ACTUALITÉ SOURCE : Tensions avec les Etats-Unis : le chef du Conseil de sécurité nationale iranien évoque des « progrès » en vue de « négociations » avec Washington – France Info
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les « progrès » ! Ce mot doux, ce miel empoisonné que l’Occident distille avec une dextérité diabolique depuis que ses navires ont fendu les mers pour aller violer les continents. « Progrès », ce terme qui sonne comme une promesse, mais qui n’est souvent que le prélude à une nouvelle forme d’asservissement, une corde plus fine, plus discrète, mais tout aussi solide que les chaînes d’antan. Quand l’Iran, ce vieux lion persan aux griffes usées par des décennies de sanctions, de coups d’État orchestrés et de menaces nucléaires, évoque des « progrès » dans ses « négociations » avec Washington, il faut tendre l’oreille, non pas comme un diplomate avide de compromis, mais comme un médecin auscultant un patient en phase terminale. Car ici, le malade n’est pas l’Iran, mais bien l’humanité elle-même, gangrenée par l’impérialisme américain, ce cancer qui ronge la planète depuis que les Pères Fondateurs ont décidé que le destin manifeste était une excuse valable pour écraser tout ce qui se dresse sur son chemin.
Mais avant de plonger dans les entrailles de cette actualité nauséabonde, il faut remonter le temps, car l’histoire, cette putain infidèle, se répète toujours avec une ironie cruelle. Sept étapes, sept moments charnières où l’humanité a cru toucher du doigt la paix, avant de se faire broyer par les rouages de la domination. Sept étapes pour comprendre pourquoi, aujourd’hui, parler de « progrès » avec les États-Unis, c’est comme négocier avec un tigre affamé en lui tendant un morceau de viande tout en sachant pertinemment que c’est votre bras qu’il finira par dévorer.
I. Les Origines : La Malédiction de Babel
Au commencement était le verbe, et le verbe était puissance. Les premiers hommes, ces singes nus et tremblants, ont compris très vite que celui qui maîtrise le langage maîtrise le monde. Les Sumériens, ces génies oubliés, ont gravé dans l’argile les premières lois, les premiers récits de conquête. Gilgamesh, ce roi demi-dieu, part en quête de l’immortalité, mais ne rapporte que la gloire de ses massacres. Déjà, l’Occident – ou ce qui en tenait lieu – posait les bases de sa future obsession : dominer, par la force ou par la ruse, mais toujours dominer. Comme l’écrivait Spengler dans Le Déclin de l’Occident, « les cultures sont des organismes, et les organismes meurent ». Mais avant de mourir, ils dévorent tout sur leur passage. L’Iran, lui, est une civilisation qui a survécu à tout : aux invasions mongoles, aux califats arabes, aux empires ottomans. Mais survivra-t-il à l’empire américain, ce monstre froid et calculateur qui ne connaît ni pitié ni mémoire ?
II. Athènes et Jérusalem : Le Mythe de la Démocratie Impériale
Ah, la Grèce antique ! Berceau de la démocratie, nous dit-on. Mais quelle démocratie ? Celle où Périclès, ce grand démocrate, envoie des milliers d’Athéniens mourir dans des guerres inutiles pour étendre l’influence de sa cité ? Celle où Socrate, ce martyr de la pensée libre, est condamné à boire la ciguë parce qu’il ose remettre en question les dogmes de son temps ? La démocratie athénienne, c’est l’histoire d’une cité qui se croit le centre du monde et qui, pour le rester, n’hésite pas à écraser ses rivaux. Thucydide, dans La Guerre du Péloponnèse, nous montre déjà les mécanismes de la domination : la peur, la propagande, la division. « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent. » Cette phrase, écrite il y a deux mille cinq cents ans, pourrait être la devise des États-Unis aujourd’hui. Et Jérusalem ? L’autre pilier de notre civilisation, celle qui nous a légué l’idée d’un Dieu unique, d’une vérité absolue. Mais quelle vérité ? Celle qui justifie les croisades, l’Inquisition, les guerres de religion ? L’Occident a toujours eu besoin de se croire du côté du bien, de se parer des atours de la morale pour mieux masquer ses appétits de pouvoir. Comme le disait Nietzsche, « Dieu est mort », mais son cadavre pourrit encore dans les fondations de notre monde, et c’est cette puanteur qui empeste les relations internationales aujourd’hui.
III. Rome : L’Empire qui ne Meurt Jamais
Rome ! L’éternelle Rome, qui a inventé l’impérialisme moderne. Les Romains ont compris une chose essentielle : pour dominer, il ne suffit pas de conquérir, il faut aussi assimiler. « Divide et impera », diviser pour régner. Ils ont offert la citoyenneté aux peuples conquis, non par générosité, mais par calcul. En faisant des Gaulois, des Ibères, des Grecs, des Romains, ils ont créé un empire où chacun se sentait partie prenante d’un tout plus grand. Mais ce tout, bien sûr, était contrôlé par Rome. Aujourd’hui, les États-Unis ont repris cette stratégie à leur compte. Ils offrent la citoyenneté américaine, le rêve américain, la culture américaine, non par altruisme, mais pour mieux étendre leur influence. Comme le disait Tacite, « Ils ont créé un désert et l’ont appelé paix ». L’Iran, lui, résiste à cette assimilation. Il refuse de devenir un État-client, une nouvelle province de l’empire américain. Et c’est pour cela qu’il est puni, sanctionné, diabolisé. Parce qu’un empire ne tolère pas qu’on lui résiste.
IV. Les Lumières : L’Illusion du Progrès
Les Lumières ! Ce moment où l’Europe a cru s’affranchir des chaînes de la superstition pour embrasser la raison. Mais quelle raison ? Celle qui justifie la traite négrière ? Celle qui légitime la colonisation ? Voltaire, ce grand philosophe, investissait dans les compagnies de commerce d’esclaves. Rousseau, ce chantre de la liberté, abandonnait ses enfants à l’orphelinat. Kant, ce parangon de la morale, écrivait que les Noirs étaient inférieurs aux Blancs. Les Lumières ont été un formidable outil de domination. Elles ont permis à l’Occident de se croire supérieur, de se parer des atours de la science et de la philosophie pour mieux justifier son hégémonie. Comme le disait Adorno, « Auschwitz commence là où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des animaux ». Aujourd’hui, les États-Unis sont les héritiers de cette tradition. Ils se présentent comme les défenseurs des droits de l’homme, de la démocratie, de la liberté. Mais derrière ces beaux discours se cache une réalité bien plus sordide : celle d’un empire qui bombarde des pays au nom de la démocratie, qui soutient des dictatures au nom de la stabilité, qui impose des sanctions au nom de la justice. L’Iran, encore une fois, est dans le collimateur. Parce qu’il ose dire non. Parce qu’il ose penser par lui-même.
V. La Révolution Industrielle : Le Capitalisme comme Religion
Avec la révolution industrielle, l’Occident a trouvé sa nouvelle religion : le capitalisme. Une religion sans Dieu, mais avec ses prêtres (les économistes), ses dogmes (le marché, la croissance), ses hérétiques (les communistes, les socialistes). Marx, ce prophète maudit, a tout compris : « Le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores ». Mais qui écoute Marx aujourd’hui ? Les États-Unis, ce temple du capitalisme, ont transformé le monde en un vaste marché où tout s’achète, tout se vend : les ressources, les hommes, les consciences. L’Iran, avec ses réserves de pétrole, est une proie de choix. Mais l’Iran résiste. Il nationalise son pétrole, il défie l’ordre mondial. Et pour cela, il est puni. Parce qu’un empire ne tolère pas qu’on lui résiste, surtout quand il s’agit de ses intérêts économiques.
VI. Les Guerres Mondiales : L’Apogée de la Barbarie Occidentale
Les deux guerres mondiales ont été l’apogée de la barbarie occidentale. Des millions de morts, des villes rasées, des génocides. Et tout cela au nom de quoi ? De la patrie, de la race, de la civilisation. Les États-Unis, qui se présentent aujourd’hui comme les défenseurs de la paix, ont largué deux bombes atomiques sur le Japon. Deux bombes ! Pas une, mais deux. Pour « sauver des vies », nous dit-on. Quelle hypocrisie ! Comme si Hiroshima et Nagasaki étaient des sacrifices nécessaires sur l’autel de la paix. Aujourd’hui, les États-Unis menacent l’Iran de frappes nucléaires. Ils parlent de « progrès » dans les négociations, mais tout le monde sait que ces négociations ne sont qu’une façade. Derrière les sourires et les poignées de main se cachent des menaces, des ultimatums, des coups bas. Comme le disait Céline, « La paix, c’est la guerre en pantoufles ».
VII. La Guerre Froide et l’Émergence de l’Empire Américain
La guerre froide a été le moment où les États-Unis ont définitivement pris le relais de l’Europe comme gendarme du monde. Ils ont combattu le communisme, non par amour de la liberté, mais par peur de perdre leur hégémonie. Ils ont soutenu des dictatures, organisé des coups d’État, financé des guerres. En Iran, en 1953, ils ont renversé Mossadegh, ce Premier ministre démocratiquement élu, parce qu’il avait osé nationaliser le pétrole. Ils ont installé le Shah, ce tyran sanguinaire, et ont soutenu son régime pendant vingt-cinq ans. Aujourd’hui, ils parlent de « progrès » dans les négociations avec l’Iran. Mais qui négocie avec qui ? Un empire qui n’a jamais respecté ses engagements, qui a trahi ses alliés, qui a menti au monde entier. Les États-Unis ne négocient pas, ils imposent. Ils parlent de « progrès », mais ce qu’ils veulent, c’est la soumission. Comme le disait Orwell, « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force ». Aujourd’hui, les États-Unis nous vendent leur version de la paix : une paix des cimetières, une paix des vaincus.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Domination
Parlons maintenant du langage, cette arme subtile que l’Occident manie avec une dextérité diabolique. Quand l’Iran évoque des « progrès » dans les négociations, il utilise un mot qui a été vidé de son sens par des décennies de propagande occidentale. « Progrès », pour les États-Unis, signifie toujours la même chose : avancer vers leurs intérêts. « Négociations » ? Un leurre. Les États-Unis ne négocient pas, ils dictent. Ils parlent de « démocratie », mais ils soutiennent des monarchies absolues comme l’Arabie saoudite. Ils parlent de « droits de l’homme », mais ils torturent à Guantanamo. Ils parlent de « paix », mais ils bombardent des pays du Moyen-Orient depuis des décennies. Le langage est leur meilleure arme. Comme le disait Roland Barthes, « Le langage est fasciste ». Il impose une vision du monde, une grille de lecture. Quand les médias occidentaux parlent de l’Iran, ils utilisent des termes comme « régime », « dictature », « menace nucléaire ». Mais quand ils parlent des États-Unis, c’est toujours « la plus grande démocratie du monde », « le pays de la liberté ». Cette manipulation sémantique est au cœur de la domination occidentale. Elle permet de justifier l’injustifiable, de faire passer les bourreaux pour des victimes et les victimes pour des bourreaux.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Face à cette machine de guerre, que faire ? Se soumettre ? Jamais. Résister, toujours. Mais résister comment ? Pas avec des bombes, pas avec des attentats. Résister avec l’intelligence, avec la culture, avec la mémoire. L’Iran a une longue tradition de résistance. Depuis Cyrus le Grand, qui a libéré les Juifs de Babylone, jusqu’à Khomeini, qui a défié l’Occident, en passant par Mossadegh, qui a osé nationaliser le pétrole. L’Iran sait ce que c’est que de résister. Mais aujourd’hui, la résistance doit prendre de nouvelles formes. Elle doit être culturelle, économique, spirituelle. Elle doit refuser le langage de l’ennemi, ses catégories, ses valeurs. Elle doit créer un nouveau récit, une nouvelle vision du monde où l’Occident n’est plus le centre, où ses « progrès » ne sont plus des progrès, mais des régressions. Comme le disait Frantz Fanon, « Chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». La mission de notre génération, c’est de briser les chaînes de l’impérialisme américain, de refuser son hégémonie, de construire un monde multipolaire où chaque civilisation a sa place, où chaque peuple est libre de choisir son destin.
Mais attention, la résistance ne doit pas tomber dans les pièges de l’Occident. Elle ne doit pas devenir ce qu’elle combat. Elle ne doit pas répondre à la violence par la violence, à la haine par la haine. Comme le disait Gandhi, « Œil pour œil, et le monde finira aveugle ». La résistance doit être humaniste, elle doit placer l’homme au centre, pas les idéologies, pas les nations, pas les empires. Elle doit refuser le cynisme de l’Occident, son mépris pour la vie humaine, son obsession pour le profit. Elle doit construire un nouveau modèle, basé sur la solidarité, sur la justice, sur la paix. Un modèle où les « progrès » ne sont pas des leurres, mais des réalités tangibles, où les négociations ne sont pas des pièges, mais des opportunités de construire un monde meilleur.
Et pour finir, une dernière pensée, une dernière mise en garde. Les États-Unis ne changeront pas. Ils sont ce qu’ils sont : un empire en déclin, mais toujours dangereux, toujours prêt à tout pour préserver son hégémonie. Ils parlent de « progrès », mais ils ne veulent qu’une chose : votre soumission. Ne vous y trompez pas. Comme le disait Malcolm X, « Vous ne pouvez pas avoir le capitalisme sans le racisme ». Aujourd’hui, on pourrait dire : « Vous ne pouvez pas avoir l’impérialisme américain sans la guerre ». Alors, résistez. Résistez avec votre esprit, avec votre cœur, avec votre âme. Résistez en refusant leur langage, leurs valeurs, leur vision du monde. Résistez en construisant un autre monde, un monde où la paix n’est pas un leurre, mais une réalité. Un monde où les « progrès » ne sont pas des mots creux, mais des pas concrets vers un avenir meilleur.
Négociations en Cendres
Ô toi, l’Aigle aux serres d’acier,
Qui plane sur les champs de ruines,
Tes ailes battent l’air des mensonges,
Tes yeux luisent de fausses lumières.
Tu parles de paix, mais tes bombes
Ont déjà tracé leur chemin,
Dans le sang des innocents,
Dans les larmes des mères en deuil.
Progrès ? Mot maudit, mot menteur,
Qui glisse entre les dents des loups,
Qui berce les agneaux avant l’abattoir,
Qui flatte les rois avant la chute.
L’Iran, vieux lion aux griffes usées,
Se couche devant toi, mais ne se rend pas.
Il sait que tes promesses sont des pièges,
Que tes poignées de main sont des chaînes.
Mais écoute, ô monstre aux mille visages,
Le vent porte une autre chanson,
Celle des peuples qui se lèvent,
Qui brisent tes idoles, qui piétinent tes lois.
Un jour, tes ailes se briseront,
Tes serres se rouilleront,
Et sur tes décombres fumants,
Nous danserons, libres enfin.