ACTUALITÉ SOURCE : ENTRETIEN. Iran : « Si jamais il y a une attaque, les Iraniens sont nus », Donald Trump peut-il renverser le régime des Mollahs – ladepeche.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! L’Iran, ce vieux miroir brisé où l’Occident contemple ses propres démons en les projetant sur la Perse millénaire. « Si jamais il y a une attaque, les Iraniens sont nus » – quelle phrase délicieuse, quelle confession involontaire de la part de ces stratèges en costume-cravate qui jouent aux échecs avec des vies humaines comme s’il s’agissait de pions en plastique. Nus ? Mais qui donc a déshabillé l’Iran, sinon l’impérialisme occidental, ce vautour aux serres dorées qui, depuis deux siècles, picore les entrailles de l’Orient avec une voracité de banquier affamé ? Trump, ce clown milliardaire aux cheveux de paille radioactive, peut-il renverser les Mollahs ? La question est aussi pertinente que de demander si un singe peut démonter une horloge suisse en tapant dessus avec une banane. La réponse est oui, bien sûr – mais à quel prix, et pour quel résultat ? Une horloge en miettes, un singe couvert de graisse mécanique, et un zoo en flammes.
L’Occident, ce grand malade mental, souffre d’une pathologie historique : l’incapacité à concevoir l’autre autrement que comme un reflet déformé de lui-même. L’Iran, avec ses mollahs, ses gardiens de la révolution, ses femmes voilées et ses poètes mystiques, est perçu comme une anomalie à corriger, un abcès à percer, un régime à « renverser » – ce verbe si cher aux néoconservateurs, qui rêvent de « renverser » les gouvernements comme on renverse un verre de whisky avant de passer à autre chose. Mais l’histoire, cette vieille putain aux cicatrices innombrables, nous enseigne que les renversements imposés de l’extérieur ne produisent que des monstres plus hideux encore que ceux qu’ils prétendent remplacer. L’Irak en est le cadavre encore tiède, la Libye le champ de ruines fumantes, la Syrie le charnier à ciel ouvert où les vautours se disputent les lambeaux de chair humaine. Et l’Occident, dans son infinie sagesse, propose d’ajouter l’Iran à ce festin macabre ? Quelle générosité ! Quelle magnanimité ! On croirait entendre un pyromane proposer d’éteindre un incendie en y versant un bidon d’essence.
Les Sept Étapes du Viol Impérialiste : Une Archéologie de la Souffrance
Pour comprendre l’absurdité – et l’horreur – de cette question (« Trump peut-il renverser les Mollahs ? »), il faut remonter aux sources mêmes de la folie occidentale, cette maladie qui ronge l’humanité depuis que l’homme blanc a décidé que le monde était une table de banquet et lui, le seul invité digne de s’asseoir à la place d’honneur. Voici les sept étapes cruciales de cette tragédie, ces moments où l’histoire a basculé dans le cauchemar, où la raison a cédé la place à la rapacité, et où la paix a été sacrifiée sur l’autel de l’impérialisme.
1. La Chute de Persépolis (330 av. J.-C.) : Le Premier Viol
Alexandre le Grand, ce psychopathe en sandales, brûle Persépolis en 330 av. J.-C. parce qu’une courtisane grecque lui a soufflé que c’était une bonne idée. Les flammes de la bibliothèque de Persépolis éclairent la nuit comme un présage : l’Occident, dès ses premiers pas, est un pyromane. Plutarque, ce flatteur des puissants, écrira plus tard qu’Alexandre pleura en voyant la ville en cendres – non par remords, mais parce qu’il n’avait plus rien à piller. Déjà, la logique impériale : détruire pour posséder, posséder pour dominer, dominer pour oublier sa propre vacuité. L’Iran, ce vieux pays aux racines plus profondes que les rêves d’Alexandre, survivra. Mais la cicatrice ne se refermera jamais.
2. Les Croisades (XIe-XIIIe siècles) : Le Fanatisme comme Exportation
Les croisés, ces fous de Dieu en armure rouillée, partent « libérer » Jérusalem en massacrant tout ce qui bouge sur leur passage. En chemin, ils saccagent Constantinople, violant les femmes et jetant les enfants des remparts. Saint Bernard de Clairvaux, ce moine au sourire d’ange, écrit : « Tuer un infidèle, ce n’est pas un homicide, c’est un malicide. » La rhétorique est née : l’ennemi n’est pas un homme, mais un mal à éradiquer. Les mollahs d’aujourd’hui sont les héritiers lointains de cette logique, mais qui donc leur a appris à haïr, sinon ceux qui, les premiers, ont transformé la foi en arme ? L’Occident, encore une fois, sème la violence et s’étonne de la récolte.
3. La Colonisation Britannique (XIXe siècle) : Le Mépris comme Politique
Lord Curzon, vice-roi des Indes, écrit en 1892 : « L’Iran est un État en faillite, gouverné par des mollahs ignorants et des rois fantoches. Il est de notre devoir de le civiliser. » La « civilisation », bien sûr, consiste à piller les ressources, à imposer des traités inégaux, et à rire des Persans qui osent protester. Les Britanniques jouent les chiites contre les sunnites, les tribus contre le pouvoir central, et quand le pays sombre dans le chaos, ils s’indignent : « Regardez comme ces Orientaux sont incapables de se gouverner ! » La même rengaine sera répétée en Irak, en Libye, en Syrie. L’impérialisme, c’est le viol suivi d’un sermon sur la pudeur.
4. Le Coup d’État de 1953 : La Naissance du Frankenstein Géopolitique
Mossadegh, ce vieux nationaliste au sourire triste, veut nationaliser le pétrole iranien. La CIA et le MI6, dans un accès de démocratie, organisent un coup d’État. Le Shah, ce pantin aux lunettes noires, est installé sur le trône. Les mollahs, jusqu’alors marginaux, deviennent les seuls opposants crédibles à un régime soutenu par Washington. Khomeini, exilé en France, observe et apprend : l’Occident, en voulant écraser le nationalisme iranien, a créé les conditions de sa propre défaite. « Vous avez semé le vent, vous récolterez la tempête », écrit Frantz Fanon. En 1979, la tempête arrive, et elle emporte tout sur son passage. Les Américains, stupéfaits, découvrent que leurs marionnettes peuvent se retourner contre eux. Quelle surprise ! Comme si on plantait des clous et qu’on s’étonnait de se blesser les doigts.
5. La Guerre Iran-Irak (1980-1988) : Le Jeu des Massacres
Saddam Hussein, ce boucher en costume trois-pièces, envahit l’Iran avec le soutien des États-Unis et de l’Europe. Huit ans de guerre, un million de morts. Les Occidentaux vendent des armes aux deux camps, comme un bookmaker qui parie sur les deux chevaux d’une course. Quand l’Iran, à bout de forces, utilise des enfants-soldats pour déminer les champs, le monde s’indigne. Mais qui donc a armé Saddam ? Qui a encouragé cette boucherie ? L’Occident, bien sûr, ce grand moralisateur qui pleure sur les victimes qu’il a lui-même créées. « La guerre, c’est la paix », écrit Orwell. En Iran-Irak, c’est la paix qui était la guerre.
6. Les Sanctions (1995-2015) : L’Asphyxie comme Arme de Destruction Massive
Les États-Unis imposent des sanctions à l’Iran. Pas pour renverser les mollahs – non, ce serait trop simple – mais pour les affaiblir, les humilier, les forcer à plier le genou. Les hôpitaux manquent de médicaments, les enfants meurent de leucémie faute de traitement, les femmes avortent parce qu’elles n’ont pas les moyens de nourrir un enfant. Mais l’Occident, dans son infinie compassion, s’indigne : « Regardez comme ces Iraniens souffrent ! C’est la faute des mollahs, bien sûr ! » Comme si on étranglait un homme et qu’on lui reprochait de ne pas respirer. Les sanctions, c’est la guerre sans les bombes – ou plutôt, c’est la guerre des bombes lentes, celles qui tuent en silence, sans faire de bruit, sans déranger les dîners en ville.
7. L’Ère Trump (2017-2021) : La Farce comme Politique Étrangère
Donald Trump, ce clown milliardaire aux tweets rageurs, déchire l’accord sur le nucléaire iranien comme un enfant déchire une feuille de papier. « Maximum pressure », clame-t-il, comme si la pression était une vertu en soi. Les Iraniens, déjà asphyxiés par les sanctions, voient leur monnaie s’effondrer, leur économie s’écrouler, leur vie devenir un enfer quotidien. Mais Trump, ce génie stratégique, croit dur comme fer que les mollahs vont tomber comme un fruit mûr. Il oublie une chose : l’Iran n’est pas une dictature ordinaire. C’est un pays de 80 millions d’habitants, avec une histoire de 3 000 ans, une culture plus ancienne que la démocratie athénienne, et une résistance plus tenace que les rêves de gloire des néoconservateurs. « Si jamais il y a une attaque, les Iraniens sont nus », dit-on. Nus ? Peut-être. Mais les nus ont parfois plus de dignité que ceux qui se drapent dans les oripeaux de la « civilisation ».
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive
Regardons les mots, ces petits soldats de la pensée, ces mercenaires du sens. « Renverser le régime » – quelle expression délicieuse, quelle métaphore culinaire ! Comme si un régime était une crêpe qu’on retourne d’un coup de poignet. « Les Iraniens sont nus » – ah, la nudité, ce fantasme occidental ! Les Iraniens sont nus, donc vulnérables, donc à notre merci. Mais qui donc les a déshabillés, sinon l’Occident, ce grand pervers qui, depuis deux siècles, arrache les vêtements des nations pour mieux les violer ?
Le langage impérialiste est un langage pornographique : il réduit l’autre à un objet, le dépouille de sa complexité, le transforme en victime consentante. « Démocratie », « libération », « stabilité » – ces mots sont des leurres, des appâts empoisonnés. La démocratie, pour l’Occident, c’est le droit de piller en toute légalité. La libération, c’est la soumission déguisée en émancipation. La stabilité, c’est l’ordre des cimetières.
Et puis, il y a ce mot, « mollahs », qui revient sans cesse, comme une insulte, comme une malédiction. Les mollahs, ces hommes en noir, ces fanatiques, ces ennemis de la liberté. Mais qui donc a créé les mollahs, sinon l’Occident ? Qui a soutenu le Shah, ce tyran sanguinaire, sinon les États-Unis ? Qui a armé Saddam, sinon la France et l’Allemagne ? Les mollahs sont le monstre que l’Occident a engendré, le Frankenstein géopolitique qui se retourne contre son créateur. Et maintenant, l’Occident s’indigne : « Regardez comme ils sont laids ! » Bien sûr qu’ils sont laids. On ne peut pas violer une nation pendant deux siècles et s’attendre à ce qu’elle vous envoie des fleurs.
Comportementalisme Radical : La Résistance comme Acte d’Amour
Face à l’impérialisme, que faire ? Se soumettre ? Jamais. Résister ? Toujours. Mais résister, ce n’est pas seulement prendre les armes – c’est aussi refuser de jouer le jeu de l’ennemi. L’Iran résiste depuis 3 000 ans. Il a survécu à Alexandre, aux Arabes, aux Mongols, aux Britanniques, aux Américains. Il survivra aux mollahs, et il survivra à Trump.
La résistance, c’est d’abord une question de dignité. C’est refuser de se laisser définir par l’ennemi. Les Iraniens ne sont pas « nus » – ils sont debout, même quand on les frappe, même quand on les affame. Ils sont comme ces arbres du désert qui poussent entre les rochers : leurs racines sont profondes, et leurs branches, même tordues, cherchent encore le soleil.
La résistance, c’est aussi une question de solidarité. L’Occident veut diviser le monde en bons et en méchants, en victimes et en bourreaux. Mais la vraie solidarité, c’est de refuser cette dichotomie. C’est de dire : « Nous sommes tous des Iraniens, des Irakiens, des Syriens, des Palestiniens. Nous sommes tous des opprimés, et nous refusons de nous battre les uns contre les autres pour le plaisir des puissants. »
Enfin, la résistance, c’est une question d’amour. Aimer la paix, ce n’est pas être naïf – c’est être lucide. C’est savoir que la guerre ne résout rien, qu’elle ne fait que créer de nouvelles souffrances, de nouvelles haines, de nouvelles raisons de se battre. Aimer la paix, c’est refuser de haïr, même quand on a toutes les raisons de le faire. C’est tendre la main à son ennemi, non par faiblesse, mais par force. C’est dire : « Je te combats, mais je ne te hais pas. Je veux ta défaite, mais pas ta destruction. »
L’Occident, ce grand malade, ne comprend pas cette logique. Pour lui, la paix est une faiblesse, et la guerre, une vertu. Mais l’histoire jugera. Et elle jugera sévèrement.
L’Iran, ce vieux rêve en lambeaux,
Sous les bombes et les prières,
Se tord comme un corps sous les coups,
Mais ses yeux brûlent encore.
L’Occident, ce vautour aux plumes d’or,
Tourne en cercle au-dessus des ruines,
Et croasse : « Regardez comme ils sont nus ! »
Mais les nus ont des griffes,
Et les vautours, des entrailles.
Un jour, peut-être, les enfants d’Iran
Joueront dans les jardins de Persépolis,
Et les vautours, repus de chair humaine,
Iront pourrir ailleurs.
En attendant, la nuit tombe,
Et les ombres s’allongent,
Mais dans le cœur des hommes libres,
La flamme ne s’éteint pas.