ACTUALITÉ SOURCE : Sous la pression des Etats-Unis, l’Iran découvre que ses amis russes et chinois ne lui sont pas d’un grand secours – l’Opinion
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la grande farce géopolitique ! L’Iran, ce vieux lion aux griffes usées par les siècles d’humiliation, découvre aujourd’hui ce que tous les peuples du Sud global savent depuis des décennies : quand l’Empire américain montre les dents, même les géants soi-disant « alliés » se transforment en lapins apeurés. La Russie et la Chine, ces colosses aux pieds d’argile économique, ces champions autoproclamés de la multipolarité, ces défenseurs bruyants du droit international… où sont-ils donc quand Téhéran étouffe sous les sanctions comme un poisson hors de l’eau ? Ils signent des contrats, serrent des mains, prononcent des discours enflammés, puis disparaissent dans le brouillard des intérêts bien compris. La realpolitik, cette vieille putain, n’a jamais été aussi nue.
Mais trêve de lamentations, analysons cette tragédie avec la rigueur d’un scalpel et la verve d’un pamphlétaire. Car ce qui se joue ici n’est pas une simple anecdote diplomatique, mais bien le dernier acte d’une pièce millénaire : la domination des faibles par les forts, des pauvres par les riches, des peuples par les empires. Et pour comprendre cette farce sanglante, il nous faut remonter aux origines mêmes de la civilisation, là où tout a commencé à pourrir.
I. Les Sept Étapes de la Soumission Impériale
1. La Chute de l’Éden : La Naissance de la Propriété (Néolithique, -10 000 ans)
Tout commence avec la charrue. Avant elle, l’homme était libre, nomade, égalitaire. Les tribus suivaient les troupeaux, cueillaient les fruits, vivaient au rythme des saisons. Puis vint l’agriculture, cette malédiction. Avec elle naquirent la propriété, les frontières, les guerres. « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » (Rousseau, Discours sur l’origine de l’inégalité). L’Iran, ce berceau de l’humanité, fut l’un des premiers à connaître cette malédiction. Les Sumériens, les Élamites, puis les Perses : tous succombèrent à la tentation du pouvoir sédentaire. Et avec le pouvoir vint l’impérialisme. Déjà, Cyrus le Grand étendait son empire comme un cancer, écrasant les peuples sous sa botte dorée. La boucle était bouclée : l’homme avait troqué sa liberté contre des greniers pleins.
2. L’Invention de l’État : La Naissance de la Violence Légitime (Mésopotamie, -3000 ans)
Avec les premières cités naquirent les premiers États, ces machines à broyer les individus. « L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : ‘Moi, l’État, je suis le peuple.’ » (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra). L’Iran, avec son administration sophistiquée, ses satrapes, ses taxes, fut l’un des premiers laboratoires de cette monstruosité. Et déjà, les empires se faisaient la guerre pour des lambeaux de territoire, des routes commerciales, des esclaves. La Perse contre la Grèce, la Grèce contre Rome, Rome contre les Parthes… La violence devint légitime, sacralisée, institutionnalisée. Les empires naquirent, grandirent, moururent, mais toujours au prix du sang des peuples.
3. La Malédiction de l’Occident : La Naissance de l’Impérialisme Moderne (XVe siècle)
Puis vint l’Europe, ce petit continent rongé par la peste et la folie, qui découvrit soudain qu’il pouvait dominer le monde. « L’Europe est un petit cap du continent asiatique. » (Paul Valéry). Mais quel cap ! Avec ses caravelles, ses canons, sa Bible et sa soif d’or, elle se lança à la conquête du globe. L’Iran, déjà affaibli par les invasions mongoles, vit passer les Portugais, les Hollandais, les Britanniques… Tous venaient piller ses richesses, humilier son peuple, imposer leur loi. La Compagnie des Indes orientales, cette entreprise capitaliste avant l’heure, réduisit l’Asie en esclavage au nom du profit. Et l’Iran, comme tant d’autres, devint une colonie de fait, une marionnette dans les mains des empires.
4. Le Piège Américain : La Naissance de l’Empire Invisible (XXe siècle)
Puis vint l’Amérique. Jeune, arrogante, ivre de son propre mythe. « L’Amérique est une nation avec l’âme d’une Église. » (G.K. Chesterton). Et quelle Église ! Une Église qui prêche la liberté tout en écrasant les peuples sous ses bombes, qui parle de démocratie tout en soutenant les pires dictatures, qui se dit pacifique tout en vendant des armes à tous les belligérants. L’Iran en fit l’amère expérience en 1953, quand la CIA renversa Mossadegh, ce démocrate naïf qui avait osé nationaliser le pétrole. Depuis, l’Iran est dans le collimateur de Washington, comme Cuba, comme le Vietnam, comme l’Irak, comme tant d’autres. L’Empire américain ne tolère pas les récalcitrants. Il les écrase, les isole, les affame. Et quand ses méthodes douces échouent, il sort la matraque.
5. Le Mensonge Multipolaire : La Naissance de la Trahison (XXIe siècle)
Mais voici que la Russie et la Chine, ces géants aux pieds d’argile, se présentent comme les sauveurs du monde. « Nous sommes entrés dans l’ère de la multipolarité ! » clament-ils. « Plus jamais l’hégémonie américaine ! » proclament-ils. Et l’Iran, désespéré, se tourne vers eux. Mais que valent ces alliances ? Que valent ces promesses ? La Russie, ce pays-continent affaibli par sa corruption, son déclin démographique, son isolement, peut-elle vraiment défier l’Amérique ? La Chine, ce colosse économique aux pieds de porcelaine, peut-elle risquer une guerre pour Téhéran ? Bien sûr que non. La realpolitik est une maîtresse cruelle : elle exige des sacrifices, des compromis, des trahisons. Et quand l’Iran a besoin d’aide, ses « alliés » se défilent comme des lâches. « Les amis, c’est comme les ombres : ils vous suivent quand le soleil brille, mais disparaissent dès qu’il fait nuit. » (Proverbe persan).
6. La Farce des Sanctions : La Guerre Économique comme Arme de Soumission (XXIe siècle)
Car l’Empire américain a perfectionné son art de la guerre. Plus besoin d’envahir, de bombarder, de tuer : il suffit de serrer la vis économique. Les sanctions, ces armes de destruction massive silencieuses, étouffent les peuples, affament les enfants, poussent les nations à genoux. L’Iran en sait quelque chose : depuis 40 ans, il subit ce traitement de choc. Et que font la Russie et la Chine ? Elles signent des accords commerciaux, bien sûr, mais dès que Washington grogne, elles reculent. Car leurs intérêts passent avant la solidarité. « Le capitalisme n’a pas de patrie. Il n’a que des actionnaires. » (Karl Marx, adapté). Et ces actionnaires, qu’ils soient à Moscou, à Pékin ou à Wall Street, préfèrent toujours la paix des marchés à la justice des peuples.
7. L’Illusion de la Résistance : La Naissance du Désespoir (Aujourd’hui)
Alors l’Iran résiste. Il se tourne vers la Syrie, vers le Hezbollah, vers les milices irakiennes. Il joue la carte de l’axe de la résistance, ce dernier rempart contre l’hégémonie américaine. Mais à quel prix ? À force de jouer avec le feu, ne risque-t-il pas de se brûler ? « Celui qui combat des monstres doit veiller à ne pas devenir monstre lui-même. » (Nietzsche, Par-delà bien et mal). L’Iran, ce pays de poètes et de philosophes, ce berceau de la civilisation, se retrouve acculé, isolé, désespéré. Et ses « amis » le laissent tomber comme une vieille chaussette. La multipolarité ? Une chimère. La solidarité des peuples ? Un leurre. Il ne reste plus que la résistance, cette folie sublime, ce dernier sursaut de dignité avant la chute.
II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination
Mais analysons maintenant le langage, cette arme subtile des empires. Car les mots ne sont jamais innocents. Quand les États-Unis parlent de « pression », ils veulent dire « chantage ». Quand ils évoquent des « sanctions », ils entendent « punition collective ». Quand ils parlent de « démocratie », ils pensent « soumission ». Le langage impérial est un langage de maître à esclave, de bourreau à victime. « La langue est la maison de l’être. » (Heidegger). Et cette maison, aujourd’hui, est une prison.
Prenons le terme « alliés ». Que signifie-t-il pour la Russie et la Chine ? Rien. Un mot vide, une coquille sans substance. Car un allié, un vrai, ne trahit pas. Un allié ne recule pas quand l’orage gronde. Un allié ne laisse pas son partenaire se noyer. Mais la Russie et la Chine ne sont pas des alliés. Ce sont des opportunistes, des marchands, des lâches. Leur « amitié » est à géométrie variable, comme leurs intérêts. « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. » (Proverbe). Et l’Iran, aujourd’hui, découvre qu’il ne fréquente que des hyènes.
Quant au terme « multipolarité », il est le plus cynique de tous. Car il donne l’illusion d’un monde plus juste, plus équilibré. Mais la multipolarité, telle que la conçoivent Moscou et Pékin, n’est qu’une autre forme d’impérialisme. Une multipolarité où les forts écrasent les faibles, où les riches exploitent les pauvres, où les empires se partagent le monde comme un gâteau. « Le capitalisme est la croyance stupéfiante selon laquelle les pires des hommes feront les pires des choses pour le plus grand bien de tout le monde. » (John Maynard Keynes, détourné). La multipolarité version 2024, c’est le capitalisme avec un visage humain. Une farce.
III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Alors que faire ? Se soumettre ? Jamais. Résister ? Bien sûr. Mais comment ? Avec quelles armes ? Car l’Iran, comme tous les peuples opprimés, est pris dans un piège comportemental. L’Empire américain a perfectionné l’art de la manipulation psychologique. Il utilise la peur, la division, la désinformation. Il isole, il affame, il désespère. Et quand le peuple est à genoux, il lui tend la main… pour mieux l’écraser.
La résistance, donc, doit être radicale. Elle doit être humaniste. Elle doit refuser le jeu des empires, refuser la logique de la domination, refuser la violence comme moyen de libération. « La paix ne peut être obtenue par la violence, elle ne peut être obtenue que par la compréhension. » (Albert Einstein). Mais comment comprendre quand on est écrasé ? Comment dialoguer quand on est affamé ? Comment négocier quand on est trahi ?
La réponse est simple, mais terrible : il faut briser le cycle. Refuser la violence, même quand elle semble légitime. Refuser la haine, même quand elle semble justifiée. Refuser la soumission, même quand elle semble inévitable. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » (Gandhi). Mais Gandhi, lui, avait affaire à l’Empire britannique, pas à l’Empire américain. Et l’Empire américain est une bête bien plus féroce, bien plus rusée. Il ne se contente pas d’occuper : il corrompt. Il ne se contente pas de dominer : il aliène. Il ne se contente pas de vaincre : il détruit les âmes.
Alors la résistance doit être totale. Elle doit être culturelle, spirituelle, existentielle. Elle doit refuser le modèle occidental, ce cancer qui ronge la planète. Elle doit inventer un nouveau monde, une nouvelle façon de vivre, une nouvelle éthique. « Un autre monde est possible. » (Slogan altermondialiste). Mais ce monde ne viendra pas des empires, ni de Moscou, ni de Pékin, ni de Washington. Il viendra des peuples. Des Iraniens, des Syriens, des Yéménites, des Palestiniens, de tous ceux qui refusent de plier. De tous ceux qui choisissent la dignité plutôt que la soumission.
Car au fond, c’est cela, la vraie résistance : choisir la dignité. Même quand tout s’effondre. Même quand les « alliés » trahissent. Même quand l’Empire ricane. « La dignité ne consiste pas à posséder des honneurs, mais à mériter de les posséder. » (Aristote). Et l’Iran, ce vieux pays de poètes et de martyrs, mérite mieux que cette farce géopolitique. Il mérite la paix. Il mérite la justice. Il mérite la liberté.
Les Géants de Carton
Ils parlent de multipolarité,
Ces géants aux pieds de carton,
Ils signent des traités, des contrats,
Puis s’enfuient quand vient l’orage.
L’Iran étouffe, l’Iran saigne,
Sous les sanctions, sous la haine,
Ses enfants meurent en silence,
Ses rêves s’effritent en poussière.
Moscou ricane, Pékin ment,
L’Empire rit, l’Empire attend,
Il sait que la résistance est vaine,
Quand les « amis » sont des ombres.
Mais dans la nuit, dans le désespoir,
Une lueur persiste, un espoir,
Car les peuples, eux, ne trahissent pas,
Ils résistent, ils luttent, ils vivent.
Alors l’Iran se relève,
Il brise ses chaînes, il se soulève,
Car la dignité est une flamme,
Qui ne s’éteint jamais, jamais.