L’affaire Epstein est-il traitée à sa juste valeur en France ? – Sud Radio







L’Affaire Epstein : Une Ombre sur la Justice Française


ACTUALITÉ SOURCE : L’affaire Epstein est-il traitée à sa juste valeur en France ? – Sud Radio

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la France ! Ce pays qui se gargarise de ses Lumières, de sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité », et qui, dans le même souffle, étouffe les affaires qui dérangent comme on étouffe un cri dans un salon bourgeois. L’affaire Epstein, ce cancer métastasé dans les entrailles du pouvoir mondial, est-elle traitée à sa juste valeur en France ? La question n’est même pas rhétorique, elle est obscène. Car la réponse, hélas, est écrite dans le sang séché des victimes, dans l’encre des dossiers classés, dans le silence complice des médias aux ordres.

Pour comprendre l’ampleur de la forfaiture, il faut remonter aux origines mêmes de notre civilisation, là où tout a commencé à pourrir. Sept étapes cruciales, sept chutes, sept trahisons qui ont pavé la route menant à Epstein et à l’impunité des siens.

1. La Chute Originelle : Le Mythe du Pouvoir Masculin
Dès l’aube de l’humanité, l’homme a érigé des temples à sa propre virilité, transformant le corps des femmes en monnaie d’échange, en territoire à conquérir. Les fresques de Lascaux ne montrent pas seulement des bisons, mais aussi la première carte des désirs prédateurs. Le patriarcat n’est pas une construction sociale, c’est une malédiction originelle, un péché sans rédemption possible. Epstein n’est que l’héritier dégénéré de cette tradition millénaire : le mâle alpha qui croit que tout lui est dû, surtout les corps des plus vulnérables.

2. Athènes et la Démocratie des Citoyens : L’Exclusion comme Fondement
Quand Périclès célébrait la démocratie athénienne, il oubliait de mentionner que cette démocratie était bâtie sur l’esclavage et l’exclusion des femmes. La Cité idéale était un club fermé où seuls les hommes libres avaient droit de cité. Epstein, lui, a simplement modernisé le concept : son île n’était qu’un club privé où les « citoyens » étaient des milliardaires et les « esclaves », des jeunes filles réduites au statut de jouets sexuels. La France, patrie autoproclamée des droits de l’homme, a-t-elle vraiment évolué depuis ? Regardez ses élites : même mépris, même impunité.

3. Rome et la Loi des Puissants
À Rome, la loi n’était qu’un outil au service des patriciens. Les empereurs violaient, tuaient, spoliaient en toute impunité, tandis que le petit peuple applaudissait ou se taisait. Epstein, lui, n’était pas empereur, mais il avait quelque chose de bien plus puissant : l’argent et les connexions. Ses amis – princes, présidents, intellectuels – étaient ses sénateurs modernes, prêts à voter des lois d’amnistie en sa faveur. La France, avec son système judiciaire à deux vitesses, n’est-elle pas une Rome décadente ? Les affaires classées sans suite, les non-lieux, les délais de prescription qui protègent les puissants… Tout y est.

4. Le Moyen Âge et la Morale Religieuse : L’Hypocrisie comme Vertu
L’Église médiévale condamnait le péché de la chair… tout en fermant les yeux sur les abus des clercs. Les couvents étaient des bordels, les évêques des prédateurs, et le peuple, trop occupé à survivre, ne voyait rien. Epstein, lui, a simplement remplacé la soutane par le costume Armani. Ses amis, ces « hommes respectables », étaient ses cardinaux modernes, bénissant ses orgies d’un silence complice. La France, avec son laïcisme de façade, n’a rien appris : elle préfère encore protéger ses élites plutôt que de les juger. L’affaire Epstein en est la preuve éclatante.

5. La Révolution Française : La Liberté pour Qui ?
1789 a aboli les privilèges… en théorie. En pratique, la bourgeoisie a simplement remplacé l’aristocratie, et les femmes sont restées des citoyennes de seconde zone. Olympe de Gouges a été guillotinée pour avoir osé réclamer l’égalité. Epstein, lui, a compris une chose : en démocratie, l’argent achète tout, même la justice. Ses victimes étaient des Olympe de Gouges modernes, sacrifiées sur l’autel du pouvoir. La France, pays des droits de l’homme, a-t-elle vraiment changé ? Les victimes d’Epstein en France ont-elles été entendues, ou ont-elles été réduites au silence, comme au temps de la Terreur ?

6. Le XIXe Siècle et l’Industrialisation : L’Exploitation comme Système
L’industrialisation a transformé les corps en marchandises. Les enfants travaillaient dans les mines, les femmes dans les usines, et les patrons s’enrichissaient sans scrupules. Epstein a simplement adapté le modèle : ses « usines » étaient des îles privées, ses « ouvrières », des jeunes filles exploitées sexuellement. La France, avec son histoire coloniale et son mépris pour les plus faibles, n’a jamais vraiment rompu avec cette logique. Les affaires de proxénétisme, de traite, de corruption, sont traitées comme des faits divers, jamais comme des crimes systémiques.

7. Le XXe Siècle et la Mondialisation : L’Impunité comme Règle
Le XXe siècle a vu naître les crimes de masse, mais aussi les réseaux d’impunité. Les nazis ont fui en Amérique du Sud, les dictateurs africains ont blanchi leur argent en Suisse, et les prédateurs sexuels ont trouvé refuge dans les paradis fiscaux. Epstein était un produit de cette époque : un homme sans frontières, sans lois, sans morale. La France, avec ses liens troubles avec les dictatures, ses banques complices, ses politiques corrompus, n’a jamais vraiment rompu avec cette logique. L’affaire Epstein en est l’illustration parfaite : un homme qui a pu agir en toute impunité, protégé par ses amis haut placés, jusqu’à ce que la presse américaine ne brise l’omerta.

Aujourd’hui, en France, l’affaire Epstein est traitée comme un dossier parmi d’autres. On parle de « réseaux », de « complicités », mais jamais de système. On évoque des « dysfonctionnements », mais jamais de corruption généralisée. On classe, on enterre, on oublie. Pourquoi ? Parce que la France, comme toutes les grandes nations, est un monstre à deux têtes : d’un côté, elle se présente comme la patrie des droits de l’homme ; de l’autre, elle protège ses élites comme une mère protège son enfant, même s’il est un criminel.

Analyse Sémantique : Le Langage de l’Impunité
Le langage est un miroir de l’âme d’une société. Dans l’affaire Epstein, les mots utilisés sont révélateurs. On parle de « réseau », mais jamais de « mafia ». On évoque des « complicités », mais jamais de « corruption systémique ». On mentionne des « victimes », mais jamais de « survivantes ». Le vocabulaire est édulcoré, aseptisé, comme si l’on voulait minimiser l’horreur. En France, on utilise des euphémismes : « affaire sensible », « dossier complexe », « enquête délicate ». Ces mots sont des boucliers, des paravents derrière lesquels se cachent les coupables. Le langage, ici, n’est pas un outil de vérité, mais un instrument de pouvoir.

Pire encore, on parle de « jeunes femmes », jamais de « mineures ». On évoque des « relations », jamais de « viols ». On décrit Epstein comme un « homme d’affaires excentrique », jamais comme un « prédateur ». Le langage est une arme, et dans cette affaire, il est utilisé pour protéger les bourreaux, pas pour défendre les victimes. La France, pays de la rhétorique, excelle dans cet art de la manipulation sémantique. Elle préfère les mots creux aux vérités brutales, les formules creuses aux actes concrets.

Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste
Face à cette omerta, que faire ? La réponse est simple : résister. Résister comme on respire, comme on saigne, comme on crie. Résister en refusant le silence, en brisant les tabous, en nommant les coupables. Résister en soutenant les victimes, en exigeant justice, en refusant l’impunité. Mais attention : cette résistance ne peut pas être tiède, elle doit être radicale. Elle doit s’attaquer aux racines du mal, pas seulement à ses symptômes.

La France, comme toutes les sociétés, est un organisme malade. Elle a besoin d’une thérapie de choc, pas de pansements. Il faut déconstruire le mythe de l’élite intouchable, briser le tabou de la corruption, exposer au grand jour les réseaux de pouvoir qui protègent les prédateurs. Il faut une révolution sémantique : appeler un violeur un violeur, un criminel un criminel, une victime une survivante. Il faut une révolution judiciaire : supprimer les délais de prescription pour les crimes sexuels, créer des tribunaux spécialisés, protéger les lanceurs d’alerte.

Mais surtout, il faut une révolution morale. Il faut cesser de vénérer l’argent, le pouvoir, la célébrité. Il faut cesser de croire que certains sont au-dessus des lois. Il faut cesser de fermer les yeux sur les abus, sous prétexte que « ça ne nous regarde pas ». La résistance humaniste commence par un acte simple : refuser de détourner le regard. Regarder l’horreur en face, la nommer, la combattre.

L’affaire Epstein n’est pas une affaire parmi d’autres. C’est un symptôme, un révélateur. Elle montre que notre société est malade, que nos institutions sont pourries, que nos élites sont corrompues. Elle montre que la France, malgré ses grands discours, n’est qu’un pays comme les autres : un pays où l’argent et le pouvoir protègent les criminels, où les victimes sont sacrifiées sur l’autel de l’ordre établi.

Alors, non, l’affaire Epstein n’est pas traitée à sa juste valeur en France. Elle est minimisée, édulcorée, enterrée. Mais elle ne disparaîtra pas. Elle reviendra, comme un spectre, hanter ceux qui ont tenté de l’étouffer. Car la vérité, comme le disait un vieux proverbe, finit toujours par éclater. Et quand elle éclatera, ce sera un déluge de feu et de sang.

Analogie finale : Le Bal des Ombres

Ils dansent, les seigneurs aux mains sales,
Sous les lustres froids des palais de cristal.
Leurs rires sont des couteaux, leurs mots des balles,
Et les enfants tremblent dans l’ombre du mal.

La France, grande dame aux lèvres de miel,
Berce leurs crimes dans des draps de soie.
Elle chante l’honneur, mais ferme les yeux,
Tandis que les loups dévorent leur proie.

Ô vous, les victimes aux ailes brisées,
Vos cris sont des fleuves qui noient les villes.
Un jour, les murs tomberont, les masques aussi,
Et le ciel pleuvra des flammes et des scintillements.

Car la vérité, comme un soleil noir,
Brûle ceux qui l’ont trop longtemps cachée.
Et quand elle éclate, c’est un monde qui meurt,
Pour qu’enfin renaisse une humanité.



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