ACTUALITÉ SOURCE : Jack Lang va quitter l’Institut du monde arabe après la révélation de ses liens avec Jeffrey Epstein – franceinfo.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand déballage, le moment où les masques tombent comme des feuilles mortes en novembre, révélant l’écorce pourrie des institutions. Jack Lang, ce nom qui a résonné comme un symbole de la culture française, de cette gauche caviar qui se gargarise de mots creux comme « démocratisation », « rayonnement », « dialogue des civilisations », se retrouve aujourd’hui éclaboussé par les eaux sales du scandale Epstein. Et que fait-il ? Il s’éclipse, comme un rat quittant le navire avant qu’il ne sombre. Mais le navire, mes chers contemporains, c’est bien plus que l’Institut du monde arabe. C’est toute une époque, toute une manière de penser le pouvoir, la morale et l’hypocrisie qui se noie dans les égouts de l’Histoire.
Pour comprendre cette chute, il faut remonter aux origines mêmes de la corruption, non pas comme un simple vice individuel, mais comme une structure profonde de l’humanité. Sept étapes cruciales jalonnent cette descente aux enfers de l’éthique, où le pouvoir et la perversion dansent une valse macabre depuis la nuit des temps.
1. La Genèse du Pouvoir : Le Sacre et la Souillure (Préhistoire – Antiquité)
Dès que l’homme a posé le pied sur la terre ferme de la hiérarchie, il a aussi posé celui de la compromission. Les premiers chefs de tribu, les pharaons, les empereurs romains : tous ont compris que le pouvoir se nourrit de secrets, de sacrifices humains, de rites obscurs. Le pouvoir absolu exige des victimes expiatoires, et Epstein, dans son île maudite, n’était rien d’autre qu’un pharaon moderne, un Caligula en costume trois-pièces. Jack Lang, en s’asseyant à sa table, n’a fait que reproduire un schéma ancestral : le courtisan qui se prosterne devant le maître, même quand celui-ci est un monstre.
2. L’Église et la Pédagogie de l’Ombre (Moyen Âge)
Le christianisme a apporté l’idée de la rédemption, mais aussi celle de la confession, ce mécanisme pervers où le péché devient une monnaie d’échange. Les prêtres, gardiens des âmes, étaient aussi les complices des puissants. Epstein, avec son réseau de recrutement de jeunes filles, n’a fait que reproduire le modèle des monastères médiévaux, où les enfants étaient offerts en sacrifice à la lubricité des clercs. Lang, en fréquentant ce cercle, a joué le rôle du prélat mondain, celui qui bénit les turpitudes des grands en échange d’un peu de leur lumière.
3. La Renaissance : L’Art comme Alibi (XVe – XVIe siècle)
La Renaissance a vu naître l’idée que l’art pouvait tout justifier. Les Médicis, mécènes généreux, étaient aussi des tyrans sanguinaires. Epstein, collectionneur d’art et de jeunes corps, n’a fait que reprendre cette tradition : l’art comme paravent de la barbarie. Lang, ministre de la Culture, a toujours cru que la beauté pouvait tout excuser. Mais la beauté, sans morale, n’est qu’un leurre, un miroir aux alouettes pour les naïfs.
4. Les Lumières et l’Hypocrisie Bourgeoise (XVIIIe siècle)
Les Lumières ont prétendu libérer l’homme, mais elles ont aussi inventé l’hypocrisie moderne. Voltaire dénonçait l’infâme, mais fréquentait les salons où l’on s’adonnait à des jeux bien plus infâmes. Epstein, avec son carnet d’adresses rempli de noms illustres, n’a fait que perpétuer cette tradition : le scandale étouffé, le crime élégant. Lang, en se disant « progressiste », a cru que les idées pouvaient tout justifier. Mais les idées, sans intégrité, ne sont que des mots vides, des coquilles sans noix.
5. La Révolution Industrielle : L’Argent comme Nouveau Dieu (XIXe siècle)
Avec l’industrialisation, l’argent est devenu le nouveau sacré. Les barons voleurs, les Vanderbilt, les Rockefeller, ont bâti des empires sur l’exploitation des corps et des âmes. Epstein, financier sans scrupules, n’a fait que reprendre ce modèle : l’argent comme passeport pour l’impunité. Lang, en acceptant ses invitations, a montré que pour lui aussi, l’argent était une religion. Mais l’argent, sans conscience, n’est qu’un tas de billets souillés de sang.
