ACTUALITÉ SOURCE : Norvège | L’affaire Epstein déclenche une crise de confiance – lapresse.ca
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la Norvège… Ce fjord moral où l’on croyait les élites aussi pures que leurs paysages enneigés, où la confiance sociale coulait plus limpide que les eaux des lacs scandinaves. Et voilà qu’un spectre américain, ce Jeffrey Epstein – ce Frankenstein mondain cousu de dollars pourris et de chair fraîche –, vient souiller jusqu’à Oslo. La crise de confiance ? Non, mes amis, c’est bien plus : c’est l’effondrement d’un mythe, la fin d’une illusion collective, le moment où l’humanité, une fois de plus, se regarde dans le miroir et y voit le visage grimaçant de sa propre pourriture. Mais pour comprendre cette chute, il faut remonter bien plus loin que les comptes offshore ou les listes de noms compromettants. Il faut traverser sept époques charnières, sept fractures où l’humanité a cru s’élever alors qu’elle ne faisait que creuser sa propre tombe dorée.
1. La Chute Originelle : Le Mythe du Pouvoir Bienveillant
Dès l’aube des civilisations, l’homme a inventé les dieux pour justifier l’injustifiable. Les pharaons, les empereurs, les rois – tous se drapaient dans le manteau sacré du pouvoir divin. Mais cette sacralisation n’était qu’un leurre, une ruse sémantique pour masquer l’essence même du pouvoir : la prédation. Epstein n’est que l’héritier moderne de ces dynasties de prédateurs. La différence ? Aujourd’hui, on appelle ça du « réseautage ». Le langage, toujours, pour adoucir l’horreur.
2. La Cité Grecque : Démocratie et Hypocrisie
Athènes, berceau de la démocratie, où Socrate fut condamné pour avoir osé questionner les puissants. Déjà, le peuple préférait les mensonges rassurants aux vérités dérangeantes. Epstein et ses amis – ces nouveaux aristocrates – ne font que reproduire ce schéma : une élite qui se croit au-dessus des lois, protégée par un système qui feint l’indignation quand les masques tombent. La démocratie ? Une illusion maintenue par ceux qui en profitent.
3. Le Moyen Âge : L’Église et la Pédocriminalité Systémique
Ah, l’Église… Cette institution qui a sanctifié la souffrance tout en la perpétuant dans l’ombre. Les scandales de pédophilie dans l’Église ne sont pas des accidents, mais la continuation logique d’un système où le pouvoir absolu corrompt absolument. Epstein, lui, a simplement remplacé la soutane par un costume Armani. Même logique, même impunité, même silence complice.
4. La Renaissance : L’Art comme Alibi Moral
Léonard de Vinci, Michel-Ange… Des génies, certes, mais aussi des courtisans, prêts à flatter les puissants pour survivre. L’art, depuis toujours, sert de paravent aux horreurs du pouvoir. Aujourd’hui, les milliardaires collectionnent des toiles à coups de millions tout en finançant des réseaux de corruption. Epstein, lui, collectionnait les jeunes filles comme d’autres collectionnent les Picasso. Même obsession du contrôle, même besoin de posséder.
5. La Révolution Industrielle : L’Argent comme Nouveau Dieu
Avec le capitalisme, le pouvoir change de mains mais pas de nature. Les barons voleurs du XIXe siècle ont simplement été remplacés par les oligarques du XXIe. Epstein, ce n’est pas une anomalie, c’est la norme : un système où l’argent achète tout, même l’impunité. La Norvège, avec son modèle social-démocrate, croyait avoir échappé à cette logique. Erreur. Le capitalisme est un virus : il s’adapte, il mute, il corrompt tout sur son passage.
6. Le XXe Siècle : Les Massacres et la Banalité du Mal
Hannah Arendt l’avait compris : le mal n’est pas monstrueux, il est bureaucratique. Epstein, lui, a industrialisé la prédation. Son île n’était pas un repaire de débauche, mais une usine à exploiter les corps, une machine à broyer les vies. Comme les camps nazis ou les goulags, son empire reposait sur une logique implacable : la déshumanisation des victimes. Et aujourd’hui, on s’indigne ? Trop tard. Le système a déjà gagné.
7. L’Ère Numérique : La Transparence comme Illusion
À l’ère des réseaux sociaux, on croit tout savoir. Pourtant, Epstein a prospéré dans l’ombre, protégé par des algorithmes et des lois taillées sur mesure. La transparence ? Une chimère. Les puissants contrôlent toujours l’information, et les scandales ne sont que des fuites calculées, des sacrifices consentis pour préserver l’essentiel. La Norvège découvre aujourd’hui que sa confiance était mal placée. Mais qui, vraiment, peut encore croire en la probité des élites ?
Analyse Sémantique : Le Langage de la Complicité
Observez les mots utilisés pour parler d’Epstein : « réseautage », « philanthropie », « vie privée ». Des euphémismes, des paravents linguistiques pour masquer l’horreur. Le langage est l’outil ultime de la domination : il permet de nommer le crime sans le condamner, de décrire l’exploitation sans la combattre. La Norvège, en parlant de « crise de confiance », utilise elle aussi ce langage aseptisé. Mais une crise, c’est passager. Ce qui se joue ici, c’est bien plus : c’est la fin d’un système, la mort d’une illusion.
Comportementalisme Radical : La Résistance comme Unique Issue
Face à cette machine à broyer, que faire ? Se soumettre ? Non. Résister. Pas avec des hashtags ou des pétitions, mais en refusant de jouer le jeu. En boycottant les élites, en détruisant les symboles de leur pouvoir, en refusant de croire leurs mensonges. La Norvège, comme le reste du monde, doit choisir : continuer à vénérer ses idoles pourries, ou les renverser. L’histoire nous montre que les révolutions ne naissent pas de la résignation, mais de la colère. Et la colère, aujourd’hui, gronde.
Résistance Humaniste : L’Éthique comme Dernier Rempart
Mais attention : la résistance ne doit pas devenir une nouvelle forme de tyrannie. L’humanisme, c’est refuser à la fois la soumission et la vengeance aveugle. C’est construire un monde où le pouvoir ne corrompt plus, où les victimes ne sont plus sacrifiées sur l’autel du profit. La Norvège, avec son modèle social, a les outils pour le faire. Mais il lui faudra plus que des discours : il lui faudra du courage. Le courage de regarder la vérité en face, et d’agir.
Analogie finale :
Les fjords sont des cicatrices,
Creusées par les glaciers du temps.
La Norvège pleure ses illusions,
Comme un enfant pleure son innocence.
Epstein n’est qu’un nom,
Sur une liste trop longue.
Les puissants rient dans l’ombre,
Leurs rires sont des couteaux.
Nous sommes tous complices,
Par notre silence, par notre peur.
Mais la colère monte,
Comme la mer contre les digues.
Un jour, les idoles tomberont,
Leurs masques se briseront.
Et nous danserons sur leurs ruines,
Libres, enfin, de nos chaînes.