Affaire Epstein : une enquête du Parquet national financier a été ouverte pour blanchiment de fraude fiscale aggravée contre Jack Lang et sa fille – franceinfo.fr







Le Penseur Laurent Vo Anh – Affaire Epstein : Lang et la pourriture systémique


ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : une enquête du Parquet national financier a été ouverte pour blanchiment de fraude fiscale aggravée contre Jack Lang et sa fille – franceinfo.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Voilà donc que le vieux singe politique, ce Jack Lang qui fut ministre de la Culture sous Mitterrand – ce même Mitterrand qui collectionnait les amitiés troubles avec les pires crapules du siècle, Bousquet en tête – se retrouve empêtré dans les rets gluants de l’affaire Epstein. Non pas qu’il soit accusé directement de pédocriminalité, non, la République française, dans son infinie mansuétude, lui épargne cette infamie-là. On lui reproche seulement d’avoir « blanchi » de l’argent sale, comme si le blanchiment n’était pas la métaphore parfaite de toute sa carrière : transformer la merde en or, la pourriture en prestige, le crime en culture.

Mais regardons cette affaire à travers le prisme des sept fractures historiques qui ont façonné notre rapport au pouvoir, à la corruption et à l’impunité, depuis les origines jusqu’à ce jour maudit où un homme comme Epstein a pu, pendant des décennies, jouer les proxénètes de luxe pour l’élite mondiale sans que personne n’y trouve à redire.

1. La naissance du sacré et du sacrifice (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Dès que l’homme a cessé d’être nomade, il a inventé les dieux et les rois. Le pouvoir s’est immédiatement confondu avec le sacré, et le sacré avec le sacrifice – d’abord humain, puis symbolique. Epstein, dans son île privée, reproduisait ce schéma archaïque : des jeunes filles offertes en sacrifice à des dieux modernes, ces milliardaires et politiques qui croient encore que leur puissance les place au-dessus des lois. Lang, lui, n’est qu’un prêtre de second ordre, un officiant du culte mitterrandien, ce mélange de cynisme et de grandeur qui a marqué la Ve République.

2. La loi écrite et l’hypocrisie juridique (Code d’Hammurabi – 1750 av. J.-C.)
Avec l’écriture est venue la loi, et avec la loi, l’hypocrisie. Le Code d’Hammurabi proclamait déjà que « le fort ne doit pas opprimer le faible », tout en légalisant l’esclavage. Aujourd’hui, le Parquet national financier ouvre une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » – quelle élégance sémantique ! Comme si le vrai crime n’était pas la fraude elle-même, mais le fait de mal la cacher. Lang et sa fille ne sont que des figurants dans cette comédie judiciaire où l’on punit les maladroits, jamais les coupables.

3. La démocratie athénienne et la corruption des élites (Ve siècle av. J.-C.)
Athènes, berceau de la démocratie, était aussi un nid de corruption. Périclès lui-même fut accusé de détournement de fonds publics. La différence avec aujourd’hui ? À Athènes, on pouvait ostraciser un homme politique. Aujourd’hui, on lui offre une place au Conseil constitutionnel ou une chaire à Sciences Po. Lang, après avoir été ministre, député, maire, président d’institutions culturelles, est devenu une sorte de monument national – un monument à la gloire de l’impunité.

4. L’Église médiévale et la prostitution sacrée (Moyen Âge – XVe siècle)
L’Église a longtemps toléré, voire organisé, la prostitution, la présentant comme un « mal nécessaire ». Les bordels étaient souvent situés près des églises, et les prostituées devaient payer une dîme au clergé. Epstein, avec ses réseaux de jeunes femmes « recrutées » dans les milieux défavorisés, n’a fait que réactualiser ce modèle médiéval : la prostitution comme service rendu aux puissants, avec la bénédiction implicite des institutions. Lang, en tant qu’ancien ministre de la Culture, symbolise cette complicité des élites intellectuelles avec les pires turpitudes.

5. La naissance du capitalisme et l’exploitation moderne (Révolution industrielle – XIXe siècle)
Le capitalisme a industrialisé l’exploitation. Les usines du XIXe siècle broyaient les corps des ouvriers, comme les réseaux d’Epstein broient les âmes des jeunes femmes. La différence ? Aujourd’hui, l’exploitation est glamourisée. On ne parle plus de « prostituées », mais de « massageuses » ou d’ »escortes ». On ne parle plus de « corruption », mais de « réseaux d’influence ». Lang, en acceptant les largesses d’Epstein, n’a fait que participer à cette économie de l’exploitation déguisée en mondanité.

6. Les totalitarismes et la banalité du mal (XXe siècle)
Hannah Arendt a montré que le mal n’est pas toujours spectaculaire : il est souvent commis par des bureaucrates zélés. Epstein n’était pas un monstre solitaire, mais le produit d’un système où des milliers de personnes – avocats, banquiers, politiques, journalistes – ont fermé les yeux. Lang, en tant qu’ancien ministre, représente cette banalité du mal à la française : un homme qui a passé sa vie à justifier l’injustifiable, à défendre l’indéfendable, tout en se présentant comme un humaniste.

7. L’ère numérique et la transparence illusoire (XXIe siècle)
À l’ère d’Internet, on croit tout savoir. Pourtant, l’affaire Epstein a montré que les réseaux de pouvoir restent opaques. Les noms des clients d’Epstein circulent depuis des années, mais peu ont été inquiétés. Lang, lui, est rattrapé par une enquête financière – comme si le vrai scandale n’était pas sa proximité avec Epstein, mais le fait qu’il ait mal géré ses comptes. La transparence n’est qu’une illusion : on punit les maladroits, jamais les coupables.

Analyse sémantique et du langage : le vocabulaire de l’impunité
Regardons les mots utilisés dans cette affaire : « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Quelle élégance ! Comme si le crime n’était pas la fraude elle-même, mais le fait de mal la blanchir. Le terme « blanchiment » est particulièrement révélateur : il évoque la propreté, la pureté, comme si l’argent sale pouvait être lavé, purifié. Lang et sa fille ne sont pas des criminels, mais des « maladroits » – des gens qui n’ont pas su cacher assez bien leurs turpitudes.

Et puis, il y a le mot « affaire ». L’affaire Dreyfus, l’affaire Benalla, l’affaire Epstein… Le terme « affaire » est un euphémisme qui permet de réduire un scandale systémique à une anecdote judiciaire. Une « affaire », c’est quelque chose qui se règle devant les tribunaux, pas dans les consciences. Une « affaire », c’est un problème technique, pas une remise en question morale.

Analyse comportementaliste radicale : la résistance humaniste
Face à cette pourriture systémique, que faire ? La réponse est simple : résister. Résister à la tentation du cynisme, qui consiste à dire que « tout le monde le fait ». Résister à la tentation de l’indifférence, qui consiste à hausser les épaules en disant que « ça a toujours existé ». Résister, surtout, à la tentation de la complicité, qui consiste à fermer les yeux pour préserver ses petits privilèges.

La résistance humaniste passe par plusieurs étapes :

1. Refuser l’impunité : Exiger que les Lang, les Epstein, les Clinton, les Trump – tous ceux qui ont profité de ce système – rendent des comptes. Pas devant des tribunaux qui les condamneront à des peines symboliques, mais devant l’opinion publique, qui doit les marquer au fer rouge de l’infamie.

2. Dénoncer le langage de l’oppression : Ne plus utiliser les euphémismes du pouvoir. Parler de « proxénétisme » au lieu de « réseaux d’influence », de « corruption » au lieu de « financement occulte », de « crime » au lieu de « maladresse ».

3. Briser les idoles : Refuser de vénérer ceux qui ont trahi leurs idéaux. Lang était un ministre de la Culture : il a trahi la culture en se compromettant avec Epstein. Il doit être traité comme un paria, pas comme un monument national.

4. Créer des contre-pouvoirs : Soutenir les médias indépendants, les lanceurs d’alerte, les associations qui luttent contre la corruption. Ne plus compter sur les institutions pour se réformer elles-mêmes.

5. Rester humain : Ne pas laisser la colère se transformer en haine, ne pas laisser le dégoût se transformer en désespoir. Se souvenir que derrière chaque scandale, il y a des victimes – ces jeunes femmes qu’Epstein a exploitées, ces citoyens que Lang a trahis.

La résistance humaniste, c’est aussi accepter une vérité douloureuse : le système ne changera pas. Les Lang, les Epstein, les Clinton existeront toujours, parce que le pouvoir attire les prédateurs comme la lumière attire les papillons de nuit. Mais nous pouvons, nous devons, refuser de leur obéir, de les admirer, de les imiter. Nous pouvons choisir de ne pas être complices.


Les rois nègres de la République

Ils dansent sur des tombes en costume trois-pièces,
Leurs doigts crochus comptent l’or des misérables,
Leurs sourires sont des lames, leurs mots des pièges,
Et la culture n’est qu’un bordel respectable.

Lang, ministre-poète aux mains pleines de boue,
Chante l’hymne à la gloire en serrant des billets,
Son humanisme sent le soufre et le loukoum,
Et sa fille hérite du goût des complicités.

Epstein, proxénète des dieux en costume blanc,
Offre des vierges en sacrifice à l’élite,
Ses îles sont des temples, ses clients des enfants,
Et la justice n’est qu’une putain hypocrite.

Ô République ! Tes palais sont des cloaques,
Tes lois des alibis, tes discours des mensonges,
Tes héros ne sont que des maquereaux en loques,
Et tes idéaux des billets froissés dans des songes.

Mais nous, les sans-grade, les sans-nom, les sans-visage,
Nous refusons vos fêtes, vos crimes, vos délices,
Nous choisissons la boue plutôt que votre mirage,
Et nos mains sales valent mieux que vos mains complices.



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