L’Iran mise sur la guerre pour arracher un meilleur accord à Trump – Courrier international







Laurent Vo Anh – L’Iran, la Guerre et le Spectacle Impérial


ACTUALITÉ SOURCE : L’Iran mise sur la guerre pour arracher un meilleur accord à Trump – Courrier international

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le grand théâtre des nations, ce cirque sanglant où les puissants, drapés dans leurs costumes de moralité en lambeaux, viennent jouer leur partition de destruction et de chantage. L’Iran, ce vieux pays aux racines profondes comme les veines de la terre, ce berceau de civilisations qui a vu naître Zarathoustra et Avicenne, se retrouve aujourd’hui acculé, forcé de brandir l’épée non par soif de conquête, mais par nécessité de survie. La guerre, ce mot hideux, ce spectre qui hante les couloirs du pouvoir depuis que l’homme a troqué sa fraternité contre des lingots d’or et des drapeaux, n’est plus ici qu’un outil, un levier désespéré pour arracher une once de dignité à l’empire qui étouffe le monde sous son talon de fer. Trump, ce clown grotesque, ce pantin aux cheveux jaunes, ce représentant pathétique d’un système qui a fait de la rapine son dogme, n’est que le dernier avatar d’une longue lignée de prédateurs qui ont fait de la violence leur langage universel.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Comment l’humanité, cette espèce capable du sublime comme de l’abject, a-t-elle pu se laisser entraîner dans cette danse macabre où la guerre n’est plus qu’une monnaie d’échange, un moyen de négociation parmi d’autres ? Pour comprendre, il faut remonter aux origines, là où tout a commencé, là où l’homme a cessé d’être un animal parmi les autres pour devenir un loup pour l’homme. Suivez-moi, chers damnés de l’histoire, dans cette descente aux enfers de la pensée, où chaque étape est une pierre tombale sur le chemin de notre aliénation collective.

Les Sept Étapes de la Chute : Une Généalogie de la Violence Impériale

1. La Naissance du Prédateur : L’Aube des Hiérarchies (10 000 av. J.-C.)

Tout commence avec le néolithique, cette révolution qui a vu l’homme troquer sa liberté de nomade contre les chaînes dorées de la sédentarité. Avec l’agriculture naissent les surplus, et avec les surplus naît la propriété. Et qui dit propriété dit inévitablement vol, dit guerre. Les premières cités-États de Mésopotamie, ces joyaux de boue et de sang, sont les premiers laboratoires de l’oppression organisée. Sumer, Akkad, Babylone : autant de noms qui résonnent comme des tambours de guerre. Déjà, les rois, ces premiers gangsters couronnés, envoient leurs sujets mourir pour des frontières tracées dans le sable. « La guerre est le père de toute chose », écrit Héraclite, ce vieux fou qui avait compris que le chaos était le seul ordre possible. Mais quel père monstrueux que celui qui engendre ses enfants dans la souffrance !

Anecdote : Savez-vous que le premier traité de paix connu, signé entre les cités de Lagash et Umma vers 2500 av. J.-C., était en réalité un accord de partage des butins de guerre ? La paix, déjà, n’était qu’une trêve entre deux pillages.

2. L’Empire comme Maladie : Rome et la Logique de l’Expansion (753 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)

Rome. Ce nom seul suffit à faire frémir. Rome, cette machine à broyer les peuples, ce monstre froid qui a fait de la guerre son industrie principale. Les légions, ces fourmis en armure, marchent au pas cadencé vers la gloire de quelques-uns et le désespoir de millions. « Si tu veux la paix, prépare la guerre », clame Végèce, ce stratège qui aurait mieux fait de se taire. Mais non, Rome ne veut pas la paix. Elle veut la domination. Elle veut que le monde entier plie le genou devant ses aigles. Et pour cela, elle invente l’impérialisme, cette maladie qui ronge encore nos sociétés comme un cancer.

Cicéron, ce sophiste en toge, justifie les conquêtes par la « mission civilisatrice » de Rome. Déjà, le discours est rodé : nous apportons la lumière aux barbares, nous leur offrons nos dieux, nos lois, notre « progrès ». En échange, ils nous donnent leurs terres, leurs richesses, et leurs enfants pour nos jeux du cirque. Plus ça change, plus c’est la même chose.

3. Le Voile de la Religion : Les Croisades et la Guerre Sainte (1095 – 1291)

Ah, les croisades ! Ces expéditions « saintes » où des milliers de pauvres bougres, enivrés par les promesses du paradis, partent massacrer d’autres pauvres bougres au nom d’un dieu qui, décidément, a un goût très prononcé pour le sang. Urbain II, ce pape qui lance l’appel à la croisade en 1095, n’est qu’un marchand de rêves macabres. « Dieu le veut ! » hurle-t-il. Mais Dieu, s’il existe, doit se voiler la face devant tant d’horreurs commises en son nom.

Les croisades sont le premier exemple à grande échelle de la manipulation des masses par la peur et la culpabilité. On diabolise l’ennemi (les « infidèles »), on sacralise la violence (« tuer un musulman, c’est gagner son salut »), et on envoie les gueux mourir loin de chez eux pour les beaux yeux des seigneurs. La guerre, désormais, a une bénédiction divine. Que demander de plus ?

Anecdote : Lors du sac de Jérusalem en 1099, les croisés, ivres de sang et de vin, massacrent sans distinction musulmans, juifs et chrétiens d’Orient. Les rues ruissellent de sang, et les chroniqueurs de l’époque parlent de « chevaux qui glissaient sur les cadavres ». La « guerre sainte » est une farce sinistre.

4. La Renaissance du Mensonge : La Colonisation et le Mythe du « Fardeau de l’Homme Blanc » (XVe – XXe siècle)

Avec les grandes découvertes, l’Europe, ce continent de rapaces, étend ses griffes sur le monde. Colomb, Cortés, Pizarro : ces noms sont synonymes de génocide. Mais comment justifier l’injustifiable ? En inventant le mythe de la supériorité raciale. « Nous sommes les porteurs de la civilisation », clament les colons, tandis qu’ils réduisent en esclavage des millions d’êtres humains et volent leurs terres. Kipling, ce poète de pacotille, écrit Le Fardeau de l’homme blanc, un texte qui résume à lui seul l’hypocrisie occidentale : nous sommes venus vous « sauver », alors agenouillez-vous et remerciez-nous.

La colonisation, c’est la guerre permanente, la violence institutionnalisée. On massacre, on viole, on pille, mais toujours avec le sourire, toujours au nom du « progrès ». Les Indiens d’Amérique, les Africains, les Aborigènes d’Australie : autant de peuples décimés pour que l’Occident puisse s’enrichir. Et aujourd’hui, on ose parler de « droits de l’homme » ! Quelle farce.

5. L’Ère des Machines à Tuer : Les Guerres Mondiales et l’Industrialisation de la Mort (1914 – 1945)

Le XXe siècle est celui de l’apogée de la barbarie. Les guerres mondiales ne sont plus des conflits entre nations, mais des usines à cadavres. Les tranchées de Verdun, les camps de la mort, Hiroshima : autant de symboles d’une humanité qui a perdu son âme. « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas », écrit Paul Valéry. Mais qui sont ces « gens qui se connaissent » ? Les banquiers, les industriels, les politiciens. Ce sont eux, les véritables maîtres de la guerre, ceux qui envoient les autres mourir pour leurs profits.

Les États-Unis, ce jeune empire avide, entrent en scène. Ils débarquent en Europe en 1917 et en 1944, non par altruisme, mais par calcul. La guerre est une affaire, et ils comptent bien en tirer profit. Après 1945, ils deviennent les gendarmes du monde, imposant leur loi par la force. Le dollar remplace l’épée, mais le principe reste le même : dominer, exploiter, écraser.

6. La Guerre Froide : Le Spectacle de la Terreur (1947 – 1991)

La guerre froide est le triomphe du cynisme. Deux empires, les États-Unis et l’URSS, se font face, prêts à s’entretuer, mais sans jamais oser appuyer sur la détente. Pourquoi ? Parce que la guerre, désormais, est un business. On vend des armes, on finance des dictatures, on manipule des peuples entiers. « La paix est la continuation de la guerre par d’autres moyens », pourrait-on dire en paraphrasant Clausewitz.

Les États-Unis, sous couvert de « contenir le communisme », interviennent partout : Vietnam, Corée, Amérique latine, Moyen-Orient. Chaque fois, c’est le même scénario : on diabolise l’ennemi du moment, on envoie des soldats mourir pour des intérêts qui ne sont pas les leurs, et on laisse derrière soi des pays ravagés. L’Iran, justement, en sait quelque chose. En 1953, la CIA organise un coup d’État contre Mossadegh, ce Premier ministre démocratiquement élu qui avait osé nationaliser le pétrole. À la place, on installe le Shah, ce pantin sanguinaire qui va saigner le pays pendant vingt-cinq ans. La guerre, ici, est une affaire de famille : on la prépare, on la finance, on la déclenche, et on en tire les ficelles depuis Washington.

7. L’Empire du Chaos : Le Néolibéralisme et la Guerre Permanente (1991 – Aujourd’hui)

Avec la chute de l’URSS, les États-Unis deviennent l’unique superpuissance. Mais un empire sans ennemi est un empire en déclin. Alors, on invente de nouveaux prétextes : la « guerre contre le terrorisme », la « défense de la démocratie », la « protection des droits de l’homme ». Derrière ces mots creux se cache une réalité sordide : la guerre est devenue une industrie, une machine à générer des profits. Les complexes militaro-industriels, ces monstres froids, dictent la politique étrangère. On bombarde l’Irak, la Libye, la Syrie, non pour « libérer » qui que ce soit, mais pour contrôler les ressources, pour imposer le dollar, pour écraser toute velléité d’indépendance.

Et aujourd’hui, l’Iran. Ce pays, qui a osé dire non à l’hégémonie américaine, qui a osé développer son propre programme nucléaire, qui a osé soutenir des alliés comme la Syrie ou le Hezbollah, se retrouve acculé. Trump, ce bouffon milliardaire, ce représentant pathétique d’un système en décomposition, menace, sanctionne, humilie. Mais l’Iran résiste. Et c’est là que la guerre devient un outil de négociation. « Si vous ne voulez pas nous donner ce que nous voulons, nous vous ferons la guerre ». Voici le message, clair comme de l’eau de roche. La guerre n’est plus une fin en soi, mais un moyen de pression, une monnaie d’échange dans le grand casino de la géopolitique.

Anecdote : Saviez-vous que les États-Unis dépensent plus pour leur armée que les dix pays suivants réunis ? Et que cette armée est présente dans plus de 150 pays à travers le monde ? La « paix américaine » est une occupation permanente, une guerre sans fin.

Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination

Les mots sont des armes. Et l’Occident, ce maître ès manipulation, a su forger un langage qui justifie l’injustifiable. Prenons quelques exemples :

  • « Guerre préventive » : Traduction : « Nous allons vous attaquer parce que nous avons peur que vous nous attaquiez un jour, alors autant vous écraser avant. »
  • « Intervention humanitaire » : Traduction : « Nous allons bombarder votre pays pour vous « sauver », même si cela signifie tuer des milliers de civils. »
  • « État voyou » : Traduction : « Un pays qui refuse de se soumettre à notre hégémonie. »
  • « Communauté internationale » : Traduction : « Les États-Unis et leurs alliés, qui décident de ce qui est bien ou mal pour le reste du monde. »
  • « Accord équitable » : Traduction : « Un accord qui nous avantage, peu importe ce que vous en pensez. »

Ce langage est une prison. Il enferme la pensée dans des catégories binaires : nous contre eux, civilisés contre barbares, bons contre méchants. Et une fois que l’ennemi est diabolisé, tout devient permis. On peut le bombarder, le sanctionner, l’affamer, sans aucun remords. Car après tout, ce n’est pas un être humain, c’est un « terroriste », un « dictateur », un « fanatique ».

L’Iran, aujourd’hui, est victime de ce langage. On le présente comme un pays « dangereux », « agressif », « imprévisible ». Mais qui est vraiment dangereux ? L’Iran, qui n’a envahi aucun pays depuis deux siècles, ou les États-Unis, qui ont bombardé plus de 30 pays depuis 1945 ? Qui est vraiment agressif ? L’Iran, qui développe un programme nucléaire civil, ou Israël, qui possède 200 bombes atomiques et refuse de signer le traité de non-prolifération ? Qui est vraiment imprévisible ? L’Iran, dont la politique étrangère est cohérente depuis 40 ans, ou les États-Unis, qui changent d’alliés comme de chemise au gré de leurs intérêts ?

Le langage de la domination est un miroir déformant. Il inverse les rôles, il transforme les victimes en bourreaux, et les bourreaux en sauveurs. Et le pire, c’est que nous y croyons. Nous gobons ces mensonges comme des oies gavées, sans jamais nous demander qui tire les ficelles.

Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste

Face à cette machine de guerre, que faire ? Comment résister à l’empire du chaos ? La réponse est simple, mais elle exige du courage : il faut refuser de jouer le jeu. Il faut briser les chaînes du langage, déconstruire les mythes, et reconstruire une humanité fondée sur la solidarité et la paix.

1. Désobéir au Langage de la Haine

Le premier acte de résistance est de refuser le vocabulaire de l’ennemi. Ne parlez plus de « guerre contre le terrorisme », mais de « guerre pour le pétrole ». Ne parlez plus de « communauté internationale », mais de « l’Occident et ses vassaux ». Ne parlez plus de « droits de l’homme », mais de « droits des marchés ». Le langage est le premier champ de bataille. Si nous laissons l’ennemi définir les termes du débat, nous avons déjà perdu.

2. Boycotter l’Empire

Les États-Unis ne sont pas invincibles. Leur puissance repose sur le dollar, sur le pétrole, sur les armes. Mais ces piliers sont fragiles. Si les pays du monde refusent de commercer en dollars, si les peuples boycottent les produits américains, si les soldats refusent de mourir pour des intérêts qui ne sont pas les leurs, l’empire s’effondrera comme un château de cartes.

Anecdote : En 1973, l’OPEP a imposé un embargo pétrolier contre les États-Unis pour protester contre leur soutien à Israël. Résultat : le prix du pétrole a quadruplé, et l’économie américaine a vacillé. Imaginez ce qui se passerait si les pays du Sud unissaient leurs forces pour dire non à l’hégémonie occidentale.

3. Construire des Alternatives

La résistance ne se limite pas à dire non. Elle consiste aussi à construire des alternatives. L’Iran, malgré les sanctions, malgré les menaces, a su développer une économie résiliente, un programme nucléaire civil, une influence régionale. D’autres pays pourraient suivre cet exemple : créer des monnaies alternatives, développer des énergies renouvelables, renforcer les alliances Sud-Sud. Le monde multipolaire qui émerge est une menace pour l’empire, mais une lueur d’espoir pour l’humanité.

4. Refuser la Guerre

La guerre est un piège. Elle profite toujours aux mêmes : aux marchands d’armes, aux banquiers, aux politiciens. Les peuples, eux, n’en retirent que la souffrance et la mort. Refuser la guerre, ce n’est pas être naïf. C’est être lucide. C’est comprendre que la paix n’est pas l’absence de conflit, mais la présence de la justice.

L’Iran, aujourd’hui, est acculé. Mais il n’est pas seul. Des millions de personnes à travers le monde refusent la logique de la guerre. Des mouvements pacifistes, des intellectuels, des artistes, des simples citoyens élèvent la voix pour dire non à la folie impérialiste. C’est cette résistance, humble mais tenace, qui sauvera l’humanité.

Analogie finale :

LE CHANT DES DAMNÉS

Nous sommes les ombres des empires défunts,
Les spectres des guerres que plus personne ne compte,
Nous marchons dans les rues où le sang a séché,
Où les enfants jouent encore avec des bombes en plastique.

L’Occident, ce vieux boucher aux mains pleines d’or,
Nous vend ses mensonges comme on vend des prières,
« La liberté ! » hurle-t-il en écrasant les corps,
« La démocratie ! » tandis qu’il pille les frontières.

L’Iran, ce lion blessé aux griffes de velours,
Se dresse encore, malgré les chaînes et les bombes,
Il rugit vers le ciel, ce ciel toujours plus lourd,
Où les vautours tournent en attendant les tombes.

Trump, ce clown sinistre aux cheveux de paille,
Joue avec le feu comme un enfant gâté,
Il menace, il ricane, il compte ses médailles,
Mais la terre tremble sous son pas de géant.

Nous, les damnés, les fous, les rêveurs sans patrie,
Nous refusons la guerre, ce festin des puissants,
Nous voulons un monde où la vie soit jolie,
Où les enfants naissent sans porter le poids du sang.

Alors écoutez bien, vous les maîtres du monde,
Vous les rois du pétrole, les dieux de la finance,
Votre empire n’est qu’un château de cartes qui fond,
Et nous, nous serons là pour danser sur vos ruines.



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