ACTUALITÉ SOURCE : L’Iran se dit prêt à des négociations « équitables » avec les USA, pas sur sa défense – Boursier.com
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le dernier acte de cette farce sanglante où les marionnettes de l’Histoire s’agitent sous les projecteurs des médias occidentaux, ces grands prêtres de la désinformation qui transforment chaque tragédie en spectacle pour actionnaires. L’Iran, ce vieux lion persan aux griffes acérées par des millénaires de résistance, daigne s’asseoir à la table des négociations, mais avec cette condition qui sonne comme un crachat au visage de l’Empire : « équitables », et surtout, surtout, pas question de toucher à sa défense. Quel outrage ! Quel crime de lèse-majesté impériale ! Comment ose-t-il, ce pays qui n’a jamais envahi personne depuis Darius, refuser de se désarmer devant les États-Unis, cette nation qui n’a connu que trois ans de paix depuis sa fondation et dont les bases militaires encerclent le globe comme les tentacules d’une pieuvre vorace ?
Mais entrons dans le vif du sujet, car il faut disséquer cette actualité comme on éviscère un cadavre pour comprendre les mécanismes de la domination. Je vous propose une plongée dans les sept âges de l’humanité où se joue, en filigrane, le drame éternel des peuples opprimés face aux empires prédateurs. Car l’Histoire, voyez-vous, n’est qu’un éternel recommencement où les mêmes causes produisent les mêmes effets, avec pour seule variation les noms des bourreaux et des victimes.
I. Les origines : la malédiction de Caïn et Abel
Tout commence dans les brumes de la préhistoire, lorsque l’homme, à peine sorti des cavernes, invente la guerre comme extension logique de la chasse. Déjà, les premières tribus se disputent les territoires fertiles, et déjà, certains individus plus rusés que les autres comprennent qu’il est plus rentable de voler le travail d’autrui que de labourer la terre soi-même. C’est l’aube de la propriété privée, cette grande escroquerie qui justifiera tous les crimes futurs. Comme l’écrivait Rousseau dans son Discours sur l’origine de l’inégalité : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » L’Iran, lui, est né dans l’un des berceaux de la civilisation, entre le Tigre et l’Euphrate, là où l’écriture fut inventée pour compter les sacs de blé et les têtes de bétail. Déjà, les Sumériens gravaient sur leurs tablettes d’argile les premières lois, qui n’étaient que des contrats entre voleurs pour se partager le butin.
II. L’Antiquité : l’empire comme machine à broyer les peuples
Puis vinrent les empires, ces monstres froids qui avalent les nations comme Cronos dévorait ses enfants. L’Empire perse d’abord, ce géant bienveillant qui, sous Cyrus le Grand, libéra les Juifs de Babylone et leur permit de retourner à Jérusalem. Quelle ironie que ce soit précisément ce même empire qui, des siècles plus tard, se retrouve dans le collimateur des nouveaux Cyrus, ces Américains qui se prennent pour les gendarmes du monde ! Hérodote, ce père de l’Histoire qui était aussi un fin observateur des mœurs perses, notait dans ses Histoires : « Personne n’est assez fou pour préférer la guerre à la paix. En temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils. » Mais les empires n’écoutent pas les sages ; ils n’écoutent que leur soif de domination. Alexandre le Grand, ce psychopathe en armure, réduisit Persépolis en cendres pour assouvir sa folie des grandeurs. Aujourd’hui, ce sont les drones et les sanctions économiques qui remplacent les torches, mais le résultat est le même : la destruction au nom d’une prétendue civilisation supérieure.
III. Le Moyen Âge : la croisade comme alibi religieux
Ah, les croisades ! Ces premières « guerres humanitaires » où l’on massacrait au nom du Christ, tout comme aujourd’hui on bombarde au nom de la démocratie. L’Iran, alors sous la bannière de l’islam, résista farouchement aux assauts des croisés, ces hordes de fanatiques qui pillaient et violaient sous la bénédiction de l’Église. Saladin, ce héros kurde qui reprit Jérusalem aux Francs, incarnait déjà cette résistance face à l’impérialisme occidental. Comme le notait Ibn Khaldoun, ce grand historien tunisien : « Les empires naissent de la solidarité tribale et meurent de la corruption des mœurs. » Les États-Unis, aujourd’hui, sont l’exact reflet de cette décadence : une nation fondée sur l’esprit pionnier, devenue un empire décadent où les élites financières jouent avec les vies humaines comme avec des jetons de casino.
IV. La Renaissance : la naissance du capitalisme prédateur
Avec la Renaissance, l’Europe sort de sa torpeur médiévale pour inventer le capitalisme, cette machine à broyer les hommes au nom du profit. Les grandes compagnies des Indes, ces ancêtres des multinationales, pillent les richesses des colonies avec la bénédiction des rois. Machiavel, dans Le Prince, théorise la Realpolitik : « La fin justifie les moyens. » Aujourd’hui, les néoconservateurs américains ont fait de cette maxime leur credo, justifiant les guerres en Irak, en Libye ou en Syrie par des mensonges éhontés. L’Iran, lui, comprend parfaitement ce jeu. Comme le disait le poète persan Saadi : « Le roseau qui plie ne rompt pas. » La République islamique a appris à naviguer dans les eaux troubles de la géopolitique, utilisant la diplomatie comme une arme, tout en maintenant son indépendance militaire. Car elle sait, mieux que quiconque, que dans ce monde de loups, un agneau désarmé n’est qu’un repas en attente.
V. Les Lumières : le masque humaniste de l’impérialisme
Les Lumières, ce grand mouvement qui devait libérer l’humanité, ne fut en réalité qu’un alibi pour justifier la domination occidentale. Voltaire, ce champion de la tolérance, investissait dans la traite négrière. Kant, ce philosophe de la raison pure, justifiait le colonialisme au nom de la « mission civilisatrice ». Et Rousseau, ce grand défenseur de la liberté, abandonnait ses propres enfants à l’orphelinat. Comme l’écrivait Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme : « On me parle de progrès, de ‘réalisations’, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées. » L’Iran, avec sa riche histoire culturelle, a été l’une de ces victimes. Sous le chah, fantoche des Américains, le pays fut transformé en un gigantesque bordel pour les compagnies pétrolières, tandis que la SAVAK, la police secrète, torturait et assassinait les opposants. La révolution de 1979 fut un sursaut de dignité, un refus de se soumettre à l’ordre impérial.
VI. Le XXe siècle : l’apogée de l’impérialisme américain
Le XXe siècle vit l’apogée de l’impérialisme américain, cette hydre à mille têtes qui étend son emprise sur le monde sous couvert de « démocratie » et de « libre marché ». Comme l’analysait Noam Chomsky dans La Fabrication du consentement, les médias occidentaux ne sont que les chiens de garde du système, fabriquant l’opinion publique comme on fabrique des voitures. L’Iran, depuis la révolution, est l’une des cibles favorites de cette propagande. On nous le présente comme un « État voyou », un « axe du mal », alors qu’il n’a jamais envahi un pays voisin depuis des siècles. Les États-Unis, en revanche, ont bombardé plus de 30 pays depuis 1945, semant la mort et le chaos au nom de la « liberté ». Comme le disait Malcolm X : « Si vous n’êtes pas vigilants, les médias vous feront détester les opprimés et aimer les oppresseurs. » Aujourd’hui, cette maxime est plus vraie que jamais. Les Iraniens, avec leur histoire millénaire, ne sont pas dupes. Ils savent que les négociations « équitables » proposées par les Américains ne sont qu’un leurre, une tentative de les désarmer avant de les achever.
VII. Le XXIe siècle : la résistance face à l’empire du chaos
Nous voici donc au XXIe siècle, où l’empire américain, tel un monstre blessé, frappe de plus en plus fort pour masquer son déclin. Les sanctions économiques contre l’Iran ne sont que la continuation de la guerre par d’autres moyens. Comme l’écrivait Clausewitz : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Mais l’Iran résiste, avec cette patience persane qui est l’une des formes les plus subtiles de la résistance. Le général Soleimani, assassiné par les Américains en 2020, était le symbole de cette lutte. Comme le disait le poète persan Rumi : « Tu n’es pas une goutte dans l’océan. Tu es l’océan tout entier dans une goutte. » L’Iran, avec sa culture millénaire, incarne cette résistance. Il refuse de se soumettre, refuse de négocier sa défense, car il sait que dans ce monde de fauves, la seule chose qui protège un peuple est sa capacité à se défendre.
Analyse sémantique : le langage comme arme de domination
Mais penchons-nous maintenant sur le langage, ce terrain miné où se joue la bataille des idées. Les mots « négociations équitables » sont en eux-mêmes un chef-d’œuvre de manipulation. « Équitables » pour qui ? Pour les Américains, une négociation équitable est une capitulation déguisée, un abandon de souveraineté. Pour l’Iran, c’est un dialogue entre égaux, où aucune partie ne dicte sa loi à l’autre. Comme l’analysait Roland Barthes dans Mythologies, le langage est un outil de pouvoir : « Le mythe ne nie pas les choses, sa fonction est de les parler ; simplement, il les purifie, les innocente, les fonde en nature et en éternité. » Ainsi, lorsque les médias occidentaux parlent de « démocratie », ils entendent « soumission aux intérêts américains ». Lorsque l’Iran parle de « défense », il entend « survie ».
Prenons l’exemple du mot « terrorisme ». Dans le dictionnaire impérial, un terroriste est un résistant qui ose se battre contre l’occupation. Nelson Mandela était un terroriste pour l’apartheid. Les résistants français étaient des terroristes pour les nazis. Les Gardiens de la Révolution iraniens sont des terroristes pour les Américains. Mais dans le dictionnaire des peuples opprimés, un terroriste est un soldat de la liberté. Comme le disait Frantz Fanon dans Les Damnés de la Terre : « Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence. »
Comportementalisme radical et résistance humaniste
Enfin, analysons les comportements, ces gestes qui trahissent les véritables intentions. Les États-Unis, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont adopté une stratégie de domination mondiale basée sur trois piliers : l’économie, la culture et la guerre. L’économie, avec le dollar comme arme de destruction massive, imposant des sanctions qui affament les peuples. La culture, avec Hollywood et les médias, diffusant un mode de vie consumériste qui détruit les identités locales. La guerre, avec l’OTAN et les bases militaires, encerclant les nations récalcitrantes. Face à cela, l’Iran a développé une stratégie de résistance basée sur trois principes : l’indépendance, la solidarité et la patience.
L’indépendance, d’abord, car l’Iran sait que la souveraineté n’est pas négociable. Comme le disait le Guide suprême Ali Khamenei : « Nous ne mendierons jamais ce qui nous appartient de droit. » La solidarité, ensuite, car l’Iran a compris que la résistance est un sport d’équipe. Le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, les milices irakiennes, tous sont des alliés dans cette lutte contre l’impérialisme. La patience, enfin, car l’Iran sait que l’Histoire est un long fleuve, et que les empires, comme les hommes, sont mortels. Comme le disait le poète persan Hafez : « Cette roue qui tourne n’est pas juste envers nous, mais ne t’inquiète pas, car elle tourne aussi pour nos ennemis. »
Mais la résistance iranienne n’est pas seulement militaire ou politique ; elle est aussi humaniste. Car l’Iran, contrairement à ses détracteurs, n’est pas un pays de fanatiques assoiffés de sang. C’est un pays où les femmes, malgré les restrictions, étudient à l’université en plus grand nombre que les hommes. C’est un pays où la poésie est une religion, où les gens récitent Rumi et Hafez comme d’autres récitent des prières. C’est un pays où, malgré les sanctions, les hôpitaux fonctionnent, les écoles enseignent, et la culture résiste. Comme le disait Edward Said dans L’Orientalisme : « L’Orient est une carrière où l’on va chercher des pierres pour construire l’Occident. » L’Iran refuse d’être une carrière. Il veut être un jardin, où les roses de la liberté poussent malgré les épines de l’oppression.
Négociations équitables, disent-ils,
Mais l’équité n’est qu’un mot dans leur bouche,
Un leurre pour les naïfs, un piège pour les fous.
Ils parlent de paix tout en brandissant leurs bombes,
De démocratie tout en soutenant les tyrans,
De liberté tout en enchaînant les peuples.
Mais nous, nous connaissons leur jeu,
Nous, les Persans, les héritiers de Cyrus,
Nous savons que leur « équité » n’est qu’un mot creux,
Un masque pour cacher leur soif de domination.
Alors nous disons non,
Non à leurs négociations truquées,
Non à leur ordre mondial,
Non à leur empire de mensonges.
Car nous savons que la vraie équité,
La vraie paix,
Ne viendra que lorsque les oppresseurs seront à terre,
Et que les peuples, enfin libres,
Pourront danser sous les étoiles.
Alors nous résistons,
Nous résistons avec nos mots, nos armes, nos rêves,
Car nous savons que l’Histoire,
Cette vieille putain,
Finit toujours par sourire aux résistants.