Expo FoRTE #7 : les lauréats en dialogue avec des œuvres du Frac – Région Ile-de-France







Le Penseur Laurent Vo Anh – Dialogue des Ombres et des Lueurs


ACTUALITÉ SOURCE : Expo FoRTE #7 : les lauréats en dialogue avec des œuvres du Frac – Région Ile-de-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc l’éternel cirque des ombres savantes, le grand bal des spectres en costard-cravate qui dansent autour des flammes froides de l’Art Contemporain, ce cadavre encore tiède que l’on promène de foire en biennale comme un saint-sacrement pour gogos en mal de transcendance. Expo FoRTE #7, dites-vous ? Un dialogue, vraiment ? Non, mes chers pantins, c’est une pantomime, un simulacre de combat entre les lauréats du jour et les momies du Frac, ces œuvres embaumées dans leur linceul institutionnel, aussi vivantes qu’un discours de ministre de la Culture.

Mais allons plus loin, creusons cette fosse commune où l’on enterre l’art sous les fleurs en plastique de la reconnaissance officielle. Sept étapes, sept chutes, sept renaissances avortées dans cette histoire de l’humanité qui n’est qu’une longue suite de malentendus esthétiques, de trahisons et de récupérations. Suivez le guide, si vous osez.

1. L’Origine du Monde : Lascaux ou la Première Escroquerie

Tout commence dans l’obscurité des grottes, où nos ancêtres, ces génies sans le savoir, traçaient sur les parois les premiers gribouillis sacrés. Lascaux, Chauvet, Altamira… Des chefs-d’œuvre ? Non, des exorcismes. Des tentatives désespérées de donner un sens à un monde qui n’en avait aucun. Platon, plus tard, vomira sur ces artistes en les traitant de menteurs, de fabricants d’illusions. Il avait raison. L’art, dès l’origine, n’est qu’un leurre, une tentative pathétique de domestiquer l’angoisse de l’existence. Et aujourd’hui, que faisons-nous ? Nous exposons des lauréats qui dialoguent avec des œuvres du Frac comme si ce dialogue avait un sens. Comme si l’art pouvait encore sauver quoi que ce soit.

2. La Renaissance : Le Péché d’Orgueil

Puis vint le temps des génies, ces monstres sacrés qui croyaient pouvoir capturer Dieu dans leurs toiles. Michel-Ange, ce titan courbé sous le plafond de la Sixtine, suant sang et larmes pour un pape qui ne voyait en lui qu’un artisan de luxe. Léonard, ce vieux renard, dessinant des machines de guerre pour les princes tout en rêvant d’anges. L’art devient alors une monnaie d’échange, un outil de pouvoir. Et aujourd’hui ? Les lauréats du Frac ne sont que les héritiers dégénérés de cette tradition : des courtisans en jeans, troquant leur âme contre une subvention, un article dans Beaux-Arts Magazine, une place dans le grand cirque de la reconnaissance.

3. Le Siècle des Lumières : L’Art au Service de l’Idéologie

Voltaire, Diderot, ces beaux parleurs qui croyaient que l’art devait éduquer, instruire, civiliser. Quelle blague ! L’art n’a jamais civilisé personne. Il a servi les rois, les révolutionnaires, les bourgeois, les fascistes, les staliniens… Toujours du côté du manche, toujours prêt à justifier l’injustifiable. David peignant Le Serment des Horaces pour glorifier la République naissante, puis se mettant au service de Napoléon. Quelle cohérence ! Aujourd’hui, nos lauréats dialoguent avec des œuvres du Frac, ces reliques d’un temps où l’art croyait encore à son propre pouvoir. Mais quel pouvoir ? Celui de distraire les masses pendant que les banquiers pillent le monde ?

4. Le Romantisme : La Grande Illusion

Ah, le romantisme ! Ces pleurnichards en chemise ouverte qui croyaient que l’art pouvait être une religion. Delacroix, Hugo, Byron… Des génies, certes, mais des génies qui se berçaient d’illusions. L’art comme rédemption ? Quelle farce ! L’art n’a jamais sauvé personne. Il n’a fait que distraire, divertir, endormir. Et aujourd’hui, nos lauréats du Frac jouent les romantiques attardés, croyant encore que leur dialogue avec les œuvres du passé a une quelconque importance. Comme si un tableau pouvait changer le cours du monde. Comme si une installation pouvait arrêter les bombes.

