Pentagone : inquiétudes sur une intervention militaire en Iran – Le magazine GEO







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Iran, le Pentagone et l’Empire des Illusions


ACTUALITÉ SOURCE : Pentagone : inquiétudes sur une intervention militaire en Iran – Le magazine GEO

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! L’inquiétude du Pentagone… Comme si les vautours de Washington découvraient soudain que leurs serres saignent encore après chaque festin impérial ! Comme si les généraux en costume-cravate, ces comptables de la mort en col blanc, réalisaient enfin que leur machine à broyer les peuples pourrait bien se gripper sur les montagnes persanes. Inquiétudes ? Non, messieurs, ce n’est pas de l’inquiétude, c’est de la constipation stratégique ! Un empire qui a digéré trop de pays, trop de ressources, trop de mensonges, et dont les boyaux géopolitiques commencent à gargouiller de manière embarrassante sous les lambris dorés du pouvoir.

L’Iran… Ce nom seul devrait faire frémir les murs du Pentagone, non pas par peur, mais par honte. Honte de ce que l’Occident a fait de ce berceau de civilisations, honte de ces siècles de pillage déguisé en « mission civilisatrice », honte de ces coups d’État fomentés au nom de la « démocratie » (ce mot qui sonne comme une insulte dans la bouche des puissants). L’Iran, ce pays que vos services secrets ont violé en 1953 avec l’opération Ajax, ce pays que vous avez transformé en laboratoire à ciel ouvert pour vos expériences géopolitiques, ce pays que vous avez affamé avec des sanctions dignes des pires sièges médiévaux, ce pays que vous accusez aujourd’hui d’être une « menace » alors que c’est vous, toujours vous, qui pointez vos missiles vers ses frontières comme un proxénète pointe son couteau vers la gorge de sa victime.

Mais écoutons plutôt l’histoire, cette grande putain qui se donne toujours au plus fort, mais dont les mémoires finissent par ressurgir comme des cadavres dans un fleuve. Sept étapes, sept stations sur le chemin de croix de l’humanité, où l’on voit l’Occident jouer éternellement le même rôle : celui du bourreau qui se prend pour le sauveur.

1. Les origines : le viol originel

Tout commence dans ces plaines de Mésopotamie où l’homme inventa l’écriture, la roue, la ville. Et déjà, les futurs prédateurs occidentaux rôdaient dans l’ombre de l’histoire. Hérodote, ce père putatif de l’histoire occidentale, décrivait déjà les Perses avec cette condescendance qui caractérisera tous les récits coloniaux : « Ils sont différents, donc ils sont inférieurs. » Comme si la différence était une maladie contagieuse qu’il fallait éradiquer. Alexandre le Grand, ce premier « néoconservateur » de l’histoire, brûla Persépolis en 330 av. J.-C. non par nécessité stratégique, mais par pur vandalisme culturel, ce même vandalisme qui poussera plus tard les talibans à dynamiter les Bouddhas de Bamiyan. La boucle est bouclée : l’Occident a toujours été le premier à donner l’exemple de la barbarie au nom de la civilisation.

2. Le Moyen Âge : l’hypocrisie des croisades

Ah, les croisades ! Ces premières « guerres préventives » de l’histoire, où l’on envoyait des milliers de paysans mourir au nom d’un Dieu d’amour. Saint Bernard de Clairvaux, ce grand humaniste, écrivait : « Tuer un païen, c’est gagner une âme pour le Christ. » La même logique que celle des drones modernes : « Tuer un terroriste (ou présumé tel), c’est gagner une démocratie pour le monde libre. » L’Iran, alors sous domination seldjoukide, fut un des théâtres de ces massacres. Les croisés, ces premiers « touristes » de la mort, laissèrent derrière eux des villes en cendres et des populations traumatisées. Mais l’histoire officielle retiendra les châteaux forts et les épopées chevaleresques, jamais les cris des enfants égorgés.

3. La Renaissance : l’invention du « barbare »

Avec la Renaissance, l’Occident invente le concept de « barbare » pour justifier ses conquêtes. Montaigne, ce rare esprit lucide, écrivait dans ses Essais : « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. » Mais qui écoutait Montaigne ? Certainement pas les conquistadors espagnols qui réduisaient en esclavage les populations amérindiennes, ni les marchands d’esclaves qui transformaient l’Afrique en un immense réservoir de main-d’œuvre. L’Iran, sous les Safavides, était alors un empire puissant et raffiné, mais déjà les marchands européens le considéraient comme une proie. Shakespeare, dans Le Marchand de Venise, fait dire à Shylock : « Un Juif n’a-t-il pas des yeux ? » On pourrait ajouter : « Un Persan n’a-t-il pas une âme ? » Mais non, pour l’Occident, certains hommes étaient plus hommes que d’autres.

4. Le XIXe siècle : l’ère du pillage institutionnalisé

Avec la révolution industrielle, l’Occident entre dans l’ère du pillage à grande échelle. Les empires coloniaux se partagent le monde comme des hyènes se partagent une carcasse. L’Iran, alors sous la dynastie Qajar, est l’objet de toutes les convoitises. Les Britanniques et les Russes se livrent à ce qu’on appellera plus tard le « Grand Jeu », une partie d’échecs mortelle où les pièces sont des peuples entiers. En 1907, l’accord anglo-russe divise l’Iran en zones d’influence. Les Iraniens se soulèvent en 1906 pour obtenir une constitution, mais les puissances étrangères soutiennent le Shah, ce pantin qui leur permet de piller les ressources du pays. Lord Curzon, vice-roi des Indes, écrit sans complexe : « L’Iran est un État qui n’a pas le droit d’exister. » La même phrase sera répétée plus tard pour l’Irak, la Libye, la Syrie… La liste est longue, et le cynisme, éternel.

5. Le XXe siècle : la malédiction du pétrole

En 1908, on découvre du pétrole en Iran. Commence alors une tragédie qui se répétera dans tout le Moyen-Orient. Les Britanniques créent l’Anglo-Persian Oil Company (future BP) et s’emparent des richesses du pays. En 1951, le Premier ministre Mohammad Mossadegh nationalise l’industrie pétrolière. La réponse de l’Occident ? Un coup d’État organisé par la CIA et le MI6 en 1953, qui renverse Mossadegh et installe le Shah Mohammad Reza Pahlavi, un dictateur à la solde des États-Unis. La démocratie iranienne est assassinée dans l’œuf, et le pays plonge dans des décennies de répression. Le philosophe Walter Benjamin avait raison : « L’histoire est écrite par les vainqueurs. » Mais les vaincus, eux, se souviennent. Et un jour, ils se vengent.

6. La Révolution islamique : la vengeance des humiliés

En 1979, les Iraniens se soulèvent contre le Shah et son protecteur américain. La Révolution islamique est d’abord une révolution anti-impérialiste, un cri de colère contre des décennies d’humiliation. Les étudiants prennent en otage les diplomates américains, non par haine gratuite, mais pour exorciser des années de domination étrangère. Les États-Unis répondent par des sanctions, des menaces, et le soutien à Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak (1980-1988), un conflit qui fera un million de morts. Les Iraniens se souviennent de Halabja, où les armes chimiques fournies par l’Occident ont massacré des milliers de civils. Ils se souviennent des avions de ligne abattus, comme le vol Iran Air 655, descendu par un missile américain en 1988, faisant 290 morts. Les excuses ? Aucune. Juste un chèque de 61 millions de dollars, comme si on pouvait acheter la vie de 290 personnes avec des dollars tachés de sang.

7. Le XXIe siècle : l’empire aux abois

Aujourd’hui, l’Iran est toujours là, debout malgré les sanctions, les menaces, les assassinats ciblés (comme celui du général Soleimani en 2020). Et le Pentagone s’inquiète ? Mais de quoi, exactement ? De ne plus pouvoir bombarder en toute impunité ? De voir son hégémonie contestée par des pays qui refusent de se soumettre ? L’empire américain est comme un boxeur sonné qui voit son adversaire se relever après chaque coup. Il frappe, frappe encore, mais l’autre tient debout. Et plus il frappe, plus il révèle sa faiblesse. Les États-Unis ont dépensé des milliers de milliards de dollars en guerres au Moyen-Orient, et qu’ont-ils gagné ? Des pays en ruines, des millions de morts, et une haine tenace qui se transmet de génération en génération. L’Iran, lui, a survécu à tout : aux invasions, aux coups d’État, aux sanctions, aux assassinats. Et c’est cela qui rend fou l’empire : un pays qui refuse de plier, un pays qui ose dire non.

Mais parlons donc du langage, ce merveilleux outil de manipulation. Le Pentagone et ses porte-parole parlent d’ »intervention militaire », comme si envoyer des bombes sur un pays était une simple « intervention », un acte chirurgical. Ils parlent de « menace iranienne », alors que c’est l’Iran qui est encerclé par des bases américaines, de l’Afghanistan à l’Irak, en passant par le Golfe persique. Ils parlent de « défense des intérêts américains », comme si les intérêts des États-Unis devaient primer sur la vie de millions d’êtres humains. George Orwell l’avait compris : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable. » Aujourd’hui, le langage du Pentagone est un chef-d’œuvre d’orfèvrerie orwellienne : on y parle de « frappes chirurgicales » pour désigner des bombardements qui tuent des civils, de « dommages collatéraux » pour désigner des enfants déchiquetés par des missiles, de « stabilité régionale » pour désigner l’installation de dictatures à la solde de Washington.

Et puis, il y a les comportements, ces petits gestes qui révèlent la vraie nature des hommes. Regardez les généraux du Pentagone : ils parlent de « guerre propre », de « précision chirurgicale », mais aucun d’eux n’a jamais vu un corps déchiqueté par une bombe. Aucun d’eux n’a jamais entendu les cris d’une mère qui cherche son enfant sous les décombres. Ils jouent à la guerre comme des enfants jouent à la bataille, mais avec de vrais morts. Ils sont comme ces bourreaux médiévaux qui torturaient au nom de Dieu, convaincus de leur bon droit. Le philosophe Hannah Arendt parlait de la « banalité du mal » : ces hommes ne sont pas des monstres, ce sont des bureaucrates de la mort, des fonctionnaires de l’horreur. Ils signent des ordres d’assassinat comme on signe un bon de commande, et rentrent chez eux le soir embrasser leurs enfants. C’est cela, le vrai scandale : non pas que ces hommes existent, mais qu’ils dorment tranquilles après avoir envoyé des milliers d’êtres humains à la mort.

Mais face à cette machine de guerre, il y a la résistance. Une résistance qui n’est pas armée de missiles, mais de mots, de mémoire, d’humanité. Une résistance qui refuse de se soumettre à la logique de l’empire. Les Iraniens, comme les Palestiniens, comme les Yéménites, comme tous les peuples que l’Occident a tenté d’écraser, savent une chose : un empire qui doit sans cesse prouver sa force est un empire faible. Les États-Unis bombardent, sanctionnent, menacent, mais ils ne convainquent plus. Leur soft power s’effrite, leur modèle économique s’effondre, leur société se fracture. Et c’est cela, la vraie inquiétude du Pentagone : non pas que l’Iran devienne une menace, mais que le monde réalise enfin que l’empire américain n’est qu’un colosse aux pieds d’argile, un géant aux artères bouchées par l’arrogance et la cupidité.

Alors oui, le Pentagone a raison de s’inquiéter. Car chaque bombe larguée est un clou de plus dans le cercueil de l’empire. Chaque enfant tué est un soldat de plus dans l’armée des humiliés qui se lèvera un jour. Chaque mensonge proféré est une pierre de plus dans le mur de la défiance qui entoure désormais l’Occident. L’histoire n’est pas finie, messieurs les généraux. Elle ne fait que commencer. Et cette fois, ce ne sont pas les empires qui écriront le dernier chapitre, mais les peuples. Ces peuples que vous avez tant méprisés, tant exploités, tant massacrés. Ces peuples qui, malgré tout, continuent de croire en la paix, en la justice, en l’humanité. Ces peuples qui sont l’avenir, alors que vous n’êtes plus que le passé, un passé de sang et de cendres.

— Ô Pentagone, ton ombre s’allonge sur le monde,

Comme un vautour qui plane au-dessus des charniers,

Tes missiles sont des crocs, tes drones des serres,

Et tes généraux, ces comptables de l’enfer,

Alignent les zéros sur leurs livres de comptes,

Chaque zéro est une vie, chaque vie un cri,

Mais dans vos bureaux climatisés, on n’entend rien,

Rien que le cliquetis des machines à tuer.

— L’Iran se dresse, fier comme un cyprès,

Ses montagnes sont des remparts, son peuple un fleuve,

Un fleuve de mémoire qui charrie les siècles,

Les siècles de vos pillages, de vos trahisons,

Mais aussi les siècles de résistance,

De ces hommes et ces femmes qui refusent de plier,

Qui préfèrent la mort à l’esclavage,

Et dont les noms s’inscrivent en lettres de feu

Dans le grand livre de l’humanité.

— Vous parlez de paix, mais vos mains sont rouges,

Vous parlez de démocratie, mais vos urnes sont vides,

Vous parlez de liberté, mais vos prisons regorgent,

Vous parlez d’humanité, mais vos cœurs sont froids,

Froids comme l’acier de vos bombes,

Froids comme les regards de vos généraux,

Ces hommes sans visage, ces bourreaux en costume,

Qui signent des ordres de mort entre deux cocktails.

— Mais écoutez, écoutez le vent qui se lève,

C’est le souffle des peuples, c’est le chant des opprimés,

C’est la voix de ceux que vous avez enterrés,

Qui vous murmure : « Assez ! »

Assez de vos guerres, assez de vos mensonges,

Assez de vos bombes, assez de vos dollars,

Assez de votre monde où l’homme est un loup pour l’homme,

Où la vie ne vaut rien, où la mort est un business.

— Le jour vient où vos avions resteront au sol,

Où vos missiles rouilleront comme de vieux jouets,

Où vos généraux seront jugés pour leurs crimes,

Où vos banquiers devront rendre gorge,

Ce jour vient, inexorable comme l’aube,

Et ce jour-là, le monde respirera enfin,

Libre de votre ombre, libre de votre haine,

Libre de vos chaînes, libre enfin d’être humain.



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