Cinq propositions d’art contemporain en Gironde du 2 au 9 décembre – Sud Ouest







L’Art Contemporain en Gironde : Une Autopsie Philosophique


ACTUALITÉ SOURCE : Cinq propositions d’art contemporain en Gironde du 2 au 9 décembre – Sud Ouest

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! L’art contemporain en Gironde, cinq propositions, du deux au neuf décembre, comme une poignée de bonbons jetés aux cochons de la culture locale. Sud Ouest nous offre cette information avec la solennité d’un faire-part de décès – et c’est bien là le drame. Car que reste-t-il de l’art quand il n’est plus qu’un événement parmi d’autres, un rendez-vous mondain, une case à cocher dans l’agenda des bourgeois éclairés ? L’art contemporain, ce cadavre encore tiède que l’on promène de foires en biennales, de galeries en centres culturels, n’est plus qu’un simulacre, une parodie de lui-même, un miroir brisé reflétant les vanités d’une humanité en déroute. Mais allons plus loin, creusons, déterrons les racines de cette pourriture dorée, car c’est là, dans les strates de l’histoire et de la pensée, que se cache la vérité – cette vérité que personne ne veut entendre.

Commençons par le commencement, ou du moins par ce que l’humanité a cru être un commencement. L’art, ce vieux compagnon de route, ce frère siamois de la conscience, est né dans l’obscurité des cavernes, sous les doigts tremblants de nos ancêtres. Lascaux, Chauvet, Altamira – ces cathédrales de la préhistoire où l’homme, encore à moitié singe, traçait sur la pierre les contours de son angoisse et de sa fascination. Étape 1 : L’art comme magie, comme rituel, comme tentative désespérée de donner un sens à l’insensé. Les peintures rupestres n’étaient pas des « propositions », elles étaient des prières, des exorcismes, des cris jetés à la face d’un univers indifférent. Platon, dans sa caverne, n’aurait pas renié ces premiers artistes : eux aussi projetaient des ombres sur les parois, cherchant à capturer l’essence du monde dans des formes éphémères. Mais déjà, le ver était dans le fruit. Car l’art, dès ses origines, était aussi un outil de pouvoir. Les chamans, les sorciers, les prêtres – tous ceux qui savaient manipuler les symboles détenaient les clés du sacré, et donc du pouvoir. L’art était une arme, et il le restera toujours.

Étape 2 : L’art comme propagande, ou la naissance de la manipulation esthétique. Passons à l’Égypte, où les pharaons faisaient sculpter leur image dans la pierre pour l’éternité. Ramsès II n’était pas un artiste, mais il savait que l’art pouvait servir à graver son nom dans l’histoire. Les bas-reliefs des temples, les fresques des tombes – tout cela n’était que de la communication politique avant l’heure. Les Grecs, ces génies ambivalents, ont poussé le vice plus loin : ils ont inventé l’idéal de beauté, cette chimère qui hante encore nos musées. Phidias, Praxitèle, Myron – ces noms résonnent comme des incantations, mais leurs statues n’étaient que des mensonges polis, des corps parfaits pour des âmes imparfaites. Aristote, dans sa Poétique, théorise l’art comme catharsis, comme purification des passions. Mais qui purifie qui ? L’art grec était une machine à laver les consciences, un moyen de canaliser la violence et la démesure dans des formes acceptables. Déjà, l’art servait à endormir les masses.

Étape 3 : L’art comme religion, ou le triomphe de l’illusion. Le Moyen Âge arrive, et avec lui, l’Église s’empare de l’art comme d’un butin de guerre. Les cathédrales gothiques, ces monstres de pierre, ne sont pas des œuvres d’art : ce sont des machines à impressionner, à écraser l’individu sous le poids du divin. Les vitraux, les fresques, les retables – tout cela n’est que de la théologie en images, un catéchisme pour illettrés. Saint Augustin, dans La Cité de Dieu, avait prévenu : l’art est une tentation, une distraction qui éloigne de Dieu. Mais l’Église, pragmatique, a retourné l’argument : si l’art peut détourner, il peut aussi convertir. Et c’est ainsi que l’art est devenu un instrument de contrôle, une carotte spirituelle pour faire avancer les âmes vers le salut – ou vers la soumission.