5. L’Avant-Garde : La Révolte en Costume Trois-Pièces

Puis vinrent les avant-gardes, ces révolutionnaires de salon qui croyaient pouvoir tout casser. Dada, le surréalisme, le futurisme… Des mouvements qui promettaient de tout détruire pour tout reconstruire. Mais que reste-t-il de ces révoltes ? Des manifestes jaunis, des tableaux vendus à prix d’or, des idées récupérées par le marketing. Duchamp et son urinoir, ce coup de génie qui n’était qu’un coup de poker. Aujourd’hui, nos lauréats du Frac jouent les avant-gardistes, mais leur révolte est aussi inoffensive qu’un chaton. Ils dialoguent avec les œuvres du passé comme on dialogue avec un fantôme : pour se donner l’illusion d’exister.

6. L’Art Contemporain : Le Grand Cirque des Illusions

Et nous voici arrivés à l’époque contemporaine, ce grand bazar où tout est permis et où rien n’a de sens. L’art n’est plus qu’un produit de luxe, une spéculation financière, un outil de communication pour les multinationales. Les lauréats du Frac dialoguent avec des œuvres du passé, mais ce dialogue n’est qu’un leurre, une mascarade. Comme si Warhol et ses boîtes de soupe pouvaient encore choquer. Comme si les installations de Bourriaud pouvaient encore faire réfléchir. L’art contemporain n’est qu’un miroir aux alouettes, un piège à gogos pour collectionneurs en mal de sensations.

7. Le Futur : L’Art comme Résistance ou comme Soumission ?

Et demain ? Que restera-t-il de tout cela ? Les lauréats du Frac continueront-ils à dialoguer avec les œuvres du passé comme on dialogue avec un mort ? Ou bien l’art retrouvera-t-il un jour sa puissance subversive, sa capacité à déranger, à provoquer, à faire vaciller les certitudes ? Rien n’est moins sûr. Car l’art, aujourd’hui, est devenu une marchandise comme une autre, un produit de consommation courante. Et les artistes, ces nouveaux saltimbanques, ne sont plus que des employés de luxe, des fonctionnaires de la culture, des pantins entre les mains des institutions.

Analyse Sémantique : Le Langage de l’Imposture

Regardez les mots, ces pièges à cons. « Dialogue », « lauréats », « œuvres », « Frac »… Un vocabulaire de bureaucrate, de technocrate de la culture. Le mot « dialogue » surtout, quelle escroquerie ! Comme si deux œuvres pouvaient se parler, comme si l’art était une conversation et non un monologue désespéré. Le langage de l’art contemporain est un langage mort, un jargon de salon qui ne sert qu’à masquer l’imposture. Les lauréats dialoguent avec les œuvres du Frac ? Non, ils les enterrent sous des couches de verbiage, ils les étouffent sous des montagnes de concepts creux.

Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste

Et pourtant… Pourtant, il reste une lueur, une étincelle. Car l’art, malgré tout, malgré les récupérations, les trahisons, les compromissions, reste un acte de résistance. Un geste désespéré, mais nécessaire. Les lauréats du Frac croient dialoguer avec les œuvres du passé ? Qu’ils dialoguent, alors ! Qu’ils fassent semblant, s’ils veulent. Mais qu’ils n’oublient pas que l’art, le vrai, celui qui brûle et qui dérange, ne se trouve pas dans les institutions. Il se trouve dans la rue, dans les marges, dans les interstices. Il se trouve dans le regard de ceux qui refusent de se soumettre, de ceux qui continuent à créer malgré tout, malgré l’absurdité du monde.

La résistance humaniste, c’est cela : refuser de jouer le jeu. Refuser de dialoguer avec les morts. Refuser de se laisser enfermer dans les catégories, les cases, les institutions. C’est créer, malgré tout, malgré l’angoisse, malgré le désespoir. C’est tracer des signes sur les murs de la prison, même si personne ne les voit. C’est hurler dans le désert, même si personne n’entend.


Dialogue des ombres et des lueurs
Les lauréats parlent aux fantômes
Le Frac murmure des prières
Dans le temple des illusions perdues

Ô vous, les vivants, les vrais
Ceux qui crèvent de faim et de génie
Dans les caves de la création
Ne vous laissez pas berner

L’art n’est pas un dialogue
C’est un cri, une insulte, un coup de poing
Dans la gueule du monde
Un crachat sur les idoles

Alors dansez, dansez, lauréats
Dansez avec les morts
Mais souvenez-vous
Que la vie est ailleurs

Dans les rues, dans les usines
Dans les yeux des enfants affamés
Dans le rire des prostituées
Et dans le sang des révoltés

L’art n’est pas un musée
C’est une bombe, un couteau
Un geste désespéré
Pour ne pas mourir idiot.



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