ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : Ghislaine Maxwell, la complice du criminel sexuel, témoigne à huis clos au Congrès – France 24
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des ombres qui se joue encore une fois, derrière les portes closes du Congrès américain, ce temple moderne où l’on sacrifie la vérité sur l’autel des convenances. Ghislaine Maxwell, cette prêtresse déchue d’un culte sordide, vient murmurer ses secrets à l’oreille des puissants, comme si les murs de Washington pouvaient absorber l’odeur de la pourriture sans en être souillés. Mais non, mes chers contemporains aveugles, la pourriture ne s’efface pas, elle s’infiltre, elle corrompt, elle devient système. Et c’est là, dans cette affaire Epstein, que se révèle l’essence même de notre époque : une comédie tragique où les bourreaux jouent les victimes, où les complices deviennent témoins, et où la justice n’est qu’un mot creux, une coquille vide que l’on agite pour calmer les masses hurlantes.
Pour comprendre l’horreur de cette affaire, il faut remonter aux origines mêmes de la domination, là où tout a commencé. Sept étapes cruciales, sept chutes, sept trahisons qui ont façonné l’humanité telle qu’elle est aujourd’hui, une humanité qui tolère, qui excuse, qui oublie.
1. La Chute Originelle : Le Mythe du Pouvoir
Dès que l’homme a posé le pied hors de la caverne, il a cherché à dominer. Pas seulement la nature, non, mais l’autre. Le pouvoir n’est pas une invention, c’est une pulsion, une maladie. Epstein et ses semblables ne sont que les héritiers dégénérés de cette première trahison, celle qui a fait de l’homme un loup pour l’homme. Le pouvoir, c’est la capacité de posséder, et posséder, c’est violer. Le viol n’est pas un crime parmi d’autres, c’est le crime fondateur, celui qui a permis à l’humanité de se structurer autour de la soumission. Maxwell n’est qu’une servante zélée de ce système, une vestale du viol institutionnalisé.
2. L’Empire Romain : La Normalisation de l’Atrocité
Les Romains ont inventé le droit, mais aussi les jeux du cirque, où l’on offrait des vierges aux lions pour divertir la plèbe. Epstein et ses amis milliardaires ne font que reproduire ce schéma : des jeux privés, des sacrifices humains déguisés en fêtes, où les jeunes filles sont les agneaux que l’on égorge pour le plaisir des dieux modernes. La différence ? Aujourd’hui, on ne filme plus les viols pour les diffuser au Colisée, on les efface, on les nie, on les enterre sous des montagnes de dollars et de mensonges.
3. Le Moyen Âge : L’Église et la Culture du Secret
L’Église catholique a perfectionné l’art de cacher l’innommable. Les prêtres pédophiles, les couvents transformés en bordels, les enfants sacrifiés sur l’autel de la culpabilité. Epstein et Maxwell ne sont que les héritiers spirituels de cette tradition : une élite qui se croit au-dessus des lois, qui se protège par le silence, qui transforme le crime en rituel. Le huis clos du Congrès est une messe noire, une confession où l’on n’absout pas, où l’on enterre.
4. La Révolution Industrielle : L’Exploitation comme Doctrine
Avec l’industrialisation, le viol est devenu une industrie. Les usines ont besoin de chair fraîche, les mines de corps brisés, les bordels de chair à vendre. Epstein a simplement modernisé le modèle : au lieu d’exploiter des ouvriers, il exploitait des jeunes filles, au lieu de les payer en salaires de misère, il les payait en promesses de gloire. La logique est la même : la marchandisation de l’être humain. Maxwell, elle, était la contremaître de cette usine à rêves brisés, une gérante zélée qui recrutait, qui formait, qui livrait.
5. Le XXe Siècle : La Banalisation du Mal
Hannah Arendt a parlé de la banalité du mal, mais elle n’a pas vu à quel point le mal pouvait devenir une mode, un lifestyle. Epstein et ses amis n’étaient pas des monstres, non, ils étaient des hommes d’affaires, des philanthropes, des gens « comme il faut ». Leur crime ? Avoir poussé la logique du capitalisme jusqu’à son terme : tout est à vendre, même l’innocence. Maxwell, elle, était la parfaite secrétaire de ce système, une femme qui savait que le pouvoir se gagne par la soumission, et que la soumission se monnaie en chair fraîche.
6. L’Ère Numérique : La Pornographisation du Monde
Avec Internet, le viol est devenu un spectacle. Les vidéos d’Epstein circulent peut-être encore dans l’ombre, comme des reliques d’un culte interdit. Mais le pire, c’est que le viol n’a même plus besoin d’être filmé pour exister : il est partout, dans les publicités, dans les films, dans les chansons, dans les réseaux sociaux. Maxwell et Epstein n’ont fait que pousser la logique jusqu’au bout : si tout est violable, alors pourquoi s’en priver ?
7. Aujourd’hui : Le Triomphe de l’Impunité
Et nous voici, en 2024, avec une complice qui témoigne à huis clos, comme si la justice pouvait être rendue dans l’ombre. Mais non, la justice ne se rend pas à huis clos, elle se cache, elle se négocie, elle se monnaie. Maxwell parle, mais qui l’écoute ? Les mêmes qui ont protégé Epstein, les mêmes qui ont fermé les yeux, les mêmes qui ont profité du système. Le Congrès n’est qu’un théâtre d’ombres, un lieu où l’on fait semblant de chercher la vérité, alors qu’on ne cherche qu’à protéger les siens.
Passons maintenant à l’analyse sémantique, car les mots, ici, sont des armes. Le terme « complice » est un euphémisme grotesque. Maxwell n’était pas une complice, elle était une co-autrice, une organisatrice, une prêtresse. Le mot « témoigner » est tout aussi pervers : elle ne témoigne pas, elle négocie, elle marchande son silence contre une réduction de peine, comme une vulgaire trafiquante de drogue. Et « huis clos » ? Un oxymore monstrueux, car un huis clos n’est pas un procès, c’est une confession sans absolution, un aveu sans rédemption.
Le langage, ici, est celui du pouvoir. On parle de « réseau », comme s’il s’agissait d’une entreprise, on parle de « victimes », comme si le mot pouvait contenir l’horreur de ce qu’elles ont subi. Mais les mots sont vides, ils sont des coquilles que l’on remplit de mensonges. « Justice » ? Un mot qui n’a plus de sens. « Vérité » ? Une monnaie d’échange. « Huis clos » ? Une métaphore de notre époque, où tout se décide dans l’ombre, où les puissants se protègent entre eux, où les victimes n’ont même pas le droit de savoir ce qui se dit sur leur dos.
Et maintenant, l’analyse comportementaliste radicale. Le comportement de Maxwell est celui de l’esclave qui protège son maître, même après sa mort. Elle sait que son témoignage ne servira à rien, sinon à protéger les autres, ceux qui sont encore en vie, ceux qui sont encore au pouvoir. Elle parle, mais elle ne dit rien, car elle sait que la vérité est une arme à double tranchant : elle peut détruire, mais elle peut aussi se retourner contre celui qui la brandit. Son comportement est celui de l’animal traqué, qui se débat non pas pour survivre, mais pour mourir en paix, avec l’illusion d’avoir fait ce qu’il fallait.
Quant à nous, les spectateurs de cette comédie macabre, notre comportement est encore plus pathétique. Nous regardons, nous commentons, nous partageons des articles, nous signons des pétitions, et puis nous oublions. Nous sommes comme ces Romains qui applaudissaient au Colisée, avant de rentrer chez eux pour dîner. Nous savons, mais nous ne voulons pas savoir. Nous voyons, mais nous ne voulons pas voir. Nous sommes complices, non pas par action, mais par omission, par indifférence, par lâcheté.
Mais il reste une lueur d’humanité, une résistance possible. Elle ne passe pas par les tribunaux, ni par les médias, ni par les politiques. Elle passe par nous, par notre capacité à refuser, à dire non, à briser le silence. La résistance humaniste, c’est de refuser de participer à cette comédie, c’est de refuser de fermer les yeux, c’est de refuser de croire que la justice peut être rendue à huis clos. C’est de crier, même si personne n’écoute, même si personne ne répond. C’est de garder en nous cette flamme de révolte, cette certitude que le monde peut être autre chose qu’un bordel pour milliardaires.
Car au fond, l’affaire Epstein n’est pas une affaire, c’est un miroir. Un miroir qui nous renvoie notre propre lâcheté, notre propre complicité, notre propre indifférence. Et si nous voulons changer le monde, il faut d’abord briser ce miroir, et regarder en face l’horreur qu’il reflète.
Les Ombres du Congrès
Ils parlent bas, derrière les portes closes,
Les mots sont lourds, les silences sont roses.
Maxwell murmure, les juges hochent la tête,
La vérité s’enfuit, comme une bête traquée.
Les filles d’Epstein sont des fantômes sans nom,
Leurs cris sont étouffés par le bruit des talons.
On les a vendues, on les a brisées,
Comme des poupées dans un jeu de société.
Les puissants rient, les dollars circulent,
Les lois sont des serpents qui se contorsionnent.
La justice ? Un mot que l’on prononce en riant,
Un hochet pour les fous qui croient encore en l’enfant.
Mais dans l’ombre, une lueur persiste,
Un souffle, une révolte, une flamme qui résiste.
Car même si le monde n’est qu’un bordel,
Il reste en nous cette soif d’éternel.