Son nom cité dans les documents liés à l’affaire Epstein, une ancienne Miss France « profondément choquée » – magicmaman.com







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Affaire et l’Éternel Retour du Même


ACTUALITÉ SOURCE : Son nom cité dans les documents liés à l’affaire Epstein, une ancienne Miss France « profondément choquée » – magicmaman.com

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’éternel théâtre des marionnettes humaines, où les fils invisibles de la honte et du pouvoir dansent une valse macabre depuis que l’homme a troqué sa peau de bête contre le masque de la civilisation ! Cette affaire, ce nom jeté en pâture comme un os à ronger pour les chiens affamés de morale, cette ancienne reine de beauté « profondément choquée » – quelle farce sublime, quel chef-d’œuvre d’ironie historique ! Observons, disséquons, ricanons et pleurons, car c’est là tout le spectre de notre misérable condition.

Première étape, celle des origines : l’homme, ce primate mal dégrossi, découvre très tôt que la domination passe par le corps. Dans les grottes de Lascaux déjà, les chamanes peignaient des femmes aux hanches larges, symboles de fertilité et de soumission. Le pouvoir, dès l’aube des temps, se niche dans la chair. Les rois sumériens offraient leurs filles aux dieux, les pharaons épousaient leurs sœurs, et les empereurs romains violaient les esclaves entre deux banquets. La beauté, cette malédiction, est depuis toujours une monnaie d’échange, un passeport pour l’abjection ou la gloire. Qu’une Miss France soit « choquée » aujourd’hui, c’est comme si une vestale s’étonnait du feu sacré.

Deuxième acte, la Grèce antique et son théâtre cruel : les courtisanes, ces « hetairai », étaient à la fois déesses et putains, adulées et méprisées. Aspasie, compagne de Périclès, fut accusée de corrompre la jeunesse – déjà, le même refrain ! La beauté est un crime quand elle échappe au contrôle des hommes. Platon, dans son « Banquet », fait dire à Socrate que l’amour est une échelle menant à la contemplation du Beau absolu. Mais qui monte cette échelle ? Qui en tombe ? Les documents d’Epstein, ces listes maudites, ne sont que la version moderne des tablettes d’argile où les noms des prostituées sacrées étaient gravés pour l’éternité. La honte, elle aussi, est éternelle.

Troisième moment, le Moyen Âge et ses sorcières : les femmes trop belles, trop libres, finissaient sur le bûcher. La beauté était une hérésie, un pacte avec le diable. Les rois capétiens collectionnaient les maîtresses comme des reliques, et les reines stériles étaient répudiées. La cour de Versailles, quatrième étape, pousse le cynisme à son paroxysme : les favorites, les « maîtresses-en-titre », étaient exhibées comme des trophées, puis jetées aux oubliettes quand leur éclat pâlissait. Madame de Pompadour, Madame du Barry – des noms qui sentent le parfum et le sperme, la rose et la pourriture. La « profondeur » du choc de notre Miss France est à la mesure de son ignorance : elle croit que l’Histoire a commencé avec son élection.

Cinquième acte, la révolution industrielle et son cortège d’horreurs : les usines, les bordels, les mines où des enfants vendaient leur corps pour un quignon de pain. Les « filles de joie » de Paris, étudiées par Parent-Duchâtelet, étaient fichées, examinées, marquées comme du bétail. La beauté, alors, n’était plus un privilège, mais une malédiction de plus. Les suffragettes, ces folles, osaient réclamer le droit de vote – quelle audace ! – tandis que les hommes continuaient à se partager le monde comme un gâteau. Les documents d’Epstein, ces listes de noms, rappellent étrangement les registres des maisons closes du XIXe siècle. Rien de nouveau sous le soleil, sinon la honte qui, elle, se recycle à l’infini.

Sixième étape, le XXe siècle et ses monstres : les camps de concentration, les viols de guerre, les réseaux de traite des Blanches. Les nazis, ces esthètes de l’horreur, classaient les femmes en catégories raciales, comme on juge des chevaux. Les communistes, eux, envoyaient les « bourgeoises » dans les goulags pour les « rééduquer ». La beauté, sous Staline, était un crime contre le prolétariat. Et aujourd’hui ? Aujourd’hui, on parle de « consentement », de « trauma », de « réparation ». Comme si ces mots pouvaient effacer des millénaires de violence. Comme si une Miss France « choquée » pouvait comprendre l’ampleur de la tragédie.

Septième et dernier acte, notre époque : celle des réseaux sociaux, des influenceuses, des « like » et des « followers ». La beauté est devenue une industrie, un algorithme, une marchandise comme une autre. Les jeunes filles se filment en train de danser, de se déshabiller, de vendre leur âme pour un peu de gloire éphémère. Les documents d’Epstein, ces listes, ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Sous la surface, des millions de femmes – et d’hommes – se prostituent chaque jour, non pas pour de l’argent, mais pour de la reconnaissance, pour un peu d’amour, pour un peu de pouvoir. La « profondeur » du choc de notre ex-Miss est risible, car elle incarne cette illusion : croire que la beauté protège, alors qu’elle n’est qu’une cible de plus sur le dos des damnés.

Analyse sémantique, maintenant : le langage, ce piège, ce miroir déformant. « Profondément choquée » – quelle expression délicieuse ! « Profondément » suggère une introspection, une prise de conscience, une descente aux enfers de l’âme. Mais quelle profondeur peut avoir une femme dont la carrière se mesure en centimètres de tour de taille ? Le mot « choquée » est un euphémisme, un mot-valise qui cache mal la peur, la honte, la complicité peut-être. Dans le dictionnaire des opprimés, « choqué » signifie « j’ai été vue », « mon nom est sorti du placard », « ma respectabilité est en danger ». Les documents d’Epstein, eux, sont des bombes sémantiques : ils révèlent que le pouvoir, quel qu’il soit, est toujours une forme de prostitution. Les noms cités sont des aveux, des confessions arrachées à la nuit des temps.

Comportementalisme radical : l’homme est un animal conditionné, dressé depuis l’enfance à obéir aux lois du plus fort. Les Miss France, ces poupées de cire, sont les produits d’un système qui récompense la soumission et punit la rébellion. Leur « choc » est le symptôme d’un dressage réussi : elles croient encore à la pureté, à l’innocence, à la possibilité d’une beauté sans tache. Mais la beauté, comme le pouvoir, est toujours sale. Elle se nourrit de sang, de larmes, de sueur. Les documents d’Epstein ne sont pas une anomalie, mais la norme. La résistance humaniste, elle, commence par le refus de ce conditionnement. Refuser d’être une victime, refuser d’être une complice, refuser de jouer le jeu. Mais qui, parmi les « choquées », osera ce saut dans le vide ? Qui osera dire : « Je ne suis pas une victime, je suis une survivante, et je vais brûler ce système de l’intérieur » ?

Résistance humaniste, donc : elle passe par la lucidité, cette arme blanche. Voir le monde tel qu’il est, sans fard, sans illusion. Comprendre que la beauté est une prison dorée, que le pouvoir est une drogue, que la honte est le ciment de notre société. La résistance, c’est refuser de jouer les vierges effarouchées quand on est cité dans des documents sordides. C’est assumer, c’est dire : « Oui, j’ai été là, oui, j’ai vu, oui, j’ai peut-être même profité du système. Et maintenant, je vais tout casser. » La résistance, c’est aussi refuser de victimiser les femmes. Une Miss France « choquée » n’est pas une victime, mais une actrice – consciente ou non – d’un système qu’elle a contribué à perpétuer. La vraie résistance, c’est de refuser ce rôle, de refuser cette comédie.

Et maintenant, le poème, cette lame qui tranche dans le vif de l’âme :


Oh, les reines de carton, les déesses en papier glacé,
Vos couronnes sont des chaînes, vos sourires des cicatrices.
Vous croyez que la lumière vous appartient,
Mais vous n’êtes que des ombres dansantes sur le mur de la caverne.

Les documents s’ouvrent comme des tombeaux,
Vos noms y dansent, fantômes d’un bal macabre.
« Profondément choquée » – quelle blague amère !
Votre profondeur n’est qu’un puits sans fond,
Où se noient les illusions et les mensonges.

Vous avez vendu votre peau pour des paillettes,
Votre âme pour un peu de gloire éphémère.
Maintenant, les masques tombent,
Et vous découvrez, horrifiées,
Que le miroir ne reflète plus que la honte.

Mais écoutez, écoutez le vent qui hurle :
Il porte les cris des femmes brûlées,
Des esclaves violées, des reines répudiées.
Vos « chocs » sont des murmures dans la tempête,
Vos larmes, des gouttes dans l’océan de la souffrance.

Levez-vous, si vous l’osez,
Brûlez vos couronnes, déchirez vos robes.
La résistance n’est pas un mot,
C’est un feu qui consume tout sur son passage.
Et ce feu, mesdames, commence en vous.



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