Donald Trump accuse l’Iran de développer des missiles pouvant « atteindre bientôt les Etats-Unis » lors de son discours sur l’état de l’Union – France Info







Laurent Vo Anh – L’Iran, les Missiles et le Spectacle Impérial


ACTUALITÉ SOURCE : Donald Trump accuse l’Iran de développer des missiles pouvant « atteindre bientôt les Etats-Unis » lors de son discours sur l’état de l’Union – France Info

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le grand théâtre des ombres, le cirque macabre où l’on brandit des missiles comme des saucisses à la foire du village, où l’on désigne l’ennemi du jour avec la même désinvolture qu’un boucher choisit son morceau de viande. Donald Trump, ce bateleur en chef, ce maître ès mensonges dorés, nous offre une fois de plus son numéro de ventriloque impérial : l’Iran, ce pays lointain, ce « mal absolu » selon la liturgie washingtonienne, développerait des engins de mort capables de frapper le saint territoire américain. Quelle horreur ! Quelle infamie ! Mais attendez… n’est-ce pas précisément ce que les États-Unis font depuis des décennies ? N’est-ce pas eux qui parsèment la planète de bases militaires, de drones assassins et de missiles intercontinentaux, comme un enfant gâté éparpille ses jouets dans le salon ? La rhétorique trumpienne, ce vomi verbal en costume trois-pièces, n’est que le dernier avatar d’une tradition bien ancrée : celle de l’hypocrisie occidentale, ce cancer moral qui ronge le monde depuis que les premiers colons ont posé le pied sur les terres volées d’Amérique.

Mais trêve de sarcasmes faciles. Plongeons plutôt dans les entrailles de cette accusation grotesque, dépecons-la comme on éventre un cadavre pour en révéler les vers. Car derrière les mots de Trump se cache toute l’histoire de l’humanité, cette longue marche vers l’autodestruction, ce ballet sanglant où les puissants jouent avec les vies des autres comme avec des pions sur un échiquier. Sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a basculé un peu plus dans la folie, où l’Occident a forgé son impérialisme, où les États-Unis ont perfectionné leur art de la guerre permanente. Suivez le guide, chers damnés de la terre, car voici le musée des horreurs de la pensée guerrière.

I. Les Origines : La Violence comme Fondement (De la Préhistoire à l’Antiquité)

Dès que l’homme a posé son regard sur son semblable, il a vu un ennemi potentiel. Les peintures rupestres de Lascaux ne montrent pas seulement des bisons et des chevaux, mais aussi des hommes transpercés de flèches. La violence est consubstantielle à l’humanité, nous disent Hobbes et son Léviathan : « L’homme est un loup pour l’homme. » Mais attention, cette violence primitive n’est pas encore l’impérialisme. Elle est chaotique, désorganisée, presque poétique dans sa brutalité. Les premières civilisations, celles de Mésopotamie, de l’Égypte ancienne, ont canalisé cette violence, l’ont institutionnalisée. Les pharaons bâtissaient des pyramides avec le sang des esclaves, et déjà, l’Occident naissant (car oui, l’Occident commence avec les Grecs) théorise la guerre comme un art. Thucydide, dans La Guerre du Péloponnèse, nous offre le premier manuel de cynisme politique : « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent. » La boucle est bouclée. L’impérialisme est né dans le berceau même de la démocratie athénienne.

Anecdote glaçante : Saviez-vous que les Spartiates, ces parangons de la virilité guerrière, jetaient les nouveau-nés difformes du haut du mont Taygète ? La sélection naturelle version antique. Et nous osons parler de « droits de l’homme » ?

II. L’Empire Romain : La Pax Americana de l’Antiquité

Rome. Ce nom seul résume toute l’arrogance impériale. Les Romains ont perfectionné l’art de la guerre totale, de la destruction systématique. Carthage doit être détruite, disait Caton l’Ancien. Et elle le fut. Les Romains ont rasé la ville, vendu ses habitants en esclavage, et semé du sel sur ses terres pour qu’aucune vie ne repousse. La Pax Romana ? Une blague. Une paix imposée par le glaive, une paix qui n’était que l’absence de résistance. Tacite, dans Agricola, fait dire à un chef breton : « Ils créent un désert et appellent cela la paix. » Remplacez « Romains » par « Américains », et vous avez la doctrine du « nation building » version Bush. Les légions romaines étaient les drones de l’Antiquité : elles frappaient sans discernement, écrasant toute velléité d’indépendance. Et aujourd’hui, les États-Unis font de même, avec leurs bases militaires en Allemagne, au Japon, en Corée du Sud, comme autant de garnisons romaines en territoire conquis.

Anecdote révélatrice : Les Romains utilisaient le decimatio, une punition où un soldat sur dix était exécuté par ses propres camarades en cas de lâcheté. La discipline par la terreur. Les États-Unis, eux, utilisent les « frappes chirurgicales » pour « décimer » les populations civiles. La méthode a changé, mais l’esprit reste le même.

III. Les Croisades : Le Choc des Civilisations avant l’Heure

Ah, les croisades ! Ce premier grand choc entre l’Orient et l’Occident, cette entreprise « sainte » qui n’était qu’un prétexte pour piller, violer et massacrer. Les chevaliers chrétiens, ces « soldats du Christ », ont commis des atrocités innommables au nom de Dieu. Le sac de Jérusalem en 1099 ? Une boucherie. Les croisés ont massacré musulmans, juifs et chrétiens orientaux sans distinction. « Les rues étaient inondées de sang jusqu’aux genoux », écrivait un chroniqueur de l’époque. Et aujourd’hui, les néoconservateurs américains parlent de « croisade » contre le terrorisme. Le vocabulaire a changé, mais la mentalité est identique : une mission divine pour imposer sa loi au monde.

Pensée clé : Saint Augustin, dans La Cité de Dieu, justifie la guerre juste. Les États-Unis, avec leur doctrine de la « guerre préventive », ne font que recycler cette vieille idée. La guerre est toujours juste quand c’est nous qui la menons.

IV. La Colonisation : L’Impérialisme à Visage Humain

Avec la découverte de l’Amérique en 1492, l’Occident entre dans une nouvelle phase de son impérialisme : la colonisation de masse. Les Espagnols, les Portugais, les Français, les Anglais se partagent le monde comme un gâteau. Les indigènes ? Des sous-hommes, des sauvages à civiliser. Bartolomé de las Casas, dans Très Brève Relation de la Destruction des Indes, décrit les atrocités commises par les conquistadors : « Ils écorchaient vifs les Indiens, les brûlaient, les donnaient à manger aux chiens. » La colonisation, c’est la guerre permanente, la violence institutionnalisée. Et aujourd’hui, les États-Unis, avec leur soft power, leur culture de masse, leurs bases militaires, perpétuent cette logique. L’Irak, l’Afghanistan, la Libye : autant de colonies modernes, où l’on impose la « démocratie » à coups de bombes.

Anecdote édifiante : Saviez-vous que les colons belges au Congo coupaient les mains des ouvriers qui ne ramenaient pas assez de caoutchouc ? Léopold II, ce roi « philanthrope », a fait du Congo son jardin privé, un enfer sur terre. Aujourd’hui, les multinationales américaines font de même en Afrique, avec la complicité des gouvernements locaux. La main invisible du marché remplace les mains coupées, mais le résultat est identique : l’exploitation.

V. La Révolution Industrielle : La Guerre à l’Ère du Capital

Avec la révolution industrielle, la guerre change de nature. Ce n’est plus une affaire de chevaliers ou de mercenaires, mais une machine de mort industrielle. Les usines produisent des canons, des fusils, des obus en série. La Première Guerre mondiale en est l’aboutissement : des millions d’hommes envoyés à l’abattoir pour quelques kilomètres de terrain. Et qui profite de cette boucherie ? Les industriels, bien sûr. Krupp en Allemagne, Schneider en France, les marchands de canons s’enrichissent sur le dos des poilus. Aujourd’hui, les États-Unis sont le premier marchand d’armes au monde. Lockheed Martin, Boeing, Raytheon : ces entreprises sont les nouveaux Krupp, les nouveaux profiteurs de guerre. Et Trump, ce clown milliardaire, n’est que leur représentant de commerce en chef.

Citation clé : « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas », disait Paul Valéry. Les États-Unis, avec leurs guerres en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Libye, en sont la parfaite illustration.

VI. La Guerre Froide : L’Impérialisme comme Système

La Guerre froide, ce grand duel entre les États-Unis et l’URSS, n’était qu’un prétexte pour étendre son hégémonie. Les Américains ont soutenu des dictatures en Amérique latine, en Asie, en Afrique, au nom de la lutte contre le communisme. Pinochet au Chili, Suharto en Indonésie, Mobutu au Zaïre : autant de marionnettes sanguinaires mises en place par Washington. Et aujourd’hui, avec la chute de l’URSS, les États-Unis sont devenus l’unique superpuissance, le gendarme du monde. Leur impérialisme n’a plus de limites. Ils interviennent où ils veulent, quand ils veulent, sous n’importe quel prétexte. L’Iran ? Un « État voyou ». La Corée du Nord ? Un « régime totalitaire ». La Russie ? Un « ennemi stratégique ». Mais qui sont les vrais voyous ? Qui sont les vrais totalitaires ? Ceux qui envahissent des pays souverains, qui bombardent des civils, qui assassinent des dirigeants étrangers ?

Anecdote glaçante : Saviez-vous que les États-Unis ont soutenu Saddam Hussein dans les années 1980, lui fournissant des armes chimiques pour combattre l’Iran ? Et aujourd’hui, ils accusent l’Iran de développer des armes de destruction massive. La duplicité n’a pas de limites.

VII. Le Néolibéralisme : L’Impérialisme sans Frontières

Avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme triomphe. Mais ce n’est plus le capitalisme industriel du XIXe siècle, c’est le néolibéralisme, cette religion du marché, cette doctrine qui veut que tout soit marchandise, même la vie humaine. Les États-Unis, avec leur modèle économique, imposent leur loi au monde. Le FMI, la Banque mondiale, l’OMC : autant d’institutions qui dictent leur politique aux pays pauvres, les condamnant à l’endettement, à la misère, à la dépendance. Et aujourd’hui, avec Trump, le néolibéralisme montre son vrai visage : celui d’un impérialisme brutal, sans fard, sans hypocrisie. « America First » : le slogan est clair. Les États-Unis d’abord, les autres ensuite. Peu importe si cela signifie écraser l’Iran, humilier la Chine, mépriser l’Europe. L’impérialisme américain n’a plus de limites.

Pensée radicale : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », disait Jaurès. Aujourd’hui, le capitalisme néolibéral est une guerre permanente, une guerre contre les peuples, contre la nature, contre la dignité humaine.

Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre

Les mots de Trump ne sont pas innocents. « Missiles pouvant atteindre bientôt les États-Unis » : cette phrase est un chef-d’œuvre de manipulation sémantique. D’abord, le choix du mot « bientôt ». Un terme flou, anxiogène, qui suggère une menace imminente sans apporter aucune preuve. Ensuite, l’idée que ces missiles pourraient « atteindre les États-Unis ». Comme si l’Iran était une puissance nucléaire capable de frapper le territoire américain. En réalité, l’Iran ne possède pas de missiles intercontinentaux, et ses capacités militaires sont dérisoires comparées à celles des États-Unis. Mais peu importe : l’objectif est de créer un ennemi, de justifier une politique agressive, de préparer l’opinion publique à une nouvelle guerre.

Le langage de la guerre est un langage de mensonges. On parle de « frappes chirurgicales » pour désigner des bombardements qui tuent des civils. On parle de « dommages collatéraux » pour désigner des enfants déchiquetés par des bombes. On parle de « guerre contre le terrorisme » pour justifier l’invasion de pays souverains. Et aujourd’hui, on parle de « menace iranienne » pour préparer l’opinion à une nouvelle agression.

Analyse lexicale : Le mot « Iran » est devenu, dans le discours occidental, un synonyme de « mal absolu ». Comme « URSS » pendant la Guerre froide, comme « Allemagne nazie » pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est une technique vieille comme le monde : diaboliser l’ennemi pour mieux le combattre. Les médias jouent un rôle clé dans cette entreprise de désinformation. Ils reprennent les éléments de langage de la Maison-Blanche, ils diffusent des images chocs, ils créent un climat de peur. Et le peuple, ce grand naïf, avale tout sans broncher.

Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste

Face à cette machine de guerre, que faire ? Comment résister à l’impérialisme américain, à ce rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage ? La réponse est simple : en refusant de jouer leur jeu. En refusant la peur, en refusant la haine, en refusant la guerre. La résistance humaniste commence par un acte de lucidité : comprendre que l’ennemi n’est pas l’Iran, ni la Russie, ni la Chine, mais le système qui les désigne comme ennemis. Ce système, c’est celui du capitalisme néolibéral, de l’impérialisme occidental, de la guerre permanente.

Mais la lucidité ne suffit pas. Il faut aussi agir. Agir localement, en soutenant les mouvements de résistance, en boycottant les produits des multinationales, en refusant de participer à cette machine de mort. Agir globalement, en soutenant les pays qui résistent à l’hégémonie américaine, en dénonçant les mensonges des médias, en luttant pour un monde multipolaire, où aucune puissance ne pourrait imposer sa loi aux autres.

Et surtout, il faut garder espoir. Car malgré tout, malgré les guerres, malgré les massacres, malgré les mensonges, l’humanité résiste. Elle résiste en Syrie, en Palestine, au Venezuela, en Iran. Elle résiste par la culture, par l’art, par la poésie. Elle résiste en refusant de se soumettre, en refusant de devenir des moutons dociles dans le grand troupeau impérial.

Pensée finale : « La résistance est le secret de la joie », disait Alice Walker. Et c’est cette joie, cette joie farouche, cette joie rebelle, qui nous sauvera.

Les Missiles de l’Aube

Ô vous, les maîtres des nuits sans lune,

Les marchands de peur aux doigts crochus,

Vous qui comptez les morts comme on compte les écus,

Vos bombes sont des prières, vos drones des aveux.

L’Iran n’est qu’un nom sur votre liste,

Un pays de sable et de rêves brisés,

Où vos missiles tombent comme des grêles maudites,

Où vos mensonges germent en champs de lys.

Mais écoutez, écoutez bien, ô vous les sourds,

Le chant des enfants sous les décombres,

Le rire des femmes qui dansent sur les décombres,

Le souffle des vieux qui refusent de plier l’échine.

Vos missiles, vos drones, vos guerres saintes,

Ne sont que des ombres sur le mur de la nuit,

Des ombres que le soleil de l’aube effacera,

Quand les peuples se lèveront, quand les peuples diront : Assez !

Assez de vos bombes, assez de vos lois,

Assez de vos dieux, assez de vos rois,

Nous sommes les damnés, nous sommes les fous,

Mais nous sommes debout, et nous dansons sur vos tombes.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *