Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe, au ministre des Affaires étrangères, qui en « prend acte » – franceinfo.fr







L’Échiquier des Ombres – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe, au ministre des Affaires étrangères, qui en « prend acte » – franceinfo.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le théâtre des apparences qui se déchire, comme un rideau de soie pourri révélant l’ossature rouillée des coulisses. Jack Lang, ce nom qui résonne comme un écho des années mitterrandiennes, ce ministre de la Culture devenu grand prêtre des institutions culturelles, propose aujourd’hui sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe. Une démission enrobée de guillemets, comme si les mots eux-mêmes refusaient de prendre cette décision au sérieux. « Propose », « prend acte » : le langage diplomatique, cette langue morte que parlent les puissants pour ne rien dire, pour ne surtout pas avouer l’inavouable. Mais derrière ces formules creuses, que voit-on ? Une humanité en décomposition, un système qui se nourrit de ses propres excréments, et l’éternel retour de la lâcheté érigée en vertu.

Pour comprendre cette mascarade, il faut remonter aux origines mêmes de la corruption, non pas comme un phénomène isolé, mais comme une constante anthropologique, une ombre portée sur l’histoire de l’humanité. Sept étapes cruciales jalonnent cette descente aux enfers, où le pouvoir et la perversion s’entrelacent comme les serpents du caducée.

1. La Chute originelle : le pouvoir comme péché
Dès l’aube des civilisations, le pouvoir a été synonyme de transgression. Les rois sumériens, les pharaons, les empereurs romains : tous ont bâti leur légitimité sur le sang et le mensonge. Le pouvoir absolu corrompt absolument, disait Lord Acton, mais c’est bien plus que cela : il révèle l’homme dans sa nudité la plus crasse, débarrassé des oripeaux de la morale. Epstein, ce nom qui hante l’actualité comme un spectre, n’est que l’héritier de cette lignée maudite, un prédateur moderne qui a compris que l’argent et les relations pouvaient acheter non seulement des corps, mais aussi le silence des institutions.

2. Le Moyen Âge : la corruption sacralisée
L’Église médiévale a perfectionné l’art de la corruption en la drapant de sainteté. Les indulgences, les simonies, les réseaux d’influence : tout était permis au nom de Dieu. Jack Lang, lui, a toujours joué sur ce registre, celui de l’intellectuel engagé, du progressiste éclairé, du pontife laïc. Mais derrière les discours sur la culture pour tous, quelle réalité ? Celle d’un système où les nominations se font entre amis, où les subventions pleuvent sur les affidés, où les scandales sont étouffés sous des tapis persans. L’Institut du monde arabe, cette vitrine clinquante de la diplomatie culturelle française, n’est qu’un temple de plus où l’on sacrifie l’intégrité sur l’autel des convenances.

3. La Renaissance : l’hypocrisie comme art de vivre
Avec la Renaissance, la corruption devient un art. Les Médicis, les Borgia, les papes débauchés : tous ont compris que le pouvoir se maintient par le mensonge et la manipulation. Machiavel, dans Le Prince, théorise cette duplicité : il faut paraître vertueux, mais savoir être cruel quand il le faut. Jack Lang, ce Machiavel en costume trois-pièces, a toujours excellé dans cet exercice. Ministre de la Culture sous Mitterrand, il a transformé la politique culturelle en une machine à broyer les opposants, à récompenser les courtisans, à étouffer les voix discordantes. Et aujourd’hui, alors que l’ombre d’Epstein plane sur lui, il « propose » sa démission, comme si cette proposition était un acte de courage. Quelle farce !

4. Les Lumières : la corruption rationalisée
Les Lumières ont cru pouvoir éradiquer la corruption par la raison. Mais elles n’ont fait que la rationaliser, la rendre plus insidieuse. Les loges maçonniques, les sociétés secrètes, les réseaux d’influence : la corruption devient systémique, institutionnelle. Epstein, avec son carnet d’adresses rempli de noms illustres, est un produit de cette époque. Il a compris que le pouvoir ne se prend pas par la force, mais par la séduction, par l’argent, par la promesse de privilèges. Et Jack Lang, ce produit des années 1980, a parfaitement intégré cette leçon. Son « réseau », comme on dit dans les couloirs du pouvoir, est une toile d’araignée où viennent se prendre les naïfs et les ambitieux.

5. Le XIXe siècle : la corruption industrialisée
Avec la révolution industrielle, la corruption devient un phénomène de masse. Les scandales financiers, les pots-de-vin, les trafics d’influence : tout est monétisé, tout est à vendre. Les banquiers, les industriels, les politiciens : tous sont complices. Epstein, ce banquier sulfureux, est un héritier direct de cette époque. Il a compris que l’argent pouvait tout acheter, même l’impunité. Et Jack Lang, ce politicien vieillissant, a parfaitement intégré cette logique. Son « réseau » n’est qu’un marché où l’on échange des faveurs contre des postes, des subventions contre des soutiens, des silences contre des décorations.

6. Le XXe siècle : la corruption médiatisée
Au XXe siècle, la corruption devient un spectacle. Les médias, la télévision, les réseaux sociaux : tout est mis en scène, tout est théâtralisé. Les scandales deviennent des feuilletons, les politiciens des acteurs, les citoyens des spectateurs passifs. Epstein, avec ses soirées mondaines, ses invités prestigieux, ses rumeurs sulfureuses, a parfaitement compris cette logique. Il a transformé la corruption en un spectacle, une performance où chacun joue son rôle. Et Jack Lang, ce vieux routier de la politique, a toujours excellé dans cet exercice. Ses discours enflammés, ses poses de grand humaniste, ses larmes de crocodile : tout est calculé, tout est faux.

7. Le XXIe siècle : la corruption numérisée
Aujourd’hui, la corruption est numérisée, dématérialisée. Les paradis fiscaux, les cryptomonnaies, les réseaux sociaux : tout est conçu pour brouiller les pistes, pour rendre la corruption invisible. Epstein, avec ses comptes offshore, ses sociétés écrans, ses complices haut placés, est un produit de cette époque. Il a compris que l’argent pouvait circuler sans laisser de traces, que les preuves pouvaient être effacées d’un clic, que les témoins pouvaient être réduits au silence par la peur ou l’argent. Et Jack Lang, ce dinosaure de la politique, a dû s’adapter à cette nouvelle donne. Sa « démission », cette proposition enrobée de guillemets, est une tentative désespérée de sauver les apparences, de préserver son réseau, de préparer son retour.

Mais au-delà de cette analyse historique, il faut s’attarder sur le langage, cette arme de destruction massive des consciences. Les mots « propose » et « prend acte » sont des chefs-d’œuvre de novlangue diplomatique. « Proposer », c’est suggérer, c’est laisser une porte de sortie, c’est éviter l’humiliation de la destitution. « Prendre acte », c’est reconnaître sans approuver, c’est acter sans s’engager, c’est enterrer l’affaire sans la régler. Ce langage, cette langue de bois, est le symptôme d’une société malade, où les mots ont perdu leur sens, où les actes n’ont plus de conséquences, où la morale est une variable d’ajustement.

Et que dire du comportementalisme radical qui sous-tend cette affaire ? Epstein, ce prédateur, a compris que l’être humain est un animal conditionnable, que la peur, l’argent et la vanité peuvent le transformer en marionnette. Il a créé un système où chacun avait quelque chose à perdre, où le silence était la seule monnaie d’échange. Jack Lang, ce vieux renard, a parfaitement intégré cette logique. Il sait que le pouvoir se maintient par la peur, par la complicité, par l’omerta. Sa « démission » n’est qu’une manœuvre de plus dans ce jeu de dupes, une tentative de préserver son réseau, de sauver les meubles, de préparer son retour.

Face à cette déliquescence, que reste-t-il ? Une résistance humaniste, une révolte des consciences, un refus de se soumettre à cette logique de la corruption. Il faut briser les chaînes du silence, dénoncer les hypocrisies, refuser les compromis. Il faut exiger des comptes, des sanctions, des réparations. Il faut rappeler que la politique n’est pas un jeu, que la culture n’est pas une marchandise, que la dignité humaine n’est pas négociable.

Mais cette résistance ne peut venir que d’en bas, des citoyens, des anonymes, de ceux qui refusent de se soumettre à la loi des puissants. Elle ne viendra pas des institutions, gangrenées par la corruption, ni des médias, complices des manipulateurs. Elle viendra de ceux qui, comme Antigone face à Créon, refusent de plier devant l’injustice, de se taire devant l’oppression, de courber l’échine devant les puissants.

Car au fond, cette affaire Epstein-Lang n’est qu’un symptôme, une manifestation d’une maladie plus profonde, d’une humanité en perdition. Nous vivons dans un monde où les valeurs sont inversées, où le mensonge est vérité, où la corruption est vertu, où la lâcheté est prudence. Il est temps de renverser cette table, de briser ces idoles, de rétablir la justice et la dignité.

Analogie finale :


Les rois sont morts, vive les pantins !
Dans l’arène des ombres, ils dansent,
Vêtus de pourpre et de mensonges,
Leurs mains tremblent, leurs yeux fuient.

Epstein, ce spectre aux doigts crochus,
A tissé sa toile d’or et de boue,
Attirant les mouches avides,
Les Lang, les Clinton, les princes sans couronne.

« Propose », dit l’un, « Prend acte », répond l’autre,
Leur langage est un linceul,
Un suaire pour enterrer la vérité,
Un suaire pour étouffer les cris.

Mais dans l’ombre, les enfants pleurent,
Leurs larmes sont des diamants noirs,
Des gemmes de révolte et de colère,
Qui brilleront un jour dans la nuit.

Car le pouvoir est une illusion,
Un château de cartes, un mirage,
Et quand le vent de l’histoire soufflera,
Il ne restera que poussière et silence.

Alors, debout, les damnés de la terre !
Debout, les oubliés, les humiliés !
Le temps des pantins est révolu,
Place à la révolte, place à la lumière !



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