Leuven célèbre les 600 ans de son université avec un fabuleux parcours d’art contemporain dans la ville – Connaissance des Arts







Leuven, ou l’éternel carnaval des ombres savantes – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Leuven célèbre les 600 ans de son université avec un fabuleux parcours d’art contemporain dans la ville – Connaissance des Arts

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Leuven ! Six siècles de savoir empilés comme des cadavres dans un amphithéâtre, six cents hivers à grelotter sous les voûtes gothiques en psalmodiant des vers latins que plus personne ne comprend, six cents étés à suer sur des parchemins jaunis pendant que les paysans, eux, crevaient de la peste noire en riant jaune sous cape. Et voilà qu’on nous sert, en grande pompe, un « fabuleux parcours d’art contemporain » pour célébrer cette momie institutionnelle ! Mais qu’est-ce donc que cette mascarade, sinon la énième tentative de l’humanité pour se donner des airs de grandeur alors qu’elle n’est, au fond, qu’une bande de singes savants grattant ses plaies en public ?

Car enfin, que fête-t-on à Leuven ? Six cents ans de quoi, au juste ? De savoir ? Allons donc ! Six cents ans de pouvoir, oui, de pouvoir et de mensonges bien emballés dans des toges pourpres. L’université, cette invention médiévale, n’a jamais été qu’une machine à produire des élites, à légitimer les hiérarchies, à transformer la pensée en monnaie sonnante et trébuchante. Et aujourd’hui, on nous la vend comme un « patrimoine » à préserver, comme si ces murs suintants de dogmes n’avaient pas, pendant des siècles, étouffé toute velléité de liberté sous le poids des certitudes. Six cents ans de savoir ? Six cents ans de crétinisation organisée, plutôt !

Les sept plaies de l’esprit humain : une généalogie de la bêtise savante

Pour comprendre cette farce qu’est la célébration de Leuven, il faut remonter aux origines, là où tout a commencé à pourrir. Car l’université, voyez-vous, n’est que le symptôme d’une maladie bien plus ancienne, une maladie qui ronge l’humanité depuis qu’elle a troqué la sagesse contre le pouvoir, la contemplation contre l’accumulation. Suivez-moi dans cette descente aux enfers de la pensée, à travers sept étapes cruciales où l’homme a cru s’élever alors qu’il ne faisait que s’enfoncer.

1. La Chute originelle : le premier mensonge (vers -40 000)

Tout commence avec le premier homme qui a osé dire : « Je sais. » Ce jour-là, l’humanité a perdu son innocence. Avant cela, nous étions des animaux parmi les animaux, vivant dans l’instant, sans passé ni futur, sans cette malédiction qu’est la conscience de soi. Mais voilà qu’un beau matin, un de nos ancêtres, sans doute un peu plus vaniteux que les autres, a gravé des signes sur une paroi de grotte et a prétendu que cela signifiait quelque chose. Le premier artiste ? Non. Le premier charlatan. Avec lui naissait le premier mensonge : l’idée que l’homme pouvait donner un sens au monde. Platon, plus tard, ne fera que systématiser cette escroquerie avec sa théorie des Idées. Mais le mal était fait : l’humanité venait d’inventer la bêtise métaphysique.

2. La malédiction de Sumer : l’écriture comme machine à broyer les esprits (vers -3200)

Ah ! L’écriture ! Cette invention diabolique qui a permis aux prêtres sumériens de tenir des comptes, puis de tenir des comptes sur les hommes eux-mêmes. Avec l’écriture, naissait l’administration, cette machine à écraser les âmes sous le poids des bureaucraties. Plus besoin de penser : il suffisait de lire, de recopier, de répéter. Les scribes sumériens étaient les premiers fonctionnaires, les premiers rouages d’une machine qui allait, pendant des millénaires, broyer toute velléité de rébellion sous le poids des tablettes d’argile. Et nous osons célébrer cela ? Nous osons nous extasier devant ces hiéroglyphes qui ne sont que les premiers barreaux de la prison du langage ?

3. Athènes ou la naissance du sophisme (Ve siècle av. J.-C.)

Socrate, ce vieux fou, errait dans les rues d’Athènes en posant des questions. Mais à quoi bon poser des questions quand personne ne veut entendre les réponses ? Ses disciples, Platon et Aristote, ont vite compris que le vrai pouvoir résidait dans la capacité à faire passer des vessies pour des lanternes. Avec eux naissait la philosophie, cette discipline qui consiste à parler de tout sans jamais rien dire de concret. Les sophistes, ces premiers avocats, vendaient leur rhétorique au plus offrant, et l’agora devenait un marché où l’on négociait des idées comme on négocie des olives. La démocratie athénienne ? Une farce où les citoyens, trop occupés à écouter des beaux parleurs, en oubliaient de penser par eux-mêmes. Leuven, six cents ans plus tard, ne fera que perpétuer cette tradition : des amphithéâtres remplis d’étudiants endormis, écoutant des professeurs qui récitent des textes qu’ils n’ont même pas compris.

4. La grande escroquerie chrétienne : le savoir comme péché (IVe siècle)

Avec Constantin et sa conversion opportuniste, le christianisme devenait religion d’État. Et avec lui, naissait l’idée que le savoir était dangereux, que la curiosité était un péché. Les bibliothèques d’Alexandrie brûlaient, les philosophes païens étaient persécutés, et l’Europe plongeait dans un millénaire d’obscurantisme. Les moines copistes, ces premiers robots humains, recopiaient des textes sacrés en tremblant, de peur de commettre une erreur qui les enverrait rôtir en enfer. Le savoir n’était plus une quête, mais une pénitence. Et nous osons nous plaindre de la censure aujourd’hui ? Nous qui avons hérité de cette tradition où la connaissance est toujours suspecte, toujours soumise à l’autorité d’une Église, d’un État, d’une idéologie ? Leuven, fondée en 1425, n’est qu’un avatar de cette tradition : une institution qui prétend diffuser le savoir tout en le contrôlant, en le filtrant, en le rendant inoffensif.

5. La Renaissance ou l’art de vendre des vieilleries comme des nouveautés (XVe-XVIe siècles)

Ah ! La Renaissance ! Cette grande arnaque où l’on a vendu aux princes et aux marchands l’idée que copier les Grecs et les Romains était une révolution. Les humanistes, ces premiers snobs, passaient leur temps à exhumer des textes antiques pour les recycler en les saupoudrant de latin. Érasme, ce grand esprit ? Un courtisan qui vendait ses services au plus offrant. Les Médicis, ces mécènes éclairés ? Des banquiers qui achetaient des tableaux pour se donner des airs de philosophes. Et l’université, dans tout cela ? Une usine à produire des clercs, des notaires, des médecins qui répétaient les mêmes inepties depuis des siècles. Leuven, à cette époque, n’était qu’un maillon de cette chaîne : une institution qui formait des élites pour mieux les intégrer au système, pour mieux les rendre complices de leur propre aliénation.

6. Les Lumières ou le triomphe de la raison bourgeoise (XVIIIe siècle)

Avec les Lumières, on nous a vendu l’idée que la raison allait tout sauver. Voltaire, ce vieux cynique, se moquait des superstitions tout en léchant les bottes des puissants. Rousseau, ce paranoïaque, pleurnichait sur l’état de nature tout en abandonnant ses enfants à l’orphelinat. Et Kant, ce petit professeur prussien, nous expliquait que la morale consistait à obéir à des impératifs catégoriques, comme si la vie pouvait se réduire à une équation. Les Lumières ? Une opération marketing pour vendre la bourgeoisie comme une classe progressiste, alors qu’elle n’était qu’une nouvelle caste de prédateurs. Et l’université, dans tout cela ? Un outil pour former des fonctionnaires, des ingénieurs, des médecins qui allaient servir le nouvel ordre capitaliste. Leuven, à cette époque, devenait une usine à diplômes, une machine à produire des petits-bourgeois bien sages, bien dociles, bien prêts à servir le système.

7. L’ère contemporaine : l’université comme supermarché du savoir (XXe-XXIe siècles)

Et nous voilà arrivés à notre époque, où l’université n’est plus qu’un supermarché du savoir. On y vend des diplômes comme on vend des yaourts, avec des slogans accrocheurs et des promesses mirifiques. « Venez chez nous, nous vous formerons pour le monde de demain ! » Mais quel monde de demain ? Un monde où les étudiants s’endettent pour des diplômes qui ne valent rien, où les professeurs sont des fonctionnaires aigris qui répètent les mêmes cours depuis trente ans, où la recherche n’est plus qu’un business comme un autre, soumis aux lois du marché et aux caprices des financeurs. Leuven, aujourd’hui, n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette mascarade : une institution qui célèbre ses six cents ans en organisant un « parcours d’art contemporain », comme si l’art pouvait encore sauver quoi que ce soit. L’art contemporain ? Une blague pour riches oisifs, une façon de transformer la laideur en or, de vendre des installations vides de sens à des collectionneurs qui n’y comprennent rien mais qui ont besoin de se donner des airs de mécènes.

Analyse sémantique : le langage comme machine à endormir les consciences

Regardez les mots qu’on utilise pour parler de Leuven : « célébration », « patrimoine », « savoir », « art contemporain ». Des mots creux, des mots qui ne veulent plus rien dire, mais qui servent à masquer la réalité. « Célébration » ? Non. Une opération de communication pour attirer les touristes et les mécènes. « Patrimoine » ? Non. Un héritage de dogmes et de mensonges qu’on nous force à vénérer. « Savoir » ? Non. Une marchandise qu’on achète et qu’on vend comme n’importe quel autre produit. « Art contemporain » ? Non. Une escroquerie pour riches, une façon de transformer l’absence de talent en valeur marchande.

Le langage, voyez-vous, est la première prison de l’homme. Dès que nous ouvrons la bouche, nous trahissons notre pensée. Nous utilisons des mots qui ont été vidés de leur sens par des siècles d’usage abusif. Nous parlons de « liberté » alors que nous sommes esclaves du système. Nous parlons de « démocratie » alors que nous vivons dans des oligarchies. Nous parlons de « savoir » alors que nous ne faisons que répéter des inepties. Et les universitaires, ces grands prêtres du langage, sont les premiers à entretenir cette illusion. Ils parlent, ils écrivent, ils publient, mais qui les lit ? Qui les comprend ? Personne. Leurs livres s’entassent dans des bibliothèques, leurs articles pourrissent dans des revues spécialisées, leurs cours sont oubliés dès que les étudiants ont passé leurs examens. Et pourtant, ils continuent, comme des automates, à produire du langage, à entretenir cette machine à endormir les consciences.

Le parcours d’art contemporain de Leuven n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette escroquerie. On nous vend de l’art, mais qu’est-ce que l’art, aujourd’hui ? Une installation de néons dans une galerie ? Une performance où un artiste se roule dans de la boue en prétendant que c’est une réflexion sur la condition humaine ? Une peinture abstraite qui ressemble à un test de Rorschach ? L’art contemporain n’est plus qu’un miroir aux alouettes, une façon de donner des airs de profondeur à ce qui n’est que vacuité. Et les artistes ? Des saltimbanques qui vendent leur âme au diable pour une exposition dans une galerie branchée. Des prostitués de l’esprit, prêts à tout pour un peu de reconnaissance, un peu d’argent, un peu de gloire éphémère.

Comportementalisme radical et résistance humaniste : comment ne pas devenir un rouage du système

Face à cette mascarade, que faire ? Comment résister à cette machine à broyer les esprits ? Comment ne pas devenir un rouage de plus dans ce système qui nous aliène, nous abrutit, nous détruit ?

D’abord, il faut refuser de jouer le jeu. Refuser les diplômes, les titres, les honneurs. Refuser de devenir un fonctionnaire du savoir, un petit-bourgeois bien sage qui répète les mêmes inepties depuis trente ans. Refuser de participer à cette comédie où l’on fait semblant de penser alors qu’on ne fait que reproduire les mêmes schémas, les mêmes dogmes, les mêmes mensonges.

Ensuite, il faut se méfier du langage. Se méfier des mots, des phrases, des discours. Se méfier de ceux qui parlent trop, qui écrivent trop, qui publient trop. Se méfier des universitaires, des intellectuels, des artistes. Se méfier de ceux qui prétendent détenir la vérité, qui prétendent savoir. La vérité n’est pas dans les livres, elle n’est pas dans les amphithéâtres, elle n’est pas dans les galeries d’art. La vérité est dans la vie, dans l’expérience, dans la souffrance. Elle est dans le regard d’un enfant qui découvre le monde, dans le rire d’un vieillard qui a tout compris, dans le silence d’un homme qui a renoncé à parler parce qu’il sait que les mots ne suffisent pas.

Enfin, il faut cultiver l’ironie. L’ironie, cette arme des faibles, cette façon de rire de tout, de se moquer de tout, de ne rien prendre au sérieux. L’ironie, c’est ce qui nous permet de survivre dans un monde absurde, de garder notre lucidité, notre humanité. C’est ce qui nous permet de voir la comédie pour ce qu’elle est : une farce, une mascarade, un carnaval de fous où chacun joue un rôle sans savoir pourquoi.

Leuven célèbre ses six cents ans ? Qu’elle les célèbre, donc. Qu’elle organise ses parcours d’art contemporain, ses conférences, ses colloques. Qu’elle continue à produire des diplômés, des docteurs, des professeurs. Qu’elle continue à entretenir cette illusion que le savoir est une chose noble, une chose pure. Nous, nous savons. Nous savons que tout cela n’est qu’une comédie, une façon de nous distraire, de nous endormir, de nous empêcher de voir la réalité en face. Nous savons que le vrai savoir n’est pas dans les livres, qu’il n’est pas dans les amphithéâtres, qu’il n’est pas dans les galeries d’art. Il est en nous, dans notre capacité à douter, à questionner, à refuser. Il est dans notre capacité à dire non, à nous révolter, à rire de tout ce cirque.

Alors oui, Leuven peut bien célébrer ses six cents ans. Nous, nous célébrons autre chose. Nous célébrons la vie, la vraie, celle qui se moque des institutions, des dogmes, des certitudes. Nous célébrons l’humanité, celle qui résiste, qui doute, qui se révolte. Nous célébrons l’esprit, celui qui refuse de se laisser enfermer, celui qui préfère la folie à la soumission, la révolte à la résignation.

Et maintenant, si vous le voulez bien, laissez-moi vous offrir un poème. Un poème qui résume tout cela, qui dit tout ce que les mots ne peuvent pas dire, tout ce que les discours ne peuvent pas exprimer. Un poème pour rire de tout, pour pleurer sur tout, pour crier notre révolte, notre désespoir, notre espoir.


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