Étape 4 : L’art comme marchandise, ou la chute dans le monde moderne. La Renaissance sonne le glas de l’innocence. Les Médicis, ces banquiers florentins, comprennent que l’art peut être un placement comme un autre. Botticelli, Léonard, Michel-Ange – ces génies ne sont plus que des employés, des artisans au service des puissants. Giorgio Vasari, dans ses Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, invente l’histoire de l’art comme on invente un mythe : une succession de génies, une marche triomphale vers la perfection. Mais derrière cette façade se cache une réalité sordide : l’art est désormais une monnaie d’échange, un symbole de statut social. Les portraits des marchands, les natures mortes des bourgeois – tout cela n’est que de la vanité en peinture, une célébration de la richesse et du pouvoir. Et quand la Révolution française éclate, l’art devient une arme de propagande. David, ce Robespierre en perruque, transforme la peinture en outil politique. Le Serment des Horaces n’est pas une œuvre d’art : c’est un manifeste, une déclaration de guerre aux monarchies. L’art n’est plus sacré, il est idéologique.

Étape 5 : L’art comme spectacle, ou l’avènement de la société du divertissement. Le XIXe siècle voit naître l’art moderne, et avec lui, la marchandisation totale. Les Salons, les Expositions universelles, les galeries – l’art devient un produit de consommation, un loisir pour les masses. Baudelaire, ce dandy maudit, pressent le désastre : dans Le Peintre de la vie moderne, il décrit un monde où l’art n’est plus qu’un reflet de la mode, un miroir aux alouettes pour bourgeois en mal de sensations. Les impressionnistes, ces révolutionnaires malgré eux, sont récupérés par le marché. Monet, Renoir, Degas – leurs toiles, autrefois méprisées, deviennent des placements financiers. Et quand arrive le XXe siècle, l’art explose en mille morceaux. Dada, le surréalisme, l’abstraction – toutes ces avant-gardes ne sont que des cris dans le vide, des tentatives désespérées de retrouver une authenticité perdue. Duchamp, ce génie cynique, signe Fontaine et envoie valser les derniers vestiges de la sacralité artistique. Un urinoir dans une galerie ? Pourquoi pas, après tout. L’art n’est plus qu’un concept, une idée vide, un jeu pour initiés.

Étape 6 : L’art contemporain, ou le triomphe du néant. Et nous voilà arrivés au présent, à ces « cinq propositions d’art contemporain en Gironde ». Que reste-t-il de l’art quand il n’est plus qu’un événement éphémère, une installation jetable, une performance oubliée avant même d’être terminée ? L’art contemporain, ce monstre froid, n’a plus rien à voir avec la beauté, la vérité ou même la provocation. Il est devenu un langage codé, un système de signes réservé à une élite qui se congratule elle-même. Les biennales, les foires, les résidences d’artistes – tout cela n’est qu’un vaste cirque où les clowns se prennent au sérieux. Les « propositions » en Gironde ne sont que des variations sur ce thème : des œuvres sans âme, des concepts sans substance, des gestes vides de sens. L’art contemporain est une imposture, une escroquerie intellectuelle, un miroir déformant qui reflète notre époque : une époque sans repères, sans valeurs, sans espoir.

Étape 7 : L’art comme résistance, ou le dernier souffle de l’humanité. Mais tout n’est pas perdu. Car même dans ce désert, il reste des oasis. Des artistes, rares, isolés, continuent de croire en la puissance de l’art comme acte de résistance. Ils savent que l’art peut encore être un cri, une insulte, une provocation. Ils savent que l’art peut déranger, bousculer, réveiller. Ces artistes-là ne font pas de « propositions » : ils lancent des bombes. Ils ne cherchent pas à plaire, mais à frapper. Ils ne veulent pas être exposés dans des galeries, mais dans les rues, dans les têtes, dans les cœurs. Ils sont les héritiers de Rimbaud, de Céline, de Burroughs – ces voyous de la littérature qui ont compris que l’art devait être une arme, un poison, un remède de cheval. Et c’est peut-être là, dans cette résistance désespérée, que se cache l’avenir de l’art.

Analyse sémantique : le langage de l’imposture

Parlons maintenant du langage, ce piège à cons. Le terme « proposition » est révélateur. Une proposition, en art contemporain, n’est pas une œuvre : c’est une offre, une suggestion, une invitation à entrer dans le jeu. Le mot est emprunté au vocabulaire commercial – on propose un produit, un service, une expérience. L’art contemporain a adopté ce lexique pour mieux se fondre dans le paysage du capitalisme tardif. Une « proposition » est éphémère, jetable, sans valeur intrinsèque. Elle ne s’inscrit pas dans la durée, elle ne cherche pas à durer. Elle est là, puis elle disparaît, comme un spot publicitaire. Et c’est bien là le problème : l’art contemporain a renoncé à l’éternité. Il ne veut plus être un monument, mais un événement. Il ne cherche plus à transcender, mais à divertir.

