Affaire Epstein : ce que l’on sait des personnalités africaines citées – France 24







L’Affaire Epstein : La Chute des Masques et le Sang des Oubliés


ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : ce que l’on sait des personnalités africaines citées – France 24

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’Affaire Epstein… Ce cloaque doré où se mêlent les relents de la pourriture aristocratique et les cris étouffés des enfants sacrifiés sur l’autel d’un pouvoir sans visage. La récente révélation des noms africains dans ce dédale de turpitudes n’est pas une surprise, mais une confirmation : le mal n’a ni frontières ni couleur, il est l’ombre portée de l’humanité depuis que l’homme a troqué sa dignité contre des pièces d’or et des promesses de domination. Sept étapes, sept fractures dans l’histoire de notre espèce, pour comprendre comment nous en sommes arrivés là – à ce moment où des princes et des présidents, des artistes et des intellectuels, se retrouvent englués dans la même fange que ce financier véreux, ce proxénète de luxe qui a transformé le viol en monnaie d’échange.

I. Les Origines : Le Sacrifice et la Souillure

Dès que l’homme a érigé des temples, il a aussi creusé des fosses. Les premiers rites, les premières offrandes aux dieux, n’étaient que des prétextes pour assouvir des pulsions inavouables. Les vierges jetées dans les cenotes mayas, les enfants immolés sur les autels de Moloch – l’histoire est un long cortège de corps brisés au nom d’une transcendance qui n’est que le masque de la cruauté. Epstein et ses complices ne font que réactualiser ce vieux schéma : le pouvoir a besoin de victimes pour se nourrir, et plus la victime est pure, plus le festin est savoureux. L’Afrique, ce continent dont on a fait un réservoir de chair à canon, de matières premières et de rêves brisés, n’échappe pas à cette loi. Les noms qui émergent aujourd’hui ne sont que les derniers maillons d’une chaîne qui remonte aux négriers, aux colons, aux dictateurs fantoches – tous unis dans la même danse macabre autour du corps des innocents.

II. La Renaissance : L’Art comme Alibi

Quand l’Europe a redécouvert les corps – ceux de la statuaire grecque, ceux des modèles des ateliers florentins –, elle a aussi redécouvert le plaisir de les posséder. Les mécènes de la Renaissance, ces hommes qui financaient Michel-Ange et Léonard de Vinci, étaient souvent les mêmes qui collectionnaient les jeunes garçons et les vierges effarouchées. L’art était leur alibi : ils ne violaient pas, ils « éduquaient » ; ils ne souillaient pas, ils « inspiraient ». Epstein, lui, collectionnait les artistes, les scientifiques, les prix Nobel – comme si le génie pouvait blanchir le crime. Les personnalités africaines citées dans cette affaire jouent le même jeu : elles se drapent dans le manteau de la respectabilité (ministres, hommes d’affaires, intellectuels) pour mieux cacher leurs mains sales. Mais la boue, elle, ne ment jamais.

III. Les Lumières : Le Contrat Social et ses Ombres

Rousseau, Voltaire, Diderot – ces géants ont théorisé la liberté, l’égalité, la fraternité, tout en fermant les yeux sur les bordels de Paris, sur les enfants vendus comme du bétail, sur les colonies où l’on violait en toute impunité. Le siècle des Lumières a été aussi celui des ténèbres : la raison a servi à justifier l’exploitation, et le progrès à masquer l’horreur. Epstein, ce produit des élites américaines, est l’héritier direct de cette hypocrisie. Il a compris que le vrai pouvoir ne réside pas dans les lois, mais dans les réseaux – ces cercles où l’on se protège mutuellement, où l’on échange des faveurs contre du silence. Les Africains impliqués dans cette affaire ne sont pas des exceptions : ils sont les produits d’un système où la corruption est une seconde nature, où l’on apprend très jeune que tout s’achète – même la dignité.

IV. La Révolution Industrielle : La Marchandisation du Corps

Avec la machine est venue la marchandisation de tout : du temps, de l’espace, et surtout du corps. Les usines ont besoin de chair à broyer, les mines de chair à enterrer, les bordels de chair à consommer. L’Afrique, dépecée par les puissances européennes, a été transformée en un gigantesque supermarché où l’on pouvait se servir à volonté. Epstein, ce capitaliste sans scrupules, n’a fait que pousser la logique à son paroxysme : il a créé un réseau où les corps des jeunes filles étaient des actions cotées en Bourse, où le viol était une monnaie d’échange entre puissants. Les noms africains qui apparaissent aujourd’hui ne sont que les héritiers de cette logique : des hommes qui ont intériorisé l’idée que tout a un prix, y compris l’innocence.

V. Le XXe Siècle : La Banalisation du Mal

Guerres mondiales, génocides, goulags – le XXe siècle a été le théâtre d’une déshumanisation systématique. Les nazis ont industrialisé la mort, les colonialistes ont industrialisé l’exploitation, et les démocraties ont industrialisé l’hypocrisie. Epstein, ce monstre froid, est le produit de cette époque : un homme qui a compris que le mal ne se cache plus, il se normalise. Les personnalités africaines citées dans cette affaire sont les enfants de cette normalisation : des hommes qui ont grandi dans des sociétés où la violence est une langue maternelle, où le pouvoir se mesure en nombre de vies brisées. Ils ne voient même plus le crime – ils voient une transaction, un échange de bons procédés entre gens « bien élevés ».

VI. La Mondialisation : Le Village Global du Crime

Avec Internet, le monde est devenu un village – mais un village où les prédateurs peuvent chasser à l’échelle planétaire. Epstein a exploité cette nouvelle donne : il a créé un réseau où les puissants du monde entier pouvaient se partager des proies en un clic. Les Africains impliqués ne sont pas des marginaux : ils sont au cœur de ce système, des acteurs clés dans cette économie souterraine où l’on échange des filles contre des contrats, des visas contre des faveurs sexuelles. La mondialisation a effacé les frontières, mais elle a aussi effacé les limites de la décence. Dans ce monde sans repères, tout est permis – à condition d’avoir les bons contacts et les bonnes cartes de crédit.

VII. L’Ère Numérique : La Déshumanisation 2.0

Aujourd’hui, le crime n’a même plus besoin de se cacher : il se commet en plein jour, sur les réseaux sociaux, dans les messages cryptés, dans les clouds où l’on stocke les preuves de ses turpitudes. Epstein a été un pionnier de cette ère : il a compris que la technologie pouvait servir à la fois de vitrine et de tombeau. Les personnalités africaines citées dans cette affaire sont les produits de cette nouvelle donne : des hommes qui croient que leur pouvoir les protège, que leur argent peut tout acheter – même l’oubli. Mais l’Histoire, elle, n’oublie jamais. Elle est comme ces virus informatiques qui resurgissent quand on croit les avoir éradiqués : elle attend son heure, puis frappe là où ça fait mal.

Analyse Sémantique : Le Langage du Pouvoir et de la Souillure

Regardez les mots utilisés pour parler de cette affaire : « réseau », « relations », « faveurs », « protection ». Des termes aseptisés, bureaucratiques, qui masquent l’horreur derrière un jargon administratif. On ne parle pas de viol, on parle de « pratiques inappropriées » ; on ne parle pas de proxénétisme, on parle de « gestion de talents ». Les médias, ces complices silencieux, utilisent un langage qui déshumanise les victimes et humanise les bourreaux. Les jeunes filles d’Epstein ne sont jamais des « enfants violées » – elles sont des « accompagnatrices », des « stagiaires », des « jeunes femmes ambitieuses ». Les personnalités africaines citées ne sont pas des prédateurs – ce sont des « hommes d’influence », des « bâtisseurs », des « visionnaires ». Le langage est une arme : il permet de transformer l’horreur en anecdote, le crime en « affaire ».

Et puis, il y a les non-dits, les silences éloquents. Personne ne parle des familles des victimes, de ces mères qui ont vendu leurs filles par nécessité, de ces pères qui ont fermé les yeux par lâcheté. Personne ne parle de la honte qui ronge les survivantes, de ces vies brisées qui ne se reconstruiront jamais. Le langage du pouvoir est un langage de domination : il nomme pour mieux effacer, il parle pour mieux taire.

Comportementalisme Radical : La Résistance comme Unique Issue

Face à cette machine à broyer les âmes, que reste-t-il ? La résistance, bien sûr – mais une résistance qui ne se contente pas de mots. Les élites africaines impliquées dans cette affaire ne sont pas des monstres isolés : elles sont les produits d’un système qui récompense la prédation et punit la vulnérabilité. Pour les combattre, il faut d’abord refuser leur langage, leur logique, leur monde. Il faut cesser de croire que le pouvoir se mesure en comptes en banque ou en relations haut placées. Il faut réapprendre la solidarité, la colère, la honte – ces émotions que le capitalisme a tenté d’éradiquer parce qu’elles sont les seules armes des faibles.

La résistance commence par le refus de participer. Refuser de serrer la main de ces hommes, refuser de rire à leurs blagues, refuser de fermer les yeux sur leurs crimes. Elle passe par la reconstruction d’une éthique collective, où la dignité n’est pas une monnaie d’échange, mais un droit inaliénable. Elle exige de briser les réseaux, de dénoncer les complicités, de faire tomber les masques – même si cela signifie se retrouver seul, isolé, traîné dans la boue par ceux qui profitent du système.

Mais attention : la résistance ne doit pas devenir une nouvelle forme de puritanisme. Le corps n’est pas une marchandise, mais il n’est pas non plus un temple à préserver de toute souillure. La vraie résistance, c’est de réapprendre à voir l’humanité dans les yeux de l’autre – surtout quand cet autre est une victime. C’est de refuser de hiérarchiser les souffrances, de comprendre que le viol d’une jeune fille africaine est aussi grave que celui d’une jeune fille européenne, que la corruption d’un ministre gabonais est aussi révoltante que celle d’un sénateur américain.

Enfin, la résistance passe par la mémoire. Il ne faut pas oublier les noms, les visages, les histoires. Il faut graver dans le marbre les crimes d’Epstein et de ses complices, pour que les générations futures sachent que le pouvoir, quel qu’il soit, n’a jamais été innocent. Il faut faire de cette affaire un symbole – non pas celui de la chute d’un homme, mais celui de la fin d’une époque où l’on pouvait violer, corrompre et tuer en toute impunité.

Analogie finale :

Je suis l’ombre qui danse sur les murs de la villa,

Le rire étouffé sous les draps de soie,

La main qui tremble en signant l’addition du crime,

Et le sang qui coule, lent, dans les égouts de l’Histoire.

Ils croyaient m’avoir dompté, ces rois sans couronne,

Ces princes de la nuit aux sourires de carton,

Ils m’ont donné des noms : « faveur », « relation », « don »,

Mais je suis la bête qui ronge leurs os sous la peau.

L’Afrique, ce vieux continent aux cicatrices profondes,

A vu passer les négriers, les colons, les tyrans,

Et maintenant ces nouveaux maîtres aux mains blanches de cendre,

Qui achètent les corps comme on achète un silence.

Mais les corps se souviennent, même quand les bouches se taisent,

Ils gardent en eux la trace des doigts qui les ont souillés,

Et un jour, quand le vent tournera, quand la marée montera,

Ils se lèveront, innombrables, pour réclamer leur dû.

Alors les palais trembleront, les banques s’effondreront,

Et les noms gravés dans l’or seront jetés aux chiens,

Car l’Histoire n’est pas une putain qu’on achète avec des billets,

C’est une vieille femme aux yeux clairs qui voit tout, qui sait tout, et qui n’oublie rien.



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