ACTUALITÉ SOURCE : Marine Le Pen, Bruno Le Maire, Jack Lang… L’affaire Epstein fait aussi trembler Paris – Courrier international
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
L’affaire Epstein n’est pas un scandale. C’est une radiographie. Une de ces plaques photographiques où les os de la civilisation apparaissent en négatif, révélant ce que les chairs du pouvoir ont toujours dissimulé : la mécanique implacable du désir et de la domination, cette danse macabre où les corps deviennent monnaie d’échange et les âmes, simples variables dans l’équation du pouvoir. Paris tremble ? Non. Paris se souvient. Paris sait. Paris a toujours su. Depuis les orgies de la Régence jusqu’aux partouzes de la Ve République, la ville lumière n’a jamais été que le théâtre d’ombres où se jouent, en coulisses, les véritables tragédies de l’Histoire.
1. Les Origines : Le Péché Originel du Pouvoir
Dès l’aube de l’humanité, le pouvoir s’est structuré autour de deux axes : la violence et la séduction. Les premiers chefs de tribu n’étaient pas seulement des guerriers, mais aussi des séducteurs, des manipulateurs de symboles et de corps. Le harem n’est pas une invention orientale, mais une constante anthropologique. Epstein, dans sa villa new-yorkaise ou son île privée, n’a fait que réactualiser, avec les moyens du capitalisme financier, ce que les pharaons et les empereurs romains pratiquaient déjà : la réduction de l’humain à l’état de marchandise, de trophée, de monnaie vivante. La différence ? Aujourd’hui, les chaînes sont en or, et les bourreaux portent des costumes sur mesure.
2. La Renaissance : L’Hypocrisie comme Art de Vivre
L’Europe des cours royales a perfectionné l’art de la dissimulation. Sous les perruques poudrées et les manières raffinées, les réseaux de prostitution et d’exploitation sexuelle étaient aussi organisés que les armées de Louis XIV. Versailles n’était pas seulement un palais, mais un vaste lupanar où les corps des courtisanes et des courtisans servaient de monnaie d’échange politique. Jack Lang, dans cette affaire, n’est qu’un héritier lointain de cette tradition : l’intellectuel mondain, l’homme de culture qui sait que le pouvoir se conquiert autant dans les salons que dans les alcôves. Son nom dans cette affaire n’est pas une surprise, mais une confirmation. La culture, depuis toujours, est le plus beau des paravents.
3. La Révolution Industrielle : Le Capitalisme comme Proxénète
Avec l’avènement du capitalisme, l’exploitation sexuelle est devenue une industrie. Les bordels de Londres, de Paris ou de New York n’étaient pas seulement des lieux de plaisir, mais des centres névralgiques de l’économie souterraine. Epstein, banquier et financier, a compris avant les autres que l’argent n’était pas seulement un moyen d’acheter des biens, mais aussi des corps, des consciences, des carrières. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, incarne cette continuité : l’argent, même lorsqu’il se pare des atours de la respectabilité, reste un fluide corrupteur, un sang noir qui irrigue les réseaux de pouvoir. Son nom dans cette affaire n’est pas une anomalie, mais une logique.
4. Le XXe Siècle : La Politique comme Spectacle de la Déchéance
Les totalitarismes du XXe siècle ont poussé la logique de l’exploitation à son paroxysme. Les camps de concentration et les goulags n’étaient pas seulement des machines à tuer, mais aussi des laboratoires où l’humain était réduit à l’état de chose. Epstein, dans son île, a reproduit à petite échelle cette logique : un microcosme où les puissants venaient se repaître de chair fraîche, où les jeunes femmes étaient traitées comme du bétail. Marine Le Pen, dans cette affaire, représente une autre facette de cette déchéance : la récupération politique. Le Front National, aujourd’hui Rassemblement National, a toujours été un parti qui instrumentalise les peurs et les fantasmes. Son nom dans cette affaire n’est pas une coïncidence, mais une stratégie : celle de la diversion, de la victimisation, de la récupération des scandales pour mieux les retourner contre l’adversaire.
5. L’Ère Numérique : La Marchandisation Totale
Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et l’économie de l’attention, l’exploitation sexuelle a atteint une nouvelle dimension. Les corps sont devenus des données, des flux, des algorithmes. Les jeunes femmes ne sont plus seulement des proies, mais des produits, des contenus à consommer et à monétiser. Epstein, avec son réseau, a anticipé cette logique : il ne vendait pas seulement des corps, mais des expériences, des fantasmes, des illusions de pouvoir. Les noms qui circulent dans cette affaire – Le Pen, Le Maire, Lang – ne sont que les symptômes d’un système où tout est à vendre, où tout peut être acheté, où même l’honneur et la dignité ont un prix.
6. Analyse Sémantique : Le Langage du Pouvoir et de la Soumission
Le langage utilisé pour décrire l’affaire Epstein est révélateur. On parle de « réseau », de « complices », de « victimes ». Mais ces mots sont des euphémismes. Un réseau, c’est une toile d’araignée où les mouches viennent se prendre. Des complices, ce sont des prédateurs qui se partagent les restes. Des victimes, ce sont des proies qui n’ont pas eu le choix. Le langage du pouvoir est un langage de dissimulation. Il utilise des termes neutres, techniques, pour masquer l’horreur. « Prostitution », « échangisme », « libertinage » : autant de mots qui servent à édulcorer la réalité de l’exploitation. Le pouvoir, depuis toujours, parle en codes. Et ces codes sont toujours les mêmes : ceux de la domination.
7. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Face à cette mécanique implacable, que reste-t-il ? La résistance, bien sûr. Mais une résistance qui ne se contente pas de mots. Une résistance qui passe par la déconstruction des mythes, par la mise à nu des mécanismes du pouvoir. Les noms qui circulent dans cette affaire – Le Pen, Le Maire, Lang – ne sont pas des exceptions, mais des produits d’un système. Un système où l’argent et le pouvoir sont les deux faces d’une même pièce, où la corruption est la norme, où l’exploitation est une seconde nature. La résistance, c’est d’abord un refus : refus de participer, refus de cautionner, refus de fermer les yeux. Mais c’est aussi une reconstruction : reconstruction d’un langage, d’une éthique, d’une humanité. Parce que l’humanité, justement, est ce qui est en jeu. Dans cette affaire, comme dans tant d’autres, ce ne sont pas seulement des carrières qui sont menacées, ce sont des vies qui ont été brisées, des destins qui ont été volés. La résistance, c’est de ne jamais oublier cela.
L’affaire Epstein n’est pas un scandale. C’est un miroir. Un miroir tendu à une société qui a fait de l’exploitation une norme, de la corruption une habitude, de la domination un art. Les noms qui circulent – Le Pen, Le Maire, Lang – ne sont que les reflets de cette réalité. Ils ne sont pas des monstres, mais des produits. Des produits d’un système qui a toujours fonctionné ainsi, depuis l’aube des temps. La question n’est pas de savoir qui est coupable, mais de comprendre comment ce système fonctionne, et comment le détruire. Parce que tant qu’il existera, il y aura des Epstein, des Le Pen, des Le Maire, des Lang. Et tant qu’il existera, l’humanité restera une marchandise.
Les Ombres de Paris
Paris, ville lumière, ville d’ombres,
Où les ombres dansent sur les murs des palais,
Où les rires des puissants couvrent les sanglots,
Où les corps s’échangent comme des secrets.
Ils viennent, ils voient, ils prennent,
Les ministres, les banquiers, les artistes,
Leurs mains sont propres, leurs âmes sont sales,
Leurs discours sont lisses, leurs actes sont vils.
L’île d’Epstein n’est qu’un reflet,
Un miroir tendu à la face du monde,
Où se reflètent les visages des hommes,
Leurs sourires faux, leurs regards vides.
Paris tremble ? Non, Paris se souvient.
Paris sait que sous les dorures,
Sous les discours, sous les lois,
Il n’y a que la boue, la pourriture.
Mais dans l’ombre, quelque chose résiste,
Une lueur, une étincelle,
Celle de ceux qui refusent de plier,
De ceux qui disent non, de ceux qui se battent.
Paris n’est pas seulement une ville,
C’est un champ de bataille,
Où se joue, chaque jour,
Le combat pour l’humanité.