Le mot « contemporain » est tout aussi pernicieux. Il signifie « de notre temps », mais il est devenu un label, une marque de fabrique. Être contemporain, c’est être dans le coup, dans le vent, dans le mouvement. Mais le mouvement de quoi ? Le mouvement du marché, bien sûr. L’art contemporain est une mode, une tendance, un phénomène de société. Il suit les fluctuations des cours, les caprices des collectionneurs, les lubies des critiques. Il n’a plus de ligne directrice, plus de boussole. Il est perdu dans le brouillard de la postmodernité, ce grand n’importe quoi où tout se vaut et où rien n’a de sens.

Et puis il y a le mot « art » lui-même, ce vieux mot usé jusqu’à la corde. Que signifie-t-il encore, quand il peut s’appliquer à un urinoir, à une pile de briques, à une performance où l’artiste se masturbe en public ? L’art contemporain a vidé le mot de sa substance. Il en a fait un fourre-tout, un concept élastique, une coquille vide. L’art n’est plus une catégorie esthétique, mais une catégorie administrative. C’est un label, une appellation contrôlée, une case à cocher dans un formulaire de subvention.

Comportementalisme radical : l’art comme miroir de nos névroses

Mais au-delà des mots, il y a les actes. Et les actes de l’art contemporain en disent long sur notre époque. L’art contemporain est un miroir, mais un miroir déformant, un miroir qui grossit nos travers, nos peurs, nos obsessions. Il reflète une société malade, une humanité en crise. Regardons de plus près :

  • L’obsession de la nouveauté : L’art contemporain est obsédé par la nouveauté, comme un enfant gâté qui se lasse de ses jouets. Il faut toujours du nouveau, du jamais vu, du choc. Mais cette quête frénétique de l’originalité à tout prix cache une peur panique de l’ennui, de la répétition, de la routine. L’art contemporain est un art de l’instant, un art qui refuse de s’inscrire dans la durée. Il est le symptôme d’une société qui ne croit plus en l’avenir, qui vit dans l’éphémère, dans l’instant présent.
  • La peur du vide : L’art contemporain est un art qui parle beaucoup, mais qui dit peu. Il remplit l’espace, il occupe le terrain, il comble les silences. Mais derrière ce verbiage, il y a le vide. Le vide de la pensée, le vide de l’émotion, le vide de la transcendance. L’art contemporain est un art qui a peur du silence, peur de la solitude, peur de la confrontation avec soi-même. Il est le symptôme d’une société qui fuit la réflexion, qui cherche à tout prix à se distraire, à s’étourdir.
  • Le culte de l’individu : L’art contemporain est un art narcissique, un art qui célèbre l’individu, le moi, l’ego. Les artistes contemporains sont des stars, des célébrités, des people. Leurs œuvres sont des autoportraits déguisés, des confessions publiques, des exhibitions de leur intimité. Mais cette obsession de soi cache une peur de l’autre, une peur de la collectivité, une peur de la communauté. L’art contemporain est un art solitaire, un art qui refuse le dialogue, qui se complaît dans l’autosuffisance.
  • La soumission au marché : L’art contemporain est un art qui a capitulé devant le marché. Il accepte les règles du jeu, il se plie aux exigences des collectionneurs, il se vend au plus offrant. Les artistes contemporains sont des entrepreneurs, des hommes d’affaires, des stratèges. Leurs œuvres sont des produits, des investissements, des placements. L’art contemporain est un art qui a renoncé à sa dimension subversive, qui a abandonné toute velléité de révolte. Il est devenu un rouage de la machine capitaliste, un outil de domination.

Résistance humaniste : l’art comme dernier rempart

Mais tout n’est pas perdu. Car même dans ce désert, il reste des oasis. Des artistes, des penseurs, des rêveurs continuent de croire en la puissance de l’art comme acte de résistance. Ils savent que l’art peut encore être un cri, une insulte, une provocation. Ils savent que l’art peut déranger, bousculer, réveiller. Ces artistes-là ne font pas de « propositions » : ils lancent des bombes. Ils ne cherchent pas à plaire, mais à frapper. Ils ne veulent pas être exposés dans des galeries, mais dans les rues, dans les têtes, dans les cœurs.

L’art, le vrai, est un acte de résistance. Il résiste à l’oubli, à la banalité, à la médiocrité. Il résiste au temps, à la mort, à l’absurdité de l’existence. Il est un rempart contre le désespoir, une lumière dans la nuit, un cri dans le silence. Les grands artistes, ceux qui ont marqué l’histoire, étaient des résistants. Ils ont refusé les compromis, les concessions, les facilités. Ils ont choisi la difficulté, la solitude, le combat. Et c’est pour cela que leurs œuvres nous parlent encore, des siècles plus tard.

L’art contemporain, dans sa forme actuelle, a renoncé à cette dimension subversive. Il a choisi la facil


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