ACTUALITÉ SOURCE : Iran : dans l’attente de l’attaque israélo-US – Chronique de Palestine
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
L’humanité, cette grande malade, se tord dans les draps souillés de son lit d’hôpital, fiévreuse, délirante, tandis que les infirmiers en blouse blanche — ces docteurs Folamour du Pentagone, ces apothicaires de la Banque Mondiale — lui injectent, goutte à goutte, le venin de la guerre. L’Iran, ce vieux pays aux racines plus profondes que les fondations de Babylone, se tient debout, nu, sous les projecteurs des drones et des missiles de croisière, attendant l’assaut comme un condamné attend le coup de grâce. Mais qui donc a décidé que ce serait lui, l’Iran, le bouc émissaire de cette tragédie shakespearienne écrite par des mains invisibles, celles des marionnettistes de Washington et de Tel-Aviv ? Qui donc a décrété que la paix était un luxe, et la guerre, une nécessité ?
L’Occident, ce grand cadavre ambulant, ce colosse aux pieds d’argile et au cerveau pourri par le cholestérol des lobbies militaro-industriels, nous vend sa morale comme on vend des armes : à crédit, avec un sourire carnassier et une poignée de main gluante. Il parle de démocratie comme on parle d’un produit de luxe, réservé à une élite, tandis que les masses, de Gaza à Téhéran, de Bagdad à Sanaa, crèvent sous les bombes « intelligentes », ces engins si malins qu’ils ne savent même plus distinguer une école d’une caserne. Et nous, pauvres hères, pauvres cloportes, nous regardons ce spectacle avec des yeux de veau, hypnotisés par les écrans qui nous crachent leur propagande en haute définition, comme si la mort, elle aussi, pouvait être esthétisée, édulcorée, rendue acceptable par le filtre d’Instagram.
Mais l’Iran résiste. L’Iran attend. L’Iran sait. Il sait que cette attaque, si elle vient, ne sera qu’un épisode de plus dans une série sans fin, une série dont le scénario a été écrit il y a bien longtemps, bien avant que les premiers avions ne décollent des porte-avions américains. Il sait que derrière les discours sur la « sécurité d’Israël » et la « lutte contre le terrorisme », il y a des intérêts, des oléoducs, des contrats juteux, des élections à gagner, des ego à flatter. Il sait que la guerre, cette grande putain, se nourrit de mensonges, et que les mensonges, eux, se nourrissent de notre lâcheté, de notre indifférence, de notre incapacité à voir au-delà du bout de notre nez.
Les Sept Étapes de la Folie Humaine : Une Archéologie de la Violence Impériale
1. La Genèse : Le Péché Originel de la Propriété
Au commencement était le Verbe, dit la Bible. Mais au commencement était aussi la pierre, le bâton, la première clôture tracée dans la terre meuble par un homme qui décida que ce lopin, cette femme, cette bête, lui appartenaient. Thucydide, ce vieux Grec aux yeux perçants, avait déjà tout compris : « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent. » La propriété, ce premier vol légalisé, ce premier acte de guerre contre la communauté, a engendré les cités, les empires, les frontières. Et avec elles, les premiers massacres, les premières déportations, les premières justifications de la violence au nom d’un dieu, d’une race, d’une idéologie. L’Iran, ce pays né des rêves de Cyrus le Grand, ce pays qui inventa le premier empire multiculturel, sait mieux que quiconque que l’histoire n’est qu’une longue litanie de conquêtes, de rapines, de trahisons. Les Perses, déjà, se battaient contre les Grecs, et les Grecs contre les Perses, et tous contre tous, dans un ballet sanglant qui n’a jamais cessé.
