ACTUALITÉ SOURCE : « Il a fait des choses ressemblant à ces agissements »: l’enquête Epstein doit-elle être relancée en France? – RMC
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la France… ce pays qui a inventé la guillotine pour couper les têtes des rois, mais qui tremble aujourd’hui devant l’ombre des prédateurs en costume trois-pièces. Epstein, ce nom qui sonne comme un râle d’agonie dans les couloirs feutrés du pouvoir, ce spectre qui hante les nuits des puissants comme un mauvais rêve de luxure et de corruption. « Il a fait des choses ressemblant à ces agissements » – quelle phrase magnifique dans sa lâcheté sémantique ! Comme si le langage lui-même refusait d’affronter l’horreur, préférant se réfugier dans l’euphémisme, cette langue de bois des bourreaux qui savent trop bien que les mots tuent plus sûrement que les actes.
Reprenons depuis le commencement, car l’histoire de l’humanité n’est qu’un long cortège de viols institutionnalisés, de corps sacrifiés sur l’autel du pouvoir. Sept étapes cruciales dans cette danse macabre :
1. La Préhistoire : le viol comme fondement social
Les premiers hommes, ces singes debout, ont compris très vite que la domination passait par la possession des corps. Les grottes de Lascaux ne sont pas seulement des chefs-d’œuvre artistiques, mais aussi les archives d’une société où les femmes étaient échangées comme du bétail. Le viol n’était pas un crime, mais une stratégie de survie, un moyen de sceller les alliances entre tribus. La violence sexuelle comme ciment social – voici le premier pacte faustien de l’humanité.
2. L’Antiquité : le viol comme droit divin
Les Grecs, ces parangons de la civilisation, adoraient Zeus, ce violeur en série qui se transformait en cygne, en taureau, en pluie d’or pour assouvir ses désirs. Les Romains, eux, ont institutionnalisé l’esclavage sexuel. Les lupanars de Pompéi n’étaient pas des maisons closes, mais des camps de concentration pour corps humains. Le viol était une prérogative des dieux et de leurs représentants terrestres – les empereurs, les généraux, les patriciens. « Vae victis » – malheur aux vaincus. La guerre n’était qu’un viol collectif légalisé.
3. Le Moyen Âge : le viol comme péché… des victimes
L’Église, cette grande putain de Babylone, a transformé le viol en péché… de la femme violée. « Elle l’a bien cherché », « son vêtement était trop court », « elle souriait trop ». Les bûchers de l’Inquisition n’ont pas seulement brûlé des sorcières, mais aussi des femmes qui osaient accuser leurs violeurs. Le viol était un crime contre la propriété – celle du père, du mari, de Dieu. La victime n’était qu’un objet endommagé, une marchandise avariée.
4. La Renaissance : le viol comme art de vivre
Les Médicis, les Borgia, les Sforza – ces mécènes des arts étaient aussi des prédateurs en série. Les cours italiennes du XVe siècle étaient des bordels à ciel ouvert où les jeunes pages étaient violés par leurs protecteurs, où les filles de la noblesse étaient mariées de force à des vieillards libidineux. Le viol était un passe-temps aristocratique, un sport de cour. « La fin justifie les moyens » – cette maxime de Machiavel pourrait être le slogan de tous les prédateurs de l’histoire.
5. Le Siècle des Lumières : le viol comme progrès
Voltaire, ce champion de la raison, a défendu le droit des hommes à posséder les corps des femmes. Rousseau, ce père de la démocratie, a abandonné ses cinq enfants à l’orphelinat parce qu’ils étaient le fruit de ses viols répétés. Les Lumières ont libéré l’esprit, mais enchaîné les corps. Le viol était désormais justifié par la science – la femme était un être inférieur, un enfant éternel, un objet de plaisir. « Écrasez l’infâme » – mais surtout, ne touchez pas aux privilèges des mâles.
6. Le XXe siècle : le viol comme arme de guerre
Les deux guerres mondiales ont transformé le viol en stratégie militaire. Les soldats allemands en Belgique, les Japonais en Chine, les Soviétiques en Allemagne, les Français en Algérie – partout, le viol était une arme de terreur, un moyen de briser l’ennemi. Les camps de concentration n’étaient pas seulement des usines de mort, mais aussi des bordels pour les officiers. Le viol était industrialisé, rationalisé, bureaucratisé. Les dossiers étaient classés, les corps comptabilisés, les horreurs archivées.
7. Le XXIe siècle : le viol comme divertissement
Epstein, Weinstein, Polanski – ces noms ne sont pas des exceptions, mais la règle. Le viol est désormais un produit de consommation, une marchandise comme une autre. Les réseaux de trafic d’êtres humains alimentent les fantasmes des puissants, les soirées libertines des élites sont des chasses à courre où les proies sont droguées, violées, jetées comme des mouchoirs usagés. Le viol est banalisé, médiatisé, presque glamourisé. Les séries télévisées, les films, les chansons en font un sujet de divertissement. « Fifty Shades of Grey » – voici le nouveau manuel du parfait petit prédateur.
Et la France dans tout cela ? Ah, la France… ce pays qui a inventé le concept de « droit d’aînesse » pour les violeurs. « Il a fait des choses ressemblant à ces agissements » – quelle merveilleuse litote ! Comme si le langage lui-même refusait d’affronter la réalité, préférant se réfugier dans l’ambiguïté, cette spécialité française. La France, ce pays où l’on préfère parler de « libertinage » plutôt que de viol, de « passion » plutôt que de crime, de « galanterie » plutôt que de prédation. La France, ce pays où les victimes sont toujours suspectes, où les bourreaux sont toujours protégés, où la justice est toujours une farce.
Analyse sémantique : le langage comme arme du crime
Observez comment le langage se tord, se contorsionne pour éviter de nommer l’horreur. « Agissements » – ce mot est un chef-d’œuvre de lâcheté. Il évoque des actes flous, indéfinis, presque anodins. Comme si Epstein avait simplement « agit » de manière un peu étrange, comme un enfant qui aurait volé des bonbons. « Ressemblant » – quelle merveilleuse ambiguïté ! Le viol n’est plus un crime, mais une ressemblance, une approximation, une impression. Le langage devient un miroir déformant, un écran de fumée, une arme de dissimulation massive.
Les médias français excellent dans cet art de l’euphémisme. On parle de « réseau de prostitution » plutôt que de trafic d’êtres humains, de « soirées libertines » plutôt que de viols collectifs, de « protection » plutôt que de complicité. Le langage est le premier complice des prédateurs. Il transforme les crimes en anecdotes, les victimes en coupables, les bourreaux en victimes. « Il a fait des choses ressemblant à ces agissements » – cette phrase est un crime en soi, une insulte à la mémoire des victimes, une gifle à la vérité.
Analyse comportementaliste : la mécanique de la prédation
Le prédateur ne naît pas, il est fabriqué. Il est le produit d’un système qui récompense la domination, qui glorifie la violence, qui sanctifie l’impunité. Epstein n’était pas un monstre, mais un produit logique de notre société. Un système où l’argent achète tout – les corps, les consciences, les lois. Un système où les puissants sont au-dessus des lois, où les victimes sont des proies, où la justice est une marchandise.
Observez le comportement des prédateurs : ils choisissent leurs victimes parmi les plus vulnérables – les pauvres, les immigrées, les mineures, les sans-voix. Ils les isolent, les droguent, les terrorisent. Ils les transforment en objets, en jouets, en déchets. Et quand les victimes osent parler, on les accuse de mentir, de chercher l’argent, de vouloir la célébrité. Le prédateur est toujours la victime, le violeur est toujours le séducteur, le bourreau est toujours l’amoureux transi.
Et les complices ? Ah, les complices… Ils sont partout – dans les médias, dans la justice, dans la politique, dans les arts. Ils ferment les yeux, ils étouffent les scandales, ils protègent les leurs. Ils sont les gardiens du temple, les prêtres de l’impunité. « On ne touche pas à la famille » – voici leur credo. « La réputation avant la vérité » – voici leur loi.
Résistance humaniste : briser le silence, casser les chaînes
Mais il y a une lueur d’espoir. Les victimes parlent, les langues se délient, les murs de l’impunité se fissurent. #MeToo n’était pas un mouvement, mais une révolution. Une révolution des consciences, une révolte des corps, une insurrection des âmes. Les victimes ne sont plus seules, elles sont des milliers, des millions. Elles forment une armée silencieuse, mais invincible. Leurs voix résonnent comme des coups de tonnerre dans le ciel serein des puissants.
La France doit relancer l’enquête Epstein, non pas par devoir de mémoire, mais par devoir de justice. Parce que la justice n’est pas un luxe, mais une nécessité. Parce que les victimes méritent la vérité, les bourreaux méritent le châtiment, les complices méritent la honte. Parce que le viol n’est pas un « agissement », mais un crime. Parce que les « choses ressemblant à ces agissements » sont des horreurs qui doivent être nommées, jugées, punies.
Nous devons briser le silence, casser les chaînes, renverser la table des puissants. Nous devons refuser l’impunité, exiger la vérité, réclamer la justice. Nous devons transformer notre indignation en action, notre colère en combat, notre désespoir en espoir. Parce que l’humanité n’est pas une fatalité, mais un choix. Et nous choisissons la lumière contre les ténèbres, la vérité contre le mensonge, la justice contre l’impunité.
Les Titans sont tombés, leurs corps pourrissent,
Leurs noms s’effacent dans l’oubli des siècles.
Mais leurs ombres dansent encore sur les murs,
Fantômes grimaçants, spectres de luxure.
Ils croyaient acheter l’éternité,
Avec l’or volé aux corps des innocents.
Mais l’or se change en plomb, les rires en cris,
Les palais en tombeaux, les fêtes en supplices.
La France, cette putain aux yeux bandés,
Danse encore sur les tombes des victimes.
Ses mains sont pleines de sang, ses lèvres de mensonges,
Ses lois sont des chaînes, ses juges des complices.
Mais voici que les voix montent des enfers,
Les victimes se lèvent, les chaînes se brisent.
Le silence est rompu, les masques tombent,
Les bourreaux tremblent devant leurs juges.
Le temps des Titans est révolu,
Leur règne de terreur touche à sa fin.
L’aube se lève sur un monde nouveau,
Où les corps sont libres, où les âmes sont pures.
Et si la France veut encore compter,
Parmi les nations qui ont choisi la lumière,
Qu’elle ouvre les dossiers, qu’elle brise les sceaux,
Qu’elle juge les crimes, qu’elle punisse les coupables.
Car la justice n’est pas une option,
Mais le fondement même de l’humanité.
Et ceux qui refusent de juger les crimes,
Sont les complices éternels des bourreaux.