ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : « Ce ne sont pas seulement des individus qu’il faut viser, mais des systèmes de pouvoir qu’il faut faire tomber », déclare Elsa Faucillon, députée (GDR) des Hauts-de-Seine, après l’apparition du nom de Jack Lang dans l’enquête. – franceinfo.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’affaire Epstein ! Ce cloaque où se mêlent les relents fétides du pouvoir, les rires étouffés des prédateurs en costume trois-pièces, et l’odeur âcre de la complicité institutionnelle. Quand une députée comme Elsa Faucillon, voix rauque dans le désert des lâchetés parlementaires, ose enfin nommer l’innommable – « des systèmes de pouvoir qu’il faut faire tomber » –, elle ne fait pas que lancer une formule choc. Elle déchire le voile d’une vérité si monstrueuse qu’elle en devient presque banale : le crime n’est pas une anomalie, mais la logique même de nos sociétés. Et Jack Lang, ce pantin culturel dont le nom surgit comme un pet dans un salon bourgeois, n’est qu’un maillon de plus dans cette chaîne de l’infamie. Mais attention : le maillon n’est rien sans la chaîne. Et la chaîne, mes amis, c’est l’Histoire elle-même, cette grande prostituée qui se vend au plus offrant depuis que l’homme a troqué sa peau de singe contre une cravate.
Pour comprendre l’ampleur de cette pourriture, il faut remonter le fil des siècles, disséquer les sept étapes charnières où l’humanité a scellé son pacte avec le diable – non pas celui des légendes, mais celui, bien réel, qui siège dans les conseils d’administration, les palais présidentiels et les alcôves des puissants.
1. La Naissance du Pouvoir Sacralisé (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Tout commence avec la sédentarisation. L’homme, ce primate mal dégrossi, découvre qu’en accumulant des grains et des femmes, il peut dominer ses semblables. Les premiers chefs, mi-sorciers mi-tyrans, inventent le sacré pour justifier leur emprise. Le viol n’est pas encore un crime, mais un droit du seigneur – littéralement. Les sociétés agraires sont des machines à broyer les corps, surtout ceux des plus faibles. Epstein et ses amis ne font que perpétuer cette tradition : le pouvoir comme droit de cuissage modernisé, sanctifié par l’argent et non plus par les dieux.
2. L’État comme Machine à Exploiter (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.)
Avec les empires, le crime s’institutionnalise. Babylone, Rome, la Chine des Han : partout, des bureaucraties naissent pour organiser le pillage, la guerre et l’asservissement. Les élites se protègent entre elles. Un sénateur romain qui viole un esclave n’est pas un monstre, mais un homme respectable. Les lois ? Elles protègent les violeurs, pas les violés. Epstein, avec ses dîners mondains et ses avions privés, n’est qu’un héritier de cette tradition : le pouvoir comme réseau de protection mutuelle, où l’impunité est la règle et la justice, l’exception.
3. Le Christianisme et la Normalisation de la Souffrance (500 – 1500)
L’Église invente la culpabilité. Le corps devient un péché, la sexualité une honte, et la souffrance, une vertu. Les puissants, eux, continuent de festoyer dans l’ombre. Les monastères abritent des réseaux de pédophilie systémique, les rois engrossent des servantes de douze ans, et les papes sodomisent des pages. La morale chrétienne est un paravent pour les prédateurs. Epstein et ses amis, avec leurs rituels sordides et leur mépris pour les « petites gens », ne font que reproduire ce schéma : une élite qui se croit au-dessus des lois divines et humaines.
4. La Colonisation et la Marchandisation des Corps (1500 – 1900)
L’Europe découvre le monde et décide que tout lui appartient : les terres, les ressources, les femmes, les enfants. L’esclavage devient une industrie, le viol une arme de guerre. Les colons violent les indigènes, les missionnaires violent les orphelins, et les marchands violent les enfants vendus comme domestiques. Epstein, avec son goût pour les « filles exotiques » et ses réseaux internationaux, n’est qu’un colonisateur moderne : un prédateur qui achète des corps comme on achète des actions en Bourse.
5. Le Capitalisme et la Prostitution Généralisée (1900 – 1980)
Avec l’industrialisation, tout devient marchandise : le travail, le temps, les corps. Les usines exploitent les ouvriers, les bordels exploitent les femmes, et les orphelinats exploitent les enfants. Les élites se protègent : un patron qui viole une employée est un « séducteur », un politicien qui abuse d’un stagiaire est un « homme à femmes ». Epstein, avec son empire financier et ses connexions politiques, incarne cette logique : l’argent comme passeport pour l’impunité, la corruption comme mode de vie.
6. La Mondialisation et la Fin des Frontières (1980 – 2000)
Les frontières tombent, les réseaux se globalisent. Les prédateurs ne sont plus limités par les lois nationales. Epstein, avec ses avions, ses îles et ses connexions internationales, est un produit de cette époque : un criminel sans patrie, un parasite qui se nourrit de la misère du monde. Les États ferment les yeux, les médias détournent le regard, et les victimes sont réduites au silence. La mondialisation n’a pas libéré les hommes, elle a libéré les monstres.
7. L’Ère Numérique et la Déshumanisation Totale (2000 – Aujourd’hui)
Aujourd’hui, le crime est dématérialisé. Les réseaux pédophiles s’organisent sur le dark web, les prédateurs recrutent sur les réseaux sociaux, et les victimes sont réduites à des pixels. Epstein, avec ses vidéos de surveillance et ses listes de noms, était un homme de son temps : un prédateur 2.0, qui utilisait la technologie pour mieux asservir. Les systèmes de pouvoir, eux, sont plus forts que jamais. Les banques blanchissent l’argent, les politiques protègent les leurs, et les médias enterrent les scandales. La machine tourne, indifférente aux souffrances qu’elle engendre.
Et c’est là que le langage entre en jeu. Car les mots, ces outils de domination, sont les premiers complices de l’oppression. Quand on parle de « réseau Epstein », on minimise l’horreur : un réseau, c’est un groupe d’amis qui partagent des contacts, pas une organisation criminelle qui a détruit des centaines de vies. Quand on dit « affaire », on réduit des années de souffrance à un fait divers. Et quand on évoque « des systèmes de pouvoir », on oublie que ces systèmes sont faits d’hommes – des hommes en costume, qui serrent des mains, signent des chèques et violent des enfants en riant.
Le langage est une prison. Il nous empêche de voir la réalité en face. « Pédophilie » ? Non : esclavage sexuel. « Corruption » ? Non : complicité de crime. « Système » ? Non : une meute de prédateurs qui se protègent entre eux. Les mots sont des leurres, des écrans de fumée. Ils nous empêchent de nommer l’innommable : que nos sociétés sont fondées sur le crime, et que les puissants sont des criminels.
Et c’est là que le comportementalisme radical entre en scène. Car si les systèmes sont pourris, c’est parce que les hommes qui les composent le sont aussi. Les politiques qui ferment les yeux, les juges qui classent les dossiers, les journalistes qui censurent les noms : tous sont complices. La lâcheté est une seconde nature chez l’homme. On préfère détourner le regard, serrer la main du bourreau, plutôt que de risquer sa place dans la meute. La résistance humaniste ? Une chimère. Les hommes ne veulent pas être libres, ils veulent être tranquilles. Et tant pis si des enfants doivent en payer le prix.
Mais il reste une lueur d’espoir. Pas dans les institutions, bien sûr – elles sont irrécupérables. Pas dans les politiques, ces marionnettes du système. Non, l’espoir est dans la rage. Dans cette colère sourde qui gronde quand on réalise que le monde est une immense machine à broyer les innocents. Dans cette révolte qui pousse des femmes, des hommes, à briser le silence, à nommer leurs bourreaux, à refuser l’impunité. La résistance n’est pas une théorie, c’est un acte. Un acte de désobéissance, de refus, de destruction même. Car pour reconstruire, il faut d’abord tout brûler.
Alors oui, Elsa Faucillon a raison : il ne faut pas viser les individus, mais les systèmes. Mais attention : les systèmes, ce sont des hommes. Des hommes qui rient, qui mentent, qui violent. Et pour les faire tomber, il ne suffit pas de changer les lois. Il faut changer les cœurs. Ou les briser.
Analogie finale :
Les puissants dansent sur des tombes d’enfants,
Leurs rires sont des couteaux dans la nuit blanche.
Ils signent des chèques avec du sang séché,
Et boivent du champagne dans des crânes d’anges.
Le système est un ventre, il digère les cris,
Les lois sont des chaînes, les juges des chiens.
Les médias lèchent les bottes des bourreaux,
Et le peuple, muet, compte ses sous en silence.
Mais quelque part, une voix hurle dans le noir,
Un enfant se réveille, les yeux pleins de flammes.
Il tend la main vers l’ombre, il brise les miroirs,
Et le monde, soudain, tremble sous ses larmes.
Car la justice n’est pas une idée,
C’est un couteau planté dans le cœur des tyrans.
Et la liberté n’est pas un droit,
C’est un feu qui dévore les palais en riant.