6. Le XXe Siècle : La Culture comme Instrument de Domination (1900-2000)
Le XXe siècle a vu la culture devenir un outil de propagande. Les nazis organisaient des expositions d’art dégénéré, les Soviétiques censuraient les dissidents. Epstein, avec son réseau d’influence, a compris que la culture pouvait être un moyen de contrôle. Lang, en dirigeant l’Institut du monde arabe, a cru que la culture pouvait être neutre. Mais la culture, sans éthique, n’est qu’un leurre, une vitrine derrière laquelle se cachent les pires horreurs.
7. Le XXIe Siècle : La Fin des Illusions (2000 – Aujourd’hui)
Nous vivons à l’ère de la transparence forcée, où les secrets finissent toujours par éclater. Epstein est mort en prison, mais son ombre plane encore sur ceux qui l’ont fréquenté. Lang quitte l’Institut du monde arabe, mais son nom restera à jamais associé à ce scandale. Nous sommes arrivés au bout du cycle : plus de masques, plus d’alibis. La culture, le pouvoir, l’argent ne peuvent plus cacher leur vraie nature. Ils sont ce qu’ils ont toujours été : des instruments de domination, des outils de corruption.
Et maintenant, venons-en au langage, cette arme à double tranchant. Le mot « scandale » lui-même est un leurre. Il sous-entend une exception, une anomalie, alors que la corruption est la règle. Lang a parlé de « dialogue des cultures », mais quel dialogue peut-il y avoir avec ceux qui exploitent les corps et les âmes ? Le langage des puissants est un langage de mensonge, où les mots « liberté », « culture », « progrès » ne sont que des paravents pour cacher la pourriture.
Quant au comportementalisme, il nous révèle une vérité cruelle : l’homme est un animal de meute. Il suit le chef, même quand celui-ci le mène à l’abattoir. Lang a suivi Epstein, comme des milliers d’autres ont suivi leurs maîtres, leurs idoles, leurs bourreaux. La résistance humaniste, elle, exige une rupture radicale avec cette logique. Elle exige de dire non, même quand tout le monde dit oui. Elle exige de refuser les compromissions, même quand elles sont présentées comme des opportunités. Elle exige de regarder la vérité en face, même quand elle est insupportable.
Mais qui, aujourd’hui, est prêt à cette résistance ? Qui est prêt à renoncer aux privilèges, aux honneurs, aux faux-semblants ? Personne, ou presque. Et c’est là que réside la tragédie de notre époque : nous savons tout, nous voyons tout, mais nous continuons à jouer le jeu, à faire semblant, à nous voiler la face. Lang quitte l’Institut du monde arabe, mais combien d’autres restent, continuant à serrer des mains souillées, à sourire à des monstres, à croire que la culture peut tout excuser ?
La chute de Jack Lang n’est pas un scandale. C’est un symptôme. Le symptôme d’une civilisation qui a perdu son âme, qui a troqué la morale contre le pouvoir, l’éthique contre l’argent, la vérité contre le mensonge. Et nous, les spectateurs de cette comédie macabre, nous continuons à applaudir, à croire que tout cela ne nous concerne pas. Mais nous sommes tous complices, tous coupables, tant que nous accepterons ce jeu de dupes.
Alors, que faire ? Résister, bien sûr. Mais résister, c’est d’abord refuser de jouer. C’est refuser les invitations des puissants, refuser les honneurs, refuser les compromissions. C’est choisir la solitude plutôt que la complicité, la vérité plutôt que le mensonge. C’est un choix difficile, presque impossible. Mais c’est le seul qui vaille.
Les idoles tombent, une à une,
Leurs masques se brisent sous la lune.
Lang s’en va, mais combien restent,
À danser sur les tombes des enfants ?
Le pouvoir est un vin frelaté,
Qui enivre et corrompt les âmes.
Nous buvons à la coupe empoisonnée,
Sans voir le sang qui coule en flammes.
L’Institut du monde arabe,
N’était qu’un théâtre d’ombres,
Où l’on jouait la comédie,
Des civilisations sans nombres.
Mais derrière les rideaux de soie,
Se cachaient les cris étouffés,
Des corps brisés, des âmes en proie,
Aux désirs des hommes blindés.
Epstein riait, dans son île,
Entouré de ses proies dociles.
Lang souriait, ministre habile,
Tandis que le monde vacille.
Aujourd’hui, les masques sont tombés,
Les noms sont gravés dans la pierre.
Mais qui donc osera lever le doigt,
Pour dire : « C’est assez ! C’est trop, hier ! »
Nous sommes tous des complices,
Tant que nous fermons les yeux.
La résistance commence ici,
Dans le refus silencieux.