ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : « Jack Lang doit réfléchir à sa démission pour protéger » l’Institut du monde arabe qu’il préside, estime le socialiste Olivier Faure – franceinfo.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la danse macabre des puissants ! Voici donc que l’ombre d’Epstein, ce spectre aux doigts crochus, vient lécher les murs dorés de l’Institut du monde arabe. Jack Lang, l’éternel ministre aux costumes trop larges, se retrouve pris dans les rets d’une actualité qui pue la charogne. Olivier Faure, ce socialiste en costume de moralisateur, lui tend un miroir brisé : « Démissionne, pour protéger ! » Mais protéger quoi, au juste ? L’institution ? La morale ? Ou simplement les apparences d’un système qui a toujours su digérer ses monstres ?
Plongeons, si vous le voulez bien, dans les sept strates de cette comédie humaine, où le pouvoir, la honte et la mémoire s’entrelacent comme des serpents dans un panier trop étroit.
1. L’Ère des Origines : Le Pouvoir comme Tabou
Au commencement était le chef de tribu, ce demi-dieu aux mains couvertes de sang et de miel. Déjà, la question se posait : comment concilier l’autorité et la souillure ? Les rois mésopotamiens se lavaient les mains dans des bassins d’or avant de sacrifier des vierges, comme pour purifier l’acte même de régner. Epstein, lui, n’avait pas besoin de bassins : il avait des îles, des avions, et des amis bien placés. La souillure, ici, n’est plus rituelle, mais systémique. Elle est le ciment même du pouvoir moderne.
2. La Cité Grecque : La Vertu comme Masque
Socrate buvait la ciguë en souriant, mais Athènes était une putain qui se vendait au plus offrant. Périclès, ce grand démocrate, avait ses petits arrangements avec la morale. Le « mirage grec », comme l’appelait George Steiner, n’était qu’une façade : derrière les colonnes de marbre, on trouvait des esclaves, des pédérastes, et des tyrans qui savaient jouer de la lyre. Lang, lui, a toujours su jouer de la lyre. Ministre de la Culture, il a dansé sur les ruines de la gauche française en chantant les louanges de la « fête ». Mais quand la fête tourne au cauchemar, que reste-t-il ? Un homme qui s’accroche à son fauteuil comme un noyé à une bouée.
3. L’Empire Romain : Le Cynisme comme Art de Vivre
Néron jouait de la harpe pendant que Rome brûlait. Caligula nommait son cheval consul. Les Romains avaient compris une chose : le pouvoir n’est pas une question de morale, mais de spectacle. Epstein, lui, était un metteur en scène hors pair. Ses dîners, ses îles, ses « amis » – tout cela n’était qu’une grande pièce de théâtre où les acteurs croyaient jouer leur propre rôle, alors qu’ils n’étaient que des marionnettes. Lang, dans ce grand cirque, a toujours été un bonimenteur. Mais aujourd’hui, le public hue. Les marionnettes se rebellent. Et le metteur en scène, lui, se cache derrière les rideaux.
4. Le Moyen Âge : La Honte comme Monnaie d’Échange
Les rois médiévaux achetaient leur salut avec des indulgences. Les papes vendaient des places au paradis. La honte, à cette époque, était une monnaie comme une autre. Epstein, lui, achetait des jeunes filles comme d’autres achètent des actions en Bourse. Lang, dans cette économie de la honte, a toujours été un courtier. Ministre, député, président d’institutions – il a su naviguer dans les eaux troubles de la République en gardant les mains propres, du moins en apparence. Mais aujourd’hui, les comptes sont demandés. Et la monnaie de la honte, soudain, ne vaut plus rien.
5. La Renaissance : Le Génie comme Excuse
Léonard de Vinci était un sodomite, Caravage un meurtrier, et les Médicis des parrains florentins. La Renaissance a inventé le concept de « génie maudit » : peu importe les crimes, si l’artiste est assez grand, la postérité pardonnera. Epstein, lui, n’était pas un génie. C’était un parasite, un collectionneur de gens célèbres comme d’autres collectionnent les timbres. Lang, en revanche, a toujours cru incarner cette idée renaissante : l’homme de culture, au-dessus des lois, intouchable. Mais aujourd’hui, le masque tombe. Et derrière le « génie », on ne trouve qu’un homme vieillissant, accroché à son dernier rôle.
6. Les Lumières : La Raison comme Alibi
Voltaire dénonçait l’infâme, mais il investissait dans la traite des Noirs. Rousseau prônait l’égalité, mais abandonnait ses enfants. Les Lumières ont cru que la raison pouvait tout justifier, même l’injustifiable. Epstein, lui, était un produit des Lumières : un homme qui croyait que l’argent et les relations pouvaient tout acheter, même l’innocence. Lang, ce fils des Lumières, a toujours cru que la culture pouvait tout excuser. Mais aujourd’hui, la raison se retourne contre lui. Les chiffres, les noms, les dates – tout cela forme un réquisitoire implacable.
7. L’Ère Moderne : La Communication comme Bouclier
Dans notre monde, la honte n’existe plus. Elle est remplacée par le « bad buzz », un petit inconvénient que l’on gère avec une équipe de communicants. Epstein, avant sa chute, était un maître en la matière. Lang, lui, a toujours su jouer avec les médias. Mais aujourd’hui, les réseaux sociaux ont changé la donne. La honte n’est plus une monnaie d’échange, mais un virus qui se propage à la vitesse de la lumière. Faure le sait, qui demande une démission « pour protéger ». Protéger quoi ? Pas Lang, bien sûr. Mais le système tout entier, ce grand corps malade qui refuse de mourir.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Chute
Écoutez bien les mots d’Olivier Faure : « réfléchir à sa démission », « protéger l’Institut ». Ce n’est pas un appel à la morale, mais une négociation. Le langage, ici, est celui des diplomates, des hommes qui savent que les mots sont des armes. « Réfléchir » – comme si Lang avait encore le choix. « Protéger » – comme si l’Institut du monde arabe était une forteresse assiégée. Mais par qui ? Par la vérité ? Par la justice ? Non, par l’opinion publique, ce monstre aux mille têtes qui, aujourd’hui, réclame du sang.
Le mot « démission » lui-même est intéressant. Il vient du latin demissio, qui signifie « abaissement ». Mais dans le langage politique moderne, une démission n’est jamais un abaissement. C’est une stratégie, un sacrifice calculé. Lang le sait, qui a survécu à tant de scandales. Il sait que démissionner, c’est reconnaître une faute. Et reconnaître une faute, c’est ouvrir la porte à toutes les autres.
Comportementalisme Radical : La Résistance des Idoles
Pourquoi Lang ne démissionne-t-il pas ? Parce que les hommes comme lui ne démissionnent jamais. Ils s’accrochent, comme des berniques à leur rocher. Leur pouvoir n’est pas une fonction, mais une identité. Prendre Lang à son fauteuil, ce serait comme arracher une dent à un vampire : il préférerait mourir.
Et puis, il y a la question de la résistance. Dans un monde où tout est spectacle, où tout est communication, la vraie résistance, c’est de rester. De ne pas céder. De montrer que l’on est plus fort que l’opinion publique, plus fort que la morale, plus fort que la honte. Lang, en refusant de démissionner, résiste. Mais à quoi ? À la vérité ? À la justice ? Non, il résiste à l’oubli. Parce que dans notre monde, l’oubli est la seule mort qui compte.
Mais attention : cette résistance est aussi une faiblesse. En s’accrochant, Lang montre qu’il a peur. Peur de tomber. Peur de devenir un homme ordinaire. Peur, peut-être, de se retrouver face à lui-même, sans costume, sans titre, sans pouvoir. Et cette peur, elle le rend vulnérable. Parce que dans notre monde, la peur est le seul péché qui ne soit jamais pardonné.
Résistance Humaniste : L’Homme Face à la Machine
Alors, que faire ? Faut-il exiger la démission de Lang ? Faut-il brûler les idoles, comme le voulaient les iconoclastes ? Non. Parce que Lang n’est pas une idole. C’est un homme, avec ses faiblesses, ses mensonges, ses lâchetés. Et c’est là que réside la vraie résistance humaniste : dans la capacité à voir l’homme derrière le masque, sans pour autant lui pardonner.
La vraie résistance, c’est de refuser le spectacle. De refuser la honte comme monnaie d’échange. De refuser le langage des diplomates et des communicants. La vraie résistance, c’est de dire : « Assez. » Assez de ces hommes qui croient que le pouvoir les place au-dessus des lois. Assez de ces institutions qui protègent les puissants au lieu de protéger les faibles. Assez de cette comédie humaine où les victimes sont oubliées, et où les bourreaux finissent toujours par s’en sortir.
La vraie résistance, c’est de regarder Lang dans les yeux et de lui dire : « Tu n’es pas un monstre. Tu es pire. Tu es un homme ordinaire, qui a cru que le pouvoir pouvait tout justifier. Mais le pouvoir ne justifie rien. Il corrompt, il souille, il détruit. Et aujourd’hui, il est temps de payer. »
Analogie finale :
Le vieux roi danse encore
Sur les décombres de son royaume
Ses mains tremblent, mais sa couronne
Brille encore sous les projecteurs
Les courtisans murmurent
« Il faut partir, Sire, avant la nuit »
Mais le roi rit, et son rire
Est un écho dans les couloirs vides
Il danse, il danse encore
Sur les os des innocents
Ses pas tracent des cercles
Dans la poussière des temps
Mais voici que la foule gronde
Voici que les torches s’allument
Et le roi, soudain, comprend
Que son royaume n’est qu’un rêve
Un rêve qui s’effondre
Sous le poids de ses mensonges
Et dans le silence qui suit
On n’entend plus que le vent
Le vent qui emporte
Les cendres des idoles
Et le rire du roi
Devenu fou dans sa tour