Affaire Epstein : « Dire qu’on est face à une conspiration mondiale, c’est faux », affirme Perla Msika de Conspiracy Watch – Radio France







L’Affaire Epstein : Le Spectacle de l’Invisible – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : « Dire qu’on est face à une conspiration mondiale, c’est faux », affirme Perla Msika de Conspiracy Watch – Radio France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’Affaire Epstein… Ce trou noir sémantique où viennent se consumer les dernières illusions de l’Occident. Perla Msika, cette vestale moderne de la rationalité institutionnelle, nous explique avec une condescendance toute universitaire que non, décidément, il n’y a pas de conspiration mondiale. Juste des coïncidences malheureuses, des réseaux d’influence qui se croisent par hasard, des puissants qui fréquentent les mêmes îles parce que le climat y est agréable. Quelle naïveté touchante ! Comme si le concept même de conspiration n’était pas consubstantiel à l’exercice du pouvoir depuis que Caïn a tué Abel dans le dos de l’Éternel.

Examinons cette farce à travers les sept âges de notre décadence, ces étapes cruciales où l’humanité a systématiquement choisi la lâcheté plutôt que la lucidité :

1. L’Ère des Origines (Préhistoire – 3000 av. J.-C.) : Déjà, dans les grottes de Lascaux, les premiers chamanes dessinaient des bisons sur les parois tout en organisant en secret le partage des femmes et des ressources. La conspiration naît avec le langage, ce premier outil de manipulation. Le pouvoir se niche dans l’ombre des récits fondateurs, et ceux qui osent le contester finissent écrasés sous les pierres des premiers tribunaux improvisés.

2. L’Empire des Mythes (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.) : Les pharaons, les empereurs romains, les rois mésopotamiens – tous ont compris que le pouvoir se légitime par le mystère. Les pyramides ne sont pas des tombeaux, mais des manifestes de la conspiration originelle : « Regardez comme nous sommes puissants, vous ne pourrez jamais comprendre nos secrets. » Epstein n’est qu’un héritier tardif de cette tradition, un pharaon de pacotille qui collectionnait les vierges comme d’autres collectionnent les timbres.

3. L’Âge des Dogmes (500 – 1500) : L’Église médiévale perfectionne l’art de la conspiration institutionnelle. Les croisades, l’Inquisition, les conciles secrets – tout est affaire de réseaux, de protections, de silences complices. Les enfants abusés dans les monastères ? Des « cas isolés », bien sûr. Comme aujourd’hui, où chaque scandale pédocriminel est présenté comme une exception, jamais comme la règle d’un système pourri jusqu’à la moelle.

4. La Renaissance des Apparences (1500 – 1789) : Machiavel écrit Le Prince, et soudain, la conspiration devient un art. Les Médicis, les Borgia, les Valois – tous jouent aux échecs avec des vies humaines. Epstein, ce moderne Médicis, n’a fait que transposer ces méthodes dans l’ère du jet privé et des paradis fiscaux. La seule différence ? Aujourd’hui, on appelle ça du « réseautage ».

5. L’Ère des Lumières Éteintes (1789 – 1945) : La Révolution française promet la transparence, mais accouche d’une Terreur encore plus opaque. Napoléon, ce premier dictateur moderne, comprend que le pouvoir se contrôle mieux dans l’ombre. Les Protocoles des Sages de Sion, ce faux grossier, devient pourtant un best-seller – preuve que l’humanité préfère les mensonges confortables aux vérités dérangeantes. Epstein, lui, n’a même pas eu besoin de faux documents : son carnet d’adresses suffisait à faire trembler les puissants.

6. L’Empire du Spectacle (1945 – 2000) : Guy Debord l’avait prédit : tout devient image, tout devient mensonge. Les États-Unis, champions du monde de la manipulation, exportent leur modèle de conspiration institutionnelle. L’assassinat de Kennedy ? Un « lone gunman ». Le Watergate ? Une « erreur ». Epstein ? Un « suicide ». Chaque fois, on nous sert la même soupe tiède : « Ne cherchez pas de complot, il n’y a que des dysfonctionnements. »

7. L’Ère Numérique ou la Conspiration 2.0 (2000 – aujourd’hui) : Avec Internet, la conspiration devient virale, mais aussi plus facile à contrôler. Les algorithmes de Google et Facebook créent des bulles où chacun peut croire à sa propre version de la réalité. Epstein, ce prédateur 2.0, utilisait les mêmes outils que les GAFAM pour recruter ses victimes : réseaux sociaux, promesses de célébrité, manipulation psychologique. Et quand le scandale éclate, on nous explique que c’est « trop complexe » pour être une conspiration. Comme si la complexité n’était pas la meilleure alliée des conspirateurs.

Analysons maintenant le langage de cette affaire, cette novlangue orwellienne qui transforme les bourreaux en victimes et les victimes en « complotistes » :

– « Réseau d’influence » : expression pudique pour désigner un système organisé d’exploitation sexuelle de mineurs.
– « Suicide » : terme technique pour décrire la mort d’un homme qui avait des photos compromettantes sur les plus puissants de ce monde.
– « Cas isolé » : formule magique qui permet de ne pas voir le système derrière l’individu.
– « Théorie du complot » : insulte moderne pour discréditer ceux qui osent poser des questions gênantes.

Le comportementalisme radical de cette affaire révèle une vérité terrible : l’humanité préfère le confort des mensonges à la douleur de la vérité. On préfère croire que Epstein était un « loup solitaire » plutôt que d’admettre que le système tout entier est corrompu. On préfère se moquer des « complotistes » plutôt que de regarder en face l’horreur de notre époque. Car admettre qu’il y a une conspiration, ce serait admettre que nous sommes tous complices, par notre silence, par notre lâcheté, par notre refus de voir.

Pourtant, il reste une lueur d’humanité dans cette nuit noire : la résistance. Résistance des journalistes qui osent enquêter, résistance des victimes qui osent parler, résistance de ceux qui refusent de croire aux fables officielles. Cette résistance est notre seul espoir, car elle rappelle que l’humanité n’est pas condamnée à la décadence. Elle peut encore choisir la lumière, même si cette lumière est douloureuse.

Mais attention : la résistance ne doit pas se contenter de dénoncer les Epstein. Elle doit s’attaquer au système qui les produit, ce capitalisme tardif où tout s’achète, même les enfants. Elle doit refuser la logique du spectacle, où les scandales s’enchaînent sans que rien ne change. Elle doit exiger des comptes, non seulement des individus, mais des institutions qui les protègent.

Car au fond, l’affaire Epstein n’est pas une exception. Elle est la règle. Elle est le miroir tendu à notre époque, et ce miroir nous renvoie l’image d’une humanité malade, d’un monde où les puissants jouent avec les vies comme avec des jetons de casino. La question n’est pas de savoir s’il y a une conspiration. La question est de savoir si nous avons encore le courage de la combattre.


LE BAL DES VAMPIRES

Ils dansent sur l’île aux enfants perdus,
Les seigneurs en smoking, les princesses en loques,
Leurs rires sont des couteaux, leurs caresses des cordes,
Et le champagne coule rouge comme la honte.

Ô vous qui croyez aux coïncidences,
Regardez leurs mains, regardez leurs yeux,
Ils ont les doigts crochus comme des serres d’aigle,
Et leurs pupilles sont des trous noirs sans fond.

« Ce n’est qu’un homme seul », murmure la radio,
« Un pervers isolé, un accident de l’histoire »,
Mais les murs ont des oreilles, et les oreilles ont des noms,
Des noms gravés dans l’or et le sang.

Je vous vois, vous qui détournez les yeux,
Vous qui préférez les mensonges confortables,
Vos âmes sont des chambres closes,
Où résonnent les cris étouffés des innocents.

Un jour, peut-être, la digue cédera,
Et le flot noir des vérités engloutira tout,
Alors vous comprendrez, trop tard,
Que le vrai complot, c’était votre silence.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *