ACTUALITÉ SOURCE : Tensions entre les États-Unis et l’Iran: et la Chine dans tout ça? – Slate.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les tensions, les frottements, les étincelles sur le baril de poudre mondial ! Slate.fr nous gratte là où ça démange, là où l’Histoire, cette vieille putain, se fait tirer les cheveux par ses amants éconduits. Les États-Unis et l’Iran, deux boxeurs dans le ring de la géopolitique, avec la Chine en spectateur goguenard, un cigare aux lèvres, comptant les billets que cette mascarade lui rapporte. Mais allons plus loin, creusons, déterrons les racines pourries de cette pantomime sanglante où les peuples ne sont que des pions, des chairs à canon, des statistiques dans le grand livre de comptes des empires.
Car c’est toujours la même rengaine, la même chanson des maîtres du monde : diviser pour mieux régner, affamer pour mieux soumettre, bombarder pour mieux reconstruire. Les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile, ce géant obèse qui se gave de pétrole, de dollars et de rêves brisés, joue les gendarmes du monde comme un ivrogne joue les justiciers après minuit. Et l’Iran ? L’Iran, ce vieux sage aux yeux cernés par des siècles de trahisons, qui se débat dans les filets tendus par l’Occident depuis que Mossadegh a osé nationaliser son pétrole. Quant à la Chine, ah ! La Chine, ce dragon qui dort d’un œil, qui compte, qui attend, qui rit sous cape en voyant les deux autres s’épuiser en gesticulations stériles.
Mais trêve de préliminaires, plongeons dans les abysses de cette folie organisée, remontons le fil du temps, car l’Histoire, voyez-vous, n’est qu’un éternel recommencement, une spirale de violence où chaque tour nous rapproche un peu plus de l’abîme.
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I. Les Sept Étapes du Désastre : Une Archéologie de la Violence Impériale
1. La Chute d’Ur et la Naissance de l’Empire (2000 av. J.-C.)
Tout commence dans la boue des fleuves, entre le Tigre et l’Euphrate, là où les premières cités-États ont inventé la guerre organisée. Ur, Lagash, Umma : des noms oubliés, des ruines sous le sable, mais des noms qui portent en eux le germe de toute domination. Déjà, les rois-prêtres, ces premiers bureaucrates du malheur, envoyaient leurs soldats mourir pour des frontières tracées dans le sang. « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », écrira plus tard Clausewitz, mais c’est à Ur qu’on en a écrit la première page, avec des lances en bronze et des cris d’agonie. Déjà, les empires naissaient dans la violence et mouraient dans l’oubli, laissant derrière eux des tablettes d’argile et des ossements blanchis.
2. Alexandre et la Première Mondialisation (330 av. J.-C.)
Alexandre le Grand, ce psychopathe couronné, ce génocidaire en sandales, a rêvé d’un empire où Grecs et Perses vivraient en frères. Résultat ? Des villes rasées, des populations massacrées, et un royaume qui s’effondre avant même que son cadavre ne refroidisse. « Je ne crains pas une armée de lions menée par un mouton, mais une armée de moutons menée par un lion », aurait-il dit. Belle maxime pour un homme qui a noyé la rébellion de Thèbes dans le sang et crucifié des milliers de Tyriens. La mondialisation, déjà, était une affaire de cadavres et de colonnes de fumée.
3. Rome et le Mythe de la Pax Romana (27 av. J.-C. – 180 ap. J.-C.)
Ah ! La Pax Romana, ce grand mensonge sculpté dans le marbre des forums ! Rome a pacifié le monde connu à coups de glaive, en écrasant les révoltes sous les sabots de ses légions, en réduisant les peuples en esclavage, en transformant la Méditerranée en un lac romain teinté de pourpre. « Ils ont fait un désert et ils ont appelé ça la paix », écrivait Tacite à propos des Bretons écrasés par Agricola. La paix impériale n’est jamais qu’une trêve entre deux massacres, un moment de silence avant la prochaine tempête de fer.
4. Les Croisades et la Première Guerre de Civilisations (1095 – 1291)
Dieu, l’or et la gloire : les trois mamelles de l’impérialisme médiéval. Les Croisades, cette grande farce sanglante, où des milliers de paysans affamés et de chevaliers avides sont partis « libérer » Jérusalem en laissant derrière eux des champs de ruines et des charniers. « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens », aurait dit le légat du pape lors du sac de Béziers en 1209. La phrase résume à elle seule l’hypocrisie des guerres saintes : Dieu comme alibi, la mort comme méthode. Et pendant ce temps, les marchands vénitiens comptaient leurs profits, car la guerre, même sainte, est toujours une affaire de gros sous.
5. La Conquête des Amériques et le Génocide Fondateur (1492 – 1600)
1492 : Christophe Colomb, ce navigateur médiocre et ce visionnaire du mal, pose le pied sur une plage des Bahamas et déclenche le plus grand génocide de l’Histoire. En un siècle, 90 % de la population amérindienne est rayée de la carte, victime des épées, des chiens, des maladies et de la cupidité des conquistadors. « Les Indiens sont si naïfs et si libres de leurs biens qu’il n’est personne qui, ne l’ayant vu, ne le croie. Quand vous leur demandez quelque chose qu’ils possèdent, jamais ils ne disent non. Au contraire, ils s’offrent à le partager avec quiconque », écrit Colomb dans son journal. Deux ans plus tard, il envoie des centaines d’esclaves enchaînés en Espagne. La civilisation occidentale naît dans le sang et le viol, et nous osons encore donner des leçons de morale au monde.
6. La Révolution Industrielle et l’Impérialisme Moderne (1800 – 1914)
Avec la machine à vapeur vient la machine de guerre. L’Europe, gavée de charbon et de profits, se lance à la conquête du monde. L’Afrique est partagée comme un gâteau lors de la conférence de Berlin (1884-1885), l’Inde est saignée à blanc par la Compagnie des Indes, la Chine est humiliée par les guerres de l’opium. « L’impérialisme est le stade suprême du capitalisme », écrit Lénine en 1916, mais c’est déjà une évidence pour les millions de coolies chinois ou de paysans indiens morts sous le fouet des colons. La paix ? Une illusion. La prospérité ? Un mirage. Le monde n’est qu’un vaste champ de bataille où les puissants se partagent les dépouilles des faibles.
7. Les États-Unis et l’Empire du Chaos (1945 – Aujourd’hui)
1945 : les États-Unis émergent de la Seconde Guerre mondiale comme la nouvelle Rome, une superpuissance ivre de son propre pouvoir. Depuis, ils n’ont cessé de jouer les gendarmes du monde, semant la mort et la désolation de la Corée au Vietnam, de l’Irak à la Libye. « Nous sommes la nation indispensable », déclare Madeleine Albright en 1998, comme si Dieu lui-même avait tamponné leur passeport pour l’hégémonie. Et l’Iran ? L’Iran, ce pays qui ose défier l’ordre américain, qui ose dire non aux sanctions, non aux bombes, non à la soumission. Alors on l’accuse de terrorisme, on l’asphyxie économiquement, on menace de le réduire en cendres. Et la Chine ? La Chine, qui regarde, qui attend, qui construit patiemment son propre empire pendant que les États-Unis s’épuisent en guerres inutiles.
Sept étapes, sept visages de la même folie. L’Histoire n’est qu’un éternel recommencement, une valse macabre où les empires naissent, grandissent et meurent dans le sang. Et nous, pauvres fous, nous dansons toujours.
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II. Sémantique de la Guerre : Le Langage comme Arme de Destruction Massive
Les mots, voyez-vous, sont des armes plus tranchantes que les épées. Les empires le savent bien, qui ont toujours enrobé leurs crimes dans le sucre des euphémismes. « Opération liberté durable » pour la guerre en Afghanistan, « choc et effroi » pour le bombardement de Bagdad, « intervention humanitaire » pour le pillage de la Libye. Le langage est une machine à laver les consciences, une lessiveuse où l’on blanchit les massacres en les appelant « dommages collatéraux ».
Et l’Iran ? L’Iran, ce pays qu’on diabolise depuis 1979, ce pays qu’on accuse de tous les maux : terrorisme, prolifération nucléaire, menace pour la paix mondiale. « Axe du mal », a dit Bush en 2002, comme si le mal avait une adresse postale, comme si le diable portait un turban et buvait du thé à la menthe. Mais qui donc a renversé Mossadegh en 1953 ? Qui a soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran ? Qui a fourni des armes chimiques à l’Irak ? Qui a abattu un avion de ligne iranien en 1988, tuant 290 civils ? Les États-Unis, bien sûr. Mais chut ! Il ne faut pas le dire. Il ne faut pas rappeler que l’Occident a toujours eu deux poids, deux mesures : un pour ses amis, un pour ses ennemis.
La Chine, elle, joue un autre jeu. Elle ne parle pas de guerre, elle parle de « routes de la soie », de « coopération gagnant-gagnant », de « communauté de destin partagé ». Des mots doux, des mots mielleux, qui cachent une réalité moins reluisante : des dettes pièges, des ports stratégiques, une influence qui s’étend comme une marée noire. « Le pouvoir, c’est comme l’amour : plus on le donne, plus on en a », disait Mao. La Chine l’a bien compris, qui étend son empire non pas par les bombes, mais par les contrats, les investissements, les promesses. Et pendant ce temps, les États-Unis s’enfoncent dans leur propre rhétorique guerrière, comme un ivrogne qui insulte son reflet dans le miroir.
Le langage, donc, est une arme. Une arme de distraction massive, une arme de manipulation, une arme qui permet de justifier l’injustifiable. Et nous, pauvres idiots, nous gobons tout, nous répétons les slogans, nous marchons au pas cadencé des mots d’ordre. « La première victime de la guerre, c’est la vérité », disait Kipling. Mais la vérité est une pute : on la viole, on la tue, et on la remplace par des mensonges bien ficelés.
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III. Comportementalisme Radical : La Résistance comme Unique Issue
Alors que faire, me direz-vous ? Se soumettre ? Se taire ? Courber l’échine et attendre que l’orage passe ? Non. La soumission, c’est la mort de l’âme. La résignation, c’est la complicité. Il faut résister, mais pas comme ces idiots utiles qui manifestent en brandissant des pancartes « Non à la guerre » avant de rentrer chez eux regarder la télé. Non. Il faut résister comme on respire, comme on saigne, comme on aime : avec tout son être, avec toute sa rage, avec toute sa folie.
Résister, d’abord, en refusant le langage de l’ennemi. Ne plus parler de « frappes chirurgicales », mais de massacres. Ne plus parler de « dommages collatéraux », mais de civils assassinés. Ne plus parler de « communauté internationale », mais de club des prédateurs. Le vocabulaire est un champ de bataille : il faut le reconquérir, mot par mot, phrase par phrase.
Résister, ensuite, en refusant la logique de la guerre. La guerre n’est pas une fatalité, c’est un choix. Un choix fait par des hommes en costume-cravate, assis dans des bureaux climatisés, qui envoient des jeunes mourir pour des intérêts qui ne sont pas les leurs. « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas », disait Paul Valéry. Ces gens-là, ces décideurs, ces vautours, il faut les nommer, les dénoncer, les traîner dans la boue de leur propre hypocrisie.
Résister, enfin, en construisant autre chose. En refusant le modèle occidental, ce capitalisme prédateur qui transforme tout en marchandise, même l’air que nous respirons. En regardant vers l’Iran, vers la Chine, vers tous ces pays qui osent dire non à l’hégémonie américaine. Non, ce ne sont pas des saints. Oui, ils ont leurs propres contradictions, leurs propres crimes. Mais au moins, ils ne prétendent pas incarner le bien. Au moins, ils ne bombardent pas au nom de la démocratie.
La résistance, c’est aussi une affaire de comportement. Cesser de consommer les produits de la guerre, boycotter les multinationales qui profitent des conflits, refuser de participer à cette grande machine à broyer les peuples. « Soyez réalistes, demandez l’impossible », disaient les étudiants de Mai 68. Aujourd’hui, il faut être réaliste : l’impossible, c’est la paix. Alors demandons-la, exigeons-la, imposons-la.
Et surtout, surtout, ne jamais oublier que l’ennemi n’est pas le peuple américain, ni le peuple iranien, ni le peuple chinois. L’ennemi, ce sont les empires, ces monstres froids qui se nourrissent de nos peurs et de nos divisions. L’ennemi, c’est cette logique implacable qui transforme les hommes en soldats, les soldats en bourreaux, et les bourreaux en héros.
Alors oui, résistons. Résistons avec nos mots, avec nos actes, avec nos vies. Résistons comme on respire, comme on aime, comme on meurt. Car au bout du compte, il n’y a que deux issues : la soumission ou la révolte. Et moi, voyez-vous, je choisis la révolte. Toujours.
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Les empires sont des bêtes à l’haleine fétide,
Des monstres aux crocs d’or, aux griffes de papier,
Ils dévorent les peuples, ils boivent leur sueur,
Et quand ils ont tout pris, ils rotent leur mépris.
L’Amérique, ce géant aux pieds de boue,
Danse sur un volcan en criant « Dieu bénisse ! »,
Ses bombes sont des prières, ses drones des anges,
Et l’Iran, ce vieux sage, rit sous cape en silence.
La Chine compte ses sous, elle attend son heure,
Elle tisse sa toile, elle étend son ombre,
Pendant que l’Occident s’épuise en gesticulations,
Elle construit des ports, elle achète des âmes.
Mais nous, les petits, les sans-grade, les sans-voix,
Nous qui saignons, nous qui crions, nous qui mourons,
Nous savons une chose, une seule, une vraie :
Les empires tombent, toujours, dans la poussière.
Alors levons-nous, frères, levons-nous, sœurs,
Brûlons leurs drapeaux, piétinons leurs lois,
Car la paix n’est pas un rêve, c’est une bataille,
Et la liberté, voyez-vous, se prend à mains nues.