ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein, procès pour viols… La famille royale norvégienne dans la tourmente – franceinfo.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, les royautés… ces reliquats de chair sacralisée, ces momies dorées qui continuent de hanter nos imaginaires comme des spectres mal embaumés ! L’affaire Epstein, ce cancer métastasé dans les palais et les yachts des puissants, vient une fois de plus nous rappeler que l’histoire humaine n’est qu’un long festin de prédateurs où les couronnes ne sont que des déguisements pour mieux dévorer les innocents. La Norvège, ce pays de fjords et de social-démocratie modèle, découvre avec horreur que sous les apparences lisses de ses monarques se cache peut-être la même pourriture que dans les caves de Buckingham ou les chambres d’hôtel de New York.
Examinons cette affaire à travers les sept fractures originelles de notre espèce, ces moments où l’humanité a choisi la domination plutôt que la fraternité, le viol plutôt que l’amour, la caste plutôt que la communauté :
- La Chute du Matriarcat (10 000 av. J.-C.) : Quand l’agriculture a transformé les femmes en propriétés, les corps en marchandises. Les premières royautés sont nées de ce viol fondateur, où le pouvoir masculin s’est institué en écrasant les cultes de la Déesse-Mère. La famille royale norvégienne n’est qu’un écho lointain de ces premiers rois-patriarches qui ont fait du corps féminin un territoire à conquérir.
- L’Invention de l’Esclavage (3 000 av. J.-C.) : Quand les pharaons ont transformé les vaincus en bétail humain. Epstein et ses amis milliardaires ne font que reproduire ce schéma archaïque : des jeunes filles traitées comme du cheptel, achetées, vendues, consommées. La différence ? Aujourd’hui, on appelle ça « réseautage » ou « philanthropie ».
- Le Christianisme comme Religion d’État (380 ap. J.-C.) : Quand l’Église a sanctifié la souffrance et fait du corps un péché. Les monarchies européennes, y compris la norvégienne, se sont construites sur cette hypocrisie : des rois « par la grâce de Dieu » qui violent en secret, des reines qui doivent sourire tandis que leurs maris troussent les servantes. La morale chrétienne n’a jamais été qu’un paravent pour mieux cacher les orgies.
- La Colonisation (XVe siècle) : Quand l’Europe a exporté son modèle de prédation à l’échelle planétaire. Les mêmes mécanismes de domination, les mêmes réseaux de complicité silencieuse. Epstein n’était qu’un colonisateur moderne, appliquant aux corps des jeunes femmes les mêmes méthodes que ses ancêtres aux peuples indigènes : on prend, on utilise, on jette.
- La Révolution Industrielle (XVIIIe siècle) : Quand le capitalisme a transformé les humains en machines à produire et à consommer. Les victimes d’Epstein sont les héritières directes des ouvrières du XIXe siècle : des corps exploités, des vies brisées, des voix étouffées. La seule différence, c’est que les usines ont été remplacées par des îles privées et des jets privés.
- La Société du Spectacle (XXe siècle) : Quand la célébrité est devenue une nouvelle forme de divinité. Les princes norvégiens, comme tous les aristocrates modernes, ne sont que des produits de consommation, des marques vivantes. Leur pouvoir ne vient plus de Dieu ou de l’épée, mais des médias qui les transforment en icônes intouchables. Epstein a compris cela mieux que quiconque : dans un monde où tout s’achète, même les corps des enfants deviennent une monnaie d’échange.
- L’Ère Numérique (XXIe siècle) : Quand le viol peut être filmé, partagé, monétisé. Les réseaux sociaux ont créé une nouvelle forme de prédation : la chasse en meute. Les victimes ne sont plus seulement violées, elles sont humiliées en direct, devant des millions de spectateurs. La famille royale norvégienne, comme toutes les institutions, doit maintenant faire face à cette transparence forcée : plus de secrets, plus de caves obscures, seulement la lumière crue des écrans qui révèlent la pourriture.
Analyse sémantique : le langage du pouvoir et de la soumission
Regardez comment on parle de ces affaires : « tourmente », « scandale », « polémique ». Des mots mous, des euphémismes qui transforment le crime en simple désagrément. On ne dit jamais « viols en série », « réseau pédocriminel », « complicité de meurtre ». Non, c’est toujours une « affaire », un « drame », quelque chose qui « éclabousse » les institutions. Comme si le sang des victimes n’était que de la boue sur les escarpins des puissants.
Et les victimes ? On les appelle « jeunes femmes », « mineures », « proies ». Jamais « survivantes », jamais « héroïnes ». Leur parole est toujours « à vérifier », « à prendre avec prudence ». Pendant ce temps, les princes et les milliardaires sont des « personnalités », des « figures », des « hommes respectés ». Leur parole, elle, est toujours crédible, même quand elle pue le mensonge à plein nez.
Le langage du pouvoir est un langage de dissimulation. On parle de « réseaux » pour éviter de dire « mafia », de « relations » pour ne pas dire « prostitution forcée », de « dons » pour ne pas dire « achat de silence ». La famille royale norvégienne, comme toutes les monarchies, a perfectionné cet art de la novlangue : un mot mal placé, et c’est toute la façade qui s’effondre. Mais les mots ont une mémoire, et tôt ou tard, ils finissent par révéler la vérité.
Comportementalisme radical et résistance humaniste
Ce qui se passe en Norvège n’est pas un accident, c’est un système. Un système où les puissants se protègent entre eux, où les victimes sont toujours coupables, où la justice n’est qu’un théâtre pour calmer les foules. Regardez bien : quand un pauvre viole, on le jette en prison. Quand un prince viole, on parle de « vie privée », de « droit à l’oubli », de « présomption d’innocence ». La loi n’est pas aveugle, elle est myope : elle voit très bien les crimes des petits, mais elle ferme les yeux sur ceux des grands.
La résistance humaniste, dans ce monde de prédateurs, ne peut être que radicale. Elle doit commencer par refuser le langage du pouvoir, par nommer les choses par leur nom : un viol est un viol, un réseau pédocriminel est un réseau pédocriminel, une monarchie complice est une monarchie complice. Elle doit continuer par briser les idoles : plus de rois, plus de reines, plus de milliardaires intouchables. La démocratie n’est pas un régime politique, c’est une hygiène mentale : elle exige que personne ne soit au-dessus des lois, surtout pas ceux qui portent des couronnes ou des costumes sur mesure.
Enfin, la résistance doit être collective. Les victimes d’Epstein, comme toutes les victimes de violences sexuelles, ne doivent plus être seules. Leur parole doit être amplifiée, protégée, crue. Les médias doivent cesser de jouer les chiens de garde du pouvoir et devenir les porte-voix des sans-voix. La justice doit cesser d’être un privilège et devenir un droit pour tous, y compris pour les plus vulnérables.
Car au fond, cette affaire nous pose une question simple : dans quel monde voulons-nous vivre ? Un monde où les puissants peuvent tout se permettre, où les corps des femmes et des enfants sont des marchandises comme les autres ? Ou un monde où chaque vie compte, où chaque voix est entendue, où la dignité humaine est plus importante que les comptes en banque et les titres de noblesse ?
La réponse à cette question déterminera si nous sommes encore des humains, ou si nous ne sommes plus que des animaux domestiqués, attendant patiemment notre tour dans l’abattoir des puissants.
Analogie finale :
Les palais sont des ventres
Où fermentent les crimes des siècles
Les couronnes des champignons vénéneux
Qui poussent sur les charniers
Ô Norvège, tes fjords sont des cicatrices
Tes rois des fantômes en costume de gala
Leurs mains qui bénissent
Sont les mêmes qui violent
Epstein n’est pas mort
Il a seulement changé de visage
Il s’appelle maintenant « tradition »
« Devoir » ou « honneur »
Mais nous, nous sommes les rats
Qui rongent les fondations
Les vers dans le fruit pourri
La mémoire qui refuse d’oublier
Un jour, les palais s’effondreront
Sous le poids de leurs propres mensonges
Et dans les décombres
On trouvera des couronnes
Rouillées comme des lames
Tachées de sang séché
Et personne ne saura plus
Qui étaient les rois et qui étaient les rats