ACTUALITÉ SOURCE : Trump a massé à proximité de l’Iran le plus grand nombre d’avions de guerre depuis 2003 – Le Grand Continent
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des ombres mécaniques, le cirque des aigles métalliques qui tournent en rond au-dessus des déserts de l’Orient comme des vautours affamés de pétrole et de chair humaine. Trump, ce clown milliardaire aux cheveux de paille radioactive, a décidé de jouer à la guerre comme un enfant gâté joue avec ses soldats de plomb, sauf que ses soldats ont des ailes d’acier et des griffes chargées de mort. Depuis 2003, disent les journaux, on n’avait pas vu une telle concentration de machines à tuer survoler les sables de l’Iran. 2003 ! L’année où l’Empire américain, ivre de sa propre puissance, avait décidé de réduire l’Irak en poussière sous prétexte de « démocratie » et de « armes de destruction massive ». Comme si la démocratie pouvait pousser sur les cadavres, comme si les bombes étaient des engrais pour la liberté. Quelle farce ! Quelle tragédie !
Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas Trump qui est le problème. Trump n’est qu’un symptôme, un abcès purulent sur le visage décati de l’impérialisme occidental. Il est le produit monstrueux d’un système qui a fait de la guerre son industrie la plus florissante, de la mort son commerce le plus lucratif. Derrière lui, il y a des siècles de pillage, de colonisation, de mensonges drapés dans les oripeaux de la « civilisation ». Derrière lui, il y a les banquiers de Wall Street, les marchands d’armes, les think tanks néoconservateurs qui rêvent d’un monde unifié sous la bannière étoilée, où chaque nation serait un État-client, chaque peuple un consommateur docile. Derrière lui, il y a cette vieille folie de l’Occident, cette croyance délirante en sa propre supériorité, en son droit divin de dicter au monde entier comment vivre, aimer, mourir.
Alors, plongeons dans les abysses de cette histoire, suivons le fil rouge du sang versé par les empires, et voyons comment nous en sommes arrivés là, à ce moment où des centaines d’avions de guerre, tels des anges de la mort, attendent l’ordre de frapper l’Iran. Car l’histoire n’est pas un long fleuve tranquille : c’est une succession de crimes, de trahisons, de révoltes étouffées dans l’œuf, et toujours, toujours, cette même soif de domination qui anime les puissants.
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Les Sept Étapes du Délire Impérial : De la Caverne à la Drone
1. L’Aube de la Violence Structurée : La Naissance des Hiérarchies (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Tout commence dans la boue. Dans ces villages néolithiques où, pour la première fois, l’homme se sédentarise, domestique les plantes, les animaux, et surtout, domestique ses semblables. C’est là, dans ces premières sociétés agricoles, que naissent les premières élites, les premiers prêtres-rois qui justifient leur pouvoir par des récits divins. « Les dieux nous ont choisis », disent-ils. Et déjà, le langage devient une arme. Déjà, la violence se pare des atours de la légitimité. Comme l’écrivait Marshall Sahlins, « la première forme de richesse est le pouvoir sur les autres ». Les premières guerres ne sont pas des conflits entre nations, mais des raids pour capturer des esclaves, des femmes, des ressources. La propriété privée naît dans le sang, et avec elle, la première forme d’impérialisme : celui de l’homme sur l’homme, du fort sur le faible.
Anecdote cruelle : À Çatalhöyük, l’un des premiers sites néolithiques, les archéologues ont retrouvé des crânes surmodelés, des ossements portant des traces de violence. Déjà, l’homme enterre ses morts avec des offrandes, déjà, il sacrifie ses semblables pour apaiser des dieux imaginaires. Déjà, la mort est un spectacle.
2. L’Empire comme Machine à Exploiter : La Mésopotamie et l’Invention de l’État (3000 – 500 av. J.-C.)
Avec les premières cités-États de Mésopotamie, l’impérialisme prend une forme organisée. Sargon d’Akkad, ce premier « empereur » de l’histoire, unifie les cités sumériennes sous son joug et invente l’idée même de conquête. « J’ai conquis les quatre coins du monde », écrit-il dans ses inscriptions. Mais qu’est-ce qu’un empire, sinon une machine à extraire des ressources, à pressurer les peuples, à transformer les hommes en rouages d’un système qui les dépasse ? Les tablettes cunéiformes regorgent de comptes de grains, de listes d’esclaves, de décrets imposant des tributs. Comme le note Karl Marx, « l’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de la lutte des classes ». Et déjà, en Mésopotamie, les classes se forment : les prêtres, les guerriers, les scribes d’un côté ; les paysans, les artisans, les esclaves de l’autre.
Anecdote édifiante : Le Code de Hammurabi, ce premier « code de lois » gravé dans la pierre, est souvent présenté comme un progrès. Mais lisez-le de près : « Œil pour œil, dent pour dent ». La justice n’est qu’un équilibre de la terreur, une façon de maintenir l’ordre par la peur. Et déjà, les lois protègent les propriétaires, punissent les voleurs. Déjà, la propriété est sacrée, et la révolte, un crime.
3. La Grèce et l’Invention de la « Civilisation » (500 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.)
Ah, la Grèce ! Berceau de la démocratie, dit-on. Berceau de l’esclavage, devrais-je dire. Athènes, cette cité qui a donné naissance à Socrate, Platon, Aristote, était aussi une société où un tiers de la population était composé d’esclaves. Où les femmes étaient confinées au gynécée, où les « barbares » étaient considérés comme des sous-hommes. Comme l’écrivait Herodote, « la liberté est le plus grand des biens, mais elle n’est pas pour tous ». La démocratie athénienne était un club fermé, réservé aux citoyens mâles et libres. Les autres ? Des outils, des bêtes de somme.
Et que dire d’Alexandre le Grand, ce « génie » militaire qui a conquis un empire s’étendant de la Grèce à l’Inde ? Un empire bâti sur le sang, maintenu par la terreur. À Thèbes, il fait raser la ville et vendre ses habitants comme esclaves pour punir une révolte. À Persépolis, il brûle le palais de Xerxès dans un accès de beuverie. Comme le note Edward Said, « l’orientalisme commence avec Alexandre » : l’idée que l’Orient est un espace à conquérir, à civiliser, à exploiter.
Anecdote révélatrice : Les Grecs appelaient les Perses « barbares », mais c’est la Perse qui, sous Cyrus le Grand, a inventé la première déclaration des droits de l’homme, le Cylindre de Cyrus, qui abolissait l’esclavage et garantissait la liberté religieuse. Ironie de l’histoire : ceux qui se disaient « civilisés » étaient souvent les plus barbares.
4. Rome ou l’Art de la Guerre Permanente (500 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)
Rome. L’empire qui a perfectionné l’art de la guerre, de la propagande, de l’assimilation forcée. « La paix romaine » (Pax Romana), disaient-ils. Une paix achetée au prix du sang, maintenue par les légions, les crucifixions, les jeux du cirque où des milliers d’esclaves et de prisonniers mouraient pour le divertissement de la plèbe. Comme l’écrivait Tacite, « ils créent un désert et appellent cela la paix ».
Rome a inventé le colonialisme moderne : des provinces pillées, des peuples réduits en esclavage, des cultures écrasées sous le talon de la botte romaine. Et toujours, cette même rhétorique : « Nous apportons la civilisation ». Comme si la civilisation était une marchandise, un produit d’exportation. Comme si les Gaulois, les Bretons, les Numides n’avaient pas leurs propres cultures, leurs propres systèmes de valeurs, avant que Rome ne les écrase.
Anecdote glaçante : Après la révolte de Spartacus, 6 000 esclaves crucifiés le long de la Via Appia, sur des dizaines de kilomètres. Un message clair : « Voilà ce qui arrive à ceux qui osent se rebeller ». La terreur comme outil de gouvernement. Rien de nouveau sous le soleil.
5. Le Moyen Âge et la Guerre Sainte : L’Impérialisme au Nom de Dieu (500 – 1500)
Avec la chute de Rome, l’impérialisme ne disparaît pas : il se drape dans les habits de la religion. Les croisades, ces expéditions « saintes » où des milliers de paysans, de chevaliers, de mercenaires partent conquérir Jérusalem au nom du Christ. Mais derrière la rhétorique religieuse, il y a la soif de richesses, de terres, de pouvoir. Comme le note Steven Runciman, « les croisades furent un long acte de violence commis au nom de Dieu ».
Et que dire de l’Inquisition, cette machine à broyer les hérétiques, les juifs, les musulmans ? « Convertissez-vous ou mourez », disaient les inquisiteurs. La foi comme prétexte à la persécution. La religion comme outil de contrôle social. Comme l’écrivait Voltaire, « ceux qui peuvent vous faire croire en des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités ».
Anecdote terrible : Pendant le siège de Béziers, en 1209, les croisés massacrent la population entière, y compris les catholiques. Quand on demande à l’abbé Arnaud Amaury comment distinguer les hérétiques des fidèles, il répond : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». La barbarie au nom de Dieu. Rien de nouveau sous le soleil.
6. La Renaissance et la Naissance du Capitalisme : L’Impérialisme comme Système Économique (1500 – 1900)
Avec la découverte des Amériques, l’impérialisme change de visage. Ce n’est plus seulement une question de conquête territoriale : c’est une question d’exploitation économique. Les Espagnols, les Portugais, les Anglais, les Français se lancent dans une course effrénée pour piller les richesses du Nouveau Monde. Comme l’écrivait Bartolomé de las Casas, « les Espagnols sont entrés dans ces terres comme des loups, des tigres et des lions affamés depuis des siècles ».
Et que dire de la traite négrière, ce crime contre l’humanité qui a déporté des millions d’Africains vers les Amériques, réduits en esclavage pour enrichir l’Europe ? Comme le note Eric Williams, « le capitalisme et l’esclavage sont nés ensemble, et ensemble, ils ont grandi ». L’impérialisme n’est plus seulement une affaire de territoires : c’est une affaire de profits, de marchés, de main-d’œuvre gratuite.
Anecdote accablante : Le « Code Noir » de Louis XIV, ce texte qui réglementait l’esclavage dans les colonies françaises, stipulait que les esclaves étaient des « meubles », des biens meubles, au même titre qu’une chaise ou une table. La déshumanisation comme fondement du système capitaliste.
7. Le Siècle Américain : L’Impérialisme comme Destin Manifeste (1900 – Aujourd’hui)
Et nous voici enfin au XXe siècle, l’ère de l’impérialisme américain, ce monstre froid qui a remplacé les vieux empires européens. « Le destin manifeste », disaient-ils, cette idée que les États-Unis avaient pour mission divine de répandre la démocratie, la liberté, le capitalisme à travers le monde. Comme si la démocratie pouvait s’exporter à coups de bombes, comme si la liberté pouvait pousser sur les décombres.
De la guerre du Vietnam à l’Irak, en passant par le Chili, le Guatemala, l’Iran (déjà !), les États-Unis ont soutenu des dictatures, renversé des gouvernements démocratiquement élus, bombardé des civils, torturé des prisonniers, au nom de la « lutte contre le communisme », puis de la « guerre contre le terrorisme ». Comme l’écrivait Noam Chomsky, « les États-Unis sont le plus grand État terroriste du monde ».
Et aujourd’hui, en 2024, Trump masse des avions de guerre près de l’Iran. Pourquoi ? Parce que l’Iran ose résister à l’hégémonie américaine. Parce que l’Iran a le tort de vouloir contrôler ses propres ressources, de refuser de se soumettre aux diktats de Washington. Parce que l’Iran, comme l’Irak, comme la Libye, comme la Syrie, est un obstacle sur la route de l’Empire.
Anecdote contemporaine : En 2003, Colin Powell brandissait une fiole de « poudre blanche » à l’ONU pour justifier l’invasion de l’Irak. « Des armes de destruction massive », disait-il. On sait aujourd’hui que c’était un mensonge, une manipulation grossière. Mais les bombes sont tombées, des centaines de milliers de civils sont morts, et personne n’a été tenu pour responsable. La machine de guerre américaine ne s’embarrasse pas de vérité : elle avance, écrase, et passe à autre chose.
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Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Guerre
Observez le langage utilisé pour justifier ces guerres, ces interventions, ces massacres. C’est toujours le même : des mots creux, des concepts flous, des euphémismes qui masquent la réalité de la violence.
- « Démocratie » : Mot magique qui justifie toutes les interventions. Comme si la démocratie était un produit d’exportation, comme si on pouvait l’imposer par la force. Comme si les Irakiens, les Afghans, les Libyens n’avaient pas le droit de choisir leur propre système politique, même s’il ne plaît pas à Washington.
- « Liberté » : Autre mot fétiche. La liberté pour qui ? Pour les multinationales qui pillent les ressources des pays occupés ? Pour les banquiers de Wall Street qui spéculent sur les dettes des nations ? La liberté des uns est souvent l’oppression des autres.
- « Guerre contre le terrorisme » : Une guerre sans fin, sans frontières, sans règles. Une guerre qui justifie la torture, les assassinats ciblés, les bombardements de civils. Une guerre qui, comme le disait George Orwell, « n’est pas faite pour être gagnée, mais pour être perpétuelle ».
- « Intervention humanitaire » : L’oxymore ultime. Bombarder un pays pour « sauver » sa population. Comme en Libye, où l’intervention de l’OTAN a plongé le pays dans le chaos, où des milices rivales se disputent le pouvoir, où des migrants sont vendus comme esclaves sur des marchés à ciel ouvert. L’humanitaire comme alibi de l’impérialisme.
- « Rogue state » (État voyou) : Une étiquette collée sur les pays qui refusent de se soumettre à l’ordre américain. L’Iran, la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela : tous des « États voyous » parce qu’ils osent défier Washington. Mais qui sont les vrais voyous ? Ceux qui envahissent des pays, qui soutiennent des dictatures, qui bombardent des civils ?
Le langage est une arme. Et l’Occident, maître dans l’art de la propagande, sait l’utiliser pour justifier l’injustifiable. Comme l’écrivait Roland Barthes, « le langage est fasciste » : il impose des catégories, des hiérarchies, des vérités toutes faites. Il transforme la guerre en « mission civilisatrice », le pillage en « libre-échange », l’oppression en « stabilité ».
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Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Briser la Machine
Face à cette machine de guerre, face à cet impérialisme qui ne dit pas son nom, que faire ? Se soumettre ? Accepter l’ordre du monde tel qu’il est, avec ses inégalités, ses injustices, ses bombes ? Non. La résistance est possible. Elle est même nécessaire.
D’abord, il faut dénoncer les mensonges. Refuser les récits officiels, les médias mainstream qui répètent comme des perroquets les éléments de langage des gouvernements. Lire, s’informer, croiser les sources, écouter les voix des opprimés. Comme le disait Howard Zinn, « on ne peut pas être neutre dans un train en marche ». Le silence est une complicité.
Ensuite, il faut saper les fondements économiques de l’impérialisme. Boycotter les multinationales qui profitent des guerres, des occupations, des régimes dictatoriaux. Soutenir les mouvements de résistance économique, comme le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre Israël. Refuser de consommer les produits des pays qui bombardent, qui pillent, qui oppriment.
Il faut aussi construire des alternatives. Des communautés autonomes, des réseaux de solidarité, des médias indépendants. Comme le disait Antonio Gramsci, « il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ». Le système est puissant, mais il n’est pas invincible. Il repose sur notre consentement, sur notre passivité. Si nous refusons de jouer le jeu, si nous refusons de participer à cette grande machine à broyer les peuples, alors le système s’effondrera.
Enfin, il faut résister par l’art, par la poésie, par la pensée. Comme le faisait Jean Genet, qui soutenait les Black Panthers et les Palestiniens. Comme le faisait James Baldwin, qui dénonçait le racisme et l’impérialisme américain. Comme le faisait Frantz Fanon, qui appelait les opprimés à se libérer par la violence si nécessaire. L’art est une arme. La poésie est une arme. La pensée est une arme.
Et surtout, il faut ne jamais oublier. Ne jamais oublier les victimes, les oubliés de l’histoire, ceux dont les noms ne figurent dans aucun manuel scolaire. Les millions de morts des guerres impérialistes, les peuples écrasés, les cultures détruites. Leur mémoire est une arme contre l’oubli, contre la répétition des mêmes crimes, des mêmes erreurs.
Comme l’écrivait Walter Benjamin, « il n’y a pas de document de civilisation qui ne soit en même temps un document de barbarie ». Chaque empire, chaque conquête, chaque « progrès » s’est construit sur des montagnes de cadavres. Mais ces cadavres parlent. Ils nous disent : « Ne laissez pas faire. Résistez. »
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Les Aigles de l’Apocalypse
Ô vous, les aigles de fer aux serres chargées de feu,
Qui tournoyez au-dessus des déserts de l’Orient,
Comme des vautours affamés de chair et de pétrole,
Attendant l’ordre de frapper, de réduire en cendres,
Les villes, les enfants, les rêves des hommes libres.
Vous croyez être les maîtres du monde,
Les nouveaux dieux de l’acier et du napalm,
Mais vous n’êtes que des pantins,
Des marionnettes aux fils tirés par les banquiers,
Les marchands de canons, les rois du pétrole.
Vos bombes tombent en pluie sur les innocents,
Vos drones traquent les « terroristes » dans leurs lits,
Vos soldats violent, pillent, torturent,
Au nom de la « démocratie », de la « liberté »,
De ces mots creux qui sonnent comme des mensonges.
Mais écoutez bien, ô vous, les nouveaux barbares :
Vos empires tombent toujours,
Comme Rome, comme Babylone, comme Ninive,
Dans un grand fracas de ruines et de sang.
Et sur vos décombres,
Les peuples se relèveront,
Les enfants riront à nouveau,
Et la paix, la vraie,
Celle qui ne se construit pas sur des cadavres,
Fleurira enfin.
Alors, frappez, bombardez, tuez,
Mais sachez ceci :
Votre temps est compté,
Votre empire n’est qu’un château de cartes,
Et le vent de l’histoire souffle déjà,
Portant avec lui l’odeur de votre défaite.