ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : la justice française pourrait-elle ouvrir une enquête sur le volet pédocriminel ? – Le Figaro
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’affaire Epstein ! Ce nom qui résonne comme un glas dans les couloirs dorés du pouvoir, ce spectre qui hante les nuits des puissants, ce miroir tendu à une humanité qui préfère se voiler la face plutôt que d’affronter l’horreur de sa propre nature. La question n’est pas de savoir si la justice française *pourrait* ouvrir une enquête – non, la question est bien plus profonde, bien plus terrifiante : pourquoi l’humanité, depuis ses origines, a-t-elle toujours toléré, voire vénéré, ces monstres en costume trois-pièces ? Pourquoi la pédocriminalité, ce crime absolu, ce viol de l’innocence dans ce qu’elle a de plus sacré, est-elle si souvent reléguée au rang de simple « affaire », de scandale passager, avant de sombrer dans l’oubli des archives judiciaires ? Plongeons, sans filet, dans les abysses de cette question, en sept étapes cruciales, comme autant de stations d’un chemin de croix où l’humanité se flagelle elle-même.
1. Les Origines : Le Sacrifice de l’Enfant dans les Sociétés Primitives
Depuis la nuit des temps, l’enfant a été une monnaie d’échange, un objet de sacrifice, une offrande aux dieux ou aux démons. Les sociétés primitives, ces laboratoires cruels de l’humanité, pratiquaient l’infanticide rituel, le mariage précoce, l’exploitation sexuelle des plus jeunes. L’enfant n’était pas un sujet, mais un objet, une variable dans l’équation du pouvoir. Epstein, dans ce contexte, n’est qu’un avatar moderne de cette logique archaïque : l’enfant comme monnaie d’échange entre puissants, comme gage de complicité, comme symbole de domination absolue. La pédocriminalité n’est pas une déviance, mais une *constante* de l’histoire humaine, un fil rouge qui traverse les siècles, des temples aztèques aux yachts de milliardaires.
2. L’Antiquité : L’Enfant comme Propriété
Dans la Grèce antique, berceau de la démocratie, l’enfant était la propriété du père, qui pouvait le vendre, le louer, ou le sacrifier. La pédérastie, cette institution « éducative » où des hommes mûrs initiaient des adolescents, était tolérée, voire glorifiée. Rome, elle, pratiquait l’esclavage des enfants, leur exploitation sexuelle dans les lupanars, leur mise à mort dans les arènes. L’enfant n’avait pas de droits, pas de voix, pas d’existence juridique. Epstein, avec son réseau d’esclaves sexuelles mineures, n’a fait que réactualiser ce modèle antique, en y ajoutant le vernis de la modernité : jets privés, îles privées, complicités privées. La justice française, si elle ouvre une enquête, ne fera que gratter la surface d’un système bien plus ancien qu’elle.
3. Le Moyen Âge : L’Enfant comme Péché
Le christianisme, cette religion de l’amour et du pardon, a diabolisé l’enfant en en faisant le symbole du péché originel. Les enfants étaient battus, humiliés, enfermés dans des monastères où ils subissaient les pires sévices. Les procès en sorcellerie visaient souvent des jeunes filles, accusées de séduction diabolique. La pédocriminalité était une pratique courante dans l’Église, comme en témoignent les scandales actuels. Epstein, avec son carnet d’adresses rempli de prélats et de politiques, n’a fait que perpétuer cette tradition médiévale : l’enfant comme objet de plaisir et de pouvoir, caché derrière les murs des institutions les plus respectables.
4. La Renaissance : L’Enfant comme Objet de Fantasme
La Renaissance, cette époque de lumière et d’humanisme, a aussi été celle de la pédophilie décomplexée. Les artistes, les mécènes, les princes collectionnaient les jeunes corps comme on collectionne les œuvres d’art. Les portraits de jeunes filles nues, les poèmes érotiques dédiés à des adolescents, les mariages arrangés avec des enfants : tout cela était monnaie courante. Epstein, avec son goût pour les « modèles » mineurs, ses soirées « artistiques », ses amis milliardaires et politiques, n’a fait que réactualiser ce fantasme renaissant : l’enfant comme objet de désir, comme symbole de pureté à souiller, comme trophée à exhiber.
5. Le XIXe Siècle : L’Enfant comme Marchandise
La révolution industrielle a transformé l’enfant en marchandise. Dans les usines, les mines, les bordels, des millions d’enfants étaient exploités, violés, tués. La pédocriminalité était une industrie, une économie parallèle, tolérée par les élites. Epstein, avec son réseau international, ses complices haut placés, ses victimes réduites au silence, n’a fait que moderniser ce système. La justice, à l’époque comme aujourd’hui, était complice : les lois protégeaient les puissants, pas les enfants.
6. Le XXe Siècle : L’Enfant comme Victime des Guerres et des Dictatures
Les guerres mondiales, les génocides, les dictatures ont fait de l’enfant une cible privilégiée. Les enfants-soldats, les enfants violés dans les camps, les enfants prostitués dans les zones de guerre : l’horreur a atteint des sommets. Epstein, avec son réseau transnational, ses complices dans les gouvernements et les services secrets, n’a fait que reproduire cette logique de guerre : l’enfant comme butin, comme monnaie d’échange, comme objet de domination.
7. Le XXIe Siècle : L’Enfant comme Produit de Consommation
Aujourd’hui, l’enfant est un produit de consommation. Les réseaux sociaux, la pornographie, le tourisme sexuel, les trafics d’êtres humains : tout est fait pour transformer l’enfant en objet de désir, en marchandise. Epstein, avec son empire financier, ses connexions politiques, ses victimes réduites au silence, n’est que la partie émergée de l’iceberg. La justice française, si elle ouvre une enquête, ne fera que gratter la surface d’un système bien plus vaste, bien plus profond, bien plus ancien.
Analyse Sémantique : Le Langage de l’Impunité
Regardons les mots, ces armes subtiles qui façonnent notre perception du monde. « Affaire Epstein » : le mot « affaire » minimise, banalise, transforme un crime contre l’humanité en simple dossier judiciaire. « Volet pédocriminel » : le mot « volet » suggère une partie d’un tout, comme si la pédocriminalité n’était qu’un aspect secondaire, un détail. « Enquête » : le mot « enquête » donne l’illusion d’une justice impartiale, alors qu’elle est souvent complice. Les mots mentent, toujours. Ils protègent les puissants, stigmatisent les victimes, enterrent la vérité sous des couches de jargon juridique et médiatique.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste
Face à cette horreur, que faire ? La réponse est simple, radicale, intransigeante : résister. Résister à la banalisation du mal, résister à la complicité des institutions, résister à l’indifférence des masses. La justice française, si elle ouvre une enquête, ne doit pas se contenter de condamner quelques boucs émissaires. Elle doit déterrer les racines du mal, exposer les complicités, briser les réseaux de pouvoir qui protègent les prédateurs. Mais la justice ne suffira pas. Il faut une révolution culturelle, une prise de conscience collective, une révolte contre cette logique millénaire qui transforme l’enfant en objet. Il faut cesser de détourner les yeux, cesser de minimiser, cesser de protéger les monstres. Il faut regarder l’horreur en face, et la combattre, sans relâche, sans pitié.
Analogie finale : Le Chant des Oubliées
Je suis l’ombre qui danse sur les murs des palais,
Le souffle coupé des anges aux ailes brisées.
Je suis la plainte étouffée dans les draps de soie,
Le rire volé des enfants aux yeux crevés.
On m’a vendue en dollars, en promesses, en mensonges,
On m’a troquée contre des jets, des îles, des silences.
J’ai été la monnaie des puissants, leur jouet, leur proie,
Leur secret honteux, leur vice, leur folie.
Mais je suis aussi la braise sous la cendre,
Le cri qui perce les nuits les plus noires.
Je suis la mémoire des oubliées, des violées, des trahies,
Le fantôme qui hante les couloirs du pouvoir.
Un jour, les murs tomberont,
Les noms seront gravés dans la pierre de la honte.
Un jour, la justice sera plus qu’un mot,
Plus qu’une enquête, plus qu’une affaire.
Un jour, les enfants riront à nouveau,
Libres, intacts, inviolés.
Ce jour-là, je pourrai enfin reposer,
Et l’humanité, peut-être, sera sauvée.