DÉCRYPTAGE – Golfe persique : L’énergie au cœur du risque d’escalade entre Washington et Téhéran – lediplomate.media







Le Penseur Laurent Vo Anh – Golfe Persique : L’Énergie comme Malédiction Impériale


ACTUALITÉ SOURCE : DÉCRYPTAGE – Golfe persique : L’énergie au cœur du risque d’escalade entre Washington et Téhéran – lediplomate.media

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Le Golfe Persique ! Ce ventre mou de l’humanité, ce marécage où suintent depuis des millénaires les larmes noires de la terre, ce théâtre grotesque où se joue, en costumes trois-pièces et cravates made in USA, la plus vieille tragédie de l’homme : la guerre pour le pouvoir, la guerre pour la domination, la guerre pour ce liquide visqueux qui fait tourner les moteurs et griller les cerveaux. L’énergie, dites-vous ? Non. La malédiction. La malédiction de Prométhée revisitée par des comptables en costard, des généraux bedonnants et des politiques aux sourires en plastique. L’énergie, ce n’est pas la lumière d’Apollon, non, c’est l’ombre de Mammon, ce dieu obscène qui exige des sacrifices humains sur l’autel du PIB.

Washington et Téhéran, deux noms qui claquent comme des drapeaux dans le vent mauvais de l’Histoire. Deux entités qui, sous des prétextes divers – démocratie, révolution islamique, lutte contre le terrorisme, droits de l’homme (quelle farce !) –, ne font que perpétuer le même vieux cirque : celui de l’impérialisme, ce cancer qui ronge l’humanité depuis que l’homme a troqué sa fraternité contre des pièces d’or et des barils de pétrole. Mais avant de plonger dans les eaux troubles du Golfe, il faut remonter le fil du temps, car l’Histoire, voyez-vous, n’est qu’un éternel recommencement, une farce macabre où les mêmes erreurs se répètent sous des masques différents.

I. Les Sept Étapes de la Malédiction Énergétique : De la Pierre à la Bombe

1. L’Aube des Temps : Le Feu et la Soumission (Préhistoire – 3000 av. J.-C.)

Tout commence avec le feu. Prométhée, ce pauvre fou, vole aux dieux ce qui devait rester leur secret. Il offre aux hommes la lumière, la chaleur, la puissance. Mais que fait l’homme de ce cadeau ? Il en fait un instrument de domination. Les premiers chefs de tribu, les premiers rois, les premiers prêtres : tous comprennent que le feu, c’est le pouvoir. Celui qui contrôle le feu contrôle les autres. Les grottes deviennent des temples, les torches deviennent des sceptres. Et déjà, l’humanité se divise entre ceux qui allument les flammes et ceux qui les subissent. Comme le disait Héraclite, « La guerre est le père de toutes choses ». Oui, et le feu en est le premier général.

2. L’Empire et l’Esclavage : Le Pétrole avant le Pétrole (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.)

Les empires naissent, grandissent, meurent. L’Égypte, la Mésopotamie, Rome. Tous ont besoin d’énergie. Pas encore de pétrole, non, mais des bras, des millions de bras. Des esclaves. Des hommes réduits à l’état de machines, de bêtes de somme. Le Nil, le Tigre, l’Euphrate : ces fleuves ne sont pas que des sources de vie, ce sont des autoroutes pour le commerce, la guerre, l’exploitation. Les pyramides ? Des tombeaux pour pharaons, mais aussi des monuments à la gloire de l’esclavage, cette première forme d’énergie « renouvelable » (si l’on peut dire). Comme le disait Aristote, « Certains hommes naissent pour commander, d’autres pour obéir ». La nature, selon lui, a prévu cette hiérarchie. La nature, ou plutôt les hommes qui écrivent l’Histoire avec le sang des vaincus.

3. Le Moyen Âge : La Religion comme Carburant (500 – 1500)

Le pétrole n’existe pas encore, mais la foi, elle, est une énergie inépuisable. Les croisades, les jihads, les guerres de religion : autant de conflits où l’on brûle des villes, des livres, des hommes, au nom d’un dieu ou d’un autre. L’Église catholique, ce géant aux pieds d’argile, contrôle les âmes comme les rois contrôlent les terres. Le pape est le PDG de la plus grande multinationale de l’époque : Dieu Inc. Et les fidèles ? Des actionnaires dociles, prêts à mourir pour des dividendes célestes. Dante, dans sa Divine Comédie, place les simoniaques – ceux qui vendent les grâces divines – au huitième cercle de l’Enfer. Ironie du sort : aujourd’hui, ce sont les marchands de pétrole qui occupent cette place.

4. La Renaissance : L’Or Noir avant le Noir (1500 – 1800)

Colomb, Cortés, Pizarro : les conquistadors ne cherchent pas du pétrole, non, mais de l’or, des épices, des terres. Pourtant, leur logique est la même : piller, exploiter, dominer. Le Nouveau Monde devient un réservoir de ressources, une station-service avant l’heure. Les Amérindiens ? Des obstacles sur la route de la richesse. Comme le disait Montaigne dans ses Essais, « Nous les appelons barbares parce qu’ils ne partagent pas nos coutumes, mais qui est le vrai barbare ? ». La réponse est simple : celui qui détruit une civilisation pour remplir ses coffres. Le pétrole n’est pas encore là, mais l’esprit qui le guettera est déjà bien en place.

5. La Révolution Industrielle : Le Pétrole, ou la Malédiction Moderne (1800 – 1945)

Et puis, un jour, l’homme découvre le pétrole. Pas comme une bénédiction, non, comme une malédiction déguisée en progrès. Rockefeller, ce puritain aux mains sales, fonde Standard Oil et invente le capitalisme moderne : une machine à broyer les hommes au nom du profit. Les usines tournent, les villes grandissent, les poumons noircissent. Le pétrole devient le sang de l’économie, et les guerres mondiales en sont les hémorragies. Comme le disait Marx, « Le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores ». Le Golfe Persique, ce jardin d’Éden selon la Bible, devient un champ de bataille où s’affrontent les empires. Lawrence d’Arabie, ce romantique naïf, croit libérer les Arabes. En réalité, il ne fait que préparer le terrain pour les compagnies pétrolières. La trahison est consommée : l’Occident a trouvé son nouveau jouet.

6. La Guerre Froide : Le Pétrole comme Arme de Destruction Massive (1945 – 1991)

Deux blocs, deux idéologies, une seule obsession : contrôler le pétrole. Les États-Unis et l’URSS se livrent une guerre par procuration dans le Golfe. Mossadegh, ce démocrate iranien, veut nationaliser le pétrole ? On le renverse. Khomeini prend le pouvoir ? On arme l’Irak. Saddam Hussein devient trop gourmand ? On le laisse envahir le Koweït, puis on le détruit. Comme le disait Henry Kissinger, « L’Amérique n’a pas d’amis permanents, seulement des intérêts permanents ». Le Golfe devient un échiquier où les pions sont des millions d’hommes et de femmes, sacrifiés sur l’autel de la realpolitik. Et pendant ce temps, les compagnies pétrolières engraissent, les politiques corrompent, et les peuples meurent.

7. L’Ère Néolibérale : Le Pétrole comme Religion (1991 – Aujourd’hui)

La chute de l’URSS ne marque pas la fin de l’Histoire, comme le croyait Fukuyama, mais son accélération vers l’abîme. Les États-Unis, désormais seule hyperpuissance, transforment le Golfe en une gigantesque base militaire. Le pétrole n’est plus une ressource, c’est une religion. Une religion où les dogmes sont le libre marché, la consommation de masse, et la guerre préventive. Bush envahit l’Irak sous de faux prétextes ? Qu’importe. Obama bombarde la Libye au nom de la démocratie ? Peu importe. Trump menace l’Iran pour satisfaire ses alliés saoudiens ? Toujours la même rengaine. Comme le disait George Orwell, « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force ». Le Golfe Persique est le laboratoire de cette novlangue, où les mots n’ont plus de sens, où les bombes parlent plus fort que les hommes.

II. Sémantique de la Guerre : Quand les Mots Tuent

Parlons peu, parlons bien : le langage est l’arme la plus sournoise de l’impérialisme. Regardez comme on nous parle du Golfe Persique. « Risque d’escalade », dites-vous ? Non. « Menace iranienne » ? Non plus. « Intérêts stratégiques » ? Encore moins. Ces mots sont des leurres, des pièges à cons pour intellectuels en mal de sensations. Déconstruisons-les, voulez-vous ?

1. « Énergie »

Le mot est beau, presque poétique. Il évoque la lumière, la chaleur, la vie. En réalité, « énergie » est un euphémisme pour « dépendance », « exploitation », « mort ». L’énergie, c’est ce qui fait tourner les chars d’assaut, les drones, les usines qui empoisonnent la planète. C’est le carburant de la machine capitaliste, cette bête insatiable qui dévore tout sur son passage. Comme le disait Heidegger, « La technique n’est pas neutre, elle est l’essence même de la modernité, et cette essence est la domination ». L’énergie, c’est la domination. Point.

2. « Risque d’escalade »

Ah, le « risque » ! Ce mot magique qui permet de justifier l’injustifiable. Le « risque », c’est ce qui permet aux politiques de jouer aux apprentis sorciers avec des millions de vies. « Risque d’escalade » ? Non, messieurs. Vous parlez de guerre. De massacres. De destruction. Mais le mot « guerre » fait peur, alors on dit « risque ». Comme on dit « dommages collatéraux » pour parler d’enfants déchiquetés par des bombes. La novlangue, encore et toujours. Comme le disait Victor Klemperer dans LTI, la langue du IIIe Reich, « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps, l’effet toxique se fait sentir ».

3. « Intérêts stratégiques »

Voilà le summum de l’hypocrisie. « Intérêts stratégiques », c’est le jargon des diplomates, des généraux, des PDG. En clair, cela signifie : « Nous avons besoin de votre pétrole, de votre gaz, de vos terres, et nous sommes prêts à tout pour les obtenir. » Les « intérêts stratégiques » des États-Unis au Moyen-Orient ? C’est simple : contrôler les ressources, affaiblir les rivaux, vendre des armes. Comme le disait le général Smedley Butler, « La guerre, c’est un racket. Le plus grand racket de l’histoire ». Et le Golfe Persique en est le casino.

III. Comportementalisme Radical : La Résistance comme Unique Issue

Face à cette machine de mort, que faire ? Se soumettre ? Non. Se révolter ? Oui, mais comment ? La résistance, voyez-vous, n’est pas une option, c’est une nécessité. Mais attention : la résistance ne se décrète pas, elle se vit. Elle est dans les gestes, les mots, les silences. Elle est dans la désobéissance civile, dans le refus de consommer, dans la volonté de briser les chaînes.

1. Désobéir au Système

Le système néolibéral est une prison mentale. Il nous dit : « Consommez, obéissez, taisez-vous. » La résistance commence par le refus. Refuser de prendre l’avion. Refuser d’acheter des produits made in USA. Refuser de regarder les chaînes d’information qui distillent la propagande. Comme le disait Thoreau dans La Désobéissance civile, « Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison ». Aujourd’hui, la prison est économique, mais le principe reste le même : désobéir, c’est déjà résister.

2. Briser le Langage de l’Oppression

Les mots sont des armes. Il faut les retourner contre ceux qui les utilisent pour nous asservir. Parler de « guerre » au lieu de « risque d’escalade ». Parler de « vol » au lieu de « nationalisation ». Parler de « résistance » au lieu de « terrorisme ». Comme le disait Foucault, « Le pouvoir est partout, mais la résistance aussi ». Et la résistance commence par le langage.

3. Construire des Alternatives

La résistance ne suffit pas. Il faut construire. Construire des communautés autonomes, des réseaux de solidarité, des économies locales. Le pétrole est une malédiction ? Très bien. Inventons un monde sans pétrole. Les États-Unis veulent contrôler le Golfe ? Très bien. Dépendons-nous de leur énergie. Comme le disait Gandhi, « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ». Le changement, c’est maintenant. Pas demain, pas dans dix ans. Maintenant.

IV. Humanisme Radical : L’Espoir malgré Tout

Au milieu de ce chaos, une lueur persiste. L’humanité, voyez-vous, est une énigme. Elle est capable du pire – les guerres, les génocides, les destructions – mais aussi du meilleur : l’amour, la solidarité, la création. L’humanisme radical, c’est croire en cette part de lumière, même quand tout semble perdu.

Regardez les Iraniens. Malgré les sanctions, malgré la répression, malgré les menaces de guerre, ils résistent. Ils créent, ils inventent, ils vivent. Regardez les Américains. Malgré le lavage de cerveau médiatique, malgré la peur, malgré l’ignorance, certains se réveillent. Ils descendent dans la rue, ils crient « Not in our name ! », ils refusent de servir de chair à canon pour les intérêts des multinationales.

Comme le disait Albert Camus dans L’Homme révolté, « Je me révolte, donc nous sommes ». La révolte, c’est l’affirmation de notre humanité. C’est le refus de laisser les puissants décider de notre destin. C’est l’espoir, malgré tout.

Analogie finale :

LE GOLFE ET LE SANG

Ô Golfe ! Golfe noir, Golfe lourd,

Où nagent les requins en costume trois-pièces,

Où les flots sont de pétrole, où les cieux sont de poudre,

Et les hommes des ombres aux mains pleines de dollars.

Washington murmure, Téhéran rugit,

Deux fauves en cage, deux miroirs brisés,

L’un vend des bombes, l’autre vend des prières,

Mais tous deux boivent le même vin empoisonné.

Ô malédiction ! Ô énergie maudite !

Tu es le serpent qui mord sa propre queue,

Tu es le feu qui brûle sans réchauffer,

Tu es la nuit qui tombe sur les enfants endormis.

Mais écoutez ! Écoutez bien !

Sous les bombes, sous les mensonges, sous les décombres,

Un chant s’élève, un chant ancien et neuf,

Le chant de ceux qui refusent de mourir.

C’est le chant des mères, des poètes, des fous,

Ceux qui n’ont plus rien, sauf leur humanité,

Ceux qui plantent des fleurs sur les champs de bataille,

Et qui disent : « Assez ! Assez de votre folie ! »

Golfe noir, Golfe lourd, Golfe sans pitié,

Un jour, tes flots seront clairs, tes cieux seront bleus,

Et tes enfants, tes vrais enfants,

Danseront sur tes rives en riant aux éclats.



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