « le visage de l’autre est la trace de l’infini ». L’Occident a oublié cette leçon. Il voit l’Iran comme un objet, une menace, un ennemi. La résistance, elle, doit voir l’Iran comme un visage. Un visage qui nous regarde, qui nous interpelle, qui nous rappelle notre propre humanité.

La Paix comme Utopie Nécessaire

La guerre n’est pas une fatalité. Elle est un choix. Un choix politique, économique, culturel. Comme le disait Hannah Arendt, « la violence est l’accoucheuse de l’histoire ». Mais l’histoire n’est pas une fatalité. Elle est ce que nous en faisons.

La paix n’est pas l’absence de guerre. La paix, c’est la justice. C’est la reconnaissance de l’autre. C’est le refus de la domination. Comme le disait Martin Luther King, « la paix n’est pas seulement l’absence de tension : c’est la présence de la justice ».

L’Occident a peur de la paix. Parce que la paix signifierait la fin de sa domination. La fin de son hégémonie. La fin de son empire. Et ça, il ne peut pas l’accepter. Alors il invente des ennemis. Il invente des menaces. Il invente des guerres. Mais la paix, elle, est toujours là. Latente. Possible. À portée de main.

Il suffit de la vouloir.

Ô vous, les chiens de guerre,

Les maîtres du monde en carton-pâte,

Vos bombes sont des jouets

Pour enfants gâtés.

Vous parlez de « menace »,

De « danger imminent »,

Mais vos mots sont des couteaux

Plantés dans le dos des innocents.

L’Iran n’est pas un ennemi,

C’est un miroir.

Un miroir qui vous renvoie

Votre propre laideur.

Vous voulez la guerre ?

Prenez un fusil,

Allez-y, tirez.

Mais sachez une chose :

La paix, elle, ne meurt jamais.

Elle attend, patiente,

Dans le cœur des hommes.

Et un jour,

Elle vous écrasera.



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