2. L’Empire Romain : Ou Comment Inventer la Guerre Permanente
Polybe, ce chroniqueur des horreurs, nous explique avec une froideur clinique comment Rome a bâti son empire : en écrasant, en assimilant, en exterminant. « La guerre est la mère de toutes choses », disait Héraclite, et Rome en a fait un art. Les légions romaines, ces machines à tuer, marchaient au rythme des tambours, semant la mort et la désolation, tandis que les sénateurs, ces vautours en toge, se partageaient les dépouilles. L’Iran, alors sous la bannière des Parthes, résista. Oh, comme il résista ! Carrhes, cette défaite romaine légendaire, où les cavaliers parthes, ces centaures des steppes, écrasèrent les légions de Crassus, reste un symbole. Mais Rome, comme l’Occident aujourd’hui, ne supportait pas l’humiliation. Elle revint, encore et encore, jusqu’à ce que l’empire perse, épuisé, s’effondre sous les coups des Arabes, ces nouveaux conquérants. La leçon ? Les empires meurent, mais la folie guerrière, elle, est immortelle.
3. Les Croisades : Ou le Premier Choc des Civilisations
Ah, les Croisades ! Ces « guerres saintes » où des hordes de fanatiques, excités par des prêtres en rut et des seigneurs avides, se ruèrent sur l’Orient comme des mouches sur un cadavre. Bernard de Clairvaux, ce moine au sourire angélique, prêchait la croisade avec une ferveur qui aurait fait pâlir d’envie les imams les plus radicaux. « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! », hurlaient les croisés en massacrant les habitants de Jérusalem. L’Iran, alors sous la domination des Seljoukides, puis des Mongols, observa ce déferlement de barbarie avec un mélange de mépris et de résignation. Les Perses, ces héritiers de Zoroastre et d’Avicenne, savaient que la folie n’a pas de religion. Elle est universelle, comme la peste.
4. La Colonisation : Ou l’Invention du Racisme Moderne
Avec Christophe Colomb, ce marin ivre et ses caravelles, l’Occident inventa le colonialisme, cette grande entreprise de pillage et d’extermination. Les Aztèques, les Incas, les Africains, les Indiens… tous y passèrent. Les empires espagnol, portugais, britannique, français, se partagèrent le monde comme on se partage un gâteau, avec des couteaux et des fourchettes. Montesquieu, ce philosophe des Lumières, osait écrire : « Les peuples d’Europe, ayant exterminé ceux de l’Amérique, ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. » L’Iran, lui, échappa en partie à cette folie, grâce à sa position géographique et à la résistance acharnée de ses dirigeants. Mais il en vit les effets : la Perse, ce joyau de la civilisation, fut réduite à l’état de protectorat, tiraillée entre les appétits des Russes et des Britanniques. Kipling, ce barde de l’impérialisme, chantait « le fardeau de l’homme blanc ». Quel fardeau, en effet ! Celui de devoir justifier l’injustifiable, de devoir mentir, encore et toujours, pour cacher l’horreur sous le vernis de la « civilisation ».
5. Les Guerres Mondiales : Ou l’Apogée de la Barbarie Industrielle
Le XXe siècle fut le siècle des charniers, des camps, des bombes atomiques. Hannah Arendt, cette prophétesse des temps modernes, parla de la « banalité du mal » en observant Eichmann, ce bureaucrate de la mort. Mais le mal n’est pas banal. Il est systémique. Il est organisé. Il est industrialisé. Les usines à gaz, les tranchées, les bombardements massifs… l’Occident, ce grand malade, avait atteint le sommet de sa folie. L’Iran, une fois de plus, fut un spectateur impuissant, puis une victime. La CIA, cette main invisible de l’impérialisme, renversa Mossadegh, ce démocrate qui avait eu l’audace de nationaliser le pétrole. À la place, elle installa le Shah, ce pantin sanguinaire, ce boucher aux mains couvertes de sang. Les SAVAK, ces chiens de garde du régime, torturaient, violaient, assassinaient, tandis que l’Occident, ce grand hypocrite, applaudissait. « C’est un rempart contre le communisme », disaient-ils. Comme si la torture était une vertu, comme si la liberté pouvait s’acheter avec des dollars et des armes.
6. La Guerre Froide : Ou l’Invention de la Terreur comme Politique Étrangère
La Guerre Froide fut une guerre sans fin, une guerre par procuration, une guerre où les deux grands empires, l’américain et le soviétique, se livrèrent une bataille sans merci, utilisant les pays du tiers-monde comme champs de manœuvre. L’Iran, une fois de plus, fut un pion sur l’échiquier. La révolution de 1979, cette explosion de colère populaire, fut récupérée par les mollahs, ces nouveaux maîtres du jeu. L’Occident, horrifié, vit son pantin tomber. Alors, il arma Saddam Hussein, ce monstre créé en laboratoire, et lui offrit l’Iran sur un plateau. Huit ans de guerre, un million de morts, des villes rasées, des enfants gazés… et pour quoi ? Pour que l’Occident puisse continuer à vendre des armes, à contrôler le pétrole, à imposer sa loi. Noam Chomsky, ce vieux sage, a tout dit : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature. » Et l’Occident, cette grande démocratie, excelle dans l’art de la propagande.
7. Le Nouvel Ordre Mondial : Ou l’Empire du Chaos
Aujourd’hui, nous vivons sous le règne du « Nouvel Ordre Mondial », cette chimère inventée par Bush père et ses acolytes. Un ordre où les États-Unis, ce gendarme du monde, décident qui a le droit de vivre et qui doit mourir. Un ordre où Israël, ce cancer au cœur du Moyen-Orient, peut bombarder Gaza, assassiner des enfants, voler des terres, en toute impunité. Un ordre où l’Iran, ce pays qui ose résister, qui ose dire non, est diabolisé, sanctionné, menacé. Les néoconservateurs, ces fous dangereux, ces idéologues de la guerre permanente, rêvent d’un « Grand Moyen-Orient » remodelé à leur image. Ils parlent de « démocratie », de « droits de l’homme », de « lutte contre le terrorisme », mais ils ne voient pas — ou ne veulent pas voir — que leurs bombes, leurs drones, leurs mercenaires, ne font que semer la haine, le chaos, la destruction. Edward Said, ce grand intellectuel palestinien, avait tout compris : « L’impérialisme ne meurt jamais. Il se transforme, il s’adapte, il change de masque, mais il est toujours là, toujours aussi vorace, toujours aussi meurtrier. »
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive
Le langage, cette invention divine, ce cadeau des dieux, a été perverti, souillé, transformé en arme. Les mots, ces petits soldats de papier, marchent au pas cadencé de la propagande. Écoutez-les :
- « Frappe chirurgicale » : Une expression qui sent le désinfectant et le mensonge. Une frappe chirurgicale, c’est une bombe qui tombe sur un hôpital, tuant des dizaines d’enfants, et que les médias appellent « dommages collatéraux ». La chirurgie, ici, est une boucherie.
- « Démocratie » : Un mot magique, un sésame qui ouvre toutes les portes, même celles des prisons. L’Occident l’utilise comme un label, une marque déposée. « Nous exportons la démocratie », disent-ils, tandis qu’ils bombardent l’Irak, l’Afghanistan, la Libye… La démocratie, pour eux, est une marchandise, un produit de luxe réservé à une élite.
- « Terrorisme » : Un mot-valise, un fourre-tout où l’on met tout ce qui dérange. Un Palestinien qui se fait sauter dans un bus est un terroriste. Un soldat israélien qui tire sur une fillette palestinienne est un héros. Un Iranien qui résiste à l’oppression est un terroriste. Un Américain qui bombarde un mariage afghan est un libérateur. Le terrorisme, c’est toujours l’autre. Jamais soi.
- « Droits de l’homme » : Une blague de mauvais goût. Les États-Unis, ce pays qui a inventé Guantanamo, qui pratique la torture, qui espionne le monde entier, osent donner des leçons de droits de l’homme. La France, ce pays qui a colonisé, massacré, exploité, se permet de juger les autres. L’Occident, ce grand hypocrite, brandit les droits de l’homme comme un bouclier, tout en violant systématiquement ceux des autres.
- « Paix » : Un mot qui sent la poudre et le sang. La paix, pour l’Occident, c’est la soumission. C’est la fin de la résistance. C’est l’acceptation de l’ordre impérial. La paix, pour les Palestiniens, pour les Iraniens, pour tous les opprimés, c’est la justice. Et la justice, l’Occident ne la connaît pas.
Le langage est une prison. Il nous enferme dans des catégories, des stéréotypes, des préjugés. Il nous empêche de voir la réalité telle qu’elle est. Il nous rend complices, sans que nous en ayons conscience. George Orwell, ce visionnaire, avait tout compris : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable, et pour donner une apparence de solidité à ce qui n’est que du vent. »
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Le Refus de Courber l’Échine
Face à cette machine de guerre, face à cette propagande, face à cette folie collective, que faire ? Se soumettre ? Se taire ? Détourner les yeux ? Non. La résistance commence par le refus. Le refus de croire les mensonges. Le refus de participer à la mascarade. Le refus de courber l’échine.
La résistance, c’est d’abord une question de comportement. C’est un acte de rébellion quotidienne, un geste minuscule mais radical : éteindre la télévision quand elle crache sa propagande, boycotter les produits des multinationales qui financent les guerres, refuser de voter pour des politiciens qui mentent, qui trahissent, qui tuent. La résistance, c’est aussi une question de langage. C’est refuser les mots de l’ennemi, ces mots qui tuent, qui humilient, qui avilissent. C’est inventer un nouveau vocabulaire, des mots qui libèrent, qui unissent, qui élèvent.
Mais la résistance, c’est aussi une question d’humanité. C’est refuser de voir l’autre comme un ennemi, comme un terroriste, comme un sous-homme. C’est tendre la main, même quand tout semble perdu. C’est écouter, même quand les bombes tombent. C’est aimer, même quand la haine semble la seule réponse possible. Albert Camus, ce grand humaniste, écrivait : « Je me révolte, donc nous sommes. » La révolte, c’est l’acte fondateur de l’humanité. C’est le refus de l’inacceptable. C’est le premier pas vers la liberté.
L’Iran, aujourd’hui, incarne cette résistance. Ce pays, ce peuple, ces hommes et ces femmes qui refusent de plier, qui refusent de se soumettre, qui attendent l’assaut avec dignité, sont un symbole. Ils sont la preuve que l’humanité n’est pas morte, qu’elle résiste, qu’elle lutte, qu’elle espère. Ils sont la preuve que la paix n’est pas une utopie, mais une nécessité. Une nécessité vitale, urgente, absolue.
Alors, que faire ? Résister. Toujours. Partout. Par tous les moyens. Par la parole, par l’écriture, par l’art, par l’amour. Par la désobéissance. Par la révolte. Parce que la paix n’est pas un cadeau. C’est une conquête. Une conquête qui commence par un refus : le refus de la guerre, le refus de l’oppression, le refus de la folie.
Oh, Palestine ! Oh, Iran !
Terres de feu et de sang,
Où les bombes, comme des chiens enragés,
Déchirent la chair des innocents.
Les vautours tournent dans le ciel,
Leurs ailes noires cachent le soleil,
Et les hommes, ces pantins ridicules,
Dansent au rythme des tambours de la guerre.
Washington, Tel-Aviv,
Ces deux monstres aux dents longues,
Se partagent le monde comme un butin,
Tandis que les enfants meurent en silence.
Mais vous, vous résistez,
Vous, vous tenez debout,
Comme des arbres centenaires
Que les tempêtes ne peuvent abattre.
Votre résistance est un phare,
Une lumière dans la nuit,
Un espoir pour ceux qui refusent
De se soumettre à la barbarie.
Oh, Palestine ! Oh, Iran !
Vos noms sont gravés dans le marbre
De l’histoire des hommes libres,
Et votre combat est le nôtre.
Un jour, les bombes se tairont,
Les vautours s’envoleront,
Et sur les ruines fumantes,
Nous planterons les graines de la paix.