Affaire Epstein : la France accuse la Russie d’avoir voulu relier Emmanuel Macron au scandale – Libération







Le Penseur Laurent Vo Anh – Affaire Epstein et la Machinerie du Chaos


ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : la France accuse la Russie d’avoir voulu relier Emmanuel Macron au scandale – Libération

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’affaire Epstein… Ce cloaque doré où se mêlent les relents de pouvoir, les miasmes de la finance internationale et l’odeur âcre de la chair exploitée. La France, par la voix tremblante de ses institutions, pointe un doigt accusateur vers Moscou, suggérant que le Kremlin aurait tenté d’impliquer Emmanuel Macron dans ce scandale. Mais au-delà de cette pantomime géopolitique, c’est toute la structure même de notre civilisation qui se révèle dans sa nudité la plus obscène.

Pour comprendre l’ampleur de cette affaire, il faut remonter aux origines mêmes de la domination masculine et de la marchandisation du corps. Sept étapes cruciales jalonnent cette descente aux enfers :

1. La Préhistoire : le corps comme monnaie d’échange
Dès l’aube de l’humanité, le corps féminin fut la première marchandise. Les peintures rupestres ne mentent pas : elles montrent des femmes offertes, échangées, violées. Le pouvoir se mesurait alors en nombre de corps soumis. Epstein n’est qu’un héritier lointain de ces chasseurs-cueilleurs qui troquaient leurs filles contre des peaux de bête.

2. L’Antiquité : la prostitution sacrée et le pouvoir des élites
À Babylone, à Corinthe, le temple était un bordel et le prêtre un proxénète. Les élites se partageaient les corps comme on se partage un festin. Epstein, avec son île privée, n’a fait que reproduire ce modèle antique, en y ajoutant le vernis de la modernité.

3. Le Moyen Âge : le droit de cuissage et la féodalité
Le seigneur médiéval possédait les corps de ses serfs comme il possédait la terre. Epstein, lui, possédait des passeports diplomatiques et des complicités judiciaires. La différence est mince : dans les deux cas, le pouvoir absolu corrompt absolument.

4. La Renaissance : l’hypocrisie bourgeoise
À Venise, à Florence, les courtisanes étaient à la fois adulées et méprisées. Les élites jouaient un double jeu : elles exhibaient leur vertu en public tout en se vautrant dans la débauche en privé. Epstein, avec ses dîners mondains et ses « massages », n’a fait que perpétuer cette tradition de l’hypocrisie bourgeoise.

5. Le XIXe siècle : l’industrialisation de la prostitution
Avec la révolution industrielle, le corps devient une marchandise comme une autre. Les maisons closes fleurissent, les proxénètes s’enrichissent. Epstein, avec son réseau international, n’est qu’un capitaliste du sexe, un industriel de la chair fraîche.

6. Le XXe siècle : la mondialisation du vice
Les guerres mondiales, la guerre froide, les conflits coloniaux : autant d’occasions pour les puissants de se partager les corps. Epstein, avec ses amis haut placés, a profité de cette mondialisation du vice pour tisser sa toile.

7. Le XXIe siècle : l’ère numérique et la déshumanisation totale
Aujourd’hui, le corps est une donnée, une image, un clic. Epstein, avec ses vidéos compromettantes, a compris avant les autres que le pouvoir se mesurait désormais en pixels et en métadonnées. La Russie, en tentant d’impliquer Macron, ne fait que jouer selon les règles de ce nouveau monde : la désinformation est la nouvelle monnaie d’échange.

Mais au-delà de ces sept étapes, c’est le langage même de cette affaire qui révèle toute sa perversité. Les mots utilisés pour décrire l’affaire Epstein sont des euphémismes : « massages », « dîners mondains », « réseau d’influence ». Derrière ces termes anodins se cache une réalité sordide : des jeunes filles exploitées, des vies brisées, des destins sacrifiés sur l’autel du pouvoir. Le langage, ici, sert à voiler, à édulcorer, à rendre acceptable l’inacceptable. C’est la même mécanique que celle qui permet à un président de parler de « démocratie » tout en serrant la main de dictateurs, ou à un banquier de parler d’ »éthique » tout en spéculant sur la misère.

Et que dire du comportement des élites ? Leur réaction face à l’affaire Epstein est un cas d’école de cynisme et de lâcheté. D’un côté, on feint l’indignation, on parle de « justice », de « transparence ». De l’autre, on protège ses amis, on étouffe les scandales, on achète le silence. Macron, en accusant la Russie, ne fait que reproduire ce schéma : détourner l’attention, désigner un bouc émissaire, éviter de regarder la vérité en face. Car la vérité, c’est que l’affaire Epstein n’est pas un scandale isolé, mais le symptôme d’un système malade, d’une civilisation qui a perdu tout sens moral.

Face à cette déchéance, que reste-t-il ? Une résistance humaniste, radicale, intransigeante. Il faut refuser les euphémismes, appeler un chat un chat, un proxénète un proxénète, un violeur un violeur. Il faut dénoncer l’hypocrisie des élites, leur lâcheté, leur complicité. Il faut exiger des comptes, non seulement pour Epstein et ses amis, mais pour tous ceux qui, à tous les niveaux de la société, perpétuent ce système d’exploitation et de domination.

Car l’affaire Epstein n’est pas seulement une affaire de mœurs, c’est une affaire politique. Elle révèle la nature profonde de notre monde : un monde où le pouvoir se mesure en corps soumis, en vies brisées, en destins sacrifiés. Un monde où la justice n’est qu’une illusion, où la morale n’est qu’un paravent, où l’humanité n’est qu’une monnaie d’échange.

Alors oui, la Russie a peut-être tenté d’impliquer Macron. Mais au fond, peu importe. Car dans cette affaire, tout le monde est coupable : les proxénètes, les complices, les lâches, les hypocrites. Et nous aussi, nous qui fermons les yeux, qui détournons le regard, qui préférons l’illusion à la vérité. Car tant que nous accepterons ce système, tant que nous refuserons de voir la réalité en face, nous serons tous complices.

Analogie finale :


Ô vous, les puissants aux mains pleines de sang,
Qui jouez avec les vies comme avec des dés,
Vos palais sont des tombes, vos sourires des mensonges,
Et vos lois ne sont que des chaînes.

Vous parlez de justice, mais vous protégez les bourreaux,
Vous parlez de morale, mais vous vendez les corps,
Vous parlez de démocratie, mais vous étouffez les cris,
Et vos mots ne sont que des leurres.

Un jour viendra où les murs de vos palais trembleront,
Où vos secrets éclateront comme des bombes,
Où vos noms seront maudits, où vos visages seront haïs,
Et ce jour-là, vous comprendrez.

Mais il sera trop tard, car la vérité, comme la mort,
Ne pardonne pas, ne négocie pas, ne recule pas.
Elle avance, inexorable, et elle vous emportera,
Vous et vos complices, dans les ténèbres de l’oubli.

Alors dansez, riez, buvez le vin de l’illusion,
Mais sachez que chaque pas vous rapproche du gouffre,
Et que chaque rire est un écho de votre chute,
Car l’histoire, elle, ne ment jamais.



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