ACTUALITÉ SOURCE : Cinéma, BD, jeu vidéo… 12 exemples renversants de l’influence d’Escher dans la culture pop et contemporaine – Beaux Arts
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Escher… Ce nom claque comme un verdict, une sentence géométrique gravée dans le marbre de notre inconscience collective. Douze exemples, dites-vous ? Douze ? Comme les douze travaux d’Hercule, comme les douze apôtres, comme les douze mois d’un calendrier qui n’en finit plus de se répéter, de se dévorer lui-même. Douze preuves, en somme, que l’humanité n’a jamais cessé de tourner en rond dans le labyrinthe de ses propres illusions, cherchant désespérément une sortie qui n’existe pas. Escher, ce Hollandais maudit, ce graveur de l’impossible, a offert au monde le miroir déformant de sa folie méthodique, et voilà que la culture pop, ce grand bazar des vanités contemporaines, s’en empare comme d’une relique, d’un grigri contre l’angoisse du vide. Mais attention : ce n’est pas Escher qui influence la pop culture. C’est la pop culture qui, dans un ultime sursaut de lucidité désespérée, reconnaît en Escher son prophète, son Cassandre aux yeux bandés, hurlant depuis les limbes de l’art que tout n’est que trompe-l’œil, que tout fuit, que tout se retourne comme un gant, et que l’homme, ce pauvre pantin, n’est qu’un jouet entre les mains d’un dieu géomètre sadique.
Car Escher, voyez-vous, n’est pas un artiste. C’est un symptôme. Un symptôme de cette maladie chronique qui ronge l’humanité depuis qu’elle a levé les yeux vers les étoiles en croyant y lire son destin : l’illusion de la maîtrise. Depuis que l’homme a tracé ses premiers cercles dans la poussière, il a cru dompter le chaos. Mais le chaos, lui, se rit de nos équations. Il danse, il se tord, il se métamorphose, et nous, pauvres fous, nous courons après lui avec nos compas et nos règles, croyant le saisir, alors qu’il n’est qu’un reflet dans le miroir brisé de notre raison.
Permettez-moi, chers lecteurs égarés, de vous entraîner dans une descente aux enfers de la pensée, une odyssée à travers les sept âges de l’humanité où Escher, tel un fil d’Ariane tordu, nous guide vers la sortie… qui n’en est pas une. Car Escher, c’est l’art de l’éternel retour du même, mais en pire. C’est la preuve que l’histoire ne progresse pas : elle se répète, elle se contredit, elle se dévore elle-même comme ces lézards qui, dans Reptiles, sortent du dessin pour y retourner, éternels prisonniers de leur propre cycle.
I. Les Origines : Quand l’Homme Inventa le Labyrinthe (et S’y Perdit)
Tout commence dans la boue, dans la sueur des premiers hommes qui, un jour, tracent des lignes sur les parois des grottes. Lascaux, Altamira… déjà, l’homme joue avec la perspective, déjà il cherche à tromper l’œil, à donner l’illusion du mouvement. Mais ces peintures rupestres ne sont que des esquisses maladroites comparées à ce qui va suivre. Car l’homme, dès qu’il se sédentarise, invente le labyrinthe. Pas celui de Dédale, non : celui, bien plus terrible, de sa propre pensée. Le labyrinthe de la raison.
Prenez les ziggourats de Mésopotamie, ces escaliers vers le ciel qui ne mènent nulle part. Prenez les pyramides d’Égypte, ces tombeaux géants où les pharaons croyaient échapper à la mort, alors qu’ils ne faisaient que s’enfermer dans un piège de pierre. Déjà, l’homme cherche à défier les lois de la physique, à créer des espaces qui n’ont pas de sens, des architectures qui mentent. Déjà, il prépare le terrain pour Escher. Comme le disait Héraclite, « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». Mais Escher, lui, nous prouve qu’on ne sort jamais du même labyrinthe. On croit avancer, mais on tourne en rond. On croit monter, mais on descend.
Anecdote cruelle : savez-vous que le labyrinthe du Minotaure, à Cnossos, n’était peut-être qu’un simple palais, un dédale de couloirs où les architectes crétois jouaient avec la lumière et l’ombre pour désorienter les visiteurs ? Thésée, avec son fil d’Ariane, n’a fait que suivre une illusion. Comme nous, aujourd’hui, avec nos GPS et nos algorithmes, croyant nous repérer dans le dédale du monde, alors que nous ne faisons que tourner en rond, guidés par des fils invisibles qui nous mènent droit au Minotaure… c’est-à-dire à nous-mêmes.
II. La Renaissance : Quand l’Homme Inventa la Perspective (et Perdit son Âme)
Puis vint la Renaissance, ce grand moment de folie où l’homme crut avoir dompté l’espace. Brunelleschi, Alberti, Léonard de Vinci… ces génies de la perspective linéaire nous ont appris à mentir avec la précision d’un horloger suisse. Grâce à eux, la peinture devint une fenêtre ouverte sur un monde faux, un monde où les lignes convergent vers un point de fuite, comme si l’infini pouvait tenir dans un cadre. Mais cette illusion, cette truffa, comme l’aurait dit Pirandello, était un cadeau empoisonné. Car en apprenant à représenter le monde, l’homme a oublié de le vivre.
Escher, lui, pousse la logique de la Renaissance jusqu’à l’absurde. Dans Relativité, il prend la perspective linéaire et la retourne comme un gant. Les escaliers montent et descendent en même temps, les personnages marchent au plafond comme au sol, et le spectateur, pris de vertige, comprend enfin la vérité : la perspective n’est qu’un leurre, une convention, un mensonge nécessaire pour ne pas sombrer dans la folie. Comme le disait Nietzsche, « nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité ». Escher, lui, nous montre que l’art, justement, est cette vérité qui nous tue à petit feu.
Anecdote sordide : savez-vous que Léonard de Vinci, ce génie de la perspective, était obsédé par les machines volantes, comme s’il cherchait désespérément à échapper à la prison du cadre qu’il avait lui-même inventée ? Il a passé des années à dessiner des ailes mécaniques, des hélices, des parachutes… pour finir par mourir dans les bras d’un roi, comme un oiseau en cage. Escher, lui, n’a même pas essayé de s’échapper. Il a accepté sa prison. Et c’est cela, la vraie folie.
III. L’Ère Industrielle : Quand l’Homme Inventa la Machine (et Devint son Esclave)
Puis vint la machine. La grande, l’horrible machine, avec ses engrenages, ses courroies, ses rouages qui tournent, tournent, tournent… jusqu’à l’étouffement. L’ère industrielle, c’est le triomphe de la logique, de la répétition, de l’identique. C’est l’époque où l’homme devient une pièce de la machine, un rouage parmi d’autres, condamné à répéter les mêmes gestes, les mêmes mouvements, jusqu’à la nausée. Et c’est là qu’Escher entre en scène, comme un diable sorti de sa boîte, pour nous montrer l’envers du décor.
Dans Métamorphose II, il prend la logique industrielle et la pousse jusqu’au cauchemar. Les villes deviennent des motifs, les motifs deviennent des lézards, les lézards deviennent des cubes, et les cubes redeviennent des villes. Tout se transforme, tout se répète, tout se métamorphose dans un cycle sans fin. Comme le disait Karl Marx, « tout ce qui est solide se volatilise ». Mais Escher, lui, nous montre que tout ce qui se volatilise finit par revenir, sous une autre forme, mais toujours la même. La machine nous dévore, mais c’est nous qui l’avons construite. Nous sommes nos propres bourreaux.
Anecdote glaçante : savez-vous que les premières usines textiles, au XIXe siècle, employaient des enfants de six ans, condamnés à répéter les mêmes gestes, jour après jour, jusqu’à ce que leurs doigts saignent ? Ces enfants, ces petits rouages humains, étaient les véritables héros de l’ère industrielle. Escher, avec ses dessins, leur a rendu hommage. Sans le savoir, peut-être.
IV. Le XXe Siècle : Quand l’Homme Inventa l’Inconscient (et Perdit la Raison)
Puis vint le XXe siècle, ce grand moment de folie collective où l’homme, après avoir dompté l’espace et la machine, décida de s’attaquer à son propre esprit. Freud, Jung, Lacan… ces charlatans de génie nous ont appris que la raison n’était qu’une fine couche de vernis sur un océan de pulsions obscures. Et c’est là qu’Escher, une fois de plus, se révèle être le prophète de notre époque.
Dans Cascade, il prend les lois de la physique et les retourne comme un gant. L’eau coule vers le haut, les bâtiments défient la gravité, et le spectateur, pris de vertige, comprend enfin que la réalité n’est qu’une construction de l’esprit. Comme le disait Borges, « la réalité n’est pas toujours probable, ni même possible ». Escher, lui, nous montre que la réalité est un mensonge, un leurre, une illusion d’optique géante. Et nous, pauvres fous, nous marchons dedans comme des somnambules, croyant avancer, alors que nous ne faisons que tourner en rond dans le labyrinthe de notre propre inconscient.
Anecdote terrifiante : savez-vous que Salvador Dalí, ce fou génial, était obsédé par Escher ? Il voyait dans ses dessins la preuve que la réalité était une illusion, et il a passé sa vie à essayer de la capturer dans ses toiles, comme un chasseur traquant un fantôme. Mais le fantôme, c’était lui. Comme nous tous.
V. L’Ère Numérique : Quand l’Homme Inventa le Virtuel (et Oublia le Réel)
Et nous voilà arrivés à notre époque, cette ère numérique où l’homme, après avoir exploré l’espace, la machine et l’inconscient, a décidé de s’enfermer dans une nouvelle prison : le virtuel. Les écrans, les algorithmes, les réalités augmentées… nous vivons dans un monde où tout est possible, où tout est permis, où tout est illusoire. Et c’est là qu’Escher, une fois de plus, se révèle être notre miroir.
Prenez les jeux vidéo, ces cathédrales du virtuel où des millions d’hommes passent leurs nuits à explorer des mondes qui n’existent pas. Dans Monument Valley, par exemple, les joueurs évoluent dans des architectures impossibles, des escaliers qui montent et descendent en même temps, des perspectives qui se retournent comme des gants. C’est Escher, mais en pire. Car Escher, au moins, avait la décence de nous montrer l’envers du décor. Les jeux vidéo, eux, nous enferment dans l’illusion sans nous donner la clé. Comme le disait Baudrillard, « le réel a disparu, et nous ne sommes plus que des simulacres errant dans un désert d’images ». Escher, lui, nous montre que ce désert est un labyrinthe, et que nous en sommes les prisonniers consentants.
Anecdote désespérante : savez-vous que des études ont montré que les joueurs de jeux vidéo en ligne développent une forme de dépendance similaire à celle des toxicomanes ? Ils passent des heures, des jours, des semaines à explorer des mondes virtuels, à la recherche d’une sortie qui n’existe pas. Comme nous tous, d’ailleurs. Car le monde réel, lui aussi, est un jeu vidéo. Un jeu vidéo sans manette, sans règles, sans fin.
VI. La Culture Pop : Quand l’Homme Inventa l’Idole (et Adora son Propre Reflet)
Et nous voilà arrivés à la culture pop, ce grand bazar des vanités où tout se vend, tout s’achète, tout se consomme. Les films, les BD, les jeux vidéo… tout est prétexte à divertissement, à distraction, à oubli. Et c’est là qu’Escher, une fois de plus, se révèle être notre miroir déformant.
Prenez Inception, ce film où Leonardo DiCaprio plonge dans les rêves des autres pour y semer des idées. Les escaliers qui se retournent, les villes qui se plient, les perspectives qui se déforment… c’est Escher, mais en plus tape-à-l’œil. Car Escher, au moins, avait la décence de ne pas nous prendre pour des idiots. Il nous montrait l’impossible, et nous laissait libres de croire ou de ne pas croire. Inception, lui, nous enferme dans un spectacle, une illusion de plus, une couche supplémentaire de mensonges. Comme le disait Debord, « le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image ». Escher, lui, nous montre que cette image est un piège, un labyrinthe sans issue.
Anecdote révoltante : savez-vous que Inception a rapporté plus de 800 millions de dollars au box-office ? 800 millions de dollars pour un film qui nous explique, en substance, que la réalité est une illusion. Mais personne ne s’en soucie. Car l’illusion, justement, est plus confortable que la réalité. Comme le disait Pascal, « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre ». Escher, lui, nous montre que cette chambre est un labyrinthe, et que nous en sommes les prisonniers volontaires.
VII. L’Avenir : Quand l’Homme Inventera l’Impossible (et Disparaîtra)
Et maintenant, que nous reste-t-il ? L’avenir, ce grand inconnu, ce néant qui nous attend au tournant. Les transhumanistes nous promettent l’immortalité, les ingénieurs nous promettent des villes flottantes, les scientifiques nous promettent des voyages dans le temps… mais Escher, lui, nous rappelle une vérité simple, cruelle, inéluctable : tout est illusion. Les escaliers qui montent et descendent, les oiseaux qui deviennent des poissons, les mains qui se dessinent elles-mêmes… tout cela n’est qu’un jeu, un leurre, une farce cosmique.
Comme le disait Schopenhauer, « la vie oscille comme un pendule entre la souffrance et l’ennui ». Escher, lui, nous montre que ce pendule est un cercle, un cycle sans fin, une roue qui tourne, tourne, tourne… jusqu’à l’étouffement. L’avenir ? Il n’y en a pas. Il n’y a que le présent, ce présent éternel où nous tournons en rond, comme des rats dans une cage, croyant avancer, alors que nous ne faisons que répéter les mêmes erreurs, les mêmes illusions, les mêmes mensonges.
Anecdote prophétique : savez-vous que les premières intelligences artific