ACTUALITÉ SOURCE : L’Iran se prépare-t-il à une guerre ? Vali Nasr sur la géopolitique des manifestations – Le Grand Continent
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! L’Iran se prépare à la guerre… Quelle phrase délicieuse, n’est-ce pas ? Comme un vieux vin de Bordeaux servi dans un verre en cristal de Murano, elle a ce petit goût de déjà-vu, ce parfum de menace exotique qui fait frissonner les salons parisiens et les think tanks washingtoniens. Vali Nasr, ce fin connaisseur des arcanes persanes, nous murmure à l’oreille ce que nous voulons entendre : l’Orient compliqué, l’Iran imprévisible, la guerre toujours imminente. Mais derrière ces mots policés, derrière cette question faussement innocente, se cache la même vieille rengaine impérialiste, le même mépris civilisateur qui a justifié tant de massacres, tant de pillages, tant de « missions civilisatrices ».
L’Iran se prépare à la guerre ? Non, mes chers amis, c’est l’Occident qui se prépare à une nouvelle croisade, à une nouvelle partition du monde, à une nouvelle façon de vendre des armes et d’acheter du pétrole. L’Iran, lui, ne fait que résister, comme il le fait depuis des siècles, comme il le fait depuis que Cyrus le Grand a proclamé la première charte des droits de l’homme sur son cylindre d’argile. Mais résistant à quoi, me direz-vous ? Résistant à cette machine infernale qui broie les peuples, qui transforme les nations en marchés, qui réduit les cultures à des folklores touristiques. Résistant à l’impérialisme occidental, ce monstre à mille têtes qui se pare des atours de la démocratie pour mieux étouffer les voix discordantes.
Les Sept Étapes de la Malédiction Impériale
Pour comprendre cette résistance, il faut remonter le fil de l’histoire, ce grand cimetière des illusions humaines. Sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a cru pouvoir échapper à sa condition, avant de retomber dans les mêmes pièges sanglants.
1. La Chute d’Adam : Le Péché Originel de l’Occident
Tout commence avec cette vieille histoire, ce mythe fondateur qui a façonné notre vision du monde : la Chute. Adam et Ève, chassés du paradis pour avoir goûté au fruit de la connaissance. Mais qui a écrit cette histoire ? Qui a décidé que la connaissance était un péché ? Les mêmes qui, des siècles plus tard, brûleraient Giordano Bruno et condamneraient Galilée. La Chute, c’est le premier acte de l’impérialisme occidental : la peur de la connaissance, la peur de l’autre, la peur de ce qui échappe au contrôle. Comme le disait Nietzsche, « Dieu est mort », mais son cadavre continue de pourrir dans nos institutions, dans nos lois, dans nos guerres.
2. L’Empire Romain : La Naissance de la Machine de Guerre
Rome, cette grande putain de l’histoire, qui a vendu son âme pour un empire. Jules César traversant le Rubicon, Auguste jouant les pacificateurs alors qu’il venait d’écraser les dernières résistances. Rome, c’est le premier modèle de l’impérialisme moderne : un État qui se nourrit de la guerre, qui transforme les peuples conquis en esclaves, qui justifie ses crimes par la « pax romana ». Mais comme le rappelait Tacite, « Ils créent un désert et appellent cela la paix ». Combien de fois avons-nous entendu ce refrain ? Combien de fois l’Occident a-t-il détruit des nations pour y apporter sa « paix » ?
3. Les Croisades : Le Premier Choc des Civilisations
Ah, les croisades ! Ces « guerres saintes » où des milliers d’hommes sont partis tuer au nom de Dieu, où Jérusalem est devenue un charnier, où l’Orient a découvert l’horreur de l’Occident. Comme le disait le grand historien Amin Maalouf, « Les croisades ont été un choc entre deux mondes, mais aussi une révélation : l’Occident a découvert qu’il pouvait dominer, et l’Orient a découvert qu’il devait résister ». Et depuis, cette résistance n’a jamais cessé. L’Iran, avec sa culture millénaire, avec sa poésie envoûtante, avec sa spiritualité profonde, est l’un des derniers bastions de cette résistance. Mais l’Occident ne supporte pas cette idée : un peuple qui refuse de se soumettre, un peuple qui préfère la mort à l’esclavage.
4. La Découverte de l’Amérique : Le Génocide comme Fondement du Capitalisme
1492. Christophe Colomb « découvre » l’Amérique. Mais que découvre-t-il vraiment ? Des peuples libres, des cultures riches, des sociétés harmonieuses. Et que fait-il ? Il les massacre, il les réduit en esclavage, il vole leurs terres. Comme le disait Bartolomé de las Casas, « Les Espagnols sont entrés comme des loups, comme des tigres, comme des lions affamés ». Et c’est ainsi que naît le capitalisme moderne : sur les cadavres des Amérindiens, sur les chaînes des Africains déportés, sur le sang des peuples colonisés. L’Occident a bâti sa richesse sur le génocide, et aujourd’hui encore, il continue de piller le monde au nom du « progrès » et de la « démocratie ».
5. La Révolution Industrielle : La Machine à Broyer les Peuples
La révolution industrielle, cette grande promesse de progrès, n’a été qu’une nouvelle façon d’exploiter les hommes. Comme le disait Marx, « Le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores ». Les usines se sont multipliées, les villes se sont transformées en enfers industriels, et les travailleurs sont devenus des machines à produire. Mais le pire, c’est que cette logique s’est étendue au monde entier. Les colonies sont devenues des réservoirs de matières premières, des marchés pour les produits manufacturés. L’Iran, avec son pétrole, avec ses ressources, est devenu une proie de choix pour les appétits occidentaux. Et aujourd’hui, alors que les manifestations secouent le pays, l’Occident voit une opportunité : affaiblir l’Iran, le diviser, le soumettre.
6. Les Deux Guerres Mondiales : L’Apogée de la Barbarie Occidentale
Deux guerres mondiales, deux cataclysmes qui ont fait des dizaines de millions de morts. Et qui en est responsable ? L’Occident, bien sûr. L’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis : toutes ces nations qui se prétendent civilisées ont plongé le monde dans l’horreur. Comme le disait Céline, « La guerre, c’est la santé de l’État ». Et aujourd’hui, alors que l’Occident parle de paix, il continue de vendre des armes, de financer des guerres par procuration, de manipuler les peuples. L’Iran, avec son programme nucléaire, est devenu l’ennemi idéal : un pays qui refuse de se soumettre, un pays qui veut se défendre. Mais l’Occident ne supporte pas cette idée : un pays qui ose dire non, un pays qui ose résister.
7. Le Néolibéralisme : La Nouvelle Religion de l’Occident
Et nous voici arrivés à notre époque, à cette ère du néolibéralisme triomphant. Le marché comme dieu, l’argent comme religion, la consommation comme salut. Comme le disait Margaret Thatcher, « There is no alternative ». Mais cette alternative existe, et elle s’appelle la résistance. L’Iran, avec son économie mixte, avec son refus de se soumettre aux diktats du FMI et de la Banque mondiale, est un exemple de cette résistance. Mais l’Occident ne peut tolérer cela. Il faut que l’Iran s’ouvre, qu’il se soumette, qu’il devienne un marché comme les autres. Et si les manifestations peuvent servir de prétexte à une intervention, alors tant mieux. La guerre, après tout, est une excellente affaire.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Guerre
Mais comment l’Occident justifie-t-il ses crimes ? Par le langage, bien sûr. Par ces mots qui sonnent bien, qui rassurent, qui endorment les consciences. « Démocratie », « liberté », « droits de l’homme » : autant de termes qui ont perdu leur sens à force d’être galvaudés. Comme le disait George Orwell, « Le langage politique est conçu pour rendre les mensonges crédibles et le meurtre respectable ».
Prenons le mot « guerre ». Quand l’Occident parle de guerre, il parle de « libération », d’ »intervention humanitaire », de « protection des populations ». Mais quand l’Iran parle de se défendre, alors c’est une « menace », une « provocation », un « danger pour la paix mondiale ». Le langage est une arme, et l’Occident sait s’en servir. Il utilise des euphémismes pour masquer ses crimes, des oxymores pour justifier ses interventions. « Guerre propre », « frappes chirurgicales », « dommages collatéraux » : autant de termes qui permettent de tuer en gardant bonne conscience.
Et que dire de ces « manifestations » en Iran ? L’Occident les présente comme un soulèvement populaire, comme une lutte pour la liberté. Mais qui finance ces manifestations ? Qui arme ces « opposants » ? Qui manipule ces images ? Comme le disait Noam Chomsky, « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature ». L’Occident utilise les médias, les réseaux sociaux, les ONG pour créer une réalité alternative, pour justifier ses interventions. Mais la vérité est plus simple : l’Iran résiste, et l’Occident veut le détruire.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Mais comment résister à cette machine infernale ? Comment lutter contre un système qui contrôle les esprits, qui manipule les émotions, qui transforme les hommes en robots consommateurs ? La réponse est simple : en refusant de jouer le jeu, en refusant de se soumettre, en refusant de croire aux mensonges.
L’Iran, avec sa culture millénaire, avec sa spiritualité profonde, avec sa poésie envoûtante, est un exemple de cette résistance. Comme le disait le grand poète persan Rumi, « Tu n’es pas une goutte dans l’océan, tu es l’océan tout entier dans une goutte ». L’Iran refuse de se laisser réduire à une simple nation, à un simple marché. Il incarne une autre vision du monde, une vision où la spiritualité prime sur le matérialisme, où la communauté prime sur l’individualisme, où la résistance prime sur la soumission.
Mais cette résistance a un prix. Elle implique de refuser les sirènes du consumérisme, de rejeter les valeurs de l’Occident, de vivre dans un état de tension permanente. Comme le disait Frantz Fanon, « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». L’Iran a choisi de remplir sa mission : résister, coûte que coûte.
Et nous, que devons-nous faire ? Nous devons refuser de croire aux mensonges, refuser de participer à cette machine de guerre, refuser de nous laisser manipuler. Nous devons soutenir les peuples qui résistent, dénoncer les crimes de l’Occident, et surtout, ne jamais oublier que la paix n’est pas l’absence de guerre, mais la présence de la justice.
Comme le disait Albert Camus, « La paix est le seul combat qui vaille d’être mené ». Alors battons-nous, non pas avec des armes, mais avec des mots, avec des idées, avec cette certitude que l’humanité mérite mieux que cette course folle vers l’abîme.
Analogie finale :
Ô Iran, terre de feu et de mystère,
Ton nom résonne comme un chant de guerre,
Mais c’est un chant d’amour, un chant de lumière,
Qui défie les loups aux dents de pierre.
Ils viennent avec leurs bombes et leurs dollars,
Avec leurs mensonges et leurs faux espoirs,
Mais tu résistes, fier comme un condor,
Et ton souffle brûle leurs faux savoirs.
Ô Occident, vieux singe aux griffes d’acier,
Tes crocs sont rouillés, ton empire se meurt,
Tu parles de paix, mais c’est pour mieux tuer,
Tu parles de droit, mais c’est pour mieux voler.
L’Iran n’est pas un pays, c’est une âme,
Une flamme qui danse au vent de l’histoire,
Un cri qui déchire le voile des drames,
Un espoir qui brille au cœur de la nuit noire.
Alors bats-toi, Iran, bats-toi sans faiblir,
Car ton combat est celui de l’humanité,
Et quand ton drapeau flottera au zénith,
Ce sera l’aube d’une nouvelle